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mercredi 5 mars 2025

Cruel Winter with You

Une novella d'Ali Hazelwood. La version audio est lue par Vivienne LaRue.

Cette novella fait partie de Under The Mistletoe, une collection de cinq textes indépendants publiés par Amazon pour les fêtes. Si vous avez un abonnement Prime, vous pouvez les lire gratuitement, sinon ils sont à 1,99€ en numérique ou à 1,79€ l’un sur Audible, il existe également une compilation que vous pouvez acheter pour un crédit. Pour l’instant ces textes ne sont pas disponibles en français.



J’aime bien l’idée de comédies romantiques courtes et modernes à lire durant le temps des fêtes. Cela ne demande pas un grand investissement en temps ni en attention, mais le format court rend aussi le texte plus percutant. C’est la distraction parfaite quand on a une heure ou deux devant soi.
Ce texte-ci nous présente une jeune femme qui rentre chez son père pour les fêtes et se retrouve, à cause d’un caprice paternel, obligée de mettre au clair une situation embarrassante avec le frère de sa meilleure amie.
J’ai beaucoup apprécié la narration à deux vitesses. Une partie de l’intrigue se déroule au présent, l’autre nous conte l’évolution des rapports entre les personnages depuis le jour de leur première rencontre jusqu’à l’instant présent. Je sais que cela ne plaira pas à tout le monde car beaucoup de lecteurs semblent de plus en plus apprécier une chronologie plus linéaire. Pour ma part, je trouve au contraire qu’une narration fragmentée de la sorte apporte du dynamisme au récit. Autrement l’histoire, qui est plutôt simple et courte, serait fort plate.
Ali Hazelwood aime les quiproquos. Ce qui n’est mon cas. J’ai toujours trouvé que c’était un ressort scénaristique de fainéant, quand le quiproquo est au centre du récit cela s’entend, et c’est le cas ici. Heureusement, la narration en deux temps allège cela car on passe davantage de temps dans le passé, à voir comment s’est construit la relation des personnages depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. C’était chouette à lire, drôle souvent, mignon de temps en temps. J’ai levé les yeux au ciel de parfois, mais globalement j’ai passé un bon moment avec cette lecture et ces personnages.
L'interprétation de la lectrice est excellente et apporte une réelle plus-value au texte.

lundi 22 avril 2024

L'Oiseau d'or de Kainis T2

Un manga de Kazuki Hata, publié chez Glénat.

Mon avis sur le premier tome.


J’ai retrouvé avec plaisir Lea alias Alan, notre écrivain en herbe, qui tente de se faire à sa nouvelle vie londonienne tout en écrivant son deuxième roman. L’argent manque et une source de revenus serait bienvenue si elle veut rester.
Le premier tome du manga se terminait sur un moment de suspense propre à faire basculer cette nouvelle vie chèrement acquise. Mais qu’a vraiment vu Myles et, s’il a vu quelque chose, que fera-t-il de cette information ?
Ce tome m’a beaucoup plu. On y apprend l’histoire de Myles, qui lui aussi cache un secret. J’ai une certaine tendresse pour ce personnage bienveillant, à la gentillesse discrète et désintéressée. Sa façon de veiller sur Alan est particulièrement touchante. Son histoire personnelle est plutôt triste, un peu cliché comme tout le reste du manga, mais je ne l’en ai trouvé que plus attachant.
Dans ce volume, Alan rencontre aussi une autre femme écrivain qui s’habille en homme et publie sous un pseudonyme mais ne cache pas vraiment son genre et cela l’amène à des réflexions sur sa propre situation ainsi que son avenir. Rien de très profond, on reste dans quelque chose de personnel et de bon-enfant. J’ai cependant apprécié que le personnage sorte un peu de sa bulle et se pose de vraies questions, même un court instant. Cela amène aussi un nouvel éclairage sur sa relation avec Myles.
La fin du tome nous offre un nouveau rebondissement intéressant, alors qu’Alan est forcé de redevenir Lea pour un temps, et j’ai hâte de voir comment cela va évoluer.
C’est une chouette petite série, bien agrémentée par de jolis dessins. Le récit ne casse pas trois pattes à un canard, mais est empreint d’une agréable douceur.

mardi 6 février 2024

Les Jours sucrés

Une BD de Loïc Clément pour le scénario et Anne Montel pour les dessins, publiée chez Dargaud.


Églantine est graphiste. On ne peut pas vraiment dire qu’elle s’épanouit dans son travail ni dans sa vie en général. De son propre aveu, elle est tout le temps en colère. Alors quant elle reçoit l’appel d’un notaire lui annonçant la mort de son père auquel elle n’a plus adressé la parole depuis vingt ans, c’est de mauvaise grâce qu’elle part en Bretagne signer les papiers d’une succession dont elle n’attend rien.
Malgré elle, Églantine va se trouver confrontée à ses souvenirs d’enfance et à ce père qu’au fond elle ne connaissait pas vraiment. Elle retrouve, avec une tendresse qu’elle essaie de chasser sans y parvenir, la boulangerie de son père, sa grand-tante, son meilleur ami d’enfance et le village où elle a passé les premières années de sa vie. 
J’ai aimé suivre cette jeune femme hésitante, qui craint d’ouvrir la boîte dans laquelle elle a enfermé ses souvenirs et de se laisser engloutir par eux. J’ai aimé ses errances, ses tentatives de se tourner de nouveau vers le soleil alors qu’elle cherche dans le journal intime de son père de quoi construire de nouvelles fondations à sa vie proche de l’effondrement.
J’ai aimé Gaël, sa gentillesse, son optimisme et sa grande patience. J’ai aimé Marronde, la grand-tante déjantée qui ne mâche pas ses non-dits et qui peut se révéler très drôle parfois. J’ai aimé les interludes félins qui égaient l’ensemble et tous les personnages secondaires qui donnent du relief à cette histoire si personnelle.
Enfin, j’ai aimé les dessins d’Anne Montel, tout en douceur et vaporeux, ainsi que son beau travail de la couleur. Ils ont quelque chose de réconfortant ; ils donnent vie à cette histoire et la rendent encore plus attachante.
Les Jours sucrés est une BD feel good comme il en faudrait plus. J’ai passé un excellent moment avec cette lecture et vous la recommande chaleureusement.

jeudi 25 janvier 2024

Comment bien rater son mariage à Noël

Un roman de Lucie Castel publié chez Saga Egmont pour la version audio, lu par M. J. Gilbert. Disponible en poche chez Charleston.


J’ai choisi ce titre dans la sélection des livres audio gratuits sur Audible parce que j’aime bien Lucie Castel et que j’avais besoin de quelque chose de léger. Cela n’est pas indiqué sur la page du livre audio, mais il s’agit d’un deuxième tome. Le premier, Pas si simple, n’existe pas dans ce format. Vous pouvez cependant écouter Comment bien rater son mariage à Noël sans vous perdre en route car l’autrice résume les événements du premier tome au fur et à mesure.
Une semaine avant Noël, Scarlett est censée boucler les préparatifs de son mariage, mais bien sûr rien ne va se passer comme prévu. Honnêtement, si elle avait prêté attention aux circonstances dans lesquelles avait été faite la demande en mariage, elle aurait dû s’y attendre. J’dis ça, j’dis rien… Entre sa mère (qui elle sait reconnaître un présage quand elle en voit un. Ou pas...), sa sœur qui plane, son beau-frère envahissant, son fiancé qui passe son temps au travail, les tantes qui débarquent de Corse après une décennie de guerre froide, sans parler du reste de sa belle-famille, elle était de toute façon mal barrée.
Si la pauvre Scarlett n’a pas fini d’en voir, cela reste très drôle pour le lecteur/auditeur, mais aussi émouvant parfois. Entre les lignes et les clichés dont on se moque sont abordés des sujets plus sérieux. Lucie Castel est certes drôle, mais elle a une vision du monde bien a elle, sensible et intelligente, et c’est ce que j’aime chez cette autrice.
Pour ce roman, elle a créé une belle galerie de personnages et j’ai aimé apprendre à les connaître.
Comment bien rater son mariage à Noël est une comédie agréable à lire pendant les vacances de fin d’année, pour se détendre et rire un peu. J’aime beaucoup l’humour de Lucie Castel et la lectrice, M.J. Gilbert, fait un excellent boulot. Elle apporte beaucoup de vie à l’histoire.
Je crois que j’aurais davantage apprécié mon écoute si j’avais lu Pas si simple avant. Je ne sais pas si je le lirai, je crois que je connais un peu trop les personnages et l’histoire maintenant, mais j’aimerais bien une suite avec des personnages secondaires. Ils ont en grand potentiel. En tout cas, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

mercredi 22 novembre 2023

L'Oiseau d'or de Kainis T1

Un manga de Kazuki Hata, publié chez Glénat.

