Présentation de l'éditeur :« Le Café de la pleine lune n’a pas d’adresse fixe. De temps à autre, il apparaît là où bon lui semble : dans une rue commerçante, une gare, au bord d’une rivière. »À Kyoto, un café ambulant tenu par des chats maîtres en astrologie fait son apparition comme par magie les soirs de pleine lune. À la lueur des étoiles, cette mystérieuse roulotte accueille les humains qui en ont besoin.Fondant au chocolat et sa glace de pleine lune, café glacé au sirop d’aurore… En dégustant les desserts préparés sur mesure, les clients se confient aux étonnants tenanciers à moustaches. Et grâce à la lecture de leur thème astral, tous comprennent peu à peu à quel moment ils se sont égarés. L’interprétation de la carte du ciel leur permettra-t-elle de surmonter les obstacles qui les empêchent de trouver le bonheur ? Inspiré de la croyance populaire japonaise des chats portebonheur, ce roman magique allie sagesse orientale et lecture des étoiles.Le roman qui a conquis le coeur des lecteurs japonais !Mai Mochizuki est née à Hokkaido et vit aujourd’hui à Kyoto. Elle est membre du Japan Mystery Writers Association et du Unconventional Mystery Writers Club. Le Café secret des nuits de pleine lune, son premier roman traduit en français, a rencontré un tel succès au Japon qu’il est devenu une série et est en cours de traduction en 17 langues.Traduit du japonais par Alice Hureau
lundi 11 novembre 2024
Le Café secret des nuits de pleine lune
lundi 17 avril 2023
Le Silence des carillons
vendredi 11 mars 2016
Jadis : carnets et souvenirs picaresques de la ville infinie
Un ouvrage publié chez Mnémos et composé par le Collectif Jadis (c'est mieux expliqué sur le site de l'éditeur que je ne pourrais le faire moi-même).
*

Présentation de l'éditeur :
UNE VILLE INFINIE
JADIS, un monde urbain où se succèdent à perte de vue jardins, ruines et palais à l'architecture fantasque inspirée de la Renaissance...
JADIS, la cité aux mille vies où chacun peut défier Dame Fortune, tisseuse du destin, pour gravir la Pyramide des Fanfreluches.
En ce jour, Maestro, le célèbre artiste, a convoqué trente plumes des plus affûtées. Son défi : que chacune narre la plus extraordinaire et la plus mouvementée des aventures qu'il lui ait été donné de vivre !
UN JEU LITTERAIRE
Charlotte Bousquet, Mathieu Gaborit, Régis Antoine Jaulin et Raphaël Granier de Cassagnac ont choisi un personnage parmi les trente dessinés par Nicolas Fructus.
Ensemble, ils ont exploré pour vous JADIS.
Pendant un an, ils se sont livrés à un exercice passionnant, poussant loin l'écriture d'un récit à plusieurs mains. Ils ont échangé textes et illustrations, se sont lancé des défis et finalement rencontrés, pour jouer une pièce de théâtre ou se dire la bonne aventure.
De ces échanges est née l'histoire que raconte ce livre. Hommage vibrant aux inventions de Léonard de Vinci, aux récits picaresques de Don Quichotte, autant qu'aux mousquetaires d'Alexandre Dumas, JADIS compose une uvre de fantasy baroque, un livre-monde foisonnant et magnifiquement illustré, un récit aux personnages inoubliables.
4 récits haletants et originaux dont une pièce de théâtre !
Plus de 100 illustrations dont les 22 lames du tarot de Dame Fortune !
"Ami, que tu sois majestès ou hypocritès, ta place dans la Pyramide est déterminée par le fil que Dame Fortune tisse pour toi sur son rouet. S'il vient à se rompre, elle le teindra à nouveau et le remettra sur son ouvrage. Tu reviendras toujours, différent et oublieux de ta vie passée, après autant de petites morts. À moins que tu ne croises la route d'un sieur, et qu'il ne brûle ton fil à jamais..."
Il est vraiment très difficile de parler de cet ouvrage à la fois magnifique et pluriel. Jadis : carnets et souvenirs picaresques de la ville infinie est un livre-univers, décrivant un monde fascinant dans ses moindres détails. Celui-ci prend des allures mythiques, ou en tout cas semble largement nourri de mythologies et de littératures plus que familières. Il a toutefois sa propre personnalité ainsi que son symbolisme qui le rend très évocateur. Connu et inconnu s’entrelacent et créent une impression troublante, comme un rêve en train de s’échapper.
