Présentation de l'éditeur :« Le Café de la pleine lune n’a pas d’adresse fixe. De temps à autre, il apparaît là où bon lui semble : dans une rue commerçante, une gare, au bord d’une rivière. »À Kyoto, un café ambulant tenu par des chats maîtres en astrologie fait son apparition comme par magie les soirs de pleine lune. À la lueur des étoiles, cette mystérieuse roulotte accueille les humains qui en ont besoin.Fondant au chocolat et sa glace de pleine lune, café glacé au sirop d’aurore… En dégustant les desserts préparés sur mesure, les clients se confient aux étonnants tenanciers à moustaches. Et grâce à la lecture de leur thème astral, tous comprennent peu à peu à quel moment ils se sont égarés. L’interprétation de la carte du ciel leur permettra-t-elle de surmonter les obstacles qui les empêchent de trouver le bonheur ? Inspiré de la croyance populaire japonaise des chats portebonheur, ce roman magique allie sagesse orientale et lecture des étoiles.Le roman qui a conquis le coeur des lecteurs japonais !Mai Mochizuki est née à Hokkaido et vit aujourd’hui à Kyoto. Elle est membre du Japan Mystery Writers Association et du Unconventional Mystery Writers Club. Le Café secret des nuits de pleine lune, son premier roman traduit en français, a rencontré un tel succès au Japon qu’il est devenu une série et est en cours de traduction en 17 langues.Traduit du japonais par Alice Hureau
lundi 11 novembre 2024
Le Café secret des nuits de pleine lune
vendredi 11 février 2022
The Sandman - Acte II
vendredi 10 décembre 2021
The Sandman - Acte I
lundi 21 décembre 2020
La Nuit des labyrinthes
Présentation de l'éditeur :
Après avoir déjoué la folie de Délius, Bertrand Lacejambe, botaniste, et son fidèle secrétaire B. Fenby se retrouvent à Marseille en 1905. En ce soir de Noël, on inaugure le pont transbordeur, on se passionne pour un nouveau sport pédestre, on boit... Dans une ambiance tropicale d'espions et de palmiers, ils vont pourtant faire face au plus terrible des périls. Perdus dans un dédale urbain aux occultes secrets, de soirées mondaines en scènes de panique, ils devront élucider la troublante disparition de la plus banale espèce florale et démêler l'écheveau d'une monstrueuse imposture, réminiscence de la tragique commune dont la cité phocéenne paya jadis le prix...
mercredi 22 juillet 2020
La Mer sans Étoiles
Présentation de l'éditeur :
" Aucune histoire ne s'achève jamais vraiment tant qu'elle continue à être racontée. "
Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu'une scène de son enfance y est décrite, il décide d'en savoir davantage. C'est le début d'une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d'histoires à préserver, quel qu'en soit le prix...
mardi 29 octobre 2019
Délius, une chanson d'été
Présentation de l'éditeur :
XIXe siècle. Un poète assassin sème la terreur autour du monde, ses victimes sacrifiées aux cours d'horribles rituels floraux. Sur ses traces, Bertrand Lacejambe, un botaniste excentrique et son fidèle Fenby, elficologue amateur. Aux portes de la folie et de la magie, ils vont devoir braver les dangers de Féerie pour dévoiler la terrible menace que fait peser le Diadème sur nos rêves.
Délius, une chanson d'été nous plonge dans une fantasy victorienne étourdissante, dans un univers merveilleux et effroyable, au coeur d'une enquête délirante sur un ton souvent décalé.
jeudi 3 octobre 2019
Les Ombres d'Esver
Présentation de l'éditeur :
Amaryllis a 16 ans et n’a jamais connu que la maison où elle est née, le domaine d’Esver, reculé, magnifique, mystérieux. Dans ce manoir qui tombe en ruines où elle vit seule avec sa mère austère, elle étudie la botanique avec l’espoir d’en faire son métier... Le jour où elles reçoivent une lettre du père annonçant la vente du domaine et le mariage forcé d’Amaryllis à un de ses associés, tout bascule. Pour échapper à ce destin, malgré les ombres qui hantent ses nuits, la jeune fille répondra-t-elle à l’aventure fantastique qui se cache derrière les portes fermées d’Esver ?
Katia Lanero Zamora est actuellement consultante en écriture à la RTBF dans l’unité fiction séries. Elle a notamment publié la trilogie des Chroniques des Hémisphères aux éditions Les Impressions Nouvelles et propose ici un somptueux roman aux accents gothiques.
Décidément, la collection Naos me séduit de plus en plus. Les Ombres d’Esver est une pépite.
jeudi 2 août 2018
La Forêt de l'étrange / Over The Garden Wall
vendredi 30 septembre 2016
Journal d'un marchand de rêves
Un roman d'Anthelme Hauchecorne, publié par l'Atelier Mosésu.
Ce roman est le premier de la série l'Atlas des songes, dont chaque tome sera autonome.
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Présentation de l'éditeur :
« J’ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m’ont expédié loin d’Hollywood, dans la vieille Europe.
Les meilleurs spécialistes m’ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais.Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m’éliminer, mais avec élégance.
M’entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m’empêchent de tourner la page…
La première est une fille.
La seconde, une soif de vengeance.
Je m’appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament… »
Walter Krowley n’est pas un mauvais gars. Fils d’un acteur célèbre, il a toujours eu tout ce qu’il lui fallait d’un point de vue matériel, mais il a manqué de l’essentiel. Jeune scénariste de dix-huit ans pas vraiment motivé, il ne sait tout simplement pas trop quoi faire de sa vie, jusqu’à ce que survienne un accident qui va tout bouleverser. Du jour au lendemain, il se trouve propulsé dans un monde inconnu durant son sommeil. La nuit, il vit à Doowylloh, le pendant onirique d’Hollywood, et on ne peut pas dire que la démocratie règne dans cette ville…
Dans son journal, Walter nous conte les mésaventures auxquelles il doit faire face, de la découverte de son Ça à la surveillance constante de l’administration, en passant par un exil forcé dans un rêve aussi dangereux que délétère. En parallèle, durant l’éveil, sa créativité qu’il croyait atrophiée se développe. Néanmoins, sa vie ne devient pas plus facile pour autant.
