Affichage des articles dont le libellé est The Sandman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est The Sandman. Afficher tous les articles

vendredi 11 février 2022

The Sandman - Acte II

Adaptation en feuilleton audio du comics scénarisé par Neil Gaiman. Adapté par Dirk Maggs et produit par Audible.
Disponible en CD (uniquement pour la version en langue anglaise. Elle est accompagnée d'un livret et de trois autocollants) ou en version dématérialisée (en anglais, français, espagnol, allemand ou italien) sur Audible.
La chronique porte sur la version française.

Retrouvez ici ma chronique portant sur le premier acte.


Ce très attendu acte II regroupe La Saison des brumes, Jouons à être toi (titré ici Le Jeu de soi) et certaines histoires issues de Fables et Réflexions.
Je me suis trouvée happée dans le récit dès les premières minutes, pourtant La Saison des brumes ne fait pas partie de mes arcs préférés malgré les événements décisifs qui y sont contés. C’est par ce tome que s’ouvre l’enregistrement et il y occupe une grande place. Pourtant, malgré mes a priori, je n’ai pas vu les chapitres défiler. Cette partie est brillamment interprétée, aussi sombre et tortueuse qu’on pouvait l’espérer.
Beaucoup de gens n’aiment pas A Game of You, qui constitue l’autre grand récit de cet opus. Ce n’est pas mon cas. J’ai une tendresse particulière pour les personnages de Barbie et Wanda. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’histoire est mise en scène, mais pour le coup c’est une des rares fois où l’image m’a manqué. Cependant, cet arc fait un bon contrepoids à celui de La Saison des brumes. Les enjeux sont moins importants, cependant il n’en est pas moins profond et mélancolique. Si l’on veut s’attarder un peu sur le symbolisme de ce récit, on le trouvera beaucoup plus riche qu’il n’y paraît.
Les histoires de Fables et Réflexions sont habilement réparties. Elles n’interrompent pas les grands arcs, mais offrent des interludes bienvenus entre les deux et permettent à la fin de s’extirper en douceur de cet univers très immersif. J’aime beaucoup les récits courts dans Sandman, qu’ils soient ou non voués à ricocher dans les arcs principaux. J’apprécie surtout le fait qu’ils évitent les évidences et font confiance à l’intelligence du lecteur/auditeur. Ils passent souvent inaperçus, pourtant c’est dans leur originalité et leur réflexion qu’on remarque le mieux le talent de Neil Gaiman pour saisir des histoires au vol et les modeler. La mise en scène particulièrement soignée que leur offre cette adaptation les met heureusement en valeur. C’est une bonne occasion de les découvrir ou redécouvrir sous un autre jour.
Ce deuxième acte est souvent angoissant, toutefois il permet aussi de se glisser sous le couvert fantasque, mais aussi rassurant, du songe. Il m’a ravie de la première minute à la dernière.
L’acte III est déjà confirmé. Je l’attends de pied ferme.

vendredi 10 décembre 2021

The Sandman - Acte I

Adaptation en feuilleton audio du comics scénarisé par Neil Gaiman. Adaptée par Dirk Maggs et produite par Audible.
Disponible en CD (uniquement pour la version en langue anglaise. Elle est accompagnée d'un livret et de trois autocollants) ou en version dématérialisée (en anglais, français, espagnol, allemand ou italien) sur Audible.
La chronique porte sur la version française.


Je vous épargne le résumé de l'éditeur qui en dit trop à mon goût.

La hype autour des comics semble ne plus avoir de limites en ce moment et c’est une excellente chose si cela permet la création d’œuvres telles que celle-ci. D’autant que cela change un peu de ce que l’on nous offre habituellement. L’originalité est dans l’histoire, certes, cependant je fais aussi référence au format. Je n’ai rien contre les films et séries, toutefois je trouve qu’une adaptation audio est une excellente idée. Cela est à la fois original, car peu courant pour une série de comics, et tout à fait traditionnel car l’œuvre s’inscrit dans la longue tradition des feuilletons radiophoniques (malheureusement peu prisés dans nos contrées bien qu’on puisse en écouter de temps en temps sur certaines radios) mais qui sont toujours appréciés et surtout de qualité au Royaume-Uni.
La narration est très différente de celle d’un livre audio, cela s’apparente plus à un film sans l’image et cela plaît ou rebute dès les premières minutes. N’étant pas par nature une visuelle, j’apprécie beaucoup ce format qui laisse place à l’imagination, tout en étant aussi très évocateur si l’on prête attention aux détails de la mise en scène — très soignée dans le cas présent — et à toutes les perceptions inconscientes qu’elle induit. On perçoit notamment où se trouvent les personnages les uns par rapport aux autres. La sonorité est étudiée pour donner une notion de l’espace et les bruitages ne sont pas qu’un fond sonore ; ils enrichissent le récit.
J’ai lu beaucoup de commentaires de gens qui se plaignent qu’on perd toute une dimension de l’histoire sans les images, mais je ne suis pas d’accord. Je n’aime pas particulièrement la partie esthétique des Sandman. C’est juste une question de goût et le talent des différents illustrateurs de la série n’est plus à prouver. Je ne pense pas qu’il faille opposer les deux formats. C’est surtout par snobisme que certains rejettent cette adaptation, de la même façon que la série télévisée, en cours de production, reçoit beaucoup de critiques sur le choix des acteurs alors que l’on n’a pas encore eu  le loisir d’apprécier leur performance. Certains fans de comics sont parfois très sectaires et c’est d’autant plus vrai dans le fandom de Sandman, ce qui est vraiment dommage. Chacune de ces différentes façons d’appréhender des histoires aussi complexes a beaucoup à nous apporter.
Ce feuilleton d’une dizaine d’heures est découpé en épisodes qui pourront peut-être vous sembler sans liens au début (si vous n’avez pas lu les comics), mais vous verrez que tout a un sens dans ces récits et qu’ils se répondent. Vous apprendrez à faire attentions aux détails, même les plus triviaux. L’adaptation couvre les trois premiers volumes de Sandman, soit Préludes et Nocturnes, La Maison de poupée, Le Domaine du rêve. J’ai une affection particulière pour La Maison de poupée et j’ai trouvé la transposition brillante, encore plus flippante que dans les comics. Ces histoires sont de celles qu’on adore ou qu’on déteste.
Sandman n‘est pas pour tout le monde. Certains de ces récits sont très violents et j’ai l’impression que le format accentue le malaise que l’on peut ressentir. Il est parfois pire de deviner sans voir. Je pense surtout à l’épisode « 24h » pour ceux qui connaissent l’histoire…
Quoi qu’il en soit, que la rencontre entre l’auditeur et le feuilleton se fasse ou non, on doit reconnaître le talent avec lequel cette adaptation a été créée. À mon grand désappointement, j’ai dû opter pour la VF, parce que la VO m’égarait avec ses effets de voix et certains accents. Je le regrette, néanmoins je dois dire que la version française est d’excellente qualité aussi.
Je n’avais pas vraiment d’attentes, cependant j’ai été très agréablement surprise. Je me suis laissé emporter très facilement dans toutes ces histoires, même celles qui n’ont pas ma préférence.
J’aime les livres audio traditionnels, mais j’aime aussi beaucoup les feuilletons, surtout quand ils sont aussi vivants et bien interprétés que celui-ci. On devrait nous proposer plus souvent des œuvres de qualité telles que celle-ci. Le deuxième acte est déjà disponible en anglais, la version française est prévue pour fin janvier et je l’ai déjà pré-commandée, ce qui vous prouve mon enthousiasme.