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mardi 4 avril 2017

Inséparables

Un roman d'Élie Darco publié chez Magnard.


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Présentation de l'éditeur :


Alec et sa soeur Beryl, dix-sept et dix-huit ans, ont été ballottés au gré des affectations successives de leurs parents, tous deux militaires de carrière. Plus ou moins livrés à eux-mêmes depuis l'enfance, ils aiment repousser leurs limites et tenter de nouvelles expériences, quittes à enfreindre les règles d'une société sécuritaire, qui entend lutter aussi bien contre le terrorisme que contre le gaspillage énergétique.


Un jour, la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu d'un massif forestier. Pour ces adolescents habitués aux espaces urbains, aux salles d'arcade et aux tripots clandestins, l'adaptation est difficile. Très vite, l'ennui les guette. Un soir, Alec et Beryl subtilisent le pistolet de leur père et vont s'entraîner à tirer en forêt. Des copains de classe les rejoignent. Dans l'obscurité, un écho semble répondre à l'un des coups de feu et une lumière danse entre les arbres. Alec et Beryl découvrent alors ce qu'ils imaginent être une ancienne station militaire à l'abandon.


Mais le lendemain, le chef de la police se présente chez eux : le cadavre d'une jeune fille a été retrouvé cette même nuit, en bordure de la forêt... Pour Alec et Beryl, c'est le prélude d'une série de bouleversements, qui vont les mettre à rude épreuve. Envers et contre tous, ils vont tenter de rester soudés. Inséparables.



Alec et Beryl sont frère et sœur. Un an seulement les sépare et leur relation est plutôt fusionnelle. Enfants de militaires, ils ont été élevés à la dure par des parents distants. Cela, ainsi que de fréquents déménagements, leur a appris à compter l'un sur l'autre. Ils se suffisent et sont complémentaires. Ces ados rebelles aiment flirter avec le danger et les limites de la loi, alors quand ils arrivent dans un patelin paumé à la faveur de la dernière affectation de leurs parents, on ne peut pas dire qu’ils débordent d’enthousiasme.
L’atmosphère est lourde à Morran, entre l’absence de distractions et des règles strictes à observer. Alec et Beryl s’ennuient et cela va les mener au mauvais endroit au mauvais moment. En quelques pages, Élie Darco installe une atmosphère sombre qui ne fera que s’amplifier au fil de la lecture. On se rend vite compte que quelque chose cloche, mais quoi ? L’auteur s’amuse à bousculer les certitudes. On entre vite dans ce récit rythmé et, le suspense allant croissant, il devient de plus en plus difficile de le lâcher à mesure que le mystère prend corps.
Je me plains souvent que la littérature destinée aux adolescents est pétrie de clichés, alors j’ai été ravie de constater que ce n’est pas le cas ici. Élie Darco nous offre des personnages crédibles, qui ne sont pas contrôlés par leurs hormones. Alec et Beryl sont intelligents, combatifs, mais également faillibles. J’ai apprécié leur personnalité et le lien si fort qui existe entre eux contribue à les rendre attachants.
Ce thriller flirte avec la science fiction, le récit prenant place dans un monde qui se remet sur les rails après une grande crise énergétique, mais moi qui suis pourtant férue d’anticipation, j’ai préféré les aspects « réels » de l’histoire.
L’intrigue est vive, efficace, les chapitres courts font que les pages défilent à toute allure. On ne peut s’empêcher de poser des hypothèses et de s’inquiéter pour les personnages, mais qu’on voie ou non se dessiner le dénouement, Inséparables est un très bon roman qui ne plaira pas qu’aux ados.

vendredi 30 janvier 2015

Le perroquet qui bégayait

Un roman policier pour la jeunesse, écrit par Robert Arthur (même s'il est fait mention d'Alfred Hitchcock sur la couverture).


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[caption id="attachment_1750" align="aligncenter" width="107"]le perroquet qui begayait Qui peut