Anthelme Hauchecorne a créé, comme à son habitude, un univers complexe, quoiqu’un peu frustrant puisque que nous n’en découvrons les rouages qu’au compte-goutte. L’action y est omniprésente, mâtinée de steampunk et nourrie de western, mais l’intrigue ne manque pas de profondeur. C’est assez classique dans la gestion des rêves et de leur potentiel, cependant le roman trouve son originalité dans le mélange des genres ainsi que certains aspects de l’existence dans l’Ever.
J’ai préféré la deuxième moitié du récit, où sont davantage développés les sujets qui m’intéressaient comme le commerce du sable, qui est en quelque sorte l’or des rêves, et le fonctionnement de ce monde onirique, contrairement à la première qui est très axée sur l’aspect western, genre dont je ne suis pas fan.
Je ne me suis pas intéressée à la légère romance, par contre j’ai appris à apprécier le personnage principal ainsi que quelques autres. Walter est un brin naïf, mais il évolue beaucoup. Dans ce monde dangereux où le « chacun pour soi » est la règle de base, il faut faire des concessions pour survivre. On s’inquiète de l’avenir du jeune homme, mais plus encore des choix que lui-même va faire.
Ce roman parle de trahison et de faux-semblants, de la difficulté de grandir et d’être soi, de la grande exigence (parfois dans la douleur) du processus créatif et de la tromperie que cachent quelquefois les apparences les plus anodines.
Il s’agit du premier tome d’une série dont les volumes peuvent se lire indépendamment. Très bien écrit, ce roman d’aventure original au background solide et au rythme effréné saura plaire aux adolescents autant qu’aux adultes. J’ai beaucoup aimé les références à la culture pop, surtout dans les titres de chapitres qui m’ont amusée. La part steampunk du récit change résolument de ce qui se fait dans le genre en général et l’auteur sait ménager son suspense.
Ce fut une bonne lecture et je suis assez curieuse de découvrir le prochain tome et de voir comment l’univers sera développé, d’autant que la conclusion réussit à être frustrante même si elle se suffit à elle-même.
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Découvrez également l'avis d'Acr0.
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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans les catégories suivantes :
– Lire un roman SFFF young adult.
– Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.
mercredi 2 mars 2016
Les Oiseaux de lumière
Un roman de Jean-Marc Ligny, réédité chez ActuSF.
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Présentation de l'éditeur :
Dans l’espace volent les majestueux et intrigants oiseaux de lumière. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? C’est pour percer leur mystère que le célèbre baroudeur Oap Täo se lance à leur poursuite, en compagnie de Frieda Koulouris, qui espère bien faire de ces créatures le sujet de son prochain divertissement... Accompagnés de la mystérieuse Hu-Reï, ils s’engagent dans un voyage qui les fera se confronter aux dangers de l’espace... et à eux-mêmes.
Indisponible depuis trop longtemps, ce roman voit de nouveau le jour après son Prix Tour Eiffel 2001. Il se déroule quelques années après La Saga d’Oap Täo et peut se lire indépendamment. Jean-Marc Ligny y signe une science fiction délicieuse, porteuse de questions, dans la lignée de romans comme Inner City et AquaTM. Un space opera sensuel et rock ‘n’ roll autour de l’altérité, comme on en rencontre rarement.
Ce roman s’inscrit dans le cycle Chroniques des nouveaux mondes, mais il peut se lire indépendamment.
Les Oiseaux de lumière est un roman space op’ qui commence à toute allure. On y rencontre (ou retrouve, c’est selon) Oap Täo, contrebandier célèbre de la Voie lactée, contraint pour se renflouer d’accepter un travail qui ne l’emballe guère : traquer un oiseau de lumière pour le compte d’un « oligarche ». Autant le dire tout de suite, les ennuis ne font que commencer pour le vieux baroudeur, il n’a pas la moindre idée de l’histoire tortueuse dans laquelle il met les pieds.
La première partie du roman est très fun et enlevée, pleine de jeux de mots, de références, de retournements de situation et de poursuites interstellaires. On ne s’ennuie pas un seul instant. Et puis Oap Täo est un personnage sympathique, l’archétype même du vieux pirate à la moralité élastique mais au grand cœur que l’on apprécie toujours. Cependant Oap Täo n’est pas vraiment le personnage central, même si son rôle reste important et c’est là que mon avis commence à se mitiger.
Frieda Koulouris, l’une de ses vieilles connaissances, entre vite en scène. Je l’ai appréciée au début. Femme de tête, mais idéaliste. Elle a les pieds sur terre (ou plutôt sur Rigil-K) mais n’a pas pour autant renoncé à tous ses rêves. Seulement Frieda aime bien atermoyer sur ses propres désirs, elle les analyse beaucoup. Vraiment beaucoup. Au début ça passe, avec l’humour ambiant, le mystère qui entoure les oiseaux de lumière et la traque échevelée dont les personnages sont l’objet, mais au fur et à mesure que ces sujets sont éclairés ou trouvent leur conclusion, les histoires de cul et de cœur de Frieda ainsi que de ses comparses deviennent vraiment soûlantes.