Présentation de l'éditeur :

La littérature est un art réservé aux hommes.

Début du XIXe siècle, à l'est de Gloucestershire, Lea a grandi au milieu de livres “inaccessibles pour son cerveau féminin” et se passionne pour l'écriture, un art réservé à la gent masculine. C'est donc sous l'identité fictive d'Alan Wedgwood qu'elle va débarquer à Londres pour faire publier ses ouvrages, se plonger le monde littéraire et se faire de nouveaux amis. Que va-t-elle pouvoir découvrir sous sa nouvelle apparence ?

Cette série en 4 tomes s'interroge sur le sexisme avec douceur. Candide mais lucide, Lea va trouver les réponses à ses questions au fil de ses rencontres londoniennes et vous offrira peut-être une autre manière d'aborder le shojo.
Depuis toujours, Lea rêve de devenir autrice, mais étant une femme au début du XIXe siècle autant dire qu’on ne la prend pas du tout au sérieux. Alors Lea s’invente un alter ego masculin pour vivre son rêve et cela semble fonctionner puisqu’on publie son premier livre. Cependant, cela occasionne aussi plus de complications qu’elle ne l’escomptait et bientôt Lea, qui y voit une chance de s’émanciper, doit s’enfoncer dans son mensonge.
Ce manga est le premier d’une série en quatre tomes. Je ne crois pas qu’il aurait retenu mon attention si elle avait été plus longue. C’est sympathique, sans plus. Les dessins sont jolis et l’histoire se laisse lire, mais manque de consistance.
Je ne m’attendais pas à une vraisemblance historique rigoureuse, néanmoins force est de constater que c’est quand même très capillotracté. Le fait que le père de Lea la laisse voyager seule, puis s’établir à Londres afin d’y travailler alors que la fortune de sa famille lui permettrait de faire un bon mariage n’est même pas crédible trois secondes. Les représentations de la gente féminine dans ce premier tome m’ont en outre agacée et particulièrement la meilleure amie de Lea, prénommée Katie, qui ressemble davantage à un petit chien qu’à une jeune femme. Elle passe son temps à sautiller et à s’accrocher aux jupes de Lea... Un chiot, je vous dis ! Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas les mêmes aspirations que son amie et qu’elle se satisfait de sa vie qu’elle doit forcément être stupide !
Lea, quant à elle, est naïve et optimiste, comme on s’y attend d’une jeune femme élevée dans un milieu aussi protégé et tout semble lui réussir avec une facilité déconcertante. Enfin, je l’aime bien quand même. L’auteur ne force pas trop sur le cliché du « je ne suis pas comme les autres filles » dans ce premier tome. Et puis la relation de Lea avec Myles est plutôt mignonne.
Je vais tenter la suite, bien que sans conviction.

vendredi 23 juin 2023

L'enlèvement de Circé - Witch and God T2

Un roman de Liv Stone, en version audio chez Audiolib.
Lu par Charlotte Campana.


Présentation de l'éditeur :

La tension règne toujours parmi les dieux et les sorcières.

Véritable pilier de sa communauté, Circé n'a pas le temps de penser à sa vie sentimentale... et encore moins à Hermès, le dieu des voleurs, aussi insaisissable qu'irrésistible. Qu'importe ce baiser qu'ils ont échangé il y a quelques semaines. Hermès est l'un des Douze, le cercle des dieux les plus puissants de l'Olympe, et un flirt entre eux serait une très mauvaise idée.

Mais lorsque la jeune sorcière est prise d'une vive douleur à la poitrine, son âme se détache de son corps et elle assiste, impuissante, à sa propre mort. Stupéfaite, Circé se retrouve face à Hermès, chargé de la guider jusqu'au royaume d'Hadès et de Perséphone.

Commence alors un voyage sur le chemin brumeux et sombre des Enfers. Dans ce monde aussi surprenant qu'impitoyable, le dieu est le seul allié de Circé. Cette proximité ne fait que renforcer des sentiments que chacun voudrait garder secrets... en particulier dans un royaume où la loi interdit toute relation entre les vivants et les morts.

Les titres des romans qui composent cette série prêtent à sourire. Ils rappellent une longue tradition de romances kitsch et cela aurait pu m’encourager à passer mon chemin si je n’avais été attirée, sans trop d’espoir non plus, par les racines mythologiques du récit. J’avais été agréablement surprise à l’écoute d’Ella la promise. J’y avais trouvé une base mythologique solide et intelligemment développée. L’autrice a su s’inspirer des mythes en profondeur et leur apporter sa propre originalité tout en restant fidèle à leur esprit. Elle ne s’est pas contentée des histoires et personnages les plus connus, bien au contraire et a fourni un beau travail de ravaudage en élaborant son univers. Oui, j’ai écrit ravaudage car c’est l’image qui me semble appropriée. Imaginez un tissage ancien, usé par le temps et troué par les mites. Imaginez une personne avec une aiguille et du fil qui tente de combler les vides, de renforcer la trame aux endroits où elle est devenue trop fine et presque transparente, mais aussi de sublimer l’ouvrage. Certaines de ces réparations se fondent dans le tissu, presque invisibles, et d’autres sont volontairement ornementales afin de donner du caractère à l’ensemble. C’est ce qu’a fait Liv Stone et ce que j’ai aimé dans l’histoire d’Ella ainsi que dans celle de Circé.
Ce deuxième tome avait tout pour éveiller mon intérêt. J’étais plutôt enthousiaste à l’idée d’écouter cette suite, d’autant plus que le volume précédent se terminait sur une révélation très prometteuse, mais surtout j’avais vraiment envie de mieux connaître l’aînée des trois sœurs. Circée est puissante, pragmatique et déterminée, cependant cela ne l’empêche pas de douter, d’avoir des faiblesses et des regrets. Cela change beaucoup de la gentille Ella et j’avoue avoir préféré Circé. En tant que future guide de sa communauté, elle a beaucoup de responsabilités et s’interroge sans cesse à ce sujet. En outre, elle sait que la paix entre les sorcières et les dieux est fragile. Circé, comme le lecteur, brûle de voir les choses changer. Pour autant, tout n’est pas si simple et elle en a conscience.
J’ai aimé ce personnage, même si certains de ses choix (et sa méconnaissance d’une monde qui est pourtant le sien) m’ont parfois étonnée. Elle m’a beaucoup émue lors de certains passages, ce qui a aisément contrebalancé les quelques moments durant lesquels elle m’a fait lever les yeux au ciel. J’ai aimé la suivre et découvrir les Enfers à ses côtés. 
Son histoire d’amour ne m’a pas emballée plus que ça, même si son prétendant ne manque pas de charme.  J’ai aimé les personnages, mais pas vraiment la dynamique de leur relation. Ils badinent, ils se cherchent, et c’est plaisant, néanmoins j’ai eu du mal à croire à leur histoire, même si je voulais les voir ensemble. Enfin, Circé est très attachante et crédible, on veut qu’elle triomphe des aléas de l’existence et c’est le principal.
Avec elle on en apprend beaucoup sur son monde, sans que cela ne sonne comme une leçon d’histoire ou un guide touristique (ce que j’ai pu reprocher souvent à des romans SFFF). J’ai particulièrement apprécié la balade au cœur des Enfers qui nous montre bien l’étendue des connaissances de l’autrice en matière de mythologie grecque. 
Liv Stone a pris plus de liberté avec la mythologie dans ce tome, mais toujours avec avec intelligence. Cela n’est pas à l’avantage de certains personnages et c’est ce que j’ai trouvé intéressant. Elle ne les magnifie pas et laisse de l’ampleur à ce qui en a fait les archétypes que nous connaissons tous.
Je prévois d’écouter la suite dès que le besoin d’une lecture distrayante se fera sentir.

vendredi 17 février 2023

Attention Spoiler

 Un roman d'Olivia Dade, publié chez Hauteville.


