L'interprétation de la lectrice est excellente et apporte une réelle plus-value au texte.
mercredi 5 mars 2025
Cruel Winter with You
L'interprétation de la lectrice est excellente et apporte une réelle plus-value au texte.
jeudi 7 mars 2024
Mysteries of Thorn Manor
Une novella de Margaret Rogerson, publiée chez Bigbang.
vendredi 5 juin 2020
L'Hypothèse du lézard
Présentation de l'éditeur :
Som-Som est vendue par sa mère à la Maison sans Horloges de Liavek. Elle va être soumise au Silence et porter le Masque brisé qui la destine à devenir l'amante des magiciens et la gardienne de leurs secrets. Isolée par son incapacité à communiquer, elle va alors assister à l'histoire d'amour violente et cruelle entre Foral Yat et Raura Chin, deux comédiens qui résident avec elle dans la Maison sans Horloges.
L’illustratrice Cindy Canévet a réalisé la très remarquée couverture de Je suis Providence, la biographie de référence sur H. P Lovecraft. Elle donne cette fois vie à la ville de Liavek et aux personnages de L’Hypothèse du lézard, une nouvelle fantasy signée par le grand Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta).
Traduction de Patrick Marcel.
mercredi 3 juin 2020
La Guerre des trois rois
Présentation de l'éditeur :
Royaume de France, XVIe siècle. Les guerres de Religion font rage entre le roi Henri III de France, le duc de Guise et Henri de Navarre le protestant. Le roi de France se réfugie dans Paris, protégé par la Compagnie du chariot, une bande de lansquenets avec à leur tête Axelle, leur nouvelle capitaine. Le roi décide en dernier recours de faire appel au pouvoir alchimique de l'Artbon pour maintenir son pouvoir. Mais peut-on user impunément de la magie de la Pierre d'équilibre ?
Avec La Guerre des trois rois, Jean-Laurent Del Socorro nous replonge dans l'univers de fantasy historique de son premier roman : Royaume de vent et de colères.
samedi 29 février 2020
Jazz Dream and a Pinch of Human
Présentation de l'éditeur :
Nouvelle-Orléans, lundi 19 mai 2025.
On dit souvent que les choses évoluent avec leur temps et qu'il faut suivre le mouvement. Pour les membres de "Allo Dreams", cela devient légèrement compliqué quand ils apprennent que leur passion est en péril via leurs KB7, un atout technologique précieux. Petit à petit, on a remplacé les musiciens par les IA au Superdome, à la radio, à la télévision, mais les humains continuent à vivre leurs sons avec émotions à d'autres endroits. À présent, les synthétiques prennent leur place dans les bars, les clubs de jazz, et même les rues. On éjecte les humains de la scène. Pourtant, il leur paraît inconcevable de ne rien faire. Le capitalisme n'éteindra pas les flammes de leur passion, plus vives que jamais, parce qu'ils comptent bien se battre pour garder l’étincelle intacte. Plongez au cœur d'une Nouvelle-Orléans futuriste, aux côtés de Charlotte, Louis, Colin, Owen, Martha et Joshua, six personnalités différentes animées par le même objectif : rétablir la liberté musicale.
mercredi 16 janvier 2019
Les Questions dangereuses
Présentation de l'éditeur :
1637 : Qui a assassiné le docteur Lacanne, en plein château de Déversailles ? Pour connaître la réponse à cette question, le mancequetaire Thésard de la Meulière, son libram à la main, est prêt à résoudre les énigmes les plus perfides... jusqu'aux confins de l'indicible.
mercredi 31 octobre 2018
La Porte des Sorcières
mercredi 30 novembre 2016
L'Homme qui mit fin à l'histoire
Une novella de Ken Liu parue aux éditions Le Bélial' dans la collection une heure-lumière.
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Présentation de l'éditeur :
Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'Etat. Avez-vous déjà entendu parler de l'Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain. Quitte à mettre fin à l'Histoire…
Je n’avais pas lu la quatrième de couverture. Je suis arrivée confiante, parce que c’était Ken Liu. Je pense avoir bien fait, je vous encourage donc à zapper cette chronique et à vous procurer cette novella sans rien savoir de plus.
Si malgré mes avertissements vous n’avez pas envie de vous jeter dans l’inconnu, voici mon avis :
La forme m’a tout d’abord interpellée. L’Homme qui mit fin à l’histoire est construit comme un documentaire, ou plutôt comme la transcription de celui-ci. Notes de production, plans minutieusement décrits, explications préliminaires, témoignages… L’auteur a parfaitement créé l’illusion. Le début est un peu déroutant mais, très vite, on y croit.
S’il vous était offert de voir le passé une unique fois, quel moment choisiriez-vous ? Quel lieu ? Et pourquoi ?
Anticiperiez-vous également tout ce que cela peut impliquer sur le plan moral ?
Dès les premières minutes du documentaire, une théorie nous est exposée : voir le passé serait possible. Cependant, à partir du moment où le « voyage » est effectué, ce pan de l’histoire devient inaccessible pour d’autres. Si l’idée est née de bonnes intentions, on la verra attaquée, dévoyée, puis remisée par un monde qui n’est pas prêt à regarder son passé en face.
