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jeudi 1 février 2024

Un Casse en Enfer, Paris des limbes T2

Un roman de C.C. Mahon, publié chez Allure pour la version papier.
Exclusivité Kindle pour la version numérique
Exclusivité Audible pour la version audio, lue par Julien Allouf.



Après un premier tome tout en courses contre la montre et chassés-croisés, je me demandais où l’autrice allait me mener cette fois. Pourquoi pas jusqu’en Enfer ? Pour cambrioler un train, tant qu’on y est. Et franchement, c’était cool. Elle a joué à fond la carte du western et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer.
On suit cette fois Zagan, l’ange déchu, et ce fut un plaisir d’en apprendre davantage sur ce personnage. Dans le premier tome, on ne l’a vu qu’à travers le regard de Germain et, même si ses actes laissaient envisager plus de complexité dans son caractère que ne le supposait le vampire, j’avais hâte de le voir évoluer en personnage principal. Et j’ai adoré le suivre. Je crois bien que c’est lui mon perso préféré dans cette série déjantée. Ce n’est pas peu dire, étant donné qu’ils ont tous un sacré potentiel.
Germain est toujours présent, avec Chaton dont on apprend enfin l’origine. Zagan en narrateur met au jour de nouvelles strates dans la personnalité du vampire. Ce dernier reste cohérent avec lui-même, cependant il avait tendance à vouloir cacher ses faiblesses (même si le lecteur n’est pas dupe) et Zagan les expose sans pitié.
Romane m’a manqué dans ce tome où elle est juste évoquée, néanmoins j’ai bon espoir de la retrouver dans la suite. J’espère aussi revoir certains des frères de Zagan qui ont beaucoup apporté à ce tome. Mais l’ajout notable à cette équipe de bras cassés est sans aucun doute Anastasia. Elle peut sembler exaspérante par moment, mais fait aussi preuve d’une admirable force de caractère. C’est un personnage dont j’aimerais beaucoup voir l’évolution.
J’ai cette fois encore préféré la version audio et je trouve toujours que la lecture de Julien Allouf apporte énormément de caractère à l’histoire. Ce fut un réel plaisir de l’écouter.
Cette série qui ne payait pas de mine au départ a capté et gardé mon attention aisément (ce qui n’est pas rien en ce moment). Je vais bien sûr poursuivre, probablement en numérique puisque la suite n’est pas sortie en audio, et je pense même jeter un œil aux autres écrits de l’autrice.

vendredi 23 juin 2023

L'enlèvement de Circé - Witch and God T2

Un roman de Liv Stone, en version audio chez Audiolib.
Lu par Charlotte Campana.


Présentation de l'éditeur :

La tension règne toujours parmi les dieux et les sorcières.

Véritable pilier de sa communauté, Circé n'a pas le temps de penser à sa vie sentimentale... et encore moins à Hermès, le dieu des voleurs, aussi insaisissable qu'irrésistible. Qu'importe ce baiser qu'ils ont échangé il y a quelques semaines. Hermès est l'un des Douze, le cercle des dieux les plus puissants de l'Olympe, et un flirt entre eux serait une très mauvaise idée.

Mais lorsque la jeune sorcière est prise d'une vive douleur à la poitrine, son âme se détache de son corps et elle assiste, impuissante, à sa propre mort. Stupéfaite, Circé se retrouve face à Hermès, chargé de la guider jusqu'au royaume d'Hadès et de Perséphone.

Commence alors un voyage sur le chemin brumeux et sombre des Enfers. Dans ce monde aussi surprenant qu'impitoyable, le dieu est le seul allié de Circé. Cette proximité ne fait que renforcer des sentiments que chacun voudrait garder secrets... en particulier dans un royaume où la loi interdit toute relation entre les vivants et les morts.