Marcus est beau et il le sait. S’il a pris l’habitude de jouer les abrutis auprès des journalistes, c’est pour qu’on lui fiche la paix. Pourtant, en secret, il écrit des fanfictions sur la série dont il joue l’un des personnages principaux. Afin de préserver l’image qu’il a mis tant de temps à construire, mais aussi selon les termes du contrat qui le lie à la production, il ne faut pas que cela se sache.
April est géologue. Elle écrit aussi des fanfictions, mais elle le cache pour des raisons différentes. Tout d’abord elle craint que cela lui fasse perdre son travail, ensuite elle n’a pas vraiment envie de dévoiler son physique à ses amis du fandom. Elle sépare donc ses deux vies avec application. Jusqu’au jour où elle décide qu’elle en a assez de se cacher et que ce n’est qu’une étape avant de, peut-être, pouvoir se rapprocher du gars avec qui elle échange sur le forum depuis longtemps et pour qui elle a le béguin.
Attention Spoiler est une romance sympathique qui se lit toute seule. Les personnages diffèrent de ceux que l’on rencontre habituellement dans ce type de romans et c’est appréciable. Marcus est un gars plutôt gentil et qui, pour un acteur, manque cruellement d’assurance. April est ronde et bien décidée à ce qu’on l’accepte comme elle est. Et quand je dis ronde, ce n’est pas juste une fille qui fait du 42 et qui en fait tout un drame, elle est obèse et elle a décidé que ça n’allait pas l’empêcher de vivre. En outre, elle ne maigrira pas d’un coup en trouvant le grand amour comme on veut souvent nous le faire croire dans les comédies romantiques. Pour couronner le tout, elle n’écrit pas des fanfics parce qu’elle n’a pas de vie, mais parce qu’elle aime ça. Elle adore son boulot, elle a de chouettes amis, dans sa vie l’amour serait juste la cerise sur le cupcake. Pour tout cela, ce n’est pas le genre de personnage qu’on croise tous les jours dans des romances et j’ai beaucoup aimé April.
À côté, Marcus est un peu fade. J’aurais voulu l’apprécier davantage parce que les personnages masculins dans les romances sont souvent toxiques et que ce n’est pas son cas, même s’il est très loin d’être parfait. Comment vous expliquer le problème ? Si vous regardez South Park c’est simple : Marcus est un clone de Principal PC. Et sinon… Je ne voudrais pas faire passer ce personnage pour plus niais qu’il n’est, mais c’est compliqué d’apprécier Marcus alors qu’il a de nombreuses qualités. Il n’est pas bête, cependant ce n’est pas non plus le couteau le plus affûté du tiroir et surtout il est politiquement correct en tout et tout le temps, même dans les moments les plus incongrus. C’est ennuyeux à la longue.
Marcus cache ses failles derrière son personnage public, il joue le rôle de celui qu’il appelle « le golden retriever bien propret » et en fait je n’ai pas vu grande différence avec l’homme qu’il est en réalité, si ce n’est qu’il est moins superficiel en vrai. C’est un bon gros toutou en adoration devant sa maîtresse. J’aurais aimé apprécier ce personnage, atypique en romance, mais il est trop complaisant. Ses rares défauts, ses faiblesses et ses petites lâchetés ne le rendent pas vraiment plus attachant.
April et Marcus ont tous deux des problèmes de confiance et une mauvaise image d’eux-mêmes, en grande partie à cause de leurs parents, et le parallèle entre leurs deux histoires est intéressant. C’est ce qui donne de la profondeur à leurs personnages ainsi que ce qui leur permet de trouver leur équilibre en tant que couple.
Ils sont mignons tous les deux et j’ai passé un moment plutôt agréable avec eux. Cependant je ne peux pas dire que c’est un roman inoubliable. Il n’est pas toujours bien écrit (ou bien traduit) et il souffre de quelques longueurs dues à des répétions.
Le récit est jalonné de résumés de fics ou de pitch de scénarios, de messages privés et autres petits textes qui le complètent bien. C’était une bonne idée et c’est plutôt amusant.
L’autrice a beaucoup d’humour et d’idées saugrenues, peut-être même trop. Les extraits de scénarios sont assez drôles, mais c’est à se dire que Marcus n’a joué que dans des bouses et je veux bien croire que certaines seraient tout à fait vendables, vu la médiocrité de ce qui passe parfois à l’heure actuelle.
Quant à la série qui a fait toute la gloire de notre personnage… Toute ressemblance avec Game of Thrones est pleinement assumée, toutefois si les références vous laissent de marbre, cela n’affectera pas votre lecture. De même, ladite série est aussi inspirée de l’Énéide, mais cela n’a pas grande incidence (et manque de finesse à mon goût d’amatrice de mythologie, bien que j’admette qu’on n’est pas là pour ça).
En tant que lectrice de fanfictions, j’ai apprécié de me retrouver dans ce petit monde que je connais si bien et je dois dire qu’Olivia Dade le décrit de manière très réaliste. Globalement c’est un microcosme plutôt sympa où les gens sont juste de grands gamins qui jouent avec des figurines et se lâchent souvent sans se prendre trop au sérieux, mais il y a aussi pas mal de poussière sous le tapis. Olivia Dade aborde par exemple la grossophobie, dans la vie de tous les jours bien sûr, mais aussi dans le fandom. Parce qu’il faut bien le reconnaître : elle y est présente, c’est même un ressort scénaristique facile pour rendre un personnage détestable au premier coup d’œil ou faire de l’humour à peu de frais. Et cela n’est pas propre à la fanfiction en particulier mais à la fiction en général.
Je me souviens avoir lu une fic il y a des années, vraiment chouette au début, bien écrite, intéressante. Et puis une blague merdique. Bon, on se dit que c’est un cas isolé, une maladresse, et on continue. Une autre blague moisie et encore une autre. Et puis un peu de transphobie en passant parce que l’autrice trouvait ça hilarant. C’est inacceptable. Sans chercher à devenir comme Marcus et Principal PC, il est bon de lutter contre des comportements inappropriés et des préjugés stupides qui pourrissent la vie des gens jusque dans leurs loisirs. Oui l’obésité est un problème de santé sérieux, non ce n’est pas en humiliant les gens qu’il sera réglé.
Olivia Dade aborde aussi des problèmes tels que la dyslexie et l’hyperactivité. Cela fait du bien de voir ces sujets traités dans un roman, parce que ça fait partie de la vie et que ça touche beaucoup de gens mais qu’on en trouve peu de représentations dans les médias, ou en tout cas pas de manière aussi naturelle.
Ce roman est le premier de ce qui est une trilogie (pour le moment). Les volumes suivants mettent en scène d’autres couples parmi les personnages secondaires. Le deuxième tome porte sur Alex, le meilleur ami de Marcus, et Lauren l’assistante qui lui sert de baby-sitter. Je ne sais pas si je lirai ce volume, je n’ai pas particulièrement apprécié la personnalité d’Alex et on sait peu de choses sur Lauren, mais je me laisserai peut-être tenter si j’ai envie d’une lecture drôle et sans prise de tête.

lundi 6 février 2023

Ella la Promise - Witch and God T1

Un roman de Liv Stone, en version audio chez Audiolib.

