jeudi 15 février 2024
Randonnée mortelle, Agatha Raisin 4
vendredi 9 février 2024
Pas de pot pour la jardinière, Agatha Raisin T3
mardi 30 janvier 2024
Un Remède de cheval, Agatha Raisin T2
dimanche 24 décembre 2023
Retour à St Mary Hill - Cosy Christmas Mystery
jeudi 3 novembre 2022
Quand la vie s'en mêle T2 : Valentine
Présentation de l'éditeur :Suivez cette fois les pas de Valentine dans ce deuxième tome de la trilogie Quand la vie s’en mêle, par Lucie Castel. Après avoir décidé de couper les ponts avec sa famille, Valentine se lance dans une formation de guide touristique à Paris. À l’obtention de son diplôme, elle postule auprès du célèbre château des Deux Sources de la petite ville de Luserne, d’où elle est originaire. C’est Louis, le châtelain, patriarche fatigué et solitaire, qui l’embauche pour mettre en œuvre une idée qu’il a depuis longtemps : ouvrir le château au public dans l’espoir d’éponger les dettes accumulées par sa famille. Laquelle est farouchement opposée à ce changement… Alors que Valentine se jette corps et âme dans ce projet colossal, elle est rejointe par Gabriel, fils unique de Louis, un homme hautain et glacial. La collaboration entre Valentine, tombée amoureuse de l’édifice et qui veut à tout prix le sauver, et Gabriel, qui ne pense qu’à le vendre et à couper définitivement les ponts avec sa famille, fait des étincelles. Mais événements étranges et problèmes se multiplient au sein du château, poussant Valentine et Gabriel à mettre leurs divergences de côté pour résoudre le mystère de l’origine de ces attaques.
lundi 18 avril 2022
Quand la vie s'en mêle T1 : Adèle
Un roman de Lucie Castel, publié en numérique chez Kobo Originals.
Présentation de l'éditeur :Lorsque la grand-mère adorée d’Adèle décède, la jeune femme à l’esprit sarcastique et à la langue bien pendue est déterminée à respecter ses dernières volontés : quitter la demeure familiale et partir à l’aventure.Une formation de jardinier-paysagiste plus tard, elle part pour Luserne, petite ville du sud, où se trouve Lucien Vidal, vieil homme acariâtre mais aussi et surtout premier grand amour de sa grand-mère. Grâce à lui, Adèle décroche un petit boulot pour s’occuper du jardin du cimetière communal.Malgré la suspicion qu’elle suscite chez les habitants les plus conservateurs, elle se lie bientôt d’amitié avec un groupe de marginaux : un jeune facteur dont l’obésité menace son maintien en poste, une toiletteuse gothique et lesbienne, une ancienne reine du lycée anorexique et le jeune et séduisant croque-mort de la ville.Mais l’ambiance se dégrade lorsqu’un corbeau placarde sur les tombes des lettres accusant des notables respectables des pires comportements. Commence alors une chasse aux sorcières qui accuse prioritairement les amis d’Adèle en raison de leurs différences…
dimanche 11 avril 2021
Je choisirai la voie du vent
Un roman de Régine Joséphine publié chez Marabooks.
Présentation de l'éditeur :
« Ce que je ferai dorénavant le sera pour la dernière fois. » Otzuka Akio, pilote kamikaze japonais, 1925 – 1945
Japon 1945 : Par un matin de printemps, un jeune pilote japonais Kiyoshi Anaka s’envole au-dessus de la mer vers le cuirassé américain qu’il doit faire exploser. Ce sera son dernier vol. Il ne laisse derrière lui qu’un carnet noir contenant une mèche de cheveux …
Lyon 2016 : Après avoir quitté la clinique de soins où elle a atterri suite à une dépression nerveuse, Colombe décide de quitter Lyon et d’accepter un poste de professeur dans l’école d’un village au beau milieu des montagnes. Ce n’est pas un hasard. Dans l’ancien moulin-bistrot du village, travaillait Louise, sa mère biologique, décédée dans d’étranges circonstances. Que s’est-il passé cette nuit fatidique où Louise a perdu la vie ? Que contient ce carnet noir qu’elle a légué à sa fille ?