Le lecteur, qui est loin d’être naïf, a compris bien avant eux où on l’emmène. Il s’y dirige pépère, sur les petites routes de campagne, et il apprécie le paysage qui est pour le moins exotique. Ce n’est pas désagréable, même si ça reste un peu superficiel, mais au bout d’un moment ça réveille le gamin qui demeure en chacun de nous et qui a envie de secouer l’épaule du parent qui conduit pour lui demander : « quand est-ce qu’on arrive ? »
La première partie du récit, celle qui est typique du roman d‘aventure, passe en un éclair, mais ensuite on passe à un second niveau de lecture, plus onirique, métaphysique, voire même mystique. Cela peut plaire, mais personnellement je ne suis pas cliente. Le contraste entre les deux n’a pas aidé. Le temps est devenu très long, ce que la situation des personnages, qui sont eux-mêmes englués dans l’attente, n’a fait qu’amplifier.
Les Oiseaux de lumière est un roman sympa, mais qui manque de consistance. Il laisse un peu perplexe, comme si on avait lu à la suite deux histoires différentes, mais comportant les mêmes personnages. C’est une impression voisine de celle que l’on a lorsque l’on s’est endormi en lisant et qu’on a fait un rêve délirant lié au bouquin qu’on parcourait. C’est assez spécial. La fin peut, en outre, laisser un goût d’inachevé, même si ce n’est pas forcément dérangeant pour tout le monde.
vendredi 5 février 2016
Fêlures
Un recueil de nouvelles de Rozenn Illiano.
Disponible auprès de l'auteur en numérique et en papier, ou sur TheBookEdition en impression à la demande.
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Ce n’est pas tant la nostalgie qui guide ces mots, mais bien quelque chose qui s’apparente plus à une blessure ancienne, de celles qui s’imposent à vous dès que le temps change, qui font vriller vos os sous l’humidité de l’air ou la tension des tempêtes. Je crois que c’est pour cela que je guette, à la fin de l’été, le moment où les journées raccourcissent. Parce que le jour se couche tôt, parce que la nuit s’empare du paysage alors que le soir n’a pas encore sonné. Un rythme d’ailleurs, un rythme d’autrefois posé sur les méridiens du Pacifique. Si j’attends la venue de l’automne et la promesse de l’hiver, c’est pour rejeter en bloc la chaleur et le soleil. Pour noyer dans le froid ces souvenirs doux-amers de jour mourant, de montagnes baignées d’orage. — La Boussole
Huit nouvelles parcourues de failles et de rêves sans issue, d’inévitables séparations et de retrouvailles au pied des tombes.
Ce livre comprend huit nouvelles qui ont été préalablement publiées dans le recueil Le Rêve du Prunellier (Unseelie Éditions, indisponible), ou sur Onirography.com et Wattpad. Elles ont été revues et corrigées pour la présente édition. Ce faisant, ces nouvelles ne sont pas inédites. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du livre.
Sommaire :
- Échos du froid
- Poe
- Le corbeau et l’écrivain
- Amélia des Tours
- L’attrape-rêves, L’attrape-rêves – 1
- Un parfum de pluie et de rouille, L’attrape-rêves – 2
- La Boussole, L’attrape-rêves — 3
- Souvenirs d’encre
Ma première lecture des écrits de Rozenn Illiano s’est faite avec Le Rêve du Prunellier, un recueil que j’ai vraiment beaucoup aimé. Ce fut donc avec plaisir que j’ai ouvert son dernier ouvrage, recueil de nouvelles également, dans lequel j’ai retrouvé certains textes du Prunellier, retravaillés et parfois assez différents des originaux, ainsi que de nouveaux récits.
Le style de Rozenn est toujours aussi délicat. Elle entremêle Fantasy douce et Fantastique avec sensibilité et poésie. On est dans le ressenti, le sensoriel. Pris individuellement, ce sont de beaux textes, mais il est dommage d’en découvrir certains sans le contexte créé par Le Rêve du Prunellier. En lisant ce recueil, on ne peut qu’approcher superficiellement l’univers, vaste et réfléchi, de Rozenn. Sans Layla des Tours, La Forêt d’Adria ou encore D’hiver et d’ombres – pour ne citer que ceux-ci – on ne réalise pas que ces récits s’imbriquent et forment une trame complexe. Amélia des Tours est probablement celui qui pâtit le plus de leur absence, alors que Poe, en sa qualité d’hommage, juste en lisière de la trame principale, était déjà un peu à part et se lit très bien seul.
Dans Fêlures, l’ambiance est douce-amère. Échos du froid donne le ton. Ce texte que j’aime énormément propose une suite à La Reine des Neiges d‘Andersen. J’apprécie son ambiance presque déliquescente, les dernières illusions qui se délitent dans un monde hivernal.
Poe ainsi Le corbeau et l’écrivain forment en quelque sorte un diptyque. La première laisse flotter un peu d’espoir quand la seconde n’est que noirceur. Ce sont deux magnifiques textes. On n’a pas besoin d’être lecteur d’Edgar Allan Poe pour les apprécier, ceci dit ça reste un plus.
Vient ensuite le cycle de l’attrape-rêve, plus onirique – forcément – et peut-être aussi plus personnel. J’ai été un peu moins touchée par ces textes, un brin trop lyriques pour moi. J’avais préféré la première version d’Un parfum de pluie et de rouille. Par contre, La Boussole m’a laissée une forte impression, il m’a beaucoup plu.
Le Dernier texte enfin, Souvenirs d’encre, a un thème assez classique, mais je l’ai néanmoins trouvé plaisant, surtout dans ses mises en abyme.
Rozenn Illiano est une rareté dans le paysage littéraire actuel de la SFFF, un auteur à découvrir si ce n’est déjà fait.
Découvrez également les avis d'Acr0 et de Chani.
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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
- Un recueil de nouvelles SFFF
lundi 28 décembre 2015
Étoiles mortes
Un cycle de Jean-Claude Dunyach publié aux éditions Mnémos.
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Présentation de l'éditeur :
Vingt-sept AnimauxVilles, dont les rues, les dômes et les beffrois sont faits de chair, ont offert à l’humanité le voyage instantané vers les étoiles. À condition bien sûr de payer le tarif exorbitant exigé par le Cartel. Pour les autres, il ne reste qu’à devenir un Astral : un être désincarné qui attend des années que son corps le rejoigne à bord d’un vaisseau d’émigrants.