Présentation de l'éditeur :

Ella est une jeune sorcière sans dons, enjouée et pétillante, vivant tranquillement dans le monde des humains, où elle suit des cours à l’Université de Springfall. Cette année encore, elle va assister aux côtés de ses deux puissantes sœurs à la fête de la communauté des sorcières. Mais cette édition est particulière  : les sorcières et les dieux ont décidé de faire cesser le conflit qui perdure entre eux depuis des décennies. Pour sceller cette paix, ils organisent un mariage entre un représentant de chaque communauté.
Ella est outrée d’apprendre que sa sœur Méroé est la sorcière désignée pour cette union, et encore plus lorsque le maître des dieux, Zeus, présente le futur marié  : son petit-fils Deimos, dieu de la Terreur. Froid et arrogant, ce dernier a la forme terrible et noire de la nuit. Ella ne peut pas y croire : hors de question que sa sœur épouse l’incarnation même de la Terreur  !
Mais Deimos bouleverse les négociations en refusant la fiancée qui lui est imposée. Il désigne lui-même la promise qu’il a choisie  : la sorcière sans dons auquel personne ne s’attendait, Ella.

N’étant pas une lectrice férue de romance, c’est pour son aspect mythologique que j’ai choisi ce roman. Il faut bien dire que sans cela, il ne semble pas très attractif au départ. Une jeune femme mise à l’écart de sa communauté car née sans magie, un homme qui cache sa sensibilité derrière un comportement un peu rude, un mariage arrangé entre deux personnes qui collectionnent les a priori envers l’autre, c’est plus que rebattu. Pourtant, cela peut fonctionner si le contexte apporte un peu d’originalité et c’est le cas ici.
Bon, la romance en elle-même n’est pas transcendante non plus. Toutefois elle a son charme et au fur et à mesure que l’on apprend à connaître les personnages, on se laisse émouvoir par leurs failles et maladresses. On a envie de les voir heureux ensemble et c’est le principal. De surcroît, j’applaudis l’autrice pour avoir créé un personnage masculin qui, bien qu’ayant son petit caractère, ne se comporte pas comme un gros bourrin.
Deimos est un dieu grincheux, mais respectueux, et s’il semble dirigiste parfois c’est davantage parce qu’il se sent dépassé par les événements que par manie du contrôle. Ella est pour sa part une gentille fille, peut-être trop d’ailleurs. Elle est écrasante de bienveillance au point que j’aurais dû la détester. Cela a d’ailleurs été le cas pendant un moment. Cependant, j’ai fini par la trouver émouvante.
Si le début du roman m’a emballée parce que j’en ai aimé l’ambiance, je me suis ensuite sentie engluée dans l’attente. Ella est en quelque sorte arrachée à sa vie d’humaine et on arrive avec elle dans un univers beaucoup plus cloisonné. C’est assez logique, il faut bien que les jeunes mariés puissent nouer des liens. Mais j’avais du mal avec Ella. Le manque d’action et le fait que la jeune femme soit la narratrice, assujettissant donc notre perception des événements à la sienne, m’a un peu plombé. Elle est beaucoup trop gentille pour son propre bien. Et puis la meuf traite son ficus comme si c’était un animal. Je veux bien qu’on aime les plantes et qu’on leur parle, mais de là installer ledit ficus, prénommé Norbert, sur le canapé pour regarder une série avec lui… faut vraiment être au comble de la solitude. Bon, je me moque, mais ça lui donne un côté charmant. J’ai un faible pour les bizarreries, elles rendent les personnages plus humains.
J’apprécie aussi beaucoup la relation qu’Ella entretient avec ses sœurs. Elle a des accents de sincérité qui la rendent crédible. Malgré leurs différences et leurs choix malheureux, on sent qu’elles s’aiment énormément.
Ella n’est pas si cruche qu’on pourrait le croire, c’est plus difficile d’être bienveillant et résilient que de se laisser  porter par des envies de vengeance, et elle est secondée par des personnages très intéressants. En outre, la façon dont l’autrice incorpore la mythologie à son histoire m’a convaincue. Ce n’est pas juste un prétexte pour ajouter un peu de couleur à son histoire, elle en fait un véritable usage et montre qu’elle connaît bien le sujet. Elle ne s’en tient pas aux lieux communs. Je me suis beaucoup intéressée moi-même à diverses mythologies par le passé et c’est un vrai plaisir de voir des références aussi fines et pas seulement les dieux les plus connus parmi les personnages. Liv Stone a très bien construit son univers et cela donne vraiment envie d’en suivre le développement. D’autant que le twist final est très prometteur.
J’ai omis de préciser qu’il s’agit d’une trilogie, les deux tomes suivants étant consacrés aux sœurs d’Ella dont on connaît assez peu la personnalité à la fin de ce premier volume. J’espère donc avoir des surprises.
J’ai découvert ce roman dans sa version audio, lue par Charlotte Campana que j’avais déjà pu apprécier dans une autre audiolecture. J’espère découvrir la suite dans le même format.
En tout cas, j’ai passé un très bon moment avec ce premier tome.

mercredi 21 décembre 2022

Bons baisers de New York

Un roman d'Iris Visser, publié en numérique chez Kobo Originals.

Les autres tomes de la série :


Bons baisers de New York fait parti d’une série, trois volumes pour l’instant, dont les tomes peuvent se lire indépendamment. Iris Visser propose des comédies romantiques modernes, légères et pleines d’humour. On se laisse facilement emporter dans ses histoires, qui ne sont jamais tape-à- l’œil ni trop dramatiques. On est là pour s’amuser, pas pour pleurer. On peut croire en ses personnages et en leurs réactions car elle n’en fait pas des êtres parfaits ou caricaturaux.
Cette romance est idéale à lire pendant les fêtes car elle se déroule en partie durant cette période et je dois dire que, des trois, c’est ma préférée.
Emma travaille dans l’événementiel et elle a une manie : quand les silences deviennent gênants, elle se met à jacasser. Cela lui vaut d’être envoyée à New York pour un an, parce qu’elle n’a pas su dire non, et si son voyage en avion, assise à côté d’un gars qui tire la tronche, donne le ton de son séjour, elle est plutôt mal barrée…
J’ai beaucoup aimé Emma. C’est une fille sympathique, un peu maladroite mais sans que ça devienne exaspérant. Elle accumule les galères, sinon ce ne serait pas drôle, mais si elle s’en sort ce n‘est pas par enchantement ; elle sait utiliser son cerveau. On s’attache à Emma, on veut la voir réussir dans son travail comme dans ses amours. Et je dois dire que le gars sur lequel elle va jeter son dévolu n’est pas mal du tout...
Iris Visser ne force jamais sur les clichés quand elle en use et même si elle saupoudre souvent ses écrits de rivalité féminine, elle ne prend pas plaisir à noircir le tableau. Dans ses romans, les personnages finissent toujours par exposer leurs griefs et régler avec intelligence leurs problèmes, ce qui est assez rare dans ce type de littérature pour être signalé. J’ai apprécié que cette histoire, aussi focalisée soit-elle sur les amours d’Emma, prenne le temps de développer ses amitiés et sa vie à New York. Suivre la jeune femme dans ses pérégrinations a été un vrai plaisir, d’autant que puisqu’elle arrive à New York en septembre, on vit avec elle les fêtes et les traditions liées à l’automne et l’hiver.
L’autrice a aussi glissé dans ce roman quelques clins d’œil aux autres tomes de la série et on croise même brièvement les deux personnages de Bons baisers de Londres, ce que j’ai beaucoup apprécié.
Je ne suis pas férue de comédies romantiques, mais si Iris Visser en écrit d’autres, je serai au rendez-vous. Si vous avez envie de récits feel good et romantiques, je vous recommande cette série.


vendredi 12 août 2022

Bons baisers de Londres

Un roman d'Iris Visser, publié uniquement en numérique chez Kobo Originals.

