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samedi 24 décembre 2016

Le Jour des Tartines

Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy'el.


Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu'au 31 décembre 2016.


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Présentation de l'éditeur :


JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.


Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.


Paule Langevine : Scientifique française.


Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.



Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l'image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.


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mardi 24 novembre 2015

Caver Den

Une novella de Xavier Portebois, publiée dans la collection e-courts.


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Caver Den est la première novella publiée dans la collection e-courts et j’espère qu’elle sera suivie de nombreuses autres tout aussi réussies.
Un accident contraint Linh à demeurer quelques temps sur Caver Den, une planète minière, un coin perdu parmi tant d’autres dans l’immensité de l’univers. Il n’a qu’une hâte : déguerpir. Mais pour rembourser ses soins et les réparations de sa moto, il doit enquêter sur la soudaine folie d’un animal et le neutraliser.
Les bases sont vites posées et on entre aussitôt dans le vif de ce récit qui mêle polar et science-fiction à justes doses. Outre l’enquête, le métier même de Linh nourrit l’intrigue et c’est, je pense, ce qui m’a le plus séduite. Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la lecture, mais sachez que son animal de compagnie est une pieuvre sylvestre, la classe ultime ! Linh est un personnage intéressant et j’ai pris plaisir à le voir évoluer et comprendre petit à petit dans quel guêpier il s’est fourré.
Caver Den est un très bon texte, avec juste ce qu’il faut de technologie pour ne pas noyer l’intrigue. Il se lit trop vite et, malgré quelques rebondissements un peu prévisibles mais néanmoins logiques, j’ai vraiment apprécié ma lecture. L’auteur a même réussi à rendre une libellule attachante, je pense que cela mérite d’être noté.
Il va de soi que je vous conseille vivement cette novella.


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CRAAA

vendredi 2 octobre 2015

Le Chaudron des âmes

Une nouvelle d'Anne Rossi, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy’El.


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Dans Le Chaudron des âmes, se mêlent joyeusement légende arthurienne et chœurs angéliques, avec quelques zombis pour corser le brouet.
Cette nouvelle nous emmène en Bretagne, à la (re)découverte d’un combat millénaire entre le bien et le mal, avec à la clé une réflexion sur la vie, l’amour et la mort. Anne Rossi ravaude une trame familière avec des motifs de sa composition et l’alliance des mythologies se fait naturellement, tout en douceur.
Viviane, Arthur, Merlin et Morgane ont connu de nombreuses incarnations littéraires, pourquoi pas de nombreuses incarnations tout court ? J’ai retrouvé avec plaisir ces personnages qui ont marqué mon imaginaire. Anne Rossi leur offre ici une nouvelle aventure à la fois cohérente avec ce que l’on sait d’eux et très personnelle.
J’ai passé un agréable moment avec cette lecture et elle m’a donné l‘envie de me replonger dans le cycle arthurien dès que possible.


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mercredi 29 juillet 2015

Chrysalide

Une nouvelle d'Ivan Kwiatkowski, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy’El.


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L’impression étrange que m’a laissée cette nouvelle me semble bien difficile à exprimer, et ce malgré tous mes efforts. Mon ressenti est tout simplement indéfinissable, mais quant à savoir si c’est dans le bon sens ou non du terme, je ne pourrais le dire avec certitude… Ce texte m’a mise mal à l’aise, peut-être même m’a-t-il heurtée, pourtant je l’ai lu avec une attention crispée.
Au cours d’une de ses escapades, un peintre découvre une jeune femme dans un terrain vague. Elle est dans un sale état, mais il est tout prêt à l’aider, si du moins elle l’accepte. Ainsi commence le récit...
Ils vivent dans une cité maussade, confinée sous un dôme. Et si l’origine de celle-ci est évoquée, ce n’est pourtant pas le plus important. Cette ville et ses particularités ne sont qu’un décor, le véritable intérêt de la nouvelle réside dans la relation ambiguë qui se noue entre les personnages. Disons-le franchement, ils ont été, de mon point de vue, aussi déplaisants l’un que l’autre. Elle n’est que rancœur et violence alors que son abnégation à lui me semblait tellement injustifiée qu’elle en devenait faiblesse au lieu de force.
Le récit alterne entre les descriptions, au début très froides et analytiques, du comportement de la jeune femme et les notes pleines d’idéalisme de l’homme. Les deux personnages n’en paraissent que plus décalés, mais certes d’une façon propre à chacun.
Leur relation devient très vite malsaine, bien qu’elle se révèle cathartique pour l’un comme pour l’autre, et cela m’a dérangée, même si je comprends que tout l’enjeu du récit est dans ce développement psychologique.
J’ai lu ce texte avec une répulsion croissante. Il possède indubitablement de nombreuses qualités, notamment celle d’éveiller des sentiments aussi forts que contradictoires chez son lecteur. Je l’ai ainsi détesté, mais je pense que dans ce cas précis on peut dire qu’il s’agit d’un gage de qualité.
Je serais assez curieuse de lire d’autres avis, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions.