Les deux personnages principaux espéraient mettre en lumière une période particulièrement sombre de l’histoire, mais pas si éloignée que ça. Si j’ai souvent entendu parler des expériences menées par les Allemands sur les prisonniers durant la seconde guerre mondiale, ce n’était pas le cas pour celles des Japonais sur les Chinois. À dire vrai, quand j’ai étudié cette période au lycée, les cours étaient très centrés sur l’occident… Aussi, j’ai trouvé cet ouvrage, basé sur des faits historiques rigoureusement vrais, intéressant.
Cette novella mêle science-fiction et histoire pour mieux développer plusieurs problématiques qui ont nourri ma réflexion. Quand j’en ai parlé à une personne de mon entourage, il m’a été répondu : oui mais c’est faux, c’est juste de la SF. Réponse qui m’a exaspérée. La puissance de la SF est justement qu’elle permet de repousser les barrières de la réflexion, de décloisonner un problème pour l’appréhender sous d’autres angles.
Comment l’humanité réagirait-elle face à un tel procédé ? L’utiliserait-elle à bon escient ou pour détruire la vérité ? Accepterait-elle les témoignages de ses pairs ou s’enfoncerait-elle davantage dans le négationnisme ?
D’un point de vue éthique et humain, mais également historique, cette novella est passionnante. Certains passages m’ont bouleversée et je ne peux que vous recommander cette lecture.
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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans les catégories suivantes :
– Lire une œuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métissé. Que c’est moche, écrit comme cela. Mais il faut quand même bien trouver un terme : allez… tout sauf blanc.
– Lire une œuvre de SFFF par un auteur non occidental.
jeudi 14 juillet 2016
Cookie monster
Une novella de Vernor Vinge, publiée aux éditions Le Bélial'.

Non, vraiment, la vie de Dixie Mae n'a pas toujours été rose... Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu'elle vient de décrocher au service clients de ce géant des hautes technologies, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu'à ce que lui parvienne l'email d'un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d'elle seule... Dixie Mae, telle Alice, devra passer de l'autre côté du miroir et payer le prix de la vérité - exorbitant : celui de la nature ultime de la réalité au sein de la Silicon Valley...
Plus je lis Vinge et plus je l’apprécie. Sa façon de mêler une SF pointue et réaliste au suspense haletant digne d’un bon polar m’a une fois de plus séduite. Je m’attendais à une bonne lecture, mais Cookie monster est mieux que cela.
Dans cette novella, Vigne nous démontre qu’un petit grain de sable peut enrayer une machine bien rodée et j’aime assez ce principe. Il nous offre une réflexion sur l’intelligence humaine, sur ses possibilités de sujétion et de rébellion. Ce texte court et intelligent est aussi très prenant. En peu de pages, Vinge met en place une intrigue complexe et rythmée, il capte l’attention de son lecteur et ne la lâche plus.
Je ne voudrais pas trop en dire sur cette très bonne intrigue. Découvrir petit à petit les tenants et aboutissants de l’histoire est un des grands plaisirs de cette lecture poussant à la réflexion. À partir du moment où on est pris dans l’engrenage, on avance au même rythme que les personnages et Vinge n’insulte pas notre intelligence en nous expliquant tout point par point, ce qui est très agréable.
Il pousse l’humour jusqu’à se moquer de lui-même, de ses indices « dignes d’un mauvais polar » et de son thème, en faisant références à d’autres auteur de SF et… à ses propres écrits. C’est sans prétention et néanmoins de qualité.
J’en profite pour glisser un mot concernant Une heure-lumière, cette nouvelle collection des éditions Le Bélial’ dont Cookie monster est l’un des premiers titres. L’idée de proposer au public des novellas, format malheureusement bien peu représenté en France, est en soi une excellente initiative. Peut-être l’ouvrage vous paraîtra-t-il un peu cher pour un si petit nombre de pages, mais il vaut largement son prix. J’aime beaucoup l’identité graphique choisie pour cette collection et si tous les titres sont de la même qualité que Cookie monster, elle est plus que prometteuse.
Avec cette novella, Une heure-lumière est à la hauteur de ses ambitions. Mon temps de lecture a filé à la vitesse de la lumière et m’a emmenée très loin. Cette lecture fut aussi ludique que didactique. Même si vous n’êtes pas très fans de SF, je vous conseille vivement ce texte, vous ne perdrez pas votre temps.
lundi 23 mai 2016
Notre-Dame de la mer
Une novella de Rozenn Illiano.
Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en papier (à paraître en juin) et bientôt en numérique auprès de l’auteur.
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Alors que sa grand-mère est hospitalisée, Nellig profite de devoir veiller sur la maison familiale pour s’accorder des vacances en Bretagne. Mais la demeure est hantée de souvenirs, de présences, d’échos d’enfance enfuie… et Nellig n’aime pas vraiment ça.
La nuit de la Toussaint, tandis qu’une tempête se fracasse sur les côtes et que les phares s’éteignent, pendant que d’anciennes légendes refont surface, le fantôme de son grand-père lui apparaît. Et il a un message à lui faire passer.
