mardi 11 mars 2014

Impulsion

Un roman de Bernard Henninger, publié chez Asgard.


Présentation de l'éditeur :

Impulsion : ce qui permet de se lancer et modifier son parcours pour la vie entière. C'est aussi ce qui propulse un objet spatial vers son objectif.

Etudiante en école d'ingénieurs, Bénédicte attend le grand amour, lorsqu'une annonce sur le panneau d'affichage de son école attire son attention : une certaine fondation Vestiboran, aux USA, a lancé un concours pour concevoir une sonde à destination de Pluton.
Bénédicte ne s'est jamais intéressée aux planètes mais, suivant son impulsion, elle vole l'annonce. Dès lors, sa vie est changée, elle découvre les étoiles, le monde des sondes spatiales, un univers où les machines côtoient les rêves les plus fous...
Convoquée pour défendre son projet, Bénédicte l'emportera devant Rudra, brillant mathématicien Indien. Bénédicte pensait ne concevoir qu'une sonde spatiale mais voilà qu'elle tombe amoureuse de Rudra, que la fondation engagera aussi. La sonde de Bénédicte s'envolera, malgré les aléas que leur infligera une vie où l'une comme l'autre se retrouvent bientôt seules au monde.
Il est assez difficile de parler d’Impulsion. Bien mal avisé qui voudrait le ranger sous une étiquette… On peut considérer que ce roman est de la SF, on peut aussi considérer que ça n’en est pas. Vous ne trouverez ici qu’un peu d’anticipation, sur un léger fond de hard SF. Impulsion est avant tout l’histoire de la vie d’une femme, Bénédicte, influencée de loin en loin par le projet de toute une vie : Clyde, sonde spatiale à destination de Pluton.
Impulsion est basé sur ces petits hasards qui peuvent chambouler totalement l’existence de ceux qui les vivent.
Bénédicte est la narratrice, ingénieure d’un âge assez avancé, elle revient sur son passé, sa vie personnelle comme ses recherches. C’est un peu pour meubler un voyage fatigant, mais aussi parce que l’heure du bilan lui semble venue et que l’appel au chevet de la sonde autour de laquelle toute sa vie a tourné réveille ses souvenirs.
Au début, elle est particulièrement antipathique, le côté cynique du personnage contraste trop avec son attitude en société pour être crédible. Cela peut aussi venir du fait que le regard que porte la vieille femme sur la jeune étudiante qu’elle a été et son comportement de l’époque est influencé par celle qu’elle est devenue ensuite et un peu moins objectif qu’elle pourrait le croire. Le fait est que la jeune Bénédicte, élève médiocre, un peu je-m’en-foutiste et qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie, va évoluer et trouver sa voie, mais sans pour autant éviter les écueils. Alterneront alors dans son existence des phases intenses et d’autres plus ternes, comme en latence. Elle-même se sent duelle. Bénédicte ne cessera jamais de se reconstruire, sa quête personnelle rythmée par celle de Clyde dans l’espace.
La narration est totalement au présent, ce qui est un peu gênant quand on sait que le personnage revient sur son passé. Plutôt que d’être immersif, ça m’a agacée et empêchée de m’impliquer. Mais d’un autre côté, l’écriture est linéaire, on ne risque pas de s’y perdre. Malgré quelques rares incursions dans le « vrai » présent, Bénédicte raconte ses souvenirs d’un point à un autre.
Cela donne parfois une impression d’énumération de faits dont on doute de l’importance, d’autant plus que le style est assez sec. On se demande parfois où veut aller l’auteur avec un tel luxe de détails. Cependant, le parallèle entre la vie de la chercheuse avec le voyage de la sonde est intéressant. Il y a un symbolisme très fort entre les épreuves que vit Bénédicte et les plus importants événements liés à l’avancée de Clyde. Ce sont ces moments d’émotion qui font le roman car ils contrastent avec l’existence plutôt normale (on pourrait même dire un brin médiocre) de Bénédicte. On nous a habitués à raconter des destins exceptionnels, or, si celui de Bénédicte l’est grâce à son projet, sa vie elle-même est réaliste et n’a pas forcément beaucoup de saveur. Après tout, l’Histoire et les grandes découvertes ne sont-elles pas faites par des gens normaux ?
Peu à peu j’ai réussi à m’attacher à cette femme revêche, ce qui ne fut pas une mince affaire. Au fur et à mesure, tout l’intérêt que j’éprouvais vis-à-vis de l’odyssée de Clyde a dû rejaillir sur sa créatrice.
Ce voyage de toute une vie est à la fois du rêve et de la poésie, de multiples impulsions qui changent le cours des choses, des événements heureux ou tristes qui mêlent la réalité d’une personne, son individualité, et la science.
N’attendez pas un roman où la SF et l’action seraient prépondérantes. Ce récit séduira surtout ceux que les mystères spatiaux font rêver. Je ne regrette pas ma lecture, d’autant que j’ai apprécié le réalisme de l’histoire et ai été surprise par la fin.

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