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jeudi 9 juillet 2015

Faim du monde

Une nouvelle de Tesha Garisaki, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy’El.


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Comme le titre le laisser présager, nous avons là une lecture apocalyptique à souhait. Ici, la faim touche tout le monde. Mais deviendra-t-elle une fin en soi ? (Désolée, le jeu de mots était trop tentant…)
Le texte est court, raisonné. Il nous invite à une réflexion intéressante sur la société et les comportements humains. J’y ai trouvé une métaphore qui m’a plu, mais chacun se focalisera sûrement sur différents aspects de ce récit qui n’est ni aussi simple ni aussi linéaire qu’il n’y paraît.
Le personnage principal n’est pas particulièrement sympathique, ses camarades non plus d’ailleurs. La liste de leurs priorités, avec en tête la réserve de clopes, m’a souvent laissée dubitative. Cependant, ils sont communs, pas spécialement courageux, pas foncièrement mauvais non plus. Ils pourraient être n’importe qui, du lecteur lui-même à ses voisins de palier et cela donne envie de savoir ce qui va leur arriver car ils n’en semblent que plus réels.
Je ne suis pas très friande d’histoires de zombis, même si je ne suis pas rebutée par le genre, cela fait peut-être de moi un public moins exigeant puisque j’ai peu de lectures à mon actif. J’ai tendance à préférer les textes qui ne font pas dans le sensationnalisme et c’est le cas de cette nouvelle. Les habitués, qui sont à la recherche d’originalité et d’intrigues développées, la trouveront sans doute trop brève. Pour ma part, je ne le lui reprocherais que sa fin qui s’est révélée un peu abrupte à mon goût, mais j’ai bien aimé le texte dans son entier.


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mardi 9 juin 2015

Lucy's Liberty

Une nouvelle de Célia Flaux, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy’El.


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La famille de Lucy refuse le progrès technologique, jugeant que celui-ci offense Dieu. C’est pourtant à bord d’une astronef que s’embarquent la jeune fille et ses proches, dans l’idée de migrer vers une planète encore relativement sauvage où réside une communauté qui partage leurs croyances.
Pour Lucy, ce voyage vers la « Terre promise » sera décisif. Pour la première fois de sa vie, la jeune fille va commencer à se faire une idée différente de la vie et de ce que pourrait être son avenir. J’ai beaucoup aimé la voir évoluer.
La religion est au centre de son existence, mais les croyances sont-elles vraiment incompatibles avec le progrès ? Que sont véritablement les valeurs humaines ? Résident-elles dans les paroles autant que dans les actes ? Cette nouvelle nous parle d’humanité au travers d’une réflexion sur le fanatisme et la maltraitance, certes un peu convenue, mais intéressante.
Lucy est attachante, comme la plupart des personnages peuplant ce récit. Sa façon de se confronter au monde est touchante et sa naïveté ne la rend pas pour autant stupide. On a envie de la protéger. On espère pour elle un avenir radieux, mais il semble bien compromis.
Ce texte m’a plu. Il est agréable à lire, fluide, attendrissant. Je n’ai pas vu les pages défiler. L’histoire est sympathique, un peu caricaturale en ce qui concerne la famille de Lucy, même si cela demeure dans les limites de la crédibilité, mais néanmoins charmante. J’ai en tout cas passé un bon moment de lecture à bord du Liberty.