Tout m’attirait dans cette novella… titre évocateur, résumé intrigant, couverture sublime et bien sûr la promesse de me laisser bercer, comme toujours, par les mots de Rozenn. Son écriture a un effet bénéfique sur moi, même quand les récits sont sombres. Elle réveille des émotions, des souvenirs, toujours avec justesse et sensibilité, presque sur le ton de la confidence. Elle me donne l’impression de murmurer son histoire à mon oreille. Cette fois encore, la magie a opéré. Dès les premières pages, je me suis laissé glisser dans l’histoire et je suis tombée amoureuse de ce texte. On sent qu’il est très personnel et introspectif. Cela a contribué à happer mon attention.
Nellig, la narratrice, est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normal et je me suis assez vite sentie proche d’elle, d’autant que son grand-père me rappelle beaucoup le mien. Elle se retrouve seule dans la maison de sa grand-mère, alors que celle-ci est hospitalisée. Peu à peu, entre souvenirs d’enfance et événements curieux, elle va creuser son histoire familiale et faire d’étranges découvertes. En suivant Nellig dans ses investigations, le lecteur cherche lui aussi à débrouiller cette intrigue qui se révèle passionnante. Il devient vite impossible de lâcher cette lecture avant de savoir la fin.
Cette novella est un exemple parfait de ce que le Fantastique moderne peut offrir de mieux. C’est un genre que j’affectionne particulièrement, je suis donc difficile. L’auteur nous balade entre énigmes, intuitions, légendes et superstitions, tout en entretenant le mystère. Elle a su recréer l’atmosphère froide et chargée de magie de l’époque de la Toussaint, mais aussi m’emporter avec elle en bord de mer.
J’ai adoré Notre-Dame de la mer, des premières lignes jusqu’à la toute fin, et je vous encourage chaleureusement à découvrir cette histoire.
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vendredi 8 janvier 2016
Douces nuits
Diptyque de novellas de Ros Clarke et Faye Robertson publié chez Milady.
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Je vous épargne le résumé de quatrième de couverture beaucoup trop prolixe.
Puisque ma précédente lecture n’avait pas eu raison de ma patience, je me suis dit que j’allais continuer sur ma lancée et tenter d’achever ma bronchite avec une dose supplémentaire de guimauve. On m’avait conseillé Douces nuits, une autre lecture bien de saison, en me disant que la première novella n’était pas terrible mais que la seconde valait le coup. Je me suis dit « pourquoi pas » et… au final je me demande si j’ai vraiment lu le bon livre ou si je suis encore trop exigeante.
Douces nuits, mini recueil composé de deux novellas, est un peu l’équivalent livresque des téléfilms de Noël, quoique dans deux styles résolument différents. C’est plein de bons sentiments, ça se lit plutôt vite et il ne faut pas trop en attendre. En outre, le traducteur semble avoir un léger problème en ce qui concerne l’accord des pronoms personnels. Vous êtes prévenus.
Sous le gui de Ros Clarke, dont le titre original (qui n’aurait pas dû être traduit à mon avis puisque la référence à la chanson éponyme est clairement établie dans le texte) est All I want for Christmas, se révèle un texte gentillet jusqu’à l’écœurement. Tout à fait dans l’esprit « à Noël tout est possible et les gentils sont toujours récompensés ».
On y rencontre Anna, comptable trentenaire, qui apparaît d’emblée comme superficielle, immature et capricieuse. On se rend assez vite compte qu’il n’en est rien, mais je n’ai pas réussi pour autant à la trouver sympathique. Et j’ai déjà oublié le prénom de son soupirant qui est mignon, sans plus…
Cette histoire n’est pas si légère qu’on pourrait le croire. Elle parle d’un thème douloureux, mais en jouant à fond sur le pathos. Cela devient vite très niais et manque de profondeur, de réalisme ainsi que, paradoxalement, d’un peu de légèreté pour dédramatiser le tout.
Cela ne m’a pas plu du tout, je déteste qu’on veuille forcer ma compassion avec si peu de subtilité, et je crois que j’aurais même préféré regarder un téléfilm, c’est dire…
Double ration de dinde, après la gentille Anna, on va faire la connaissance de Holly Jones dans Une seconde chance pour Noël de Faye Robertson.
Toute ressemblance de cette chère Holly avec Bridget Jones n’est absolument pas fortuite, c’est même une composante essentielle de l’histoire.
Cette seconde novella est un peu plus moderne, dans le style comédie de Noël. Il faut aimer l’humour un peu relou. Ce n’est pas mon cas donc j’ai eu du mal au début et puis je m’y suis habituée. Ça a au minimum le mérite d’être moins dramatique que le précédent texte, même si les personnages traînent aussi leurs casseroles.
Holly est une prof de musique délurée, pas très finaude, qui passe très facilement du coq à l’âne. Elle va se faire larguer juste avant Noël par son détestable petit ami qui est juste un cliché sur pattes. Les pompiers apprécieront la vision que l’auteur donne d’eux… J’ai eu beaucoup de mal à trouver ce couple réaliste, mais passons.