Les titres des romans qui composent cette série prêtent à sourire. Ils rappellent une longue tradition de romances kitsch et cela aurait pu m’encourager à passer mon chemin si je n’avais été attirée, sans trop d’espoir non plus, par les racines mythologiques du récit. J’avais été agréablement surprise à l’écoute d’Ella la promise. J’y avais trouvé une base mythologique solide et intelligemment développée. L’autrice a su s’inspirer des mythes en profondeur et leur apporter sa propre originalité tout en restant fidèle à leur esprit. Elle ne s’est pas contentée des histoires et personnages les plus connus, bien au contraire et a fourni un beau travail de ravaudage en élaborant son univers. Oui, j’ai écrit ravaudage car c’est l’image qui me semble appropriée. Imaginez un tissage ancien, usé par le temps et troué par les mites. Imaginez une personne avec une aiguille et du fil qui tente de combler les vides, de renforcer la trame aux endroits où elle est devenue trop fine et presque transparente, mais aussi de sublimer l’ouvrage. Certaines de ces réparations se fondent dans le tissu, presque invisibles, et d’autres sont volontairement ornementales afin de donner du caractère à l’ensemble. C’est ce qu’a fait Liv Stone et ce que j’ai aimé dans l’histoire d’Ella ainsi que dans celle de Circé.
Ce deuxième tome avait tout pour éveiller mon intérêt. J’étais plutôt enthousiaste à l’idée d’écouter cette suite, d’autant plus que le volume précédent se terminait sur une révélation très prometteuse, mais surtout j’avais vraiment envie de mieux connaître l’aînée des trois sœurs. Circée est puissante, pragmatique et déterminée, cependant cela ne l’empêche pas de douter, d’avoir des faiblesses et des regrets. Cela change beaucoup de la gentille Ella et j’avoue avoir préféré Circé. En tant que future guide de sa communauté, elle a beaucoup de responsabilités et s’interroge sans cesse à ce sujet. En outre, elle sait que la paix entre les sorcières et les dieux est fragile. Circé, comme le lecteur, brûle de voir les choses changer. Pour autant, tout n’est pas si simple et elle en a conscience.
J’ai aimé ce personnage, même si certains de ses choix (et sa méconnaissance d’une monde qui est pourtant le sien) m’ont parfois étonnée. Elle m’a beaucoup émue lors de certains passages, ce qui a aisément contrebalancé les quelques moments durant lesquels elle m’a fait lever les yeux au ciel. J’ai aimé la suivre et découvrir les Enfers à ses côtés. 
Son histoire d’amour ne m’a pas emballée plus que ça, même si son prétendant ne manque pas de charme.  J’ai aimé les personnages, mais pas vraiment la dynamique de leur relation. Ils badinent, ils se cherchent, et c’est plaisant, néanmoins j’ai eu du mal à croire à leur histoire, même si je voulais les voir ensemble. Enfin, Circé est très attachante et crédible, on veut qu’elle triomphe des aléas de l’existence et c’est le principal.
Avec elle on en apprend beaucoup sur son monde, sans que cela ne sonne comme une leçon d’histoire ou un guide touristique (ce que j’ai pu reprocher souvent à des romans SFFF). J’ai particulièrement apprécié la balade au cœur des Enfers qui nous montre bien l’étendue des connaissances de l’autrice en matière de mythologie grecque. 
Liv Stone a pris plus de liberté avec la mythologie dans ce tome, mais toujours avec avec intelligence. Cela n’est pas à l’avantage de certains personnages et c’est ce que j’ai trouvé intéressant. Elle ne les magnifie pas et laisse de l’ampleur à ce qui en a fait les archétypes que nous connaissons tous.
Je prévois d’écouter la suite dès que le besoin d’une lecture distrayante se fera sentir.

vendredi 11 février 2022

The Sandman - Acte II

Adaptation en feuilleton audio du comics scénarisé par Neil Gaiman. Adapté par Dirk Maggs et produit par Audible.
Disponible en CD (uniquement pour la version en langue anglaise. Elle est accompagnée d'un livret et de trois autocollants) ou en version dématérialisée (en anglais, français, espagnol, allemand ou italien) sur Audible.
La chronique porte sur la version française.

Retrouvez ici ma chronique portant sur le premier acte.


