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vendredi 1 mars 2024

Ma pâtisserie veg'italienne

 Un livre de recettes véganes de Maria Chiaia, publié chez Terre Vivante.

Présentation de l'éditeur :

Les classiques de la pâtisserie italienne en mode végan… c’est délicieux !
Découvrez les recettes traditionnelles de la pâtisserie italienne revisitées… en mode végan ! Ciambella, crostata, génoises, cantucci aux pistaches, savoiardi, « vegamisu », budino au chocolat, cheesecakes, cannoli… ces délicieux fleurons de la gastronomie italienne préparés uniquement à partir d’ingrédients d’origine végétale, par une talentueuse cuisinière italienne, diététicienne de formation, sauront vous convaincre de vous lancer vous aussi dans la pâtisserie végétalienne, bonne pour la santé… et pour la planète !
Les livres publiés par Terre Vivante sont en général une valeur sûre. J’étais donc ravie de découvrir celui-ci, d’autant que ma famille paternelle est d’origine italienne et qu’étant moi-même méditerranéenne je suis toujours curieuse de découvrir des variantes végétales de recettes qui ont bercé mon enfance.
Dans ce livre, vous trouverez des recettes typiques de diverses régions d’Italie, mais aussi d’autres pays — il y a même des scones que j’ai très envie d’essayer, dommage que la saison des avocats soit sur la fin (j’ai la chance de vivre dans une région où l’on cultive des avocats) — toutes végétales, faciles à faire et ne comportant pas des ingrédients trop difficiles à se procurer. Les ingrédients les plus « exotiques » que l’on vous demandera sont des graines de chia (dans une seule recette si ma mémoire est bonne), du tofu soyeux et de l’agar agar ; autant dire que vous trouverez tout cela dans n’importe quel supermarché. Ceci dit, vous trouverez aussi dans ce livre des recettes facilement réalisables avec ce qui se trouve déjà dans vos placards.
Maria Chiaia vous propose des biscuits et des desserts originaux, mais aussi des préparations de base qui pourront vous servir dans ses recettes ou pour créer les vôtres, notamment une génoise et des savoiardi. Ce sont des recettes toujours bonnes à prendre et pratiques.
Je me suis plongée avec plaisir dans cet ouvrage, y retrouvant des souvenirs et saveurs d’enfance. J’ai notamment été ravie d’y retrouver le saucisson en chocolat, le gâteau à l’orange et les cantuccini. Il y a aussi la crostata, la tarte que mon père, pourtant pâtissier de métier, fait toujours quand il a envie de quelque chose d’aussi simple que bon. C’est une excellente façon d’apprécier encore davantage les confitures maison et qui refuserait une part de crostata pour le goûter ?
Bien sûr, le livre compte une ribambelle d’appétissants « vegamisu ». Toutefois ce sont tous les types de biscuits que j’ai préférés. On a toujours besoin de quelques savoureux biscuits avec le thé ou le café !
Il manque selon moi des recettes emblématiques de la gastronomie italienne, mais celles auxquelles je pense peuvent être un peu compliquées à réaliser en version végétales. Ceci est compensé par le fait que l’autrice propose des recettes diversifiées.
C’est le genre de pâtisserie que j’aime, parce qu’elle fait sens. On dirait une pâtisserie « casana », en italien comme dans ma langue maternelle, et en français… je suppose qu’on peut le traduire par domestique, dans le bon sens du terme, quelque chose de familier sans pour autant être dénué de finesse.
On peut mesurer la réussite d’un livre de cuisine ou de pâtisserie à l’envie que l’on a en le feuilletant de se mettre aux fourneaux. Cela est d’autant plus le cas pour moi quand j’associe tout de suite la recette à l’un de mes proches dans l’idée de lui faire plaisir. Quand viendra la saison, je suis certaine de faire la crème de kaki pour ma mère. Le dessert en lui-même est original et je sens qu’elle va l’adorer. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres et j’ai envie de tester autant les recettes les plus originales que celles qui me sont familières. Pour moi, ce livre est donc une réussite et je sais que j’y reviendrai souvent.


dimanche 14 janvier 2024

Pâtisserie végétale

Un livre de Linda Vongdara et Pierre Hermé, publié chez Solar.

Présentation de l'éditeur :