Entre la rencontre d’un instituteur gothique désagréable, celles d’un bistrotier collectionneur de cuvettes de toilettes et d’un mystérieux artiste installateur de scènes miniatures, Colombe n’imagine pas à quel point sa décision va changer sa vie.
mercredi 20 mai 2020
La Quiche fatale, Agatha Raisin T1
lundi 16 mai 2016
La fois où j'ai écouté ma mère
Un roman de Thierry Guilabert paru chez L'école des loisirs.

Je ne vous copie pas le résumé de l'éditeur car je trouve qu'il en dit trop.
La fois où j’ai écouté ma mère a paru dans la collection Médium de L’école des loisirs, soit pour les 12-16 ans, mais un lecteur plus âgé peut tout à fait apprécier à la fois le style délicat et la portée du récit.
Mila a quatorze ans, elle sait bien que ses parents connaissent des difficultés, mais elle peine à l’accepter. Elle se voile la face tant bien que mal, jusqu’au soir où son père frappe sa mère devant elle. C’était le coup de trop. La mère de Mila profite du fait qu’il est parti retrouver son copain de beuverie pour fuir avec sa fille. Leur périple les mènera aux Ouches, un hameau perdu dans la montagne où de vieilles femmes vivent en communauté. Là-bas elles pourront se cacher et retrouver leur équilibre.
Mila est la narratrice et l’auteur a su la rendre très vivante aux yeux du lecteur. Par sa voix, il conte avec sensibilité une période difficile. On la voit osciller entre la petite fille qu’elle est encore et la jeune femme qu’elle est en train de devenir. C’est très joliment écrit, avec pudeur et justesse. Mila a soif de vivre. Peu à peu, loin du monde, elle reconstruit les repères que son père avait commencé à détruire. Le bien, le mal, le vrai, le faux… Elle cherche à comprendre comment tout cela est arrivé et quoi faire pour aider sa mère. Celle-ci est à bout, elle agit comme un automate. Elle avait depuis longtemps perdu son indépendance et il lui a fallu tout son courage pour s’enfuir. Mais, auprès des veuves, elle va peu à peu reprendre du poil de la bête.
Ce roman très court, environ 160 pages, et très fluide, se lit en quelques heures. Il aurait peut-être même mérité d’être un peu plus développé, mais là c’est la lectrice adulte qui parle. Le récit est en fait plutôt contemplatif et introspectif, j’aurais voulu en savoir davantage sur le village et ses habitantes.
J’ai trouvé certains choix un peu cliché, mais le tout reste assez réaliste. C’est un bon livre. Il ne prend pas les jeunes pour des abrutis, il est très bien écrit et montre qu’il y a toujours de l’espoir, même au cœur des nuits les plus sombres. Cependant, l’espoir n’est pas tout, il faut aussi se donner la peine d’avancer.
dimanche 3 avril 2016
Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables
Un roman d'Annie Barrows publié chez Nil (bientôt disponible en poche).
Texte intégral lu par Claire Tefnin pour Audiolib.
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Présentation de l'éditeur :
(J'ai pris le résumé de la version grand format, celui d'audiolib étant complètement à côté de la plaque...)
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Ce n'était pas le projet estival dont Layla avait rêvé.
Rédiger l'histoire d'une petite ville de Virginie-Occidentale et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines.
Et pourtant...Été 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville.
L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a... La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l'enfance... La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu'elle aimait... Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville.
De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.
J’avais apprécié Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates et j’avais besoin d’un roman tranquille, bien écrit mais reposant, à écouter en tricotant sans perdre des mailles à chaque rebondissement. Vous voyez le genre ? C’est ainsi que j’ai jeté mon dévolu sur Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables. Malheureusement, si outre le titre à rallonge (qui n’est dû qu’à l’éditeur français) il a bien les mêmes défauts que le précédent roman d’Annie Barrows, il n’en a pas les qualités.