Ce très attendu acte II regroupe La Saison des brumes, Jouons à être toi (titré ici Le Jeu de soi) et certaines histoires issues de Fables et Réflexions.
Je me suis trouvée happée dans le récit dès les premières minutes, pourtant La Saison des brumes ne fait pas partie de mes arcs préférés malgré les événements décisifs qui y sont contés. C’est par ce tome que s’ouvre l’enregistrement et il y occupe une grande place. Pourtant, malgré mes a priori, je n’ai pas vu les chapitres défiler. Cette partie est brillamment interprétée, aussi sombre et tortueuse qu’on pouvait l’espérer.
Beaucoup de gens n’aiment pas A Game of You, qui constitue l’autre grand récit de cet opus. Ce n’est pas mon cas. J’ai une tendresse particulière pour les personnages de Barbie et Wanda. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’histoire est mise en scène, mais pour le coup c’est une des rares fois où l’image m’a manqué. Cependant, cet arc fait un bon contrepoids à celui de La Saison des brumes. Les enjeux sont moins importants, cependant il n’en est pas moins profond et mélancolique. Si l’on veut s’attarder un peu sur le symbolisme de ce récit, on le trouvera beaucoup plus riche qu’il n’y paraît.
Les histoires de Fables et Réflexions sont habilement réparties. Elles n’interrompent pas les grands arcs, mais offrent des interludes bienvenus entre les deux et permettent à la fin de s’extirper en douceur de cet univers très immersif. J’aime beaucoup les récits courts dans Sandman, qu’ils soient ou non voués à ricocher dans les arcs principaux. J’apprécie surtout le fait qu’ils évitent les évidences et font confiance à l’intelligence du lecteur/auditeur. Ils passent souvent inaperçus, pourtant c’est dans leur originalité et leur réflexion qu’on remarque le mieux le talent de Neil Gaiman pour saisir des histoires au vol et les modeler. La mise en scène particulièrement soignée que leur offre cette adaptation les met heureusement en valeur. C’est une bonne occasion de les découvrir ou redécouvrir sous un autre jour.
Ce deuxième acte est souvent angoissant, toutefois il permet aussi de se glisser sous le couvert fantasque, mais aussi rassurant, du songe. Il m’a ravie de la première minute à la dernière.
L’acte III est déjà confirmé. Je l’attends de pied ferme.

dimanche 10 novembre 2013

Requiem

Un artbook d'Alexandra V. Bach (illustrations) et Arnaud Armant (textes), publié aux éditions du Chat Noir.


*


Requiem

Dans son paradisiaque Elyseum, la Princesse Céleste vit un amour passionné avec le Seigneur des Lumières. Mais la déesse de la Discorde, jalouse de leur félicité, vient semer le chaos et la destruction, allant jusqu’à tuer le monarque de ce paisible royaume.
Céleste décide alors de se rendre dans l'Outremonde pour ramener son bien-aimé à la vie, sans la moindre idée des épreuves qu’elle devra traverser.
La puissance des liens qui les unit sera-t-il plus fort que le Destin ?
Découvrez une variation de la romance orphéenne dont les accents mythologiques se marient à un univers gothique sublimé par les illustrations d’Alexandra V. Bach.



On a tous nos thèmes fétiches, nos petites fixations littéraires, et parmi les miennes, il y a la descente, ou plus simplement le voyage, aux pays des morts. Quelle que soit la raison initiale, mais également le résultat de l’aventure, c’est le cheminement lui-même et ses multiples implications qui m’intéressent. Pour cela et pour sa très belle couverture, j’ai été attirée par Requiem.
Les illustrations, à base de photos retouchées, ne sont finalement pas du tout mon genre et ne m’ont donc pas emballée plus que ça, mais elles sont toutefois harmonieuses, réalisées avec soin et finesse. Aimer ou pas est plus une question de goût que de qualité. La balade esthétique fut agréable, mais ne me marquera pas.
J’ai apprécié le soin apporté à la lisibilité de l’ouvrage, détail souvent négligé dans les artbooks. L’écriture blanche ressort bien, avec suffisamment de contraste. Elle ne se fond jamais dans le décor au point de devenir indéchiffrable. Quand on a des soucis de vision, c’est quelque chose qu’on remarque et apprécie.
Un artbook est en général plus une collection d’illustrations qu’autre chose et, si histoire il y a pour l’accompagner, elle n’est souvent qu’un prétexte pour montrer des images. Ce n’est pas le cas pour Requiem qui allie parfaitement textes et illustrations, afin de créer un équilibre entre les deux.
C’est le récit qui a le plus retenu mon attention, toujours une affaire de goûts. Je l’ai trouvé très manichéen au départ et l’écriture, un brin affectée, m’a laissée un peu perplexe. J’appréciais, cependant sa dimension courtoise qui rappelle, bien qu’en léger écho, les textes médiévaux.
A ma grande joie, l’histoire gagne en subtilité à mesure que l’on s’enfonce dans l’Outremonde avec Céleste, à la recherche de son bonheur enfui. Les choix de l’auteur m’ont parlé et j’ai finalement aimé cette lecture.
Requiem est un bel objet, illustrations travaillées assorties d’une histoire sombre mais qui ne manque pas de profondeur, malgré un petit côté manichéen.