Sur une impulsion, un collègue qu’elle connaît à peine l’invite à passer les fêtes avec lui en Écosse. Enfin, « avec lui » c’est beaucoup dire… Disons qu’il lui propose de partager le cottage d’un de ses amis. Noël, le collègue, a lui-même ses soucis en cette fin d’année et il n’a pas franchement envie de passer du temps avec Holly…
Le ton est badin, Noël est charmant, Holly oublie parfois de jouer la dinde, et si je n’ai pas franchement rigolé ni ne me suis impliquée dans leur histoire, je ne l’ai pas trouvée si désagréable à lire que le début, avec son humour et ses clichés, me le laissait présager.
Douces nuits ne restera pas gravé dans ma mémoire et j’aurais du mal à le conseiller même aux amatrices du genre, surtout en ce qui concerne la première novella. Ceci dit si vous êtes en manque de guimauve, que vous avez un peu de temps à perdre et que vous cherchez vraiment une comédie de Noël, le second texte passera comme une part de bûche (une c’est bien, en abuser ça craint).
mardi 24 novembre 2015
Caver Den
Une novella de Xavier Portebois, publiée dans la collection e-courts.
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Caver Den est la première novella publiée dans la collection e-courts et j’espère qu’elle sera suivie de nombreuses autres tout aussi réussies.
Un accident contraint Linh à demeurer quelques temps sur Caver Den, une planète minière, un coin perdu parmi tant d’autres dans l’immensité de l’univers. Il n’a qu’une hâte : déguerpir. Mais pour rembourser ses soins et les réparations de sa moto, il doit enquêter sur la soudaine folie d’un animal et le neutraliser.
Les bases sont vites posées et on entre aussitôt dans le vif de ce récit qui mêle polar et science-fiction à justes doses. Outre l’enquête, le métier même de Linh nourrit l’intrigue et c’est, je pense, ce qui m’a le plus séduite. Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la lecture, mais sachez que son animal de compagnie est une pieuvre sylvestre, la classe ultime ! Linh est un personnage intéressant et j’ai pris plaisir à le voir évoluer et comprendre petit à petit dans quel guêpier il s’est fourré.
Caver Den est un très bon texte, avec juste ce qu’il faut de technologie pour ne pas noyer l’intrigue. Il se lit trop vite et, malgré quelques rebondissements un peu prévisibles mais néanmoins logiques, j’ai vraiment apprécié ma lecture. L’auteur a même réussi à rendre une libellule attachante, je pense que cela mérite d’être noté.
Il va de soi que je vous conseille vivement cette novella.
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jeudi 12 novembre 2015
Willow Hall

Présentation de l'éditeur :
Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire.
Le récit nous est conté par le biais de lettres rédigées par Emily, jeune gouvernante fraîchement entrée au service de la famille Andrews. J’ai beaucoup apprécié cette narration épistolaire. La jeune femme écrit à son fiancé, agrémentant parfois son courrier de coupures de presse découvertes dans le grenier. En tâchant d’apprivoiser Lorena, l’enfant dont elle a la charge, elle découvre petit à petit le passé troublé de cette famille et n’a personne avec qui en discuter. Découvrir ses pensées au travers de sa correspondance permet de s’imprégner de l’intrigue, mais à distance, comme si on observait les événements du coin de l’œil. La subjectivité du personnage n’est pas dérangeante, au contraire elle prend part à l’atmosphère, lui conférant davantage de mystère. Pourtant l’étrangeté de Lorena pourrait facilement s’expliquer. Les tourments dans lesquels Emily se débat paraissent nimbés d’une certaine poésie quand elle s’égare à les conter.
La gouvernante, seule dans cette maison auprès d’une enfant qui ne communique pas, aurait-elle les nerfs qui lâchent ? Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le manoir au saule pleureur ?
Les illustrations sont vraiment magnifiques. Elles apportent beaucoup au texte, complétant à merveille la brièveté des lettres. Elles happent le lecteur, lui font ressentir la froide épaisseur du brouillard, l’atmosphère oppressante du manoir, et entrevoir les personnages éthérés qui évoluent parmi les ombres.
Cet ouvrage m’a beaucoup plu et je le recommande à tous les amateurs de Gothique et de Fantastique à l’ancienne.

jeudi 24 septembre 2015
Légion
Une novella de Brandon Sanderson, publiée au Livre de Poche.
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Si vous ne voulez pas trop en savoir, ne lisez pas le résumé de l'éditeur !
Présentation de l'éditeur :
« Mon nom est Légion, parce que nous sommes nombreux. » Ainsi parle le démon dans l’Évangile de Marc. Le héros de cette nouvelle, Stephen Leeds, surnommé Légion, est un être multiple : très intelligent, il peut apprendre n’importe quoi en très peu de temps, mais extériorise tous ses savoirs sous forme d’hallucinations, qui sont autant d’aspects de lui-même. Il vit reclus dans une grande maison, entouré de ces nombreuses entités hallucinatoires, toutes dotées de compétences hautement spécialisées. Il est riche, car il loue ses services à qui peut se les payer. Un jour, il est engagé pour enquêter sur la disparition d’un scientifique, inventeur d’un objet très particulier : un appareil photo capable de prendre des photos du passé… Ce court texte, l’un des préférés de son auteur, aborde des questions complexes et fascinantes, telles que la nature du temps, les mystères de l’esprit humain, le potentiel de la technologie…
« Je m’appelle Stephen Leeds et je suis parfaitement sain d’esprit. Mes hallucinations, en revanche, sont complètement cinglées. »
Le ton est donné. En tournant les premières pages de cette novella, on plonge derechef dans un récit aussi déjanté que haletant. Stephen Leeds est un génie, mais son cerveau a trouvé un moyen bien particulier de gérer ses capacités intellectuelles hors normes sans qu’il perde pied. Je vous laisse en découvrir les implications. Sachez seulement que l’idée est excellente et, même si le texte est trop court à mon goût, suffisamment développée pour qu’on apprécie son potentiel.