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jeudi 28 mai 2015

La chasse aux marqués

Une nouvelle de Tesha Garisaki, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy'El.


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Dès ses premières lignes, La chasse aux marqués intrigue le lecteur grâce à une scène d’exposition sibylline. L’auteur ne dévoile les choses que petit à petit, ce qui rend la lecture d’autant plus haletante. Peu de pages suffisent pour être emporté dans cette dangereuse mégalopole et l’on s’attache presque aussitôt à Natalia, jeune fille altruiste qui essaie d‘utiliser son don au mieux, tout en évitant de se faire remarquer.
Dans cette Fantasy futuriste, les mages sont des proies. Leur don se transmet dès la naissance, par une marque que les parents apposent sur leur enfant et qui détermine leur pouvoir. Mais pourquoi les pourchasse-t-on vraiment ? Et qui se cache réellement derrière les androïdes programmés pour les tuer ?
Cette chasse aux sorcières est motivée par de nombreux enjeux et la problématique est intéressante. Elle aurait mérité d’être encore plus développée, bien que l’on obtienne finalement les réponses aux questions que l’on se pose en cours de lecture.
Celle-ci est prenante. On avance vite, à la poursuite de Natalia, comme pour la retenir, alors que l’on voit se profiler un drame quasi inévitable.
C’est un très bon texte, loin d’être convenu. Je ne déplore que la fin un peu abrupte. Même si la nouvelle se suffit à elle-même, j’étais bien avec les personnages, j’aurais voulu en savoir plus et je pense qu’il y avait matière à faire une bonne novella avec cet univers, ce contexte et ces personnages.


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mercredi 6 mai 2015

L'envol du cygne jaune

Une nouvelle d'Olivier Boile, publiée en numérique par les éditions Voy'El dans la collection e-courts.


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Cette nouvelle, par-delà son aspect historique, a la saveur et la grâce particulières d’une légende asiatique. Elle nous emmène bien loin dans le temps et l’espace, à la rencontre d’un peuple nomade. Délicate, poétique, elle séduit le lecteur non pas en l’entraînant dans un récit haletant, mais plutôt en éveillant petit à petit son empathie envers le personnage principal : Liu Xijun. La jeune princesse Chinoise a été promise au roi des Wusun, mais ne parvient pas à se faire au mode de vie de son peuple d’adoption. Une seule personne semble s’émouvoir de son sort alors que la jeune femme dépérit. Celle-ci demeure dans l’attente de jours meilleurs en observant les oiseaux migrateurs qu’elle aimerait tant rejoindre, imperméable à la vieille magie des Wusun.
Que pèse la volonté d’une femme qui n’est qu’une marchandise dans ce monde d’hommes ? Liu Xijun est émouvante dans la souffrance qu’elle ressent, mais peut aussi sembler très égoïste, sachant quel enjeu elle représente.
L’envol du cygne jaune est un beau texte qui parle avec subtilité d’identité et de liberté. Il fait réfléchir sur l’individualité et le sacrifice, sur la valeur de la vie, et procure au passage un bon moment de lecture.


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dimanche 12 octobre 2014

Nouvelles en vrac (4)

Cette fois-ci je vais vous parler de trois nouvelles numériques publiées chez Voy'El dans la collection e-courts.


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Le triomphe de l’Impératrice
de Cécile Duquenne


