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mercredi 5 janvier 2022

Hilda et le roi de la montagne ♥


Vous pouvez aussi consulter mes billets sur la première et la deuxième saisons.

Hilda et moi, c’est une grande histoire d’amour qui a débuté au premier regard. Dès le premier épisode j’ai été sous le charme de cette petite fille aventureuse, de son renard-cerf et de leur univers imprégné de réalisme magique. Des chats rondouillards volent dans le ciel d’Hilda, des trolls dorment la journée dans les montagnes et une sorcière travaille à la bibliothèque.
Mon amour pour ce monde n’a fait que croître au fil des épisodes et des rencontres car les personnages secondaires sont tout aussi intéressants que l’héroïne. Ils ont leurs propres histoires, ils grandissent. Les voir changer et s’affirmer est un réel plaisir. La complexité de leurs relations est l’un des grands points fort de la série.
J’ai adoré les deux premières saisons. Hilda est une série intelligemment construite, qui évolue et aborde tout en finesse et symbolisme des thèmes sérieux. 
Dans la première saison, Hilda devait faire face à un grand changement et trouver son équilibre dans un nouvel environnement. Dans la deuxième elle s’opposait beaucoup à sa mère. Elle est par nature très indépendante et elle grandit, c’est normal. En outre, leur changement de vie avait quelque peu bouleversé leur relation. Mais Hilda devait aussi apprendre à se soucier des autres, qui sont toujours là pour la sortir de la mouise et qui s’y retrouvent souvent à cause d’elle... Sa grande témérité est autant une force qu’une faiblesse. 
Le dernier épisode laissait Hilda dans une situation critique (dont je ne dévoilerai rien). La petite fille est débrouillarde, elle l’a maintes fois prouvé, et elle n’est pas aussi seule qu’elle le croit. Mais arrivera-t-elle à faire confiance et à choisir les bons alliés ? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas uniquement sa propre sécurité qui en pâtira car les trolls se massent face à la ville et la brigade anti-troll est décidée à en découdre.
Néanmoins, comme on a déjà pu s’en apercevoir, personne n’est entièrement mauvais dans cette série (même si certains en tiennent une sacrée couche) et c’est l’une des choses qui me séduit. Tout est juste une question de point de vue et de compréhension mutuelle. C’est une ode à la tolérance. Rien n’est simple, bien sûr, mais la violence est loin d’être la meilleure des solutions et l’implication des enfants dans ce désir de changement fait chaud au cœur.
Ce film est magnifique. On y retrouve tout ce qui fait le charme de la série : une intrigue passionnante pleine de rebondissements, des personnages farfelus, de la magie et de l’amitié. C’est une très belle histoire.
Le film semble clore la série et même si cela me rend un peu triste — j’aurais pu encore longtemps courir les sentiers avec Hilda et ses amis à la découverte de nouvelles créatures — c’est une excellente conclusion. J’ai juste envie de revoir le tout maintenant, pour prolonger un peu la magie.

vendredi 24 janvier 2020

Chat, c’est Paris


Chat, c’est Paris est un dessin animé sorti en 1962. Le scénario a été écrit par Chuck Jones et Dorothy Webster (qui sur la page Wikipédia du long métrage est juste présentée comme « la femme de Chuck Jones ». Ce n’est pas comme si elle avait besoin d’être nommée…)
J’ai vu ce dessin animé quand j’étais toute petite. Dans mon souvenir les chansons étaient en français, mais est-il fiable ? Apparemment pas puisque la première version diffusée en France, alors que je n’étais pas encore née, était en version originale sous-titrée et que la seconde, diffusée dans les années 80, était certes en version française mais, si l’on en croit internet, les chansons sont restées en V.O. Ce qui au final est assez logique, puisque le film s’appuie largement sur le fait que Judy Garland prête sa voix à Mewsette.
Malgré ce grand nom — Judy Garland était très populaire à l’époque — le dessin animé n’a pas eu grand succès. C’est plutôt dommage car il avait tout pour devenir un classique. Et je le trouve assez ambitieux dans certains choix graphiques.
C’est l’histoire d’une chatte blanche, Mewsette, qui vit en Provence, mais s’y ennuie. Elle est très jolie et aspire à une vie de luxe. Ses camarades lui semblent trop frustes. Alors quand la sœur de sa maîtresse vient en visite et commence à vanter les avantages de la grande ville, Mewsette est séduite et décide de la suivre pour Paris. Bien entendu, il va lui arriver de nombreuses mésaventures, dont une très mauvaise rencontre. Mais son amoureux, Jaune Tom, compte bien la retrouver.
L’histoire est classique, assez typique de son époque, mais sympathique. Elle ne se prend pas au sérieux et Mewsette, toute naïve et coquette qu’elle soit, finit quand même par montrer qu’elle a de la ressource. Bon, il faut quand même un mâle pour la sauver, n’en demandons pas trop… Et puis Jaune Tom a le mérite de ne pas être parfait.
C’est typiquement le genre de film qui tentait de concurrencer Disney, d‘où les chansons. Pour autant, elles ne sont pas aussi envahissantes que chez Disney, mais peut-être n’est-ce que mon impression. En outre, c’est un genre d’animation très différent des Disney de l’époque. Les décors sont très picturaux. Cela peut paraître enfantin, mais c’est au contraire mûrement réfléchi et travaillé, l’on y trouve de nombreuses références à la peinture. C’est parfois évident, d’autres moins. Certaines scènes sont aussi résolument psychédéliques, d’autres cartoonesques. Cela donne un ensemble très coloré qui me plaît beaucoup.
Les personnages secondaires apportent du sel à une histoire qui serait un peu fade sans eux. J’aime beaucoup le chaton Robespierre qui, bien que bagarreur, reste un chaton enthousiaste. Et puis il y a les chats noirs, sous-fifres du méchant Meowrice, dont j’adore le design.
Chuck Jones, longtemps employé par la Warner, a participé activement à la création des Looney Tunes et on voit d’ailleurs dans ce dessin animé de nombreuses références aux cartoons, notamment quand Jaune Tom chasse les souris ou dans la grande scène de bagarre. Cela apporte une diversité de styles bienvenue à l’ensemble.
Évidemment on trouvera sans doute que ce dessin animé a vieilli, mais de mon point de vue il dégage un charme indéniable et il gagnerait à être plus connu. En tout cas, j’ai été ravie de pouvoir le revoir.


