mardi 10 août 2021

Gypsy

Un roman de Megan Lindholm et Steven Burst, publié chez Ménamos.

Présentation de l'éditeur :

Dans la ville de Dakota, Mike Stepovitch est un policier divorcé qui vogue dans les affres de la dépression. Lorsqu'il découvre des victimes assassinées dans le sillage d'un gitan amnésique, il croit tenir là son coupable. Pourtant, des événements étranges et surnaturels le font douter. Alors que le gitan recouvre peu à peu la mémoire, Stepovitch sait que ce dernier sera son seul allié pour combattre la magie du monde souterrain qui s'abat sur les habitants. Il lui faudra se tenir aux portes du Monde d'en bas, un univers de ténèbres dont la menace plane sur sa petite ville si paisible...

Entre rêve et réalité, du monde d’en bas où règne une Dame maléfique assoiffée de pouvoir, à un univers de fable, dans lequel évoluent un loup, un blaireau, un corbeau, ce récit à l’ambiance nocturne et saturé de magie demande au lecteur d’accepter de perdre un peu pied pour mieux reconstruire le savant puzzle.

Entre le polar et la fantasy urbaine, il y a Gypsy, comme un pont entre deux mondes qui se considèrent avec curiosité et ne s’effleurent qu’avec méfiance.
Stepovich est un flic aigri qui est un jour pris de l’intime conviction que la personne que lui et son coéquipier (un jeunot qui lui tape sur les nerfs…) viennent d’arrêter n’est pas coupable. Je vous entends, vous dites que ça fait beaucoup de clichés pour un début de roman, et vous avez raison, d’autant plus que les clichés ne s’arrêtent pas là. Pourtant, très vite, vous ne les verrez plus car ce roman possède sa propre originalité. Gypsy jongle entre rêve et réalité, et quand je dis rêve, il s’agirait plutôt de visions aussi symboliques, et parfois sans queue ni tête, que le sont les rêves.
Stepovich est bien vite entraîné dans quelque chose qui le dépasse, une fresque épique dans laquelle un gitan doit vaincre une femme qui menace de voler la lumière du monde, dans laquelle une morte tisse des sortilèges de protection, dans laquelle une vieille arnaqueuse pourrait être une vraie voyante et surtout dans laquelle la fille même de Stepovich est un pion dans une partie aux règles floues.
Gypsy est de l’étoffe dont on fait les mythes. Ses nombreux personnages sont tous intéressants et imprévisibles. Ils font la richesse du récit car on les suit à tour de rôle. Si l’intrigue de base est plutôt simple, classique combat du bien contre le mal, j’ai aimé les imperfections de tous ces personnages qui sont humains, font des choix et peuvent faire basculer le récit à tout moment.
J’ai particulièrement aimé les passages oniriques et la façon dont la magie est décrite dans ce roman. Elle est pratique, symbolique, elle dégage un parfum de contes. Et, après tout, c’est ce que ce roman est au final : un conte à la fois moderne et intemporel plus qu’une fantasy.