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Dans l’anthologie Arcanes, elle-même parue en version papier aux éditions Voy’El, dont est extraite cette nouvelle, chaque texte est consacré à l’un des arcanes majeurs du tarot, vingt-deux récits pour vingt-deux lames. Celle dont Cécile Duquenne a héritée est l’Impératrice, intéressante figure dont l’auteur fait une interprétation toute personnelle.
Il est un peu difficile d’entrer dans l’histoire au départ, face à ce peintre engagé pour réaliser la fresque d’une bataille spatiale majeure à laquelle on ne comprend goutte. Mais on se laisse aller dans la beauté des couleurs, dans l’infinité de détails, en attendant des réponses qui ne tardent pas.
Le triomphe de l’Impératrice est un récit à rebours en trois étapes pour trois générations différentes, qui va à chaque fois plus loin dans le passé. Cela m’a plu, la narration est originale et j’aime en général tout récit qui n’est pas d’une linéaire platitude, d’autant que j’ai trouvé assez symbolique ce découpage en trois car c’est le chiffre de l’Impératrice.
On passe par l’art qui sublime, tout en se voulant un témoignage d’une réalité longtemps tenue cachée, puis par l’acquisition de la connaissance qui doit se gagner et enfin par le combat lui-même qui mènera, ou pas, à la liberté.
L’intrigue en soi est intéressante et amène à une réflexion sur le libre-arbitre et le destin. Le tarot n’y est pas seulement évoqué, il fait partie de l’histoire et ce de manière plutôt bien trouvée. C’est une nouvelle originale et bien développée.


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Une octave de réalité ♥
de Julien Pinson


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Cette nouvelle a été un grand coup de cœur et je suis bien embêtée de me rendre compte que je ne sais pas du tout comment faire passer mon ressenti dans cette chronique ni même trouver les mots pour vous ouvrir une brèche vers ce récit.
Dans Une octave de réalité, des chats de Schrödinger deviennent des Cheshire cats, la musique permet de voyager entre les différentes réalités et les êtres qui peuplent ces multivers trouvent toujours le moyen de se faire la guerre… Dit comme ça, cela paraît simple, néanmoins j’ai adoré cette idée !
L’auteur a su créer quelque chose de très original et de vraiment passionnant, un texte très humain mais également assez baroque par moment. L’histoire est pleine de références qu’il est amusant de traquer, sans qu’elles manquent vraiment à la compréhension du lecteur qui ne les saisira pas au vol. Je suis passée par une grande palette d’émotions en lisant ces quelques pages. Les personnages, que l’on côtoie pourtant très peu, sont attachants et émouvants dans leur lutte, on ne peut que se soucier de leur sort.
J’aurais aimé une histoire plus longue, ne serait-ce que parce que l’originalité du background le méritait amplement, mais ce fut vraiment une excellente lecture que je garderai en mémoire. Je vous la conseille chaleureusement !


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Un sacré coup de pouce
de Milora


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Envie d’un récit complètement barré ? Je ne saurais trop vous recommander cette nouvelle dont la lecture fut un pur moment de fantaisie (oui, avec ie).
Tout commence avec un poisson rouge qui tombe de l’étage du dessus sur le balcon de David, jeune homme sympathique, mais assez commun au demeurant. C’est alors que son pouce, semblant tout à coup doté d’une vie propre (et d’un caractère bien trempé) va l’entraîner dans une aventure des plus fantasques que j’ai beaucoup aimé suivre.
Comme Alice tombée dans le terrier du lapin, il va aller de plus en plus loin dans l’absurde et rencontrer des personnages étonnants, à la dinguerie savoureuse, dont j’ai moi-même adoré faire la connaissance. Cette incursion de David dans un monde aussi enchanté que déjanté est particulièrement délicieuse.
Ce texte plein d’humour et très agréable à lire est une vraie bouffée d’oxygène, un anti-grisaille aux couleurs si vives qu’elles piquent les yeux, à l'image de la couverture, (encore mieux qu’un dé à coudre !) et grâce à lui vous saurez enfin toute la vérité sur les fées (je le savais, j’en ai toujours été persuadée ! C’est d’une logique imparable !).


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dimanche 20 juillet 2014

Rémiges de cendre

Une nouvelle de Julien Chatillon-Fauchez, publiée en numérique dans la collection e-courts de chez Voy'el.


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L'univers est un lieu étrange, et Atarashi Hiroshima l'une de ses composantes. Planète dévastée par un hiver nucléaire, elle est morte pour toute vie depuis des siècles. Seules ses richesses minières attirent désormais les prospecteurs, qui font fi des radiations.


Pourtant, dans le silence ouaté des cendres irradiées, Atarashi Hiroshima préserve une confidence de l'univers.