Closter, artiste en mal de création, traîne au bar des Étoiles Mortes, accompagné de son chat. Il croise Marika, l’Astrale qui se sert du corps des autres pour sauter de ville en ville. L’un court après sa mémoire, l’autre après sa chair. Ensemble, ils vont changer le monde.
Cinq ans plus tard, dans le musée de chair de l’AnimalVille, Closter hante les galeries où sont exposées ses dernières créations. Vorst, l’ancien milicien reconverti en terroriste, est là pour tout faire sauter… Échappera-t-il au piège des œuvres cannibales ?
La première partie complète du Cycle des AnimauxVilles, et une nouvelle édition pour ce chef-d’œuvre de la SF française (Prix Rosny 1992).
Cette intégrale regroupe : Étoiles mortes suivi de Voleurs de silence
Illustration de Gilles Francescano
Le cycle des Étoiles mortes a vécu quelques autres vies avant d’arriver aux éditions Mnémos, notamment chez J’ai lu puis, avant cela, au Fleuve noir dans la collection anticipation. La belle édition de Mnémos regroupe en un seul les trois volumes, sous une couverture cartonnée. Ce chef-d’œuvre de la SF méritait bien cela.
Ce cycle est donc composé de trois parties, mais la deuxième étant la suite directe de la première, je choisis de les évoquer ensemble et d’en séparer la dernière qui constitue un roman bien distinct.
Dans un futur difficile à situer, mais probablement pas si loin de notre propre époque, la Terre est surpeuplée, les zones cultivables de plus en plus rares et la méditerranée est devenue un vaste désert. Au cœur de celui-ci, les hommes ont fait une découverte : un AnimalVille. Ils l’ont nommé Aigue-marine et cette immense créature, grâce à sa connexion avec ses sœurs, leur a ouvert les portes de l’espace.
Quelques années plus tard, on rencontre ainsi Closter, artiste en manque d’inspiration devenu doublure, qui sillonne les AnimauxVilles avec son chat au rythme des échanges entre les cités. Il semble se laisser balloter par l’existence, jusqu’à sa rencontre avec Marika, une ancienne Aléatrice qui erre à la recherche de son corps…
Et vous vous demandez probablement de quoi je parle, mais le mieux à faire pour comprendre tout cela est de lire ce récit aussi complexe que brillant. Je ne savais pas moi-même où j’allais et n’en ai que plus apprécié ce roman époustouflant qui, outre ses qualités de texte de SF, offre au lecteur qui s’implique une course poursuite déchaînée et des mystères dignes d’un bon polar.
Les personnages eux-mêmes évoluent beaucoup au cours du voyage. On apprend à les connaître. Les esquisses se complexifient sous nos yeux, gagnent en relief et en zones d’ombre. Fuyants, quelquefois inconsistants (c’est le cas de le dire, mais Marika l’Astrale l’est moins que Closter) de temps en temps malaisés à suivre, on finit par les aimer, les détester aussi, parfois en même temps. Cependant, même les caricatures se fissurent et nous laissent entrevoir la complexité de l’âme humaine. Et il y a Ombre, un des plus formidables chats littéraires qu’il m’ait été donné de rencontrer.
Je me suis glissée lentement dans l’intrigue, jusqu’à ne plus pouvoir lâcher ce roman avant d’en connaître la conclusion. C’est de la très bonne SF, imaginative sans perdre contact avec la réalité, offrant une vraie réflexion tout en restant ludique et distrayante. Ce roman m’a tout de suite plu, mais il n’est pas facile de prendre pied dès les premières pages sur ces cités de chair. L’histoire se dévide petit à petit, se dérobe souvent, comme les souvenirs de Closter. J’ai adoré cela, mais si ce dédale vous décourage, je vous exhorte à la patience. Elle sera récompensée.
Ce texte est magistral, déroutant, empli de suspense jusqu’à la toute fin. J’en suis sortie lessivée. Cette première partie des Étoiles mortes m’a offert mon dernier, mais pas des moindres, coup de cœur de l’année. Je ne l’avais pas encore terminé que je bousculais ma liste de Noël pour faire passer en priorité Étoiles mourantes, autre facette de l’histoire des AnimauxVilles que Dunyach a écrit en collaboration avec Ayerdhal, c’est dire.
J’avais besoin de digérer cette première partie et n’étais pas particulièrement emballée à l’idée de me plonger immédiatement dans une suite, surtout axée sur un personnage secondaire. Mais je n’avais pas le choix. En tournant les pages de Voleurs de Silence, je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Après un récit pour le moins haletant, j’ai pénétré dans une œuvre très différente. Le changement d’ambiance fut perturbant, mais les événements plus encore.
Voleurs de Silence est une création esthétique, peut-être trop pour moi. Le lecteur passe sans cesse du réel au rêve, à la suite des personnages. Les songes qui sont ainsi vécus par Vorst comme par le lecteur éclatent le récit, le fragmentent ou le lient de force. Ils sont artistiques, contemplatifs et peu perméables. Ces rêves sont des cabochons incrustés dans la part de réel du roman, des parties qui semblent indépendantes, mais sont nécessaires à l’ensemble.
On apprend ou non à aimer ce roman bizarre qui ne m’a pas semblé facile d’accès. Je pense que le premier rêve, qui m’a profondément dérangée, a contribué à ma difficulté à entrer dans ce texte, mais je me suis laissé convaincre au fur et à mesure. L’harmonie vient malgré le doute, ou peut-être grâce à lui.
Voleurs de Silence est à la fois un labyrinthe et un puzzle, une méditation active, quelque chose à vivre et non à raconter, le voyage y compte autant que la destination. Deux forces s’y opposent, mais laquelle représente vraiment le chaos ? Et, surtout, vont-elles saisir qu’elles ne sont pas dissociables ?