Éternel explorateur de nouvelles techniques et saveurs,
Pierre Hermé aime être là où on ne l'attend pas.
Ce nouvel ouvrage consacré à la pâtisserie végétale en est la preuve tangible !
Accompagné de Linda Vongdara, il nous invite à le suivre
sur le chemin de la gourmandise ultime avec des grands classiques revisités en version végétale et des recettes spécialement conçues pour ce livre : babka, croissant Ispahan, sablé breton, fondant chocolat vapeur, entremets Fleur de Cassis, millefeuille Infiniment Chocolat, macaron Rose des Sables....
Une éblouissante démonstration !
Je vous le dis tout de go, ce n’est pas le meilleur livre sur la pâtisserie végétale dans lequel investir si vous débutez (autant dans l’art de la pâtisserie lui-même que dans sa version végétale) : il ne vous donnera pas de bases solides à exploiter. Et si vous vous y connaissez déjà, l’intérêt que vous lui trouverez sera anecdotique.
Je ne suis pas fan de la présentation : de grandes pages aux textes ramassés dans les coins. Cela renforce l’impression d’un contenu délayé. Quitte à proposer un grand livre, autant en exploiter la mise en page pour le rendre agréable à consulter. Ce n’est pas le genre de livre que vous garderez dans votre cuisine. Fragile dans sa conception et peu pratique de par sa taille et son poids.
Ce livre propose une approche plutôt snob de la pâtisserie et, pour un si gros volume, bien peu de recettes. Ce sont souvent des variations sur le même thème. Je peux le comprendre, mais j’aurais espéré un peu plus de diversité quand même.
Ces recettes n’ont pas éveillé mon intérêt et je trouve les explications plutôt succinctes. Prenons l’exemple des croissants, une recette qu’il est d’ailleurs assez facile de végétaliser. D’ailleurs, n’en déplaise à Pierre Hermé, la plupart des boulangeries ne proposent plus de croissants au beurre depuis bien longtemps. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont végétaux, mais je cesse-là ma digression. Revenons aux croissants. La recette, qui est exploitée pour quatre préparations et se déploie donc sur un nombre conséquent de pages, ne donne aucune indication sur le tourage. Mon père était pâtissier alors je sais ce que je dois faire. Bien sûr, vous trouverez sur internet de nombreuses vidéos qui vous montreront ce que l’on attend de vous, mais vous ne devriez pas avoir à les chercher. Ce type de livre est censé vous offrir des explications claires au minimum. Ou alors vous êtes déjà un bon pâtissier et vous n’avez pas besoin d’un tel ouvrage pour expérimenter et trouver votre pâte à croissants végétale idéale.
Ce sont de bonnes recettes, équilibrées et certainement toutes savoureuses, je ne le nie pas. Cependant elles ne tiennent pas autant que je m’y serais attendue les promesses de la préface et de l’introduction . Celles-ci évoquaient le goût et la créativité. Elles proposaient de réinventer la pâtisserie plutôt que d’offrir de simples équivalences. Or, ce sont des équivalences que j’ai trouvées ici, ni plus ni moins, avec des produits coûteux de préférence. Je vois tout à fait l’intérêt de ces denrées en pâtisserie, surtout quand on veut recréer des textures. Néanmoins, on pourrait davantage exploiter des produits plus courants, qui ont des propriétés étonnantes en pâtisserie sans pour autant altérer le goût. Créer de nouvelles recettes plutôt que chercher à imiter est aussi « réinventer ».
La préface parlait de « désapprendre [les] bases et s’ouvrir à d’autres » mais de mon point de vue — en tant que personne s’intéressant à la pâtisserie végétale depuis des années — cela n’a été abordé que de façon frileuse. La pâtisserie végétale peut être aussi riche et variée que la traditionnelle, tout en restant accessible au commun des mortels. Elle a beaucoup plus à offrir, en termes d’ingéniosité aussi bien que d’inspiration, que ce qu’on trouve dans cet ouvrage.

dimanche 27 février 2022

Veggy vs. Zombies

 Un roman de Lydie Wallon, publié chez ActuSF.


Présentation de l'éditeur :

Le monde d'Erin a basculé avec l'arrivée des zombies.

Sauf que ces derniers ne sont pas tous des cannibales incontrôlables. Certains sont tout à fait fréquentables même si le débat fait rage pour les inclure dans la société. Les discriminations à leur égard sont bien réelles. Et pour Erin, ces discussions ont une importance particulière.

Revisitant avec brio le mythe des zombies en les ancrant dans des thématiques très actuelles, Lydie Wallon nous propose un excellent premier roman.

Imaginez un monde dans lequel un virus, par le biais des produits carnés et piscicoles, a infecté la grande majorité de la population, les transformant en zombies. Certains de ces morts-vivants ont été pris d’une folie sanguinaire et ont dévoré leur entourage, d’autres, bien que morts et forcés de se nourrir de sang ainsi que de chair fraîche, ont gardé leur humanité, mais sont en sursis. Non seulement ils pourraient basculer à chaque instant dans la sauvagerie, mais ils sont en outre victimes de discriminations et extrêmement surveillés. Le gouvernement pourrait à tout moment décider de les éliminer même s’ils se tiennent à carreau.
Erin est l’un de ces zombies. Autiste et solitaire, elle fait de son mieux pour vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, jusqu’à ce qu’elle rencontre Kyan, non-infecté, et qu’il chamboule son existence. Erin est prise entre l’envie de voir sa vie changer et la crainte de ce changement. Elle souffre profondément de l’injustice dont elle-même et sa communauté sont victimes, elle expérimente la peur au quotidien, mais aussi l’envie de vivre tant qu’elle le peut encore. Elle qui n’a jamais pris de risques se rend compte que sa vie aussi bien que ses espoirs en l’avenir lui échappent petit-à-petit et que le bonheur ne lui tombera pas dessus par hasard.  Un peu par pitié, en tout cas au début, Kyan se met en tête de réaliser les rêves d’Erin et leur relation se construit lentement, jusqu’à ce qu’un nouvel événement change encore la donne.
J’ai oscillé tout au long de ma lecture entre affection pour ces personnages et agacement. J’aurais dû les aimer davantage, ils sont mon genre de personnes, mais leur histoire d’amour, qui est une des plus reloues que j’ai pu lire, et leurs atermoiements m’ont un peu tapé sur les nerfs. Je les ai autant aimés qu’ils m’ont exaspérée. Il faut dire qu’il y a beaucoup de clichés aussi bien dans la construction du récit que dans celle des personnages. Tous les personnages, même secondaires. C’est usant à la longue.
L’histoire est plutôt classique et prévisible, conspiration mondiale, chaos et apocalypse en mouvement, road trip, ambiance complotiste et ode à la décroissance au menu. L’originalité tient à la façon dont l’autrice a traité le thème des zombies, mais n’attendez pas non plus quelque chose de vraiment novateur, c’est plus une relecture très humaine et sensible. Certains aspects vous rappellent IZombie ? Pareil pour moi… Mais bon, à la lecture ça n’est pas si prégnant.
J’ai apprécié la façon dont l’autrice évoque l’autisme et c’est un roman qui se lit vite, mais je ne peux pas dire qu’il me marquera outre mesure, c’était trop facile et léger à mon goût.