Sur Atarashi Hiroshima, une planète figée dans un hiver nucléaire, une femme mène des recherches pour le compte d’une grande compagnie minière, jusqu’à son accident. Hallucination ou réalité, il lui semble faire alors une découverte hors du commun.
Il se dégage de ce court et poétique récit de planet op une beauté tranquille et sereine, cotonneuse, hors du temps. C’est presque magique. D’une certaine façon, son aspect apaisant m’a fait penser à Clamatlice de Vanessa Terral, mais en plus éthéré. J’ai aussi songé à l’excellent recueil Sanshôdô de Jean Millemann.
J’ai beaucoup apprécié ce texte très japonisant, dans lequel, pour qui sait contempler, la beauté, l’équilibre et le divin se révèlent au cœur d’un milieu tout ce qu’il y a de plus hostile. La communion de la narratrice avec cette planète oubliée, détruite par la folie humaine, est magnifique et rejaillit par empathie sur le lecteur, lui laissant un sentiment de paix une fois la dernière phrase lue.


Pour vous faire une idée, lisez également la chronique de Lune.


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mardi 29 avril 2014

Pour l'honneur des Mérina

 Une nouvelle d'Alex Evans, publiée chez Voy'El dans la collection e-courts.

Présentation de l'éditeur :

Améyo, fille d’une famille de riches marchands tombée dans la misère, vivote entre une belle-mère alcoolique et deux belles-sœurs. Criblées de dettes, leur jugement tombe : elles doivent tout rembourser dans trois jours, ou bien elles seront vendues comme esclaves.

En désespoir de cause, la jeune fille décide d’invoquer le fantôme de son grand-père. Il pourra peut-être lui dire où se trouve la pieuvre des Mérina. Ce joyau perdu de la famille leur permettrait de payer tous leurs créanciers.

Sauf que ce n’est pas le bon grand-père qui apparaît...

Cette brève nouvelle fut d’une lecture très agréable. J’avais déjà pu apprécier la plume de l’auteur dans un autre texte court, La clé de l’eau (publié sous le nom d’Agnès Evans, dans la collection Micro de chez Walrus). J’ai retrouvé avec plaisir un style délicat et fluide qui, s’accordant à l’ambiance de l’histoire, renforce l’impression que l’on a de découvrir un conte. Pour autant, si le récit en a la saveur et la consistance, il évite toutefois de tomber dans les plus gros poncifs et travers de ce genre. Alors que le thème, celui d’une jeune fille orpheline et sans le sou devant faire face à l’adversité a été maintes fois rebattu, l’auteur a su donner malgré tout une certaine fraîcheur et de l’originalité à sa nouvelle.
Le texte est léger, prête à sourire parfois face aux déconvenues de l’héroïne, et se lit avec entrain. Alex Evans réussit en peu de mots à rendre Améyo, son personnage central, sympathique. La jeune fille, au début pleine de préjugés et d’idées reçues, mais néanmoins digne et fiable, va apprendre quelques vérités et se découvrir plus débrouillarde qu’elle l’aurait cru. La vie n’est clairement pas ce qu’elle pouvait en attendre et certaines choses qu’elle croyait sûres ou acquises vont se révéler sous un nouveau jour, mais est-ce pour autant un mal ?
On est quand même loin du conte de fée et c’est agréable d’en avoir l’essence sans la mièvrerie.
C’est une belle histoire, narrée avec art, qui parle de retrouver ses racines pour mieux se connaître soi-même et aussi, de manière plus triviale, de noblesse d’âme et d’à-propos. Les personnages sont attachants et c’est avec le regret qu’elle soit si courte que j’ai terminé cette lecture.
Comme tous les bons contes, bien que ce récit n’en soit pas tout à fait un, Pour l’honneur des Mérina s’adresse à un large public. Les jeunes comme les adultes y trouveront leur compte.

mercredi 3 juillet 2013

Au service des insectes

Une nouvelle de Cindy Van Wilder, publiée dans la collection e-courts des éditions Voy'[El] et donc uniquement disponible au format numérique.