Présentation de l'éditeur :

C'est la veille du Nouvel An quand Hannah surprend son petit ami dans l’arrière-cuisine avec une serveuse déguisée en paon. Confrontée à ce nouvel échec, elle ne peut s'empêcher de perdre tout espoir en l'amour. Pour couronner le tout, la voilà obligée de rejoindre son horrible patron, le PDG d'un grand magasin, pour un voyage d'affaires de deux semaines à Londres. La nouvelle succursale ne fonctionne pas comme elle le devrait, et ils sont donc obligés d'intervenir avec l'aide d'une agence marketing.

Une fois sur place, subir l’effervescence des magasins de la ville se préparant pour le jour le plus romantique de l'année – la Saint-Valentin - s'avère être le dernier des soucis d'Hannah. Le fait que son patron révèle un côté de lui plus doux qu’elle ne le pensait et que la femme de l'agence de marketing lui semble très familière sont bien plus troublants.
Hannah semble tout avoir pour être heureuse. Elle a un bon boulot, même si son patron a mauvais caractère, et elle vient de s’installer avec son petit ami. Sauf qu’elle trouve ledit petit ami en train de s’ébattre avec une autre pendant le réveillon du nouvel an et que sa petite vie vole en éclats (enfin en plumes de perruche, ils sont à une soirée déguisée)…
J’ai récemment lu et apprécié Bons baisers d’Ibiza, aussi j’étais plutôt contente qu’on me propose un autre roman d’Iris Visser via le partenariat avec Kobo mis en place par Babelio.
Les deux histoires sont dans la même veine : des comédies romantiques modernes, pleines d’humour, mettant en scène des personnages attachants et crédibles. Bien que ces ouvrages soient présentés comme une série, ils n’ont que leur thème en commun et vous n’y retrouverez pas les mêmes personnages.
J’ai adoré Bons baisers de Londres. C’était drôle et rafraîchissant, le genre de roman qui se lit tout seul. Iris Visser sait utiliser les clichés à bon escient. Elle n’en abuse pas et les détourne sans cesse. Vous croyez qu’elle vous emmène sur une piste maintes fois empruntée et pourtant elle vous surprend au tournant. Soyons honnêtes, on aime tous un peu les clichés quand ils sont finement saupoudrés sur l’ensemble pour apporter juste une petite touche sucrée et réconfortante. C’est ce que vous expérimenterez en lisant ce roman.
L’autrice est aussi un peu taquine. J’ai vu dans ces pages une légère moquerie (sans mépris, attention) envers les codes du genre et en particulier les romances de bureau ainsi que les récits à la mode. Elle nous rappelle que le romantisme est une bonne chose, mais qu’il n’est jamais en vrai comme dans les livres et c’est ce qui rend son texte si attachant. On peut croire à cette histoire et à ces personnages.
Hannah a du caractère, si sa rupture l’a affectée et l’englue dans un cycle de déprime, elle essaie tout de même de s’en sortir malgré les rechutes récurrentes. Elle n’est pas parfaite, c’est juste une femme qui fait de son mieux. Elle a de l’humour aussi et c’est un plaisir de lire ses réflexions ainsi que ses bons mots.
Son homologue masculin a autant de charme qu’il se montre parfois exaspérant, ce qui le rend ambivalent mais humain. Lui aussi est loin d’être parfait. Il est caractériel, grincheux, coureur de jupons, mais également intelligent, attentif (quand il le veut bien) et pas misogyne pour deux sous malgré son côté séducteur. Je suis ravie de voir que ces derniers temps un type d’homme plus respectueux devient davantage courant dans les romances ; un peu de masculinité positive ne fait pas de mal.
Iris Visser nous offre une romance plus réaliste et plus féministe (oui, même quand vous aurez des doutes à ce sujet, faites-lui confiance). J’ai lu ce récit d’une traite et j’ai passé un excellent moment. Je lirai sans aucun doute le prochain roman de cette autrice.


mercredi 6 juillet 2022

Bons baisers d'Ibiza

Un roman d'Iris Visser, publié uniquement en numérique chez Kobo Originals.


Je vous épargne le résumé de l'éditeur qui en dit beaucoup trop.


Si Eva débarque à Ibiza en début d’été, c’est loin d’être pour prendre les vacances qu’elle mériterait pourtant. Appelée au secours par sa cousine, elle est venue pour mettre ses compétences au service de ses grands-parents. Surendettés, ces derniers pourraient bien perdre leur paillote et avec elle le travail de toute une vie. Leurs deux petites filles sont bien décidées à tout faire pour les sortir du pétrin, même si cela veut aussi dire apporter du changement.
Tout en étant une romance, ce récit est aussi celui d’une famille et cela le rend touchant. J’ai beaucoup aimé la relation entre les deux cousines, qui sont très différentes mais complémentaires. L’amitié, même si ce n’est pas le thème principal, a son importance dans ce roman et n’est pas un tissu de clichés. Je dois reconnaître que ça fait du bien car l’amitié, surtout féminine, est souvent traitée de manière très superficielle dans les romans. Mia et Eva se soutiennent en toutes circonstances et même quand l’une émet des doutes sur les choix de l’autre, elle le fait avec bienveillance.
La romance, en revanche, utilise quelques lieux communs, cependant l’autrice en use à bon escient et sans trop insister dessus. On sait bien sûr toujours où l’on va, mais le cheminement est agréable, en bonne compagnie. Eva et Elias sont des personnages vraisemblables et assez sympathiques, si ce n’est attachants. Leur histoire sonne juste. Eva est une fille intelligente, qui ne pleurniche pas sur son sort et qui ne passe pas son temps à douter d’elle pour le plaisir d’être rassurée, même si elle n’a pas non plus une confiance à toute épreuve. Quant à Elias, si quelques clichés cliquettent à ses basques comme des casseroles, il a le mérite de ne pas être le prototype du mâle toxique que l’on retrouve dans les romances bien trop souvent à mon goût. Cela seul suffit à me le rendre agréable, toutefois j’avoue que son background familial ne brille pas par son originalité.
J’ai apprécié que le récit se déroule à Ibiza, ça change de ce qui se fait habituellement. Bien sûr, ce n’est pas très dépaysant pour une méditerranéenne, mais je me suis un peu sentie comme à la maison, ça compense.
Ce fut une lecture très rafraîchissante et pleine d’humour, une jolie romance estivale légère et néanmoins bien écrite, idéale comme lecture de plage.