mardi 22 janvier 2019

Journal d'un animateur aux Studios Idéfix

Un témoignage en BD de Patrick Cohen, aux éditions Tartamudo.

Présentation de l'éditeur :
1974, naissance des studios Idéfix créés à Paris par René Goscinny, son complice Albert Uderzo et leur éditeur Georges Dargaud. Les studios réaliseront notamment « Les 12 travaux d'Astérix » et « La ballade des Daltons » devenus des classiques de l'animation française. Les studios Idefix fermeront définitivement leurs portes en 1978 à la mort prématurée de Goscinny survenue le 5 novembre 1977. Ils n'auront vécu que quatre années, mais des années qui auront révolutionné le monde de l'animation française qui « ronronnait sur ses lauriers tel un gros matou au coin du feu », le dessin animé français... et la vie de Patrick Cohen. Patrick Cohen intégrera Idefix dès la création, un premier avril 1974, ça ne s'invente pas !
Qui n’a pas vu — et adoré — Les douze travaux d’Astérix ? Ce chef-d’œuvre de l’animation française a été produit par Les Studios Idéfix dont la très brève existence a néanmoins été bien remplie. Dans cette BD, Patrick Cohen nous raconte leur histoire et la sienne, inextricablement mêlées, ainsi que le fabuleux essor de l’animation française. 
Passionné par les dessins animés de Walt Disney depuis son enfance, c’est en imitant ses personnages qu’il a développé son art en rêvant de devenir animateur à son tour. Quand le jeune Patrick est renvoyé de son lycée à seize ans, il n’imagine pas que cela va le rapprocher de son rêve. Son histoire professionnelle semble tissée d’heureux hasards et de bonnes rencontres, comme si quelque chose l’avait toujours poussé vers sa vocation. C’est ainsi qu’il débarque un jour aux Studios Idéfix, pépinière de talents fondée par René Goscinny et Albert Uderzo, ce qui sera le cœur de son récit. 
L’ouvrage se découpe en deux parties. La première est sous forme de planches en noir et blanc. Elle raconte l’histoire de Patrick Cohen, puis les Studios, avec force détails et humour. Les anecdotes sont tant personnelles qu’historiques et j’ai appris pas mal de choses sur l’animation, son développement, son évolution et ses acteurs en France. C’était très intéressant. 
Cela nous ramène à une époque pas si lointaine où le talent et l’opiniâtreté valaient autant que les diplômes (même si je ne dis pas que c’était plus facile). Le champ des possibilités semblait plus grand. Dans les années 70, l’animation était encore artisanale, avant l’avènement du numérique. En être témoin par le regard d’un de ses acteurs est fascinant. 
On ressent l’amour de Patrick Cohen pour son métier, ce qui est fort plaisant. Il mêle à ses planches des dessins d’archives, comme les caricatures que ses collègues et lui s’amusaient à faire. Il brosse leur portrait au passage, pas toujours flatteur, mais cela lui permet aussi de décrire leurs métiers respectifs et, pour certains, leur carrière à venir. Et il nous parle de Goscinny, pour qui j’éprouve, moi aussi, une grande admiration. 
La deuxième partie de l’ouvrage, plus courte, est composée de textes et de photos. On y retrouve sensiblement les mêmes informations que dans les planches, avec quelques détails en plus ainsi qu’un glossaire, des portraits et le parcours professionnel de l’auteur. 
Cet ouvrage a été une excellente surprise. Il est très agréable à lire et à feuilleter. J’ai apprécié de vivre par ce témoignage l’histoire des Studios Idéfix : quatre ans, deux longs métrages, des publicités, une école fondée en parallèle… Un rêve qui a pris fin brutalement avec la mort de Goscinny. 
Avec tout ça, j’ai très envie de revoir Les douze travaux d’Astérix.