Cependant, Jadis est aussi un récit de destins entremêlés, une intrigue globale aux multiples ramifications. Les personnages en sont les voix. Ils se croisent, s’éloignent, se rejoignent, chacun dévoilant de nouvelles facettes de l’histoire. Les personnages principaux étant chacun écrits par un auteur différent, le lecteur peut apprécier une diversité de styles qui ajoute encore à l’immersion dans cet univers complexe et rend la lecture plus vivante.
Mon protagoniste préféré est Desiderio, à cause de ses ressemblances avec Cyrano, mais tous sont passionnants. On ne s’ennuie pas une minute dans leur sillage.
L’ouvrage est constitué de feuillets épars dans lesquels les héros content leur quête personnelle. Ils sont liés par un événement dont ils ne sont pas sûrs de comprendre l’origine ni le but, mais aussi confrontés à leurs propres démons. En suivant leurs aventures, on découvre la cité de Senanq, mais aussi le monde jadisien dans le détail.
Un lexique très complet se trouve en fin d’ouvrage. J’ai, pour ma part, préféré le lire une bonne fois pour toutes que de devoir y revenir sans cesse en cours de lecture. Mais on peut tout à fait suivre sans avoir envie de chercher la moindre référence.
Le récit est organisé en carnets. Les changements de personnages, et donc de fils narratifs, entretiennent le suspense. Cependant, on peut aussi choisir de lire les récits de chaque protagoniste séparément avant d’en venir à la scène finale et l’épilogue. Des notes permettent de remettre tous ces passages dans l’ordre et de les suivre chronologiquement si on le souhaite. Je suis fainéante, je me suis contentée de suivre l’ouvrage de façon linéaire et je ne m’en plains pas, les ruptures temporelles ou narratives ne me gênent pas, bien au contraire. J’ai toutefois apprécié qu’il soit possible de découvrir cette histoire de multiples façons.
L’intrigue est prenante, tissée de meurtres (or, en Jadis les meurtres peuvent avoir plusieurs dimensions) et de mystères. Qui est l’ennemi ? Qui est l’instigateur de tout cela ? Est-ce une manipulation de l’Optimate Maestro, ou bien un simple motif picaresque de Dame Fortune sur sa tapisserie ?
Les illustrations sont magnifiques et très travaillées. Elles ne sont pas qu’un décor et sont parfaitement intégrées au récit. Elles sèment des indices, elles sont aussi importantes que les mots avec lesquels elles forment une fresque grandiose.
La finesse avec laquelle les auteurs et l’illustrateur ont poli leur création est admirable. Jadis : carnets et souvenirs picaresques de la ville infinie est un ouvrage superbe et de très grande qualité, un vrai chef-d’œuvre dont je vous conseille chaleureusement la découverte. L’univers riche qu’ils ont tissé ferait une excellente base pour un jeu de rôle.
jeudi 18 juin 2015
Le Prophète et le Vizir
Je vous invite donc à lire cette chronique uniquement si vous souhaitez savoir où l’on compte vous emmener. Quoi qu’on en pense, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de pouvoir plonger totalement dans l’inconnu en tournant des pages.
Le style est évocateur, raffiné et élégant, un vrai plaisir à lire. Le lecteur se glisse dans cette histoire, emporté par les mots, prêt pour les merveilles qu’il s’attend à découvrir au détour des pages. En effet, ces textes tiennent indubitablement des Contes des mille et une nuits. Merveilleux et cruels, oniriques et intelligents, ils captivent qui veut bien s’y laisser prendre.
La première nouvelle, L’Ensemenceur, est aussi la plus longue. Elle possède une saveur toute particulière, mais également un côté fantasque et éclatant qui m’a beaucoup rappelé le réalisme magique espagnol. Loin de délirer ou de se montrer naïfs, les personnages veulent au contraire prendre leur destin en mains et sont prêts à tout pour cela, ne négligeant aucune piste, de la plus pure vilénie en passant par la magie. Ils croient et donnent ainsi force de vérité à tout ce qui pourrait nous sembler invraisemblable. Dans le réalisme magique, le quotidien semble toujours plus grand, plus lumineux, porteur de plus de possibilités et moins cloisonné par des limites triviales. C’est tout cela que m’a évoqué ce recueil.