Légion se lit très vite et pas uniquement à cause de la brièveté du texte. Le récit est vraiment prenant, c’est du bon fantastique, moderne et teinté de polar. Outre les hallucinations du personnage, le lecteur se trouve confronté à des photos du passé, prises à diverses époques, alors que la photographie n’avait pas encore été inventée. L’appareil que Stephen recherche peut-il réellement photographier le passé ou s’agit-il d’une imposture de génie ?
J’ai passé un excellent moment avec cette novella et je ne regrette qu’une chose : un personnage aussi original aurait mérité de loin qu’on développe ses aventures. J’espère qu’un jour Brandon Sanderson exploitera tout le potentiel de Stephen et ses copains.
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vendredi 17 avril 2015
Hiver noir
Une novella Fantastique de Céline Rosenheim, publiée aux éditions Flammèche.
Elle est disponible en papier et en numérique.
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Présentation de l'éditeur :
« Est-ce qu’être sombre signifie forcément être mauvais ? »
Voilà longtemps que Mélisande rêvait de découvrir les vastes paysages glacés d’Islande. Accompagnée de Liv, sa meilleure amie, l’étudiante espère que ce voyage lui permettra de panser les blessures laissées par ses récents échecs.
Mais le destin ne semble pas vouloir lui accorder de répit. Dehors, la terre tremble tandis que des cendres noires viennent couvrir la lande. Le caractère de Liv change brusquement, sans raison apparente, et Mélisande s’inquiète. Qui est cette jeune femme qu’elle seule semble voir ? Peuvent-elles vraiment faire confiance à Ármann, ce jeune homme qui leur offre l’hospitalité ?
Troublée, déboussolée, Mélisande cherche un bref soulagement dans les antidépresseurs. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire ni ce qu’elle doit croire. Car comment savoir où s’arrête la réalité et où commence la folie ?
L’intrigue d’Hiver noir se déroule en Islande et c’est en grande partie cela qui m’a attirée à la lecture du résumé. Ce pays ne ressemble à aucun autre. En outre, il s’agit de Fantastique, mon genre de prédilection. Je me suis donc lancée dans la lecture de cette novella avec de bons a priori et j’en suis plutôt contente.
Mélisande, la narratrice, est une jeune femme dépressive, solitaire et qui n’a pas une grande estime d’elle-même. Elle vient de rater ses examens et traîne sa peine sans trop savoir comment se libérer de ses angoisses ni que faire de sa vie. Une amie lui propose de partir en voyage, à la fois pour lui remonter le moral et l’aider à affronter un peu mieux le quotidien. Mélisande se laisse tenter, c’est l’occasion pour elle, qui n’a jamais quitté la France, de découvrir un pays qui l’a toujours fait rêver.
Je n’ai moi-même jamais visité l’Islande, par contre ma mère s’y est rendue plusieurs fois et j’avais donc en tête les lieux décrits par l’auteur. J’admets que cela peut aider. Je vous encourage d’ailleurs vivement à regarder des photos avant la lecture, ces paysages sont grandioses et il est fort difficile de rendre leur majesté à l’écrit. L’auteur a en tout cas bien exploité le cadre de son récit. Celui-ci va de pair avec les états d’âme du personnage.
Mélisande est un peu agaçante, surtout au début quand elle se dénigre, puis par la suite quand sa dépression l’empêche d’agir. J’ai souvent eu envie de la secouer, mais j’ai fini par m’attacher à elle. La jeune femme semble être tout le contraire de son amie Liv. Cette dernière est vive, téméraire, mais également plus froide.
Mélisande nous narre elle-même son histoire, ce qui permet à l’auteur de laisser la dépression du personnage, ainsi que la sensation ouatée des antidépresseurs quelquefois, imprégner le récit. Il y gagne en noirceur, mais aussi un peu en lourdeur. Ceci dit, c’est du bon Fantastique, sombre et inquiétant. L’ambiance est à couper au couteau et s’assombrit au fur et à mesure. Il ne se passe pas grand-chose, pourtant la tension est palpable. Pour cette raison ainsi que pour sa brièveté, cette novella se lit très vite.
Alors que leur périple a pris un tour imprévu, les deux jeunes femmes se trouvent isolées, reçues chez un homme au caractère des plus lunatiques. Peu à peu, un étau se referme sur Mélisande, sans qu’elle sache d’où vient le danger ni même s’il existe réellement... Perd-elle la raison, happée par sa dépression, ou son hôte, et peut-être même son amie, ont-ils des choses à cacher ?