Encore plus déroutant que le roman précédent, Voleurs de Silence m’a laissé une très étrange impression. Cette lecture fut épuisante, nettement moins plaisante, et me donnera longtemps à réfléchir.
Étoiles mortes est un chef-d’œuvre qui ne doit pas être uniquement réservé aux amateurs de Science-Fiction. Donnez-vous la peine de découvrir ce cycle qui sait garder ses secrets, éveiller l’intérêt tout autant que l’intelligence du lecteur et qui crée un équilibre artistique qui, ma foi, est bien digne de ceux de Closter.
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vendredi 4 septembre 2015
Les Soldats de la mer
Dans ce monde parallèle et pourvu de deux lunes, naît et se développe la Fédération, coalition de nations figurant la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, etc. Celle-ci prend, au fur et à mesure de ses conquêtes et alliances, des allures d’Empire puissant mais perpétuellement en guerre. On apprend à la connaître au fil des nouvelles, par touches discrètes tout d’abord, comme si ce n’était pas vraiment le propos. Les récits s’articulent autour des soldats qui la servent et elle paraît n’être qu’un personnage secondaire, malgré un statut d’entité qu’on ne peut nier.
Je ne suis pas férue d’histoires militaires, mais je me suis laissée bercer par l’ambiance onirique des nouvelles. C’est, en grande partie, du Fantastique de haute volée, élégant, revisitant des thèmes classiques avec brio et originalité. Fantômes, vampires et revenants de tout poil raviront les amateurs du genre. Aucun de ces récits n’est convenu et la conclusion se révèle époustouflante.
Ce recueil est immersif, on sent l’odeur des embruns, le brouillard qui colle à la peau et glace l’échine, les fantômes qui rôdent. Le style, superbe, délié, est pour beaucoup dans le plaisir de lecture. J’avais déjà aimé Le Prophète et le Vizir, diptyque de nouvelles lu quelques semaines auparavant, mais Les Soldats de la mer m’a indubitablement impressionnée. L’ambiance de ces textes, et plus encore dans les derniers, m’a beaucoup rappelé celle des écrits de Julien Gracq, un auteur qui a durablement marqué mon imaginaire et mes perceptions littéraires. L’attente et l’étrange, les non-dits et l’onirisme sont d’importantes composantes de ces histoires.
Cet ouvrage est typique du Fantastique à la fois pour les thèmes visités, l’ambiguïté et l’atmosphère des récits, mais aussi l’élégance raffinée de l’écriture. Cependant, au-delà de l’amateur habituel de Fantastique à l’ancienne, tous les lecteurs aimant la belle littérature apprécieront ces nouvelles.
Je ne remercierai jamais assez les éditions Dystopia d'avoir réédité ce chef-d’œuvre, me permettant ainsi de le lire et, j’espère, de vous le faire connaître et aimer à votre tour.
samedi 29 novembre 2014
Féelure
Une novella de Silène Edgar parue en numérique dans la collection Snark de Bragelonne.
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Présentation de l'éditeur :
Le jour, Gwen est une personne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : elle a un emploi précaire à la bibliothèque de la ville, un mari aimant et deux beaux enfants.
Mais chaque nuit, elle est fée et travaille à la BAKF, la Brigade anti-kidnapping de fées. Et justement, de récentes disparitions leur donnent du fil à retordre... Avec son coéquipier et ami Arthur, elle va vite découvrir que cette nouvelle affaire pourrait être plus sensible que prévu.
Pourtant, si dangereuse que soit cette nouvelle enquête, ce n’est qu’une épine parmi d’autres dans le pied de Gwen. Car au prochain solstice, elle va devoir faire un choix : rester humaine avec son mari et ses enfants, ou abandonner son ancienne existence et devenir fée pour toujours aux côtés d'Arthur...
J’ai un faible pour les récits féeriques, Féelure a donc immanquablement ferré ma curiosité rien qu’avec son titre. Il s’agit d’une novella (dans les 75 pages de texte sur ma liseuse), parue uniquement en numérique pour l’instant. Elle se lit extrêmement vite et a le mérite de posséder une idée de départ plutôt originale.
Gwen a deux vies. En journée, elle est une femme tout ce qu’il y a de plus banale, elle mène une existence agréable, mais pas parfaite, auprès de son mari et de ses deux enfants. La nuit, dans ses rêves, elle devient fée et traque ceux qui s’en prennent au peuple féerique. Le problème de Gwen est que ces deux vies si différentes ne peuvent coexister qu’une année, ensuite elle devra faire un choix.
L’idée de fond est singulière et change un peu, cependant la façon dont elle est traitée reste assez basique. Malgré une intrigue secondaire simple, mais qui amène un peu d‘énergie, le tout s’essouffle malheureusement assez vite. Les jeux de mots filés à travers le récit deviennent vraiment lassants au bout d’un moment, même si l’on en trouve des fins aussi bien que de très lourds.
Les personnages sont relativement sympathiques, mais manquent de profondeur, de même l’intrigue se veut une distraction plus qu’une réflexion sur le sujet. C’est un choix, il n’est pas mauvais en soi, mais j’aurais préféré quelque chose de plus consistant.
La fin, beaucoup trop facile à mon goût, m’a un peu déçue, cependant cela reste une chouette lecture pour qui est amateur d’histoires de fées.
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dimanche 12 octobre 2014
Nouvelles en vrac (4)
Cette fois-ci je vais vous parler de trois nouvelles numériques publiées chez Voy'El dans la collection e-courts.
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Le triomphe de l’Impératrice
de Cécile Duquenne
Dans l’anthologie Arcanes, elle-même parue en version papier aux éditions Voy’El, dont est extraite cette nouvelle, chaque texte est consacré à l’un des arcanes majeurs du tarot, vingt-deux récits pour vingt-deux lames. Celle dont Cécile Duquenne a héritée est l’Impératrice, intéressante figure dont l’auteur fait une interprétation toute personnelle.
