mardi 19 mars 2024

La Venise des Louves

Une BD scénarisée par Aurélie Wellenstein, avec des dessins d'Emanuele Contarini. Publiée chez Drakoo.


Les habitants de Venise ont vu une île s’éteindre brusquement durant la nuit et tous les secours qu’ils ont pu envoyer à leurs concitoyens depuis ne sont jamais revenus. Dès lors, des attentats aux effets dévastateurs ont commencé, semant la terreur et infligeant des blessures d’un genre nouveau à leurs victimes.
Renzo a survécu à l’une de ces bombes magiques. Il a perdu un bras, mais il peut s’estimer chanceux quand on voit ce qu’ont subit les femmes qu’il a rassemblées autour de lui. Elles sont quatre et il les surnomme ses Louves. Avec elles, il compte bien se venger de ceux qui ont orchestré ces attaques et qui rançonnent sans vergogne les Vénitiens.
Ce sont les dessins que j’ai préférés dans cette BD, mais je ne peux pas dire non plus qu’ils resteront gravés dans ma mémoire. Je n’ai pas aimé l’histoire, simpliste et brouillonne. Les scènes s’enchaînent sans réelle transition, donnant à l’ensemble un aspect fouillis. Ce manque de fluidité rend le récit pénible à suivre tant il est difficile d’y entrer. Le scenario se concentre davantage sur des scènes de combats plutôt confuses qui m’ont ennuyée et n’apportent pas grand-chose. Je ne me suis sentie à aucun moment impliquée dans cette histoire ni dans le destin de ses personnages.
Et puis j’ai détesté la suffisance et la masculinité tellement toxique du personnage de Renzo qui se sert de ses Louves comme d’armes sans respect de leur propre douleur ou de leurs limites. Il les utilise sans honte, les dirige et se cache derrière elles. La grande classe. Surtout quand il ajoute une nouvelle à sa collection, une enfant…
Il est le personnage le plus construit, bien que détestable, les autres sont davantage des accessoires. Les Louves, ainsi que tous ceux qui apparaissent en arrière-plan, demeurent des ombres. Malgré l’horreur de ce qu’ont vécu ces femmes et leur souffrance, on ne s’attache pas à elles car elles n’ont aucune profondeur. Pourquoi vouloir mettre en scène autant de personnages sans leur offrir un développement plus conséquent ? Certes, le format court a ses contraintes et chaque membre du groupe de Renzo illustre un des effets des bombes sur les victimes. Mais le tout ressemble au final davantage à un synopsis qu’à une histoire complète.
La fin, facile et convenue, a eu raison du peu de patience qu’il me restait. Je n’ai pas du tout apprécié cette lecture.

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