On se pose beaucoup de questions en cours de lecture et c’est cela qui fait tout l’intérêt de cette histoire. La fin est un peu convenue, cependant j’ai dévoré ce livre d’un bout à l’autre, appréciant la dualité constante que l’auteur a si bien entretenue. J’ai parfois tremblé pour Mélisande, je me suis sentie étouffer dans ce huis-clos, tout en m’émerveillant par procuration de la splendeur de l’Islande. La lecture fut certes brève, mais intense et me laissera un bon souvenir.
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jeudi 9 avril 2015
Noces d'éternité
Également disponible en numérique.
Présentation de l'éditeur :
Angleterre, année 1890...
Ellen Covert vit dans un manoir victorien sujet à d’étranges manifestations : empreintes de pas mouillés, robe de mariée qui saigne,...
L’atmosphère se charge de mystère jusqu’au jour où le corps de son futur époux est retrouvé mort au matin de ses noces.
En dépit des conventions, Ellen enquête sur le mystère de la demeure et sur celui qui entoure sa propre personne. Dépourvue de droits, elle se heurte aux secrets de son père et à la mort mystérieuse d’une esclave.
Perdue entre intimes convictions et troubles, elle s’apercevra que le plus grand danger ne vient pas d’où elle pense...
Il ne faut pas se fier au résumé de quatrième de couverture qui donne l’impression que les événements s’enchaînent crescendo. Bien au contraire, tout se précipite sans trop de cohérence, le meurtre survient dans les premières pages et l’héroïne n’enquête pas vraiment. Et que dire des manifestations étranges qui passent de légères, et par trop détachées, à avérées au point qu’elles en semblent ordinaires aux personnages…
Il y avait matière à rendre l’intrigue plus complexe et à semer le doute dans l’esprit du lecteur comme dans celui de l’héroïne. Ellen est une jeune fille un peu éteinte dont les noces non désirées approchent, mais elle semble détachée de sa propre histoire, comme si elle ne s’intégrait pas vraiment dans celle-ci. C’est par elle que l’angoisse et le doute sont censés passer, mais elle est profondément antipathique et semble tout juste bonne à atermoyer. Cela donne un récit très superficiel et donc jamais réellement intéressant.
L’atmosphère gothique de l’histoire n’a pas le temps de se déployer, le mystère point à peine qu’il est balayé net. Pourtant, la trame de fond n’est pas mauvaise en soi, elle n’aurait demandé qu’à être exploitée davantage. Tout le monde aime les histoires de fantômes… Quand on me promet du gothique, je m’attends à une ambiance qui s’opacifie au fur et à mesure, à une intrigue tortueuse et un style très travaillé, voire poétique. Je n’ai rien vu de tout cela.
C’est le style qui m’a le plus déçue. L’auteur abuse de phrases lapidaires sans verbe qui, au lieu de donner du rythme, se révèlent surtout très agaçantes pour le lecteur qui n’apprécie pas particulièrement le style télégraphique. En outre, de nombreuses coquilles (et pas des moindres) sont disséminées dans ces pages, ce qui est d’autant plus exaspérant que le texte est court.
Je m’attendais à beaucoup mieux.
samedi 28 mars 2015
Le Volcryn
Une novella de G.R.R. Martin publiée en poche dans la collection Hélios des Indés de l'imaginaire.
Présentation de l'éditeur :
« J’ai senti cette chose dès mon arrivée à bord. Et cela empire. Cela me poursuit dans mes rêves. Il y a quelque chose de dangereux et d’étranger, Karoly, d’étranger ! »Depuis des temps immémoriaux, les volcryns traversent la galaxie. Personne ne sait d’où ils viennent, où ils se rendent... ni même ce qu’ils sont vraiment. Karoly d’Branin est bien décidé à être celui qui percera ce mystère. Entouré de scientifiques de talent, il embarque sur l’Armageddon. Mais bien vite les tensions s’accumulent. Quelle est cette menace sourde qui effraie tant leur télépathe ? Et pourquoi le commandant du vaisseau refuse d’apparaître autrement que par hologramme ? Karoly est certain d’une chose : ses volcryns sont tout proches. Pas question de faire demi-tour. Quel qu’en soit le prix.
Mondialement connu pour sa série du Trône de Fer, George R. R. Martin a eu avant elle une riche carrière d’écrivain, récompensée par de prestigieux prix (Hugo, Nebula, Locus...). Touchant à tous les genres avec le même brio, à l’aise aussi bien sur la forme longue que plus courte, il signe avec Le Volcryn un huis clos spatial angoissant qui tient en haleine jusqu’à la dernière page. Prix Analog 1980 Prix Locus 1981
Une équipe de chercheurs s’embarque pour un voyage spatial afin d’aller à la rencontre d’un hypothétique peuple extraterrestre parcourant l’espace depuis des siècles et uniquement connu par le biais de quelques mentions dans des mythes ou légendes interstellaires : les Volcryns. Cependant, la traversée n’est pas aussi calme que l’espéraient les membres de l’équipage. Le mystérieux commandant de leur vaisseau, Royd Eris, qui vit dans une partie du bâtiment qui leur demeure inaccessible et qu’ils n’ont jamais vu que sous forme d’hologramme, semble cacher un certain nombre de secrets. Peu à peu, la peur et la paranoïa s’instillent dans l’esprit des chercheurs, amplifiées par le confinement. Le danger est-il réel ? Et, si oui, d’où vient-il ? Cette novella tient évidemment de la SF, mais n’a rien à envier au roman noir ou au genre horrifique grâce au huis-clos angoissant qu’elle met en scène. L’ambiance est sombre et délétère, mais, pour parachever un heureux mélange des genres, on peut également découvrir une très belle histoire d’amour entre ces pages. L’intrigue démarre lentement et j’ai eu un peu de mal, au début, à identifier les personnages. En plus de retenir leurs noms, il fallait intégrer leur fonction qui sert parfois de périphrase pour les désigner. C’est un coup à prendre, il suffit d’être attentif durant les premières pages, après cela va tout seul. La trame est bien trouvée et suffisamment développée pour un récit court. À un moment donné, l’origine du mal devient évidente, mais le texte reste toujours prenant et l’issue incertaine. Le Volcryn est une excellente novella avec laquelle G.R.R. Martin prouve une fois de plus qu’il est tout aussi talentueux pour la SF que la Fantasy et tout autant habile à développer un récit concis qu’une saga fleuve.