Il est un peu difficile d’entrer dans l’histoire au départ, face à ce peintre engagé pour réaliser la fresque d’une bataille spatiale majeure à laquelle on ne comprend goutte. Mais on se laisse aller dans la beauté des couleurs, dans l’infinité de détails, en attendant des réponses qui ne tardent pas.
Le triomphe de l’Impératrice est un récit à rebours en trois étapes pour trois générations différentes, qui va à chaque fois plus loin dans le passé. Cela m’a plu, la narration est originale et j’aime en général tout récit qui n’est pas d’une linéaire platitude, d’autant que j’ai trouvé assez symbolique ce découpage en trois car c’est le chiffre de l’Impératrice.
On passe par l’art qui sublime, tout en se voulant un témoignage d’une réalité longtemps tenue cachée, puis par l’acquisition de la connaissance qui doit se gagner et enfin par le combat lui-même qui mènera, ou pas, à la liberté.
L’intrigue en soi est intéressante et amène à une réflexion sur le libre-arbitre et le destin. Le tarot n’y est pas seulement évoqué, il fait partie de l’histoire et ce de manière plutôt bien trouvée. C’est une nouvelle originale et bien développée.
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Une octave de réalité ♥
de Julien Pinson
Cette nouvelle a été un grand coup de cœur et je suis bien embêtée de me rendre compte que je ne sais pas du tout comment faire passer mon ressenti dans cette chronique ni même trouver les mots pour vous ouvrir une brèche vers ce récit.
Dans Une octave de réalité, des chats de Schrödinger deviennent des Cheshire cats, la musique permet de voyager entre les différentes réalités et les êtres qui peuplent ces multivers trouvent toujours le moyen de se faire la guerre… Dit comme ça, cela paraît simple, néanmoins j’ai adoré cette idée !
L’auteur a su créer quelque chose de très original et de vraiment passionnant, un texte très humain mais également assez baroque par moment. L’histoire est pleine de références qu’il est amusant de traquer, sans qu’elles manquent vraiment à la compréhension du lecteur qui ne les saisira pas au vol. Je suis passée par une grande palette d’émotions en lisant ces quelques pages. Les personnages, que l’on côtoie pourtant très peu, sont attachants et émouvants dans leur lutte, on ne peut que se soucier de leur sort.
J’aurais aimé une histoire plus longue, ne serait-ce que parce que l’originalité du background le méritait amplement, mais ce fut vraiment une excellente lecture que je garderai en mémoire. Je vous la conseille chaleureusement !
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Un sacré coup de pouce
de Milora
Envie d’un récit complètement barré ? Je ne saurais trop vous recommander cette nouvelle dont la lecture fut un pur moment de fantaisie (oui, avec ie).
Tout commence avec un poisson rouge qui tombe de l’étage du dessus sur le balcon de David, jeune homme sympathique, mais assez commun au demeurant. C’est alors que son pouce, semblant tout à coup doté d’une vie propre (et d’un caractère bien trempé) va l’entraîner dans une aventure des plus fantasques que j’ai beaucoup aimé suivre.
Comme Alice tombée dans le terrier du lapin, il va aller de plus en plus loin dans l’absurde et rencontrer des personnages étonnants, à la dinguerie savoureuse, dont j’ai moi-même adoré faire la connaissance. Cette incursion de David dans un monde aussi enchanté que déjanté est particulièrement délicieuse.
Ce texte plein d’humour et très agréable à lire est une vraie bouffée d’oxygène, un anti-grisaille aux couleurs si vives qu’elles piquent les yeux, à l'image de la couverture, (encore mieux qu’un dé à coudre !) et grâce à lui vous saurez enfin toute la vérité sur les fées (je le savais, j’en ai toujours été persuadée ! C’est d’une logique imparable !).
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mercredi 6 novembre 2013
Nouvelles en vrac (1)
Des fois c'est bien de regrouper des nouvelles dans un seul billet. Les trois que je vais vous présenter aujourd'hui n'ont pourtant que peu de points communs : elles sont publiées chez Walrus et uniquement disponibles en numérique.
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Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne

Voler (de ses propres ailes) est une petite nouvelle sympa dont le titre, qui devient de plus en plus évocateur au fil de la lecture, est fort bien trouvé. J’aime les thèmes abordés dans cette histoire et le style de l’auteur est toujours aussi plaisant, ce fut donc un très bon moment de lecture.
Olivia, sur qui est centrée l’intrigue, est une voleuse, mais d’un genre bien particulier. C’est original, finement amené et développé, ce fut un plaisir de la voir évoluer et tout mettre en œuvre pour accomplir la tâche qu’on lui a confiée. On s’attache vite à elle, on partage ses espoirs, et l’histoire file à toute allure.
La seule chose qui me chiffonne un peu est que j’adore la mythologie toltèque et je n’aime pas vraiment ce que l’auteur en fait dans ce texte. Ceci dit c’est une affaire de goût et non de qualité. Les lecteurs moins casse-pieds que moi apprécieront l’originalité des choix de Cécile Duquenne.
Le tout est cohérent, se lit bien trop vite et, j’espère, vous donnera envie de découvrir les autres écrits de l’auteur qui en valent vraiment la peine.
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La clé de l'eau d'Agnès Evans

La clé de l’eau est un très beau texte qui a la saveur des contes et légendes, bribes tronquées de mythes plus anciens, et l’atmosphère éthérée des songes. Cette impression est renforcée par la nature des personnages que l’auteur a voulus archétypaux. Intelligemment mis en scène, ils apportent à l’histoire une dimension supplémentaire, expression sans paroles d’impressions, de souvenirs, qui parlent à l’inconscient de chaque lecteur et l’aident à fondre sa conscience dans le récit.