tous les livres sur Babelio.com

mardi 7 décembre 2021

Dash & Lily


Dash & Lily est une série d’une seule saison en huit épisodes d’environ vingt-cinq minutes chacun. Elle est tirée du roman Dash & Lily’s Book of Dares de Rachel Cohn et David Levithan. Ce roman a eu deux suites. Je ne l’ai pas lu, mais c’est le fait d’en avoir entendu parler qui m’a fait m’intéresser à la série lors d’une journée à buller pendant les vacances de Noël de 2020. Je n’avais pas lu le résumé puisque je connaissais vaguement celui du livre et je pensais qu’il s’agissait d’un film… Autant dire que j’ai été très surprise par le générique de fin du premier épisode. Or, il se trouve que Dash & Lily c’est comme les schokobons : on n’en mange qu’à noël, mais quand on en prend un, il est difficile de s’arrêter. Bon, je vous rassure tout de suite, ce n’est pas aussi écœurant et vous ne risquez pas d’être malade si vous enchaînez les épisodes comme moi l’an dernier, même si vous êtes allergiques aux séries pour ados et aux films de Noël.
Tout commence avec un carnet rouge d’une célèbre marque, déposé dans le rayon d’une librairie tout aussi célèbre, juste à côté de Franny & Zooey de Salinger. Dash, dix-sept ans, promène sa déprime de fin d’année dans ledit rayon (ses deux parents lui donnent la vive impression de ne pas vouloir de lui pendant les fêtes et le bonheur ambiant l’étouffe). Bien sûr il tombe sur le carnet, l’ouvre et y découvre les énigmes laissées par une fille de son âge.
Comme Dash, Lily est une solitaire, mais dans son cas ce n’est pas par choix. Elle peine à se faire des amis, elle se trouve trop bizarre et elle n’a pas les mêmes centres d’intérêt que les jeunes de son âge. Et c’est encore plus dur cette année car elle se retrouve seule avec son frère (qui débute une nouvelle relation amoureuse et n’est pas disposé à passer du temps avec elle). Lily adore Noël, mais le fait d’être privée de sa famille et de voir tout le monde en couple autour d’elle lui pèse, d’où le carnet rouge, véritable bouteille lancée à la mer.
Dash et Lily vont apprendre à se connaître par l’entremise de ce carnet. Ils vont se défier aussi, sortir de leur zone de confort, s’aider à grandir un peu également. Mais vont-ils finir par se rencontrer ? Et surtout l’image qu’ils se sont faite l’un de l’autre sera-t-elle à la hauteur ?
Résumé comme cela, on pourrait croire à une histoire de romance à trois sous, mais c’est beaucoup mieux que ça. Cette série a été une excellente surprise. C’est mignon tout plein et bien dans l’esprit de Noël, c’est drôle et intelligent.
J’ai beaucoup aimé les deux personnages principaux. Dash est un gars un peu grincheux et dépressif, trop intelligent pour son propre bien, mais qui au fond a juste du mal avec les interaction sociales. Quant à Lily, derrière tout son enthousiasme et son côté optimiste guimauve, elle cache de nombreuses blessures ainsi qu’une grande envie de trouver sa place. Ce que j’aime particulièrement chez elle, c’est qu’elle ne veut pas pour autant cesser d’être elle-même, ce qui serait une solution de facilité. Je les ai trouvés l’un et l’autre aussi crédibles qu’attachants.
Les personnages secondaires sont moins fouillés, mais se jouent des clichés pour la plupart, ce qui est somme toute rafraîchissant. J’aurais vraiment voulu une deuxième saison qui leur aurait donné plus d’espace. Ceci dit, la première a une bonne fin et se suffit à elle-même. Je l’ai revue avec plaisir et je pense qu’elle est en train de devenir un de mes classiques de Noël.

De Rachel Cohn et David Levithan, j’ai lu La playlist infinie de Nick et Norah. Je ne l’ai pas chroniqué, mais c’est un chouette livre. Norah est un rien geignarde, cependant je me dois de saluer une romance YA moderne qui sort des clichés habituels.


vendredi 31 janvier 2020

Une Sirène à Paris

Un roman de Mathias Malzieu, lu par l'auteur pour Audiolib.

Présentation de l'éditeur :
Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris. Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne se passe pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel…
À travers ce conte moderne, Mathias Malzieu questionne l’engagement poétique et le pouvoir de l’imagination dans une époque troublée. Ce livre est une déclaration d’amour à l’amour, au panache, à l’épique, à la camaraderie et à la surprise.
L'enregistrement est accompagné d'improvisations musicales interprétées par Mathias Malzieu.
Cela commence comme un conte. Gaspard, sorte de Peter Pan bipolaire qui vit dans ses rêves et souvenirs, trouve une sirène blessée sur les quais et se met en tête de la soigner. Le Merveilleux surgit comme ça, pffft, dans le quotidien de ce rêveur invétéré qui en sourcille à peine. Gaspard est surprisier, voyez-vous, un enchanteur qui secoue la réalité pour en chasser la poussière. Il ressent tout intensément et pourtant ne sait plus aimer.
Mais les sirènes ne sont-elles pas réputées perdre les marins qu’elles envoûtent ? Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Pragmatique et intelligente, elle va pourtant semer une indescriptible pagaille.
J’aime les histoires dans lesquelles le fantasque et le merveilleux contaminent soudain la réalité. Et la personnalité de la sirène, Lula, qui se révèle à mesure qu’elle se laisse apprivoiser par la gentillesse maladroite de Gaspard, m’a plu. Lui en revanche… Personnage émouvant, c’est certain, il n’en est pas moins difficile à supporter parfois et cela vaut tout autant pour le récit lui-même qui possède les qualités et défauts de ce personnage. Il est à la fois attachant et agaçant.
J’ai aimé l’univers de Gaspard, les souvenirs de sa grand-mère, la péniche… Je m’y suis volontiers promenée. Mais toute l’intrigue secondaire avec Milena et les atermoiements de Gaspard m’ont un peu ennuyée.
L’auteur a le goût des belles phrases et des images, de la poésie et de l’excès. En cela, récit et personnages s’accordent parfaitement. C’est un style qu’on aime ou pas et je l’aurais aimé si je n’avais parfois ressenti un certain malaise. Gaspard et moi, on n’a pas la même notion de l’amour et de la séduction. Il évolue, ce qui est une bonne chose dans son cas, mais m’a laissé une impression désagréable.
J’ai oscillé au cours de cette écoute, entre les passages où j’appréciais qu’on me raconte une histoire et ceux qui me semblaient tellement longs… Les jolis jeux de mots et les belles phrases ça va un moment, mais écrire pour accumuler les effets de style, ça ne nourrit pas une histoire, c’est plus de l’ordre de la coquetterie. Je crois que si je l’avais lu, plutôt qu’écouté, j’aurais eu du mal à venir à bout de ce roman pourtant très court. Et c’est dommage, parce qu’il y a dans cette histoire un certain éclat et qu’un peu de réenchantement ne fait jamais de mal.

vendredi 8 janvier 2016

Douces nuits

Diptyque de novellas de Ros Clarke et Faye Robertson publié chez Milady.


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Je vous épargne le résumé de quatrième de couverture beaucoup trop prolixe.


Puisque ma précédente lecture n’avait pas eu raison de ma patience, je me suis dit que j’allais continuer sur ma lancée et tenter d’achever ma bronchite avec une dose supplémentaire de guimauve. On m’avait conseillé Douces nuits, une autre lecture bien de saison, en me disant que la première novella n’était pas terrible mais que la seconde valait le coup. Je me suis dit « pourquoi pas » et… au final je me demande si j’ai vraiment lu le bon livre ou si je suis encore trop exigeante.
Douces nuits, mini recueil composé de deux novellas, est un peu l’équivalent livresque des téléfilms de Noël, quoique dans deux styles résolument différents. C’est plein de bons sentiments, ça se lit plutôt vite et il ne faut pas trop en attendre. En outre, le traducteur semble avoir un léger problème en ce qui concerne l’accord des pronoms personnels. Vous êtes prévenus.


Sous le gui de Ros Clarke, dont le titre original (qui n’aurait pas dû être traduit à mon avis puisque la référence à la chanson éponyme est clairement établie dans le texte) est All I want for Christmas, se révèle un texte gentillet jusqu’à l’écœurement. Tout à fait dans l’esprit « à Noël tout est possible et les gentils sont toujours récompensés ».
On y rencontre Anna, comptable trentenaire, qui apparaît d’emblée comme superficielle, immature et capricieuse. On se rend assez vite compte qu’il n’en est rien, mais je n’ai pas réussi pour autant à la trouver sympathique. Et j’ai déjà oublié le prénom de son soupirant qui est mignon, sans plus…
Cette histoire n’est pas si légère qu’on pourrait le croire. Elle parle d’un thème douloureux, mais en jouant à fond sur le pathos. Cela devient vite très niais et manque de profondeur, de réalisme ainsi que, paradoxalement, d’un peu de légèreté pour dédramatiser le tout.
Cela ne m’a pas plu du tout, je déteste qu’on veuille forcer ma compassion avec si peu de subtilité, et je crois que j’aurais même préféré regarder un téléfilm, c’est dire…