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dimanche 18 janvier 2015
La Reine de l'Air et des Ténèbres
De Poul Anderson.
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La Reine de l’Air et des Ténèbres est une novella de science-fiction à la saveur de légende, un texte empli de mystère et d’une poésie mélancolique.
Cette novella est disponible aux éditions Le Bélial en numérique ou en papier dans le recueil Le Chant du barde publié chez Le livre de poche.
L’humanité s’est répandue à travers l’espace, colonisant des planètes, parfois difficilement. Roland fait partie de celles-ci. Isolée, avec une configuration lui laissant une faible surface habitable, principalement à cause du climat, elle m’a beaucoup rappelé l’Islande.
Sur cette planète, les gens se massent dans les grandes villes, mais quelques rares colons isolés, les agriculteurs de ce monde en construction, possèdent de vastes domaines éloignés de la civilisation. Cela contribue à les rendre superstitieux, d’autant qu’à la lisière de leur monde se déroulent d’étranges événements.
Ici, il est question de la disparition d’un enfant. A-t-il été victime d’une négligence ou enlevé par ce Petit Peuple que l’on craint tant dans les zones isolées ? Sa mère, désemparée, est prête à croire n’importe quoi et à suivre n’importe qui voulant bien tenter de retrouver son fils alors que les autorités locales restent indifférentes. L’aide tant espérée lui viendra d’Eric Sherrinford, détective récemment arrivé sur Roland et peu enclin à l’irrationnel.
Notre folklore féerique se mêle à la colonisation de l’espace. Il est à la fois terrien, malgré son éloignement dans le temps et l’espace, et différent de par sa nature réelle. Les concepts avancés par le détective Sherrinford sont intéressants, notamment en ce qui concerne l’évolution.
Je crois que si notre futur doit générer des contes, ils auront sans doute l’apparence de ceux qui hantent les habitants de Roland. Par contre, si c’est à la science-fiction d’en produire, ils ressembleront à ce texte dans son entier, tiraillé entre deux émotions et deux finalités. Ce récit est, de mon point de vue, mélancolique, un peu triste, humaniste, pas forcément dans le bon sens du terme, un brin idéaliste néanmoins et un peu amer malgré une note d’espoir. Or tout le monde ne pensera pas la même chose et je doute que le but de l’auteur ait réellement été de laisser cette amertume. C’est ma sensibilité personnelle qui me pousse à voir les choses ainsi.
J’ai malgré tout aimé ce texte et je lirai le recueil Le Chant du barde à la première occasion.
La Reine de l’Air et des Ténèbres parle d’illusions et de pouvoir, mais aussi d’archétypes, de contes détruits et reconstruits, quel qu’en soit le but ultime, il parle de balancement, d’une civilisation à l’autre, du fait de grandir et de l’accepter. Nous sommes en partie nos contes, nos rêves, nos aspirations les plus lointainement ancrées en nous et il nous pose la question « Nous vivons avec nos archétypes, mais pourrions-nous vivre en eux ? »
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samedi 29 novembre 2014
Féelure
Une novella de Silène Edgar parue en numérique dans la collection Snark de Bragelonne.
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Présentation de l'éditeur :
Le jour, Gwen est une personne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : elle a un emploi précaire à la bibliothèque de la ville, un mari aimant et deux beaux enfants.
Mais chaque nuit, elle est fée et travaille à la BAKF, la Brigade anti-kidnapping de fées. Et justement, de récentes disparitions leur donnent du fil à retordre... Avec son coéquipier et ami Arthur, elle va vite découvrir que cette nouvelle affaire pourrait être plus sensible que prévu.
Pourtant, si dangereuse que soit cette nouvelle enquête, ce n’est qu’une épine parmi d’autres dans le pied de Gwen. Car au prochain solstice, elle va devoir faire un choix : rester humaine avec son mari et ses enfants, ou abandonner son ancienne existence et devenir fée pour toujours aux côtés d'Arthur...
J’ai un faible pour les récits féeriques, Féelure a donc immanquablement ferré ma curiosité rien qu’avec son titre. Il s’agit d’une novella (dans les 75 pages de texte sur ma liseuse), parue uniquement en numérique pour l’instant. Elle se lit extrêmement vite et a le mérite de posséder une idée de départ plutôt originale.