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La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?



Je continue avec enthousiasme ma découverte de la collection e-courts avec cette deuxième parution.
J’avoue qu’un tel titre me laissait un peu dans l’expectative. Je n’ai pas peur des insectes, je ne suis pas particulièrement dégoûtée non plus par eux et si un moustique est de nature à provoquer un certain agacement chez moi, c’est bien la pire émotion qu’il peut m’inspirer. Cependant, depuis que j’ai lu le premier volume de la série Nightside de Simon R. Green, je considère avec une certaine circonspection tout texte me rappelant une certaine scène. Or, ce titre me la rappelle inévitablement.
Nous sommes loin, pourtant, de la suprématie et des mœurs des insectes du Nightside et je n’arrive pas à décider si c’est ou non une bonne chose. Lisez donc les deux textes et venez me donner votre opinion. ;)


Cette nouvelle est un texte post-apo d’un genre un peu particulier. Les humains ont perdu leur guerre contre les insectes, leurs protections se sont effondrées et tout ce qui reste de leur civilisation éparse ce sont quelques survivants errants dans des ruines, au milieu des immenses ruches construites par leurs anciens ennemis. Or, certaines femmes ont fait le choix de travailler pour les insectes, pour survivre, gagner le minimum de confort qui fait défaut aux autres, la sécurité et de quoi s’occuper l’esprit pour échapper aux horreurs qu’elles ont vécues.
Bess est l’une de ces femmes. Elle essaie de survivre au jour le jour, de garder en elle toutes les émotions qu’elle a refoulées et de faire son travail du mieux qu’elle peut. Cependant, même dans la relative sécurité de la ruche, son passé et les choix qu’elle a fait peuvent la rattraper à tout moment.
J’ai adoré ce personnage à la fois fort et fragile, tellement humain. Je n’ai pas un cœur particulièrement tendre, mais Bess m’a émue. J’ai aimé la suivre dans son quotidien, mais aussi dans ses souvenirs, ses angoisses. La voir se débattre, déverser le trop-plein de ses peines et chercher une forme de rédemption m’a touchée et j’ai vraiment croisé fort les doigts pour elle (et je peux vous dire qu’en lisant ça n’est pas évident à faire).
Si la fin m’a laissée un peu dubitative, ce n’est pas parce qu’elle est mauvaise ou mal amenée, mais disons qu'il s'agit plutôt d'une question de sensibilité personnelle. Cela n’entache néanmoins pas le plaisir que j’ai pris à lire ce texte.
Par contre, un petit détail m’a gênée. Qu’on ne se méprenne pas, j’ai vraiment apprécié cette nouvelle aussi prenante que bien écrite, mais je fais parfois de petites fixations sur des détails indépendamment de la qualité d’un texte. Et là, mon problème est qu’une reine abeille ça se fabrique, voyez-vous, avec de la gelée royale, celle qui dans ce récit sert à nourrir tous les insectes sans distinction. Une abeille devient une reine, plus forte, plus grande, ayant une longévité accrue et bien sûr la capacité de pondre (et non de diriger une ruche) quand elle est nourrie exclusivement à la gelée royale, contrairement aux autres abeilles. Vous me direz sans doute que je suis stupide d’avoir fait un blocage là-dessus alors que cette nouvelle nous parle d’insectes géants qui vivent en communautés de différentes races (des guêpes, des abeilles et des fourmis ensemble, imaginez !) avec des nourrices humaines pour s’occuper de leurs larves sensibles aux émotions et moi tout ce que je retiens c’est cette histoire de gelée royale… Mais non, désolée, une reine ne naît pas par hasard et Bess devrait le savoir.
Enfin bref, passons outre mes petites névroses personnelles. C’est le premier texte de Cindy Van Wilder que j’ai lu et j’espère en découvrir d’autres très prochainement.


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vendredi 21 juin 2013

Clamatlice

De Vanessa Terral, uniquement paru au format numérique dans la toute nouvelle collection e-courts des éditions Voy’[El]
Il s’agit d’un petit ouvrage constitué de deux nouvelles, Les vagues de Clamatlice et Saison de pluie sur Clamatlice.