Le Cercle est un roman tendre et lumineux, plein de bons sentiments parfumés à la guimauve, mais offrant l’assurance de passer un moment agréable. Même si on voit chaque événement arriver de loin, on a envie d’y croire un peu. Par contre, La manufacture force davantage le trait et perd ainsi toute vraisemblance. Je ne peux pas dire que ce roman est insipide, mais si je l’avais lu et non écouté, je ne suis pas sûre que j’aurais eu la patience d’en venir à bout.
Le début était pourtant prometteur. La narration plurielle est émaillée de courriers, ce qui en général me plaît bien. Le lecteur est propulsé en 1938 dans une petite ville de Virginie-Occidentale, à la rencontre d’une famille déchue de la bourgeoisie du cru. Ces gens recèlent bien des secrets, mais pas de quoi perdre une maille en route… J’avais choisi ce livre en connaissance de cause, néanmoins c’était trop superficiel, sans finesse, sans légèreté.
Cet été-là, lors de la préparation des festivités du cent-cinquantenaire de la petite ville de Macedonia, le statu quo qui règne chez les Romeyn, grâce à un mouchoir habilement jeté sur le passé, va être bouleversé par une fillette et une locataire un peu trop fouineuses. Willa a douze ans et commence à se rendre compte que les adultes lui cachent des choses. Layla en a vingt-quatre, n’est pas très futée, mais essaie de se faire une place dans son nouvel environnement. Cela aurait pu être chouette, mais c’est surtout très lent.
Chez Annie Barrows, les personnages sont caricaturaux. Quand je m’y attends, ça ne me gêne pas outre mesure, cependant c’était trop cette fois. Comme dans Le Cercle, nous avons en bordure d’intrigue quelques personnages fats et arrogants qui en deviennent comiques, mais ils ne parviennent pas à offrir au récit cette aura de loufoquerie qui excuse leur manque d’envergure. Les héros eux-mêmes ne sont pas plus plausibles. La plupart sont sympathiques de prime abord, mais peu le demeurent et la façon dont ils se comportent n’est pas toujours vraisemblable.
Layla est sans nul doute la moins crédible de tous. Elle passe de gamine gâtée superficielle à jeune femme autonome et intelligente d’un claquement de doigts. Elle se fait tout de suite à sa nouvelle condition et à son travail alors que, riche et choyée par ses parents, elle craignait la vie active comme s’il s’était agi d’une maladie vénérienne… L’auteur lui prête des élans de féminisme et de militantisme qui sonnent faux dans sa bouche et le personnage en lui-même est tout simplement aberrant. Le résumé la fait passer pour le personnage principal alors qu’elle reste dans l’ombre de Jottie et Willa, juste là pour remplir les blancs. Selon le besoin de l’intrigue, elle est soit brillante et indépendante, soit ingénue à la limite de la bêtise… Elle m’a exaspérée la plupart du temps.
Les autres sont presque tous des éléments de décor, sauf Willa et Jottie. Cette dernière, touchante et pleine de vie, est celle que j’ai le plus appréciée. Du moins jusqu’aux derniers chapitres… J’avoue qu’à ce moment je pensais surtout qu’il était temps d’en finir, l’histoire s’embourbait trop et versait vraiment dans le mauvais goût. Même Jottie commençait à perdre de sa cohérence… J’ai été déçue par cette fin qui se délite, trop facile, trop empruntée. Tout ça pour ça…
Pour finir, parlons un peu de la version audio. La lectrice grasseye beaucoup, ce qui donne un genre aux personnages qu’ils n'ont peut-être pas, et puis c'est agaçant à la longue. Ceci dit, je comprends sa difficulté à trouver suffisamment de façons différentes afin de marquer le changement de personnage. Cela mis à part, Claire Tefnin est une lectrice très agréable. J’apprécie souvent les audiolib pour la très simple raison que leurs lecteurs sont choisis avec soin. Ils n’en font pas trop (Le Hobbit reste l’exception), contrairement à d’autres qui parviennent à rendre le récit ridicule… (Vous avez déjà entendu des extraits des premiers tomes de Harry Potter ou du Trône de fer ? C’est pathétique…)
Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables est le genre de roman à lire lors des vacances estivales, quand on s’interrompt souvent et qu’on ne veut pas se prendre la tête. Ça peut être une bonne distraction. J’ai brossé un tableau assez négatif, pourtant je l’ai terminé et tout ne m’a pas déplu, même si je vais bien vite oublier cette histoire…
lundi 26 octobre 2015
La Nuit des éphémères
Un roman de Christine Détrez, publié aux Éditions Chèvre-feuille étoilée.