En nous glissant entre les pages, aussi virtuelles soient-elles, nous suivons, narrée par une fillette qui peut entendre les esprits, l’expédition d’une caravane à travers le désert. Composée de gens de tous horizons, cette micro-société mouvante ne manque pas d’intérêt. Si certains voyagent pour affaires ou en tant que pèlerins, la plupart des membres de la caravane sont à la recherche d’un avenir meilleur dans ce pays mourant que l’eau fuit.
En même temps que la narratrice, nous apprenons ce qui a engendré une telle situation. Le temps semble s’engluer dans un instant fluctuant entre deux réalités et c’est ainsi que sera décidé si ces hommes et ces femmes vont ou non pouvoir se libérer de leur propre malédiction.
Ce récit, vraiment très agréable à lire, m’a beaucoup plu. Il est aussi pourvoyeur d’inspiration qu’il est inspiré. Le style est délicat, poétique, et je n’ai à déplorer que quelques coquilles, trop nombreuses pour passer inaperçues. C’est d’autant plus dommage que ce sont des défauts vraiment mineurs qu’une bonne relecture aurait pu éradiquer vite fait bien fait.
La clé de l’eau fut une excellente découverte et j’espère vous avoir incité à vous pencher sur cette belle nouvelle.
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Carpe Sesamum d'Esteban Bogasi

Vladimir le vampire a de gros soucis. Il est coincé sur une plage, à quelques heures du lever du soleil. C’est l’occasion de réfléchir aux actes qui l’ont mené là ou alors… de s’acharner sur le cercueil que son ex-femme a eu la bonté de lui laisser, cercueil sécurisé dont il a malheureusement oublié le mot de passe. C’est ballot, hein…
Mais il n’y a jamais moyen de mourir en paix et Vladimir va l’apprendre à ses dépens en faisant un certain nombre de rencontres plus cocasses les unes que les autres au cours de cette étrange fin de nuit.
C’est un texte drôle, incisif, déjanté. On en viendrait presque à oublier les malheurs de ce pauvre Vladimir. Malgré tout, on compatit forcément. Qui ne s’est jamais retrouvé à sa place, à la recherche d’un mot de passe important et néanmoins désespérément oublié ? Bon, on a rarement l’occasion d’en chercher un aussi vital, mais l’idée est là et c’est d’autant plus amusant qu’une part de nous ne peut que la trouver réaliste. Sans parler de tous ces casse-pieds qui ne laissent pas à notre vampire cinq minutes de tranquillité…
C’est une lecture très distrayante. La chute est abrupte, mais étonnante, et elle renforce l’atmosphère d’absurdité qui se dégage de cette nouvelle.
Si vous aimez les récits un peu barrés, aussi cyniques que drôles, celui-ci est fait pour vous.
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samedi 26 janvier 2013
Le Rêve du Prunellier
Un recueil de nouvelles de Rozenn Illiano.
J'en ai lu la version numérique, mais sachez que la version papier est illustrée.
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« Entends le chant des trains, et les cris d’une Reine des Neiges en furie, et le bruissement des arbres hybrides. Écoute les prières fiévreuses d’une dame d’hiver en péril, l’écho d’un bec de corneille qui cogne à la fenêtre, le bruit sourd d’un corps chutant d’un gratte-ciel. Écoute le silence des mondes qui s’entrechoquent, et le vacarme d’une graine qui grandit, bien cachée sous le bitume…
Huit nouvelles oscillant entre féerie étrange, fantastique éthéré, onirisme nocturne. Huit histoires sans lien ni point commun, ou presque. Juste quelques corneilles, et le froid mordant de l’hiver… »
Le Rêve du Prunellier est un recueil composé de huit nouvelles, toutes reliées entre elles par des choses qui peuvent sembler de l’ordre du détail, mais apportent au fur et à mesure corps et complexité à l’atmosphère bien particulière qui fait toute la beauté de cet ouvrage. L’harmonieuse cohérence qui repose sur ces liens subtils est très habilement construite, toute en nuances et en délicatesse. Les textes se répondent, mais en laissant la possibilité au lecteur d’imaginer ces liens et de leur trouver plusieurs explications.
Il s’agit d’une écriture d’ambiance plus que d’action, poétique, descriptive, mais jamais lourde. Elle ne sert pas de grands textes épiques, mais plutôt une fantasy sensitive, intimiste, imagée et subtile. Attention, ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien dans ces récits, mais plutôt qu’ils sont résolument atypiques. J’ai vraiment apprécié cette façon de raconter, de faire vivre ces histoires.
Tout dans ce recueil m’évoque quelque chose de familier et lointain à la fois. L’hiver, les corneilles, les contes, les morceaux épars d’un univers onirique, me semblent autant de touches familières, tout en laissant aux textes quelque chose de dépaysant, un rien de froideur mélancolique qui s’accroche à l’espoir ténu que recherchent les personnages.
La première nouvelle, Un goût de pluie et de rouille, est un récit tout en sensibilité. Elle m’a rappelé l’introduction écrite par Léa Silhol pour l’anthologie Traverses. Bien que ces deux textes soient très différents, ils ont la même vocation, celle de faire entrer le lecteur dans un autre univers.
Un goût de pluie et de rouille n’est pas le texte le plus fascinant ni le plus développé de cet ouvrage, mais il est à la fois la clé et le portail permettant de pénétrer tout en douceur dans l’univers de ce recueil et de l’interpréter. J’ai été particulièrement sensible à cette manière de procéder.
Dies Irae, la deuxième nouvelle, m’a énormément plu. J’ai un amour tout particulier pour le conte de La Reine des Neiges et ce texte en est l’héritier. C’est un beau travail d’écriture et d’interprétation.