Double ration de dinde, après la gentille Anna, on va faire la connaissance de Holly Jones dans Une seconde chance pour Noël de Faye Robertson.
Toute ressemblance de cette chère Holly avec Bridget Jones n’est absolument pas fortuite, c’est même une composante essentielle de l’histoire.
Cette seconde novella est un peu plus moderne, dans le style comédie de Noël. Il faut aimer l’humour un peu relou. Ce n’est pas mon cas donc j’ai eu du mal au début et puis je m’y suis habituée. Ça a au minimum le mérite d’être moins dramatique que le précédent texte, même si les personnages traînent aussi leurs casseroles.
Holly est une prof de musique délurée, pas très finaude, qui passe très facilement du coq à l’âne. Elle va se faire larguer juste avant Noël par son détestable petit ami qui est juste un cliché sur pattes. Les pompiers apprécieront la vision que l’auteur donne d’eux… J’ai eu beaucoup de mal à trouver ce couple réaliste, mais passons.
Sur une impulsion, un collègue qu’elle connaît à peine l’invite à passer les fêtes avec lui en Écosse. Enfin, « avec lui » c’est beaucoup dire… Disons qu’il lui propose de partager le cottage d’un de ses amis. Noël, le collègue, a lui-même ses soucis en cette fin d’année et il n’a pas franchement envie de passer du temps avec Holly…
Le ton est badin, Noël est charmant, Holly oublie parfois de jouer la dinde, et si je n’ai pas franchement rigolé ni ne me suis impliquée dans leur histoire, je ne l’ai pas trouvée si désagréable à lire que le début, avec son humour et ses clichés, me le laissait présager.


Douces nuits ne restera pas gravé dans ma mémoire et j’aurais du mal à le conseiller même aux amatrices du genre, surtout en ce qui concerne la première novella. Ceci dit si vous êtes en manque de guimauve, que vous avez un peu de temps à perdre et que vous cherchez vraiment une comédie de Noël, le second texte passera comme une part de bûche (une c’est bien, en abuser ça craint).

jeudi 7 janvier 2016

Nuit de Noël à Friday Harbor

Un roman de Lisa Kleypas publié chez J'ai lu.


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Présentation de l'éditeur :


"Cher Père Noël, cette année, je veux juste une chose : une maman"... Lorsqu'il découvre ce message de sa nièce Holly, Mark Nolan est profondément désemparé. Célibataire dans l'âme, il a dû composer avec le quotidien de cette petite fille fragile, qui a perdu la parole à la mort de sa mère, dont il est désormais le tuteur. Car il aime Holly comme son propre enfant. Lui offrir la douceur d'un foyer uni ? Pas facile quand on a comme modèle une famille saccagée par des parents calamiteux. Mark est pourtant prêt à tenter l'aventure avec Maggie, la jolie rousse qui vient d'ouvrir une boutique de jouets merveilleuse à Friday Harbor. Elle seule a su rendre à Holly plus que le sourire. Sauf que, après le drame qui a chamboulé sa vie, Maggie ne veut plus livrer son cœur à quiconque.



Si vous suivez un minimum mes péripéties de lectrice, vous savez que la romance n’est pas du tout mon délire. Ce ne sont pas tant les grandes histoires d’amour qui me posent problème, mais les clichés éhontés ainsi que les schémas très répétitifs propres à ce genre.
Cependant, en cette fin d’année, j’avais besoin de me vider la tête après des lectures émotionnellement très exigeantes et un surcroît de fatigue qui amoindrissait considérablement mes capacités d’attention. Or, j’avais promis à Chani il y a des lustres que je réessaierai de lire du Lisa Kleypas et je me souviens qu’on avait parlé de cette série en particulier. C’était le moment de l’année parfait pour la découvrir et en plus j’aime bien les romans qui se passent sur des îles.


Dans la série Friday Harbor, ce tome est le 0,5 (surtout ne me demandez pas pourquoi il n’est pas tout simplement le premier…). C’était bien une lecture de saison même si, à ma grande surprise, seule la fin se passe à Noël. J’étais désappointée au départ, mais ai vite oublié ce détail.
Dans ce roman, on fait la connaissance de Mark Nolan et Maggie Conroy. Cette dernière est une jeune veuve traumatisée par la longue maladie et le décès de son époux. C’est une jeune femme sympathique, pleine d’énergie et très créative. Elle ne s’apitoie pas sur son sort. Mark, lui, est un trentenaire pas vraiment pressé de s’engager qui se voit brutalement forcé de grandir un peu quand sa sœur décède, faisant de lui le tuteur légal de sa nièce Holly. Il fait tout ce qu’il peut pour assurer un certain équilibre à l’enfant. Les changements dans sa vie surviennent petit à petit ce qui m’a agréablement surprise. Les personnages, comme l’intrigue, sont relativement réalistes (pour une romance…).
L’enjeu du bouquin est bien entendu l’inévitable rapprochement entre Mark et Maggie. Cependant nous n’assistons qu’aux prémices de leur histoire d’amour dans ce tome. J’ai un peu levé les yeux au ciel par moment, mais je me suis laissé prendre au jeu. L’auteur ne joue pas à fond sur les clichés et les personnages ne sont pas des caricatures sur pattes, ce dont j’ai été reconnaissante parce que je n‘aurais pas eu la patience de supporter trop de niaiserie. J’ai nettement préféré ce roman à ma première lecture de Lisa Kleypas.
Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais finalement c’était reposant et sympathique à lire. Je n’en demandais pas plus.


Vous pouvez lire l'avis de Chani ici.


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Challenge mauvaise influence

mercredi 9 septembre 2015

The Pink Tea Time Club

Un fix-up rose bonbon de Cécile Guillot, publié aux éditions du chat noir.


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Présentation de l'éditeur :
Lottie est une jeune Londonienne bien sous tous rapports, même si elle préfère s'informer des dernières modes plutôt que d'apprendre les convenances d'une future femme à marier. Cependant, lorsque des engeances monstrueuses sorties tout droit d'une dimension parallèle s'attaquent à elle au cours d'une promenade, la lady saute sur l'occasion de chambouler son quotidien. Mise au parfum par Mr Rabbit, un jeune horloger garant de la fermeture de ces portails, Lottie décide de partir à l'aventure. Dans son empressement passionné, elle embrigade sa sœur et sa meilleure amie avec lesquelles elle forme désormais le Pink Tea Time Club. Un groupe de lecture, en apparences, où l'on parle monstres, créatures fantastiques, royaumes féériques et autres mondes. Pour la soif de découverte, pour sauver Londres mais surtout, pour passer le temps. En toute bienséance, cela va de soi...



Préalablement publiées sous forme de feuilleton numérique, les nouvelles composant The Pink Tea Time Club ont été regroupées dans une version papier. Les liens entre les intrigues placent ainsi l’ouvrage à la lisière entre le recueil et le roman. Je pense que le plaisir de lecture et la perception de la continuité ne sont pas les mêmes quand on lit tout à la suite, d’où cette précision. Cela est d’autant plus frappant que l’ouvrage et très court et se lit en quelques heures. J’aurais probablement eu plus de patience avec l’un des personnages si j’avais découvert ces aventures petit à petit.
Cécile Guillot nous entraîne cette fois à l’ère victorienne, sur les traces d’une troupe des plus improbables. Elijah Rabbit, héros un peu tiède et hésitant chargé d’empêcher l’intrusion de créatures venant d’autres dimensions, se trouve affublé bien malgré lui d’assistantes pour le moins inattendues. Sous l’égide de l’inconséquente Lottie, trois demoiselles de bonne famille vont s’immiscer dans ses activités ésotériques, pour le pire et le meilleur… L’horloger est facilement débordé par cette bande de jeunes filles, mais les uns vont évoluer au contact des autres et s’affirmer dans leurs choix de vie. C’est ce qu’il y a de plaisant dans ces histoires qui, cela mis à part, manquent un peu de profondeur.
Les personnages eux-mêmes, s’ils sont pour la plupart sympathiques, ne sont pas particulièrement développés. La pragmatique Vivian, qui a ma préférence, assure la bonne marche de l’équipe et sa cohésion, mais c’est sans nul doute Lottie, capricieuse bien que dotée d’un grand cœur, qui évolue le plus. Pour autant, j’avoue avoir eu un peu de mal à supporter les gamineries de cette dernière, mais les histoires sont sympathiques. On plonge dans une ambiance girly, rubans roses et tasses de thé qui n’est pas déplaisante. Les clins d’œil à de grands classiques de la littérature sont nombreux et amusants. Cette lecture est idéale pour mettre un peu de légèreté dans votre vie au cours d’un après-midi pluvieux.

dimanche 28 septembre 2014

Par ton regard

Une nouvelle de Vanessa Terral publiée en numérique aux éditions Láska.