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Céline, réfugiée dans la maison de sa grand-mère pour soigner un chagrin d’amour, fait des rêves étranges peuplés de musique, d’hirondelles et de plumes.
Chaque soir des notes de piano semblent venir d’une maison abandonnée. Les gens du village disent qu’elle est hantée mais eux semblent habités par un lourd secret.
Josée, une lointaine cousine, qui n’a jamais quitté le village, saura-t-elle aider Céline à faire rompre le silence ?Dans ce roman où le suspense prend les voies du fantastique et de la poésie, la petite histoire va rejoindre la grande, durant cette nuit de fin août, où chaque été meurent les éphémères.
Le premier chapitre m’a désarçonnée. Je me suis heurtée de plein fouet aux émotions du personnage autant qu’au style, très allégorique, qui les décrit. Céline, dont le petit ami vient de la quitter, est littéralement terrassée par le chagrin, au point que sa raison vacille. Cet anéantissement agrippe le lecteur. Je n’avais pas envie de lire ça, pas envie de me plonger dans sa dépression. J’aurais préféré la secouer, lui dire qu’il y a de bien pires épreuves dans la vie… Mais finalement Céline ne se laisse pas engluer dans le désespoir, elle bouge, même si c’est pour fuir.
Elle a besoin de réconfort et ce sont des images de son enfance qui lui reviennent, plus précisément de sa grand-mère aujourd’hui décédée. Elle décide donc de s’exiler dans la maison familiale, dans ce coin de campagne française où le portable ne passe pas et qu’elle a, au final, si peu fréquenté. C’est l’occasion pour elle de se souvenir tout en tenant sa peine à distance.
Après ce démarrage qui m’a laissée circonspecte, j’ai avancé page par page, précautionneusement. Il m’a fallu du temps pour me glisser dans l’histoire et accrocher au style qui oscille entre simplicité du discours retranscrit et envolées lyriques. Les allégories et métaphores sont nombreuses. Céline plonge facilement dans des rêves fantasmagoriques qui la hantent encore au réveil et des songes éveillés, presque des hallucinations. Je ne suis pas réfractaire à un style poétique, mais j’ai eu un peu de mal à me faire à celui-ci. On peut aisément le trouver lourd, surtout quand on ne compatit que très modérément au sort de Céline. Mais au final, cette poésie adoucit l’histoire, elle fait passer avec plus de pudeur, plus d’humanité, les événements que la jeune femme va exhumer.
Il m’a donc fallu apprivoiser le texte, comme Céline apprivoise le passé du village et ses voisins méfiants. La maison vide qui côtoie la sienne et l’histoire de ses occupants commencent à l’obséder. Imagine-t-elle des choses pour occuper son chagrin ? Petit à petit, le besoin de savoir se fait plus pressant, pour elle comme pour le lecteur. Je n’ai jamais réussi à apprécier Céline, mais grâce à cet intérêt commun j’ai marché à ses côtés. J’ai préféré la rude Josée, plus simple, plus franche, plus émouvante en somme.
Dans ce court roman, les secrets affleurent, demandent à être révélés, mais s’échappent quand on veut les saisir de façon trop directe. Ils s’invitent dans le présent par le biais de rêves ou d’hallucinations. Cependant le récit n’est pas fantastique pour autant, je me suis fait une idée plus prosaïque de la façon dont Céline devine certaines choses. Chacun l’interprètera à sa façon.