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Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.



Ce sont donc deux textes de planet opera qui inaugurent la collection e-court. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit, le planet op est un sous-genre de la science-fiction dans lequel l’auteur nous emmène à la découverte d’une planète via le regard et l’expérience de personnages qui l’explorent. Clamatlice, la planète aux mille pensées, ne nous est pas entièrement dévoilée pour autant. Il s’agit de nouvelles, après tout, et elles sont plus axées sur la quête identitaire de leurs personnages ; même si celle-ci est, plus qu’ailleurs, liée à leur environnement et à la découverte de celui-ci, de ce qui, en lui, leur ressemble.
Dans le premier récit, Noota, un adolescent qui vient tout juste d’arriver sur la planète aux mille pensées, cherche sa place dans ce nouveau monde. Sur cette planète qu’il n’a pas encore apprivoisée, ses habitudes se voient en quelque sorte décalées par un environnement qui est familier sans l’être. Lui qui est un surfeur voit ses techniques complètement inutiles sur les mers de Clamatlice. En essayant de s’intégrer, il va trouver bien plus que ce qu’il cherchait au départ…
Dans le second texte, Luccine, une petite fille malmenée par les autres enfants et délaissée par les adultes, est amenée à faire un choix, peut-être encore plus difficile que celui de Noota. Ce texte-ci est doux-amer comparé au premier, mais également plus poignant.
Sur Clamatlice, votre nature pourrait vous apparaître d’une bien étrange façon… Je ne vous dévoilerai pas le principe, mais il m’a vraiment plu, d’autant qu’il est traité avec sensibilité et poésie. Si le style de l’auteur est toujours aussi plaisant que ce à quoi elle nous a habitués, sa façon de raconter s’adapte néanmoins aux événements. Dans la première nouvelle, la fluidité du récit dépend de la façon dont Noota parvient ou non à s’adapter aux caprices de l’océan. Dans le second, le récit se fait plus hésitant, comme Luccine, tournoyant en spirale il revient sur certains points, s’éloigne encore, revient toujours… C’est fait avec délicatesse, si bien qu’on pourrait presque passer à côté de ces détails. Cependant, si on n’en prend pas forcément conscience, on le ressent à la lecture. Cela fait partie de l’harmonie qui se dégage de ces textes, dans le fond comme dans la forme.
Ces nouvelles évoquent la différence, mais aussi l’appartenance à un groupe, à un monde, elles parlent de ce qui est en soi et que l’on choisit d’écouter ou de réprimer, pour soi-même ou pour les autres. J’ai aimé ces deux histoires pour ce qu’elles ont de terriblement humain. Et si la cynique que je suis est un peu dubitative face à tant de bienveillance, je me dis quand même : pourquoi pas ? C’est, après tout, la meilleure manière qu’a pu trouver la nature de cette planète pour éduquer l’humain. Et même si je trouve que ces deux jeunes gens s’en sortent plutôt bien au final, il ne leur en a pas fallu moins de courage. C’est bien aussi de montrer qu’il est parfois récompensé. L’ambiance est douce, mais tout n’est pas forcément rose et les choix des personnages ne sont pas aisés ni une fin en soi.
Ce sont deux très beaux textes, qui, à leur manière, sont plus riches en émotions qu’en action. C’est le second récit qui m’a le plus touchée car, émotionnellement parlant, c’est une histoire qui sonne terriblement vrai.
Je vous invite donc à découvrir ce qui se cache sur Clamatlice, au-delà de ses plages de sable vert et de ses routes pavées.


Pour finir, j’aimerais vous parler de l’initiative de l’auteur que je trouve particulièrement intéressante. En effet, Vanessa Terral propose à ses lecteurs d’écrire des textes portant sur l’univers de Clamatlice, de partager avec elle cette planète riche de possibilités. Les éditions Voy’[El] lancent donc un appel à textes permanent dans leur collection e-courts.
Mais, au-delà de la possibilité de publication elle-même, c’est cette notion de partage qui me touche car je la trouve aussi généreuse qu’enthousiasmante.


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