Gwen a deux vies. En journée, elle est une femme tout ce qu’il y a de plus banale, elle mène une existence agréable, mais pas parfaite, auprès de son mari et de ses deux enfants. La nuit, dans ses rêves, elle devient fée et traque ceux qui s’en prennent au peuple féerique. Le problème de Gwen est que ces deux vies si différentes ne peuvent coexister qu’une année, ensuite elle devra faire un choix.
L’idée de fond est singulière et change un peu, cependant la façon dont elle est traitée reste assez basique. Malgré une intrigue secondaire simple, mais qui amène un peu d‘énergie, le tout s’essouffle malheureusement assez vite. Les jeux de mots filés à travers le récit deviennent vraiment lassants au bout d’un moment, même si l’on en trouve des fins aussi bien que de très lourds.
Les personnages sont relativement sympathiques, mais manquent de profondeur, de même l’intrigue se veut une distraction plus qu’une réflexion sur le sujet. C’est un choix, il n’est pas mauvais en soi, mais j’aurais préféré quelque chose de plus consistant.
La fin, beaucoup trop facile à mon goût, m’a un peu déçue, cependant cela reste une chouette lecture pour qui est amateur d’histoires de fées.
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dimanche 8 juin 2014
Manhattan Ghost
Cet ouvrage, hybride d'artbook et d'une novella fantastique est le fruit de la collaboration entre Philippe Ward pour le texte et Mickaël Laguerre pour les photos.
Il compte 60 pages et coûte 10€, ce qui, je tiens à le signaler, est un prix tout à fait raisonnable pour un ouvrage qui comporte autant de photos en couleur.
Si vous avez des difficultés à vous le procurer, vous pouvez passer par le site de Rivière Blanche ou alors contacter l'auteur.
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Résumé de l'éditeur :
Elle attendit que son cœur reprenne un rythme normal avant de se décider à gagner le bar. Elle allait être en retard maintenant. - Bonjour Lisa. La jeune femme se retourna brusquement, surprise d'être ainsi abordée dans ce quartier. - Peter, mais que fais-tu ici ? Elle s'arrêta soudain, consciente de l'incongruité de sa question. Peter Monoghan était décédé trois ans plus tôt d'un cancer généralisé dû au surmenage, à l'alcool et surtout à l'abus de cigarettes. Et il se trouvait face à elle, vêtu du costume bleu que Lisa lui avait toujours connu. Ses épaules étaient plus voûtées, son visage plus pâle que dans ses souvenirs. Il lui souriait. - Tu es resplendissante, comme toujours. Lisa Kilpatrick, une pure New-Yorkaise, travaille dans la police, mais sa véritable passion demeure la musique. Un soir par semaine, après son service, elle joue du piano et chante dans un club new-yorkais. Un jour, elle assiste au Manhattanedge. Un soir par an, le soleil couchant se retrouve juste au milieu de la 14th Rue, dans un alignement parfait vers l'Ouest. Et là, elle va basculer dans un autre monde, celui des Fantômes de Manhattan. Manhattan Ghosts est un hymne à New York. À travers des photos et un texte, c'est toute la grosse pomme que vous dévoilent Mickaël LAGUERRE et Philippe WARD.
Manhattan Ghost est un artbook en grand format qui allie à merveille texte et photographies. Aucun des deux ne prévaut ou ne sert de prétexte à l’autre, ils s’harmonisent et se complètent, se mettent en valeur l’un l’autre en renforçant l’atmosphère fantastique mise en place par l’auteur et le photographe.
Les photos, en pleines pages mises en alternance avec le texte, illustrent très bien le parcours de l’héroïne, et font montre d’une grande richesse de détails. Elles nous plongent dans ce voyage que l’on pourrait presque qualifier d’initiatique. J’ai pris plaisir à les parcourir.
Le récit lui-même est un petit bijou de fantastique moderne, à la construction classique mais efficace. L’auteur réussit à capter l’attention de son lecteur en peu de mots et à le happer dans cette belle novella. L’héroïne, qui au départ rappelle un peu la Kate Beckett de Castle, est sympathique et son histoire très émouvante. On ne la suit que plus volontiers dans son périple à travers la ville. Tout en menant son enquête, Lisa tend vers la reconstruction de soi et c’est vraiment beau à lire comme à voir.
Cette novella est aussi entraînante qu’écrite avec talent et finesse. On s’y implique, on la ressent. Vous y trouverez de l’émotion, mais aussi une pointe d’humour très bienvenue. L’atmosphère fantastique est délicieusement trouble, presque onirique, mais toujours plaisante, jamais pesante. Le texte est émaillé de paroles de chansons qui participent grandement à l’ambiance du récit. On pourrait presque les entendre… En bien peu de pages, l’histoire est fort bien développée, même si je n’ai pu m’empêcher de regretter, en tournant la dernière page, qu’elle soit déjà terminée. L’ensemble, novella comme photos, a été un petit coup de cœur pour moi.
Manhattan Ghost est un ouvrage vivant dans lequel la musique, les références littéraires ou encore culturelles se croisent et se mêlent à l’essence même de la ville pour nous offrir un fabuleux voyage dans un New York intemporel, quasi mythique et fascinant.
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