Après un début hésitant, La Nuit des éphémères m’a offert une belle lecture. L’histoire est triste, mais racontée avec douceur et délicatesse. Elle ne donne pas vraiment une belle vision de l’humanité ni de ces campagnes austères et de la mentalité de leurs habitants. J’ai refermé le livre le cœur serré, effarée par tant de gâchis et de lâcheté, mais contente d’avoir lu ce récit et d’y avoir trouvé une autre façon de se souvenir, de voir l’après-guerre.
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Delacroix Eugène, Vue d’une cour arabe avec colonne et balustrade de bois peint en vert (en bas) ; Tête de jeune femme, de dos, avec 2 nattes (en haut), Album de voyage (Espagne, Maroc, Algérie, janvier-juin 1832), crayon et aquarelle.
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samedi 13 septembre 2014
La Belle de Joza
Un roman de Kveta Legàtovà, publié chez Noir sur Blanc. (C’est la version que j’ai lue.)
Il existe une édition en gros caractères chez À vue d’œil et une version poche qui vient tout juste de sortir chez Libretto.
Il est aussi disponible en numérique, à un prix exorbitant par rapport à celui de poche, mais bon on ne pourra pas se plaindre de ne pas avoir le choix du format…
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Je vous conseille de ne surtout pas lire le résumé de l’éditeur Noir sur Blanc qui vous raconterait toute l’histoire et froidement avec ça… Et je ne l'échangerai pas non plus contre celui de Libretto qui, de mon point de vue, peut induire le lecteur en erreur sur la nature de ce récit. Non il ne s'agit pas d'une romance, mais il y a de l'amour dans cette histoire, c'est un fait.
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Cette lecture date d’il y a six ans et demi. Le fait que je me rappelle de la date à quelques jours près est assez rare pour être souligné. J’ai lu ce roman juste après sa sortie, au mois de février, et je me souviens encore très bien de cette matinée claire et froide où, emmitouflée près des braises, je découvrais cette belle et néanmoins triste histoire. Cependant, on le sait, toute belle histoire est tissée de joies autant que de peines… Celle-ci m’a offert seulement quelques heures de lecture, mais j’en garde des souvenirs toujours vivaces. C'est dire que ce roman me tient à cœur.
Je m’excuse par avance si j’écorche les noms des personnages, mais les accents tchèques et moi évoluons dans deux mondes distincts…
J’éprouve une certaine difficulté à retranscrire les impressions qu’il me reste de cette lecture car elles semblent scindées en deux parts. D’un côté demeurent la tendresse et la douceur de la partie la plus lumineuse du récit et de l’autre persiste le chagrin. Ce roman montre à la fois ce qu’il y a de meilleur et de plus mauvais dans l’humanité. Si vous décidez de vous fier à mes souvenirs, dites-vous tout de même que, malgré tout, c’est la tendresse qui l’emporte quand je repense à ce récit.
La Belle de Joza est à la fois l’histoire d’une femme, Eliska, jeune médecin qui doit se cacher et pour cela épouser l’un de ses patients, mais aussi celle de tout un village et de ses habitants, un environnement et des gens qu’il est passionnant de découvrir.
Eliska, projetée dans cette communauté, dont elle se sent si différente au départ, va évoluer, se révéler à elle-même, apprendre à connaître ces gens et à les aimer, entraînant le lecteur avec elle. C’est un choc des cultures pour cette femme qui pensait sa vie toute tracée, qui se retrouve abandonnée par son amant, qui doit contracter une union qui lui déplaît, mais qui au final découvre combien les apparences sont trompeuses et devient véritablement elle-même, sous un autre nom, ironiquement, et loin de l'idée qu'elle se faisait de sa carrière.
J’ai aimé Eliska et Joza également, dont la bonté tranquille et silencieuse investit les pages, ainsi que les autres personnages, la vieille Lucka, le chien Azor et tous ceux dont les noms trop complexes pour ma mémoire m’échappent, mais dont l’image reste présente dans mon souvenir.
La fin m’a beaucoup marquée. J’en garde une image fantomatique d’Eliska, errante et pleurant le passé. Une part de moi est encore avec elle. C'est une lecture qui a su laisser son empreinte et que je vous conseille chaleureusement.
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mercredi 4 juillet 2012
Mère-vieille racontait
Présentation de l'éditeur :
Mère-vieille racontait est la « chronique d’une mort annoncée » : celle d’un hameau perdu de Transylvanie, (multiethnique et multiconfessionnel, du nom de Petra), qu’une « ancienne », pierre angulaire du village, s’efforce de retarder en ressuscitant les histoires passées de tous ses habitants, les vieux surtout… (les jeunes ayant migré en masse vers la ville).
Un étranger, visiteur de passage se trouve pris dans les rets de ce monde en marge du réel. (Devenue sur le tard une lectrice férue de grande littérature, « Mère-vieille » mêle inextricablement des détails de Boulgakov, d’Italo Calvino, etc… aux véritables souvenirs).
Le narrateur même s’en fera le dépositaire, puis le transmetteur, après la mort de la conteuse.
Si, en parlant de cette histoire authentique – la plupart des protagonistes, de « Mère-vieille » à la jument du facteur, ont bel et bien existé ou vivent encore –, le traducteur fait référence aux romans de Gabriel García Márquez, ce n’est pas par hasard : la même ambiance, à la fois locale et universelle, enveloppe celui de Ţuculescu.
On y trouve aussi une évocation de l’érotisme féminin dionysiaque plus fort encore que celui de l’Éloge des femmes mûres de Stephen Vizinczey.
Guy de Maupassant disait : « Le Réaliste, s’il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. […] J’en conclus que les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes. »
Mère-vieille racontait est un roman sur le crépuscule d’un monde qui, se refusant à l’extinction biologique, se nourrit des sèves innombrables du souvenir, telle l’unique source de vitalité.
Étrange ouvrage que celui-ci, dans le fond, comme dans la forme.
Le style est poétique, bien qu’un peu pesant. Les mots vont et viennent avec les anecdotes, se répétant comme la vague revient lécher le sable. L’histoire est aussi fragmentée que cyclique. Mêmes anecdotes, mêmes mots pour les raconter, inlassablement… Parfois quelques précisions y sont ajoutées, mais pas toujours. C’est un peu répétitif, décousu et donc, sur le long terme, épuisant pour le lecteur, mais ça fait aussi partie de l’histoire en elle-même, ça laisse l’impression d’entendre mère-vieille radoter ou de voir l’auteur et narrateur gamberger. En effet, toutes ces histoires lui donnent à réfléchir, le hantent même, pourrais-je dire.
Dans ce récit, le temps est des plus curieux. Il est figé, comme la vie de ce village déserté par les jeunes, dans lequel les vieux attendent simplement la mort, s’accrochant à l’alcool pour certains, aux souvenirs pour d’autres. C’est un peu glauque, mais c’est la réalité vue de près. Bizarrement, ce temps figé semble parfois se contracter, précis, aigu dans sa représentation de la réalité et d’autres fois il se dilate, versant dans le fantastique, voire le réalisme magique ou la divagation.
La réalité s’effiloche, la magie ou l’étrange arrivent d’un coup au détour du récit, puis ils partent comme ils sont venus. La vérité se dilue dans la mémoire vacillante de mère-vieille, ses dernières lectures influencent sa façon de percevoir le passé, s’y mêlent jusqu’à ce qu’on ne puisse plus distinguer le vrai du faux. Et si mère-vieille, parfois, ne voulait tout simplement pas dire la vérité ?
Le narrateur lui-même pense à un moment que mère-vieille a inventé une histoire à partir d’une lecture (la référence n’est pas citée, mais il s’agit de la nouvelle de Gogol intitulée Le nez) et il s’avère au final que l’essentiel de l’histoire était vrai.
C’est difficile à suivre et pourtant très plaisant de voir la réalité à travers toute sorte de différentes lunettes, avec en plus le filtre du regard du narrateur qui souvent extrapole, glose, délire aussi un peu. C’est qu’il y a parfois des zones d’ombres dans l’histoire, qu’il ne comprend pas tous les mots de la langue de mère-vieille également, mais aussi qu’il cherche à s’approprier le récit, ne souhaitant pas s’effacer de celui-ci.
Je me serais personnellement passée de ses incursions à lui, même si je sais qu’il n’aurait pu manquer d’être subjectif dans son récit. J’ai trouvé qu’il en faisait trop, s’intéressant davantage aux cancans du voisinage et aux histoires de fesses des uns et des autres, qu’à l’aspect, incroyablement riche au demeurant, de la vie de ce village et de son histoire.
Je suis également restée perplexe face à sa tendance à toujours ramener le tout vers un érotisme qui alourdit le récit et qui m’a paru vraiment dérangeant par moment. Ce n’est sans doute pas tant ces histoires elles-mêmes qui m’ont dérangée, mais sa façon de les raconter. Question de perception, j’imagine…
Pour ce qui est de la forme, le roman est divisé en trois parties, la dernière contenant de surcroît un épilogue.
La première, Fragmentation, porte très bien son nom. Les scènes sont numérotées, selon les visites de Radu chez mère-vieille et ce qu’elle lui a raconté.
C’est une collection d’histoires diverses qui finissent souvent par se rejoindre en motif, comme un patchwork. Ça semble aller au gré du hasard, mais au final ce n’est pas le cas. Pourtant, si c‘est plaisant d’une certaine façon, c’est aussi un peu pesant, ça alourdit l’intrigue, ça ne laisse pas aller le lecteur car il a besoin de toute sa concentration pour suivre l’histoire et c’est parfois un peu difficile de s’y retrouver.
La seconde partie, Le Voyage, est plus fluide. On suit toujours ce principe de flux et reflux dans l’enchaînement des anecdotes, mais avec plus de cohérence et de logique car il s’agit de conversations survenues le même jour entre différents protagonistes, bien qu’entrecoupées de quelques délires de l’auteur.
La troisième partie est composée de deux chapitres et de l’épilogue. Le premier raconte la mort de mère-vieille et son enterrement (ceci n'est pas un spoiler, le début du livre étant très clair à ce sujet). Puis, dans le deuxième, recoupant toutes les histoires entendues jusque-là, l’auteur nous livre sa version des noces dont on a tant parlé au cours du récit, des noces fantasmagoriques durant lesquelles a disparu un des personnages les plus emblématiques de ce village, la Margolili qui n’a cessé, dans sa vie comme dans sa mort de hanter les esprits de ses compatriotes.
L’épilogue enfin, fort court, est la partie qui m’a le plus émue dans la terrible prise de conscience du narrateur sur le contraste qui existe entre son éducation, sa façon de voir la vie, et la réalité cruelle des mœurs de ce village.
Je ne peux pas dire que j’ai vraiment apprécié cette lecture, que j’ai trouvée longuette et répétitive, pourtant, par bien des aspects, elle fut édifiante. Ce fut une intéressante escale dans un temps figé, incertain, qui se contracte et se dilate comme une vague de chaleur qui tend à perdurer. Est-ce le souvenir qui s’étire, encore vivant, pesant sur le présent ou une simple image rémanente de quelque chose de définitivement révolu et illusoire ? Peut-être bien un peu des deux à la fois.
A-t-on vraiment besoin qu’on nous explique des expressions comme « les carottes sont cuites », « laideron », « jachère » ou « bourré comme un coing » ? J’en doute fort…
Le mélange des différents argots m’a aussi semblé un peu bizarre, artificiel, mais j’admets volontiers qu’il doit être difficile de transposer un langage familier sans piocher dans divers parlers, alors, je ne vais pas chipoter.