J’ai vu au fil du recueil que l’auteur et moi avons de nombreuses références communes et sans doute cela a-t-il contribué à me faire apprécier ce recueil, mais il y a quelque chose de magique dans ces textes qui, je pense, les rendra parlants et familiers pour chaque lecteur.
La nouvelle intitulée si sobrement Poe, est juste divine et probablement ma préférée, mais c’est Layla des Tours qui m’a certainement le plus bouleversée. Par-dessus tout, j’ai aimé la progression dans les textes, cette histoire au-delà de l’histoire, qui apparaît parfois en filigrane et reprend dans d’autres nouvelles le devant de la scène.
Je ne vais pas détailler tous les autres textes, bien que les ayant tous appréciés. Il est toujours très délicat de parler de nouvelles sans trop en dévoiler. Sachez juste que l’on se laisse prendre bien facilement dans les rets de ces histoires, la construction de ce recueil en toile d’araignée n’est pas anodine, et on se retrouve vite désemparé quand vient le mot fin.
Il y a bien quelques cafouillages, deux ou trois répétitions, de petites coquilles disséminées çà et là, mais rien qu’on ne puisse facilement oublier face à la beauté et l’inventivité de ces nouvelles. Je suis vraiment entrée avec plaisir dans l’univers de Rozenn et j’espère qu’il en sera de même pour vous.
La version numérique de ce recueil est sortie le 19 janvier (vous saurez pourquoi en le lisant) et la version papier est prévue pour février. Vous pouvez vous procurer les deux sur le site de l'auteur.
samedi 25 août 2012
Les Chasseurs d'âmes
Zack est un adolescent normal, si tant est que la norme inclut une mère qui vous déteste, un père absent et une soeur qui doit se cacher pour vous parler. Sa vie s’écoule lentement dans une banalité mortelle lorsqu’un jour, une jeune inconnue lui passe un anneau au doigt et file sans ajouter un mot.
Zack se retrouve malgré lui projeté dans un monde onirique où il devra apprendre à combattre un ennemi invisible qui enferme les dormeurs dans leurs rêves et les plonge dans le coma, mission pour laquelle il ne se sent pas concerné... Jusqu’à ce que sa soeur, sa raison de vivre, tombe à son tour dans cette mystérieuse maladie du sommeil...
C’est un roman de fantasy contemporaine « young adult » et ce n’est habituellement pas mon genre de prédilection. Je suis, après tout, une vieille harpie… Or, celui-ci est largement passé entre les mailles du filet des récriminations que je réserve d’ordinaire à ce genre de romans.
C’est vraiment un très bon livre.
Tout commence sur les chapeaux de roues avec Zack, notre héros, qui accumule les catastrophes. On sent la volonté de l’auteur de nous entraîner très vite au cœur de l’action, ce qui serait une très bonne chose si cela ne se faisait pas un peu au détriment de la fluidité du récit. Tout s’enchaîne un peu vite, trop facilement, dans les premiers chapitres, mais le récit prend finalement son rythme de croisière et devient plus abouti au fur et à mesure que le personnage principal accepte sa nouvelle vie et qu’il progresse en tant que Chasseur d’âmes.
Je crois que ce début un peu abrupt est le principal reproche que je peux faire à ce roman. C’est, en tout cas, la seule chose qui m’ait vraiment gênée car, même si j’ai apprécié d’entrer tout de suite dans le vif du sujet, j’ai ressenti une certaine frustration à voir les événements se télescoper brutalement sans être développés.
Il y a bien quelques petites maladresses de plus, comme par exemple quelques longueurs par la suite ou le fait qu’aucune distinction typographique ne soit faite entre les paroles prononcées et les échanges mentaux de Zack avec son Harbi dans les dialogues, ce qui rend le tout un peu fouillis parfois, mais rien de bien insurmontable. Ce sont quelques petits cafouillages dans la construction du texte, plus que dans l’histoire elle-même, qui sont facilement excusables quand on sait à quel âge l’auteur a écrit ce premier roman. J’en connais de plus vieux qui écrivent beaucoup moins bien et qui n’ont pas une imagination aussi vive que la sienne.
Le point fort du roman, celui qui a capturé mon attention pour me faire oublier tout le reste, est indubitablement l’histoire qui est très prenante et originale. S'il est indéniable que l'auteur s'est inspirée de beaucoup de choses différentes pour créer son monde (elle fait d'ailleurs de nombreuses références à ses inspirations), elle a su rendre le tout très personnel. Le concept des chasseurs d’âmes qui évoluent en rêves pour sauver les gens touchés par la maladie du sommeil est très séduisant car il permet à l’auteur de nous ouvrir les portes de nombreux univers différents. Le moins qu’on puisse dire c’est que l’idée est bien exploitée ; S. A. William a su élaborer un background très riche et bien construit. Cependant, elle semble néanmoins avoir gardé pas mal d’atouts dans sa manche pour les volumes suivants.
Les rêves sont si bien construits et détaillés que la réalité paraît un peu fade et floue en comparaison. Le parallèle entre les deux est intéressant car on sent que les personnages pourraient facilement perdre pied. J’admets avoir beaucoup apprécié cet aspect de l’histoire.
Les personnages sont attachants, bien qu’un peu puérils par moment, mais ça reste crédible car après tout c’est de leur âge, il n’y a que les fossiles dans mon genre pour avoir envie de leur donner une petite claque derrière la tête, façon grande sœur bienveillante. Mais j’ai beau avoir eu envie de les rappeler à l’ordre plusieurs fois, il n’y a pas à dire, je les ai trouvés vraiment sympas. On se laisse facilement piéger par cette ambiance onirique et quand la fin arrive on a sincèrement envie de savoir ce qui va se passer pour eux et leurs proches.
Aussi, je vais donc me précipiter sur la suite et vous encourager à découvrir Les Chasseurs d’âmes.



