La première nouvelle nous mène à la suite d’un pêcheur, au XIVe siècle de notre ère, devenu devin par la force des choses et que son don pousse à l’errance. De son périple autour de la méditerranée, au gré de ses rencontres, puis de ses intuitions, il ramène autant de victoires que de défaites. Mais la sapience de Kemal a une autre particularité : ses visions, d’un avenir très lointain et ainsi invérifiable, se rapprochent inexorablement de sa propre époque, lui procurant ainsi à la fois espoir et angoisse. Que finiront-elles par lui révéler sur son propre avenir ? Qu’adviendra-t-il de lui quand son pouvoir se sera entièrement consumé ?
Le personnage est aussi subtil qu’intéressant. Il est faillible, malgré son bon fond, et très humain dans les doutes qui le taraudent.
J’ai beaucoup aimé la façon dont les auteurs ont tissé des liens, prétendument invisibles, mais logiques, entre le passé et l’avenir. Allant d’une époque à l’autre, ils nous offrent une lecture de l’Histoire inédite, en se servant de ses zones d’ombres pour en exhumer des secrets de leur cru.
Ainsi ce texte, comme celui qui le suit, a valeur de fable, sans pour autant être lisse ou linéaire, et encore moins manichéen.
Si j’ai apprécié la première histoire, le second texte, celui qui offre à ce recueil l’autre partie de son titre, est néanmoins mon préféré. Les deux récits sont liés, l’un découlant directement de l’autre. On change de décor et de personnages, ou presque. La nouvelle est plus courte, mais plus intense.
Elle tranche avec celle qui la précède et qui nous ballottait au gré des voyages de son personnage, car elle nous plonge dans une attente fébrile. Elle est aussi plus onirique, plus fantasque, plus cynique. Elle figure une partie d’échecs que le Vizir engage contre le Destin. Entrelacée d’intermèdes qui mettent en valeur la progression de la partie, elle n’a de cesse de renforcer ce sentiment d’attente et d’inéluctabilité. Pourtant, l’on sent aussi que l’on pourrait être surpris.
J’ai beaucoup aimé la fin, bien qu’elle soit un peu abrupte à mon goût. Non pas que j’aurais apprécié plus de précisions, ceci dit.
Ce superbe recueil, tout en subtilité, qu’il s’agisse de son fond comme de sa forme, est un vrai petit bijou.
samedi 2 juillet 2011
Novae
Cliquez sur le lien pour lire le résumé de quatrième de couverture et/ou le premier chapitre.
Il s'en est écoulé du temps depuis avril, n'est-ce pas ? Beaucoup de temps pour écrire ce billet...
J'ai su dès les premières pages que ce livre serait important pour moi et il m'a fallu le temps de digérer cette lecture. Et puis... Que pourrais-je en dire qui soit à la hauteur de ce qu'elle m'a apporté ?
Quand j'y songe, cette histoire me semble écrite pour moi, mais je vais tenter d'oublier les considérations personnelles pour cette novella qui mérite bien que je parle d'elle et non de moi.
Une fillette étrange, au regard trop clair, que l'on tient à l'écart du monde et qui pourtant s'échappe dans des rêveries colorées, une jeune femme qui se tait par choix, mystérieuse et solitaire, un peintre charmeur, clairvoyant, perspicace. Et d'autres encore qui marchent sur des fils au-dessus du vide, sans savoir que ceux-ci forment une toile sous le firmament...
Des fils d'argent, sortilèges et destins entrecroisés, des étoiles filantes et des éclats de rêve... Des personnages qui peuvent tomber à tout moment ou s’empêtrer dans le piège de la toile... Une vision fugace ou l'incertaine esquisse de rêves que l'aube a chassés... C'est cela Novae et c'est bien plus encore. C'est impossible à raconter, si difficile à partager.... Il faut la lire, tout simplement.
L'écriture est délicate, ciselée, poétique, c'est un vrai bijou. Et le récit l'est plus encore.
J'ai été happée par cette histoire que j'ai lue si vite, trop vite, tournant fébrilement les pages pour savoir enfin ce qu'il allait advenir de ces personnages auxquels je me suis tant attachée. J'ai marché avec eux au-dessus du vide en oubliant jusqu'à mon effroi et quand j'ai refermé ce livre lu trop vite, il m'en est resté une grande nostalgie qui a mis du temps à s’évaporer pour ne plus laisser que l'éclat du rêve. Un éclat que j'aimerais partager avec vous en vous incitant à lire Novae.
J'aime Griffe d'Encre. J'aime la qualité de leurs ouvrages. Celle des textes, bien sûr, mais également celle de l'objet livre lui-même et de la façon dont il met le texte en valeur.
Pas la moindre faute, pas la moindre petite coquille dans cet ouvrage. Pour cela un grand merci.