Pour l'instant, cette nouvelle est uniquement accessible aux abonnés du site de l'éditeur, mais sera disponible via les librairies numériques dès le mois de décembre.


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Résumé de l'éditeur :
Sandra est reporter free-lance. Son sujet actuel la conduit à voyager à la frontière de l’Inde et de la Birmanie, en compagnie de quelques écologistes. Cependant, l’un d’entre eux fait tache, autant par son physique — du genre à ne pas s’y frotter — que par sa vigilance : Joachim. Sandra le soupçonne d’être un agent secret. Lorsqu’une fusillade éclate, elle n’a plus de doute. Et, désormais, elle lui doit la vie…


Mortellement blessé, Joachim ne peut plus dissimuler la vérité à Sandra. Elle seule est en mesure de le sauver, à une condition : qu’elle unisse son existence à la sienne.



Que deviendraient certains êtres mythiques dans notre monde actuel ? Que feraient-ils de leurs pouvoirs ? Pour l’un d’entre eux, Vanessa Terral apporte avec cette nouvelle une réponse aussi adaptée qu’elle est intéressante.
Sandra est une journaliste, une femme de caractère aux convictions fortes qui s’est donné pour mission d’attirer l’attention des autres sur des faits méconnus et néanmoins horribles qui se déroulent de par le monde. Partie en Inde aux côtés d’un groupe d’activistes, elle n’a pas la moindre idée de la véritable identité, et encore moins du but, de l’un de ses compagnons, mais va l’apprendre à ses dépens.
Par ton regard est un très beau texte, alliant une jolie romance et un message écologique fort qui m’a beaucoup émue. Je suis une lectrice pragmatique, peu sensible à la prêche, et plutôt agacée par elle de manière générale, d’autant plus quand le sujet m’est cher à la base, mais ici cela reste subtil, pas moralisateur, même si l’auteur fait appel à la sensibilité de chacun. On peut ressentir la sincérité avec laquelle elle délivre son message et c’est cela qui, en plus de la nature de celui-ci, le rend aussi triste qu’émouvant.
Pour ce qui est de la romance, tout de même la trame principale de cette nouvelle, il faut savoir que j’y suis peu sensible en général. Or, celle-ci m’a séduite, même si elle avance un peu rapidement à mon goût. Les personnages sont attachants, très attendrissants dans leurs maladresses et leurs incompréhensions mutuelles qui les rendent très humains et accessibles. Ce sont tous ces petits détails qui m’ont fait les aimer.
Le récit est parsemé de pointes d’humour bienvenues qui l’ancrent un peu plus dans notre réalité et en font une histoire très agréable à découvrir.
Cette nouvelle se lit trop vite. L’auteur réussit en peu de pages à mettre en place une belle romance, tout en partageant quelque chose qui lui tient à cœur. J’aurais préféré quelques pages de plus, pour donner un peu plus de consistance à ce récit, mais bon, j’aime toujours me plaindre que chaque histoire qui m’a plu est trop courte…


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Challenge mauvaise influence

dimanche 6 janvier 2013

Vampire et célibataire, Queen Betsy t1

Un roman de chick-lit paranormale, écrit par Mary Janice Davidson et publié chez Milady.





Quatrième de couverture :
Elle voulait juste être la reine du bal...
Elle va devenir la reine des vampires !
La série de bit-lit pour toutes celles qui dévorent de la chick-lit !


À son réveil à la morgue, Betsy Taylor découvre qu'elle est un vampire. Même si sa nouvelle condition possède de nombreux avantages, elle a bien du mal à s'habituer à son régime à base de liquide. Et même si sa mère est ravie d'apprendre que la mort ne lui empêchera pas de lui rendre visite, ses nouveaux amis nocturnes, eux, ont la conviction ridicule qu'elle est la reine annoncée par la prophétie…



Je suis une snob.
Enfin, une snob consciente de l’être et qui ne demande qu’à faire plier ses a priori stupides, mais une snob quand même.
Je m’étais donc dit que je ne lirai jamais Queen Betsy, parce que ça me semblait trop girly et que je déteste ça. J’ai déjà du mal à supporter mes amies quand elles me parlent de fringues et de chaussures, alors la première vampire venue, non merci.
Et puis j’ai écouté les interventions de Mary Janice Davidson aux Imaginales (merci ActuSF). Je l’ai trouvée drôle, pas prétentieuse pour deux sous dans sa démarche littéraire et me suis du coup sentie moins réfractaire à sa vision des choses. J’ai donc commencé à me dire : « peut-être bien ».
Ensuite, j’ai reçu ce livre lors du swap vampires et sorcières (merci Myrine). La part de moi qui n’aime pas être snob n’en demandait pas plus, alors je me suis lancée dans cette sympathique lecture.


Pour commencer, parlons un peu de l’histoire…
Betsy, personnage principal et narratrice, est une fille tout ce qu’il y a de plus normale. Elle a les mêmes soucis que le commun des mortels, soucis qui pourraient aussi bien être les vôtres que les miens. Entre autres déboires, son nom est propice à tout un tas de moqueries, elle ne s’entend pas avec sa belle-mère, vient de se faire virer de son boulot de secrétaire et n’a pas de petit ami…
Bref, sa vie serait tout à fait banale si, du jour au lendemain elle n’était pas devenue une vampire. Et pas n’importe quelle vampire… Mais ça je vous laisse le découvrir si vous décidez que Betsy vaut la peine d’être rencontrée.


Vampire et célibataire est un petit roman sans prétention, distrayant, assez marrant aussi, même s’il ne casse pas trois pattes à un canard.
Ce qui me rebute dans la chick-lit, qu’elle soit paranormale ou des plus réalistes, c’est la superficialité. Une nana décérébrée, mais tellement gentille, un peu gaffeuse et trop naïve qui fait une petite fixation sur son look, comme on en trouve souvent dans ce genre d’histoires, m’ennuie très vite. Or, Betsy n’est pas si creuse. Elle sait jouer les idiotes quand ça l’arrange, elle a aussi ses petites obsessions, mais elle n’est pas superficielle. C’est au contraire un personnage attachant, très humain et bien construit. J’en suis la première étonnée, mais j’ai beaucoup aimé Betsy.
Evidemment l’histoire est plutôt facile, elle part en vrilles de si nombreuses fois que j’ai renoncé à les compter, notamment quand Betsy, qui aime les digressions, s’emmêle les pinceaux ou qu’on passe du coq à l’âne sans trop savoir comment ou pourquoi. Il y a très souvent un problème de suivi dans les dialogues et certaines situations. Je ne dirais pas que c’est mal écrit, mais on ne peut nier que ce premier tome est brouillon. Et puis le personnage masculin du roman est si caricatural que j’en ai la migraine… Mais ce n’est pas non plus le genre d’ouvrage auquel on demande autre chose qu’un moment de détente et en cela il s’acquitte fort bien de sa tâche.
Les personnages secondaires sont sympas et hauts en couleurs, si on excepte le trop lisse Sinclair. C’est un roman assez drôle, j’aime bien l’humour pince-sans-rire de MJ Davidson. Mais j’ai peur que ce type d’histoire devienne lassant à force. Peut-être est-ce une bonne série à lire de temps en temps quand on a envie d’un bouquin léger. Je compte bien essayer le deuxième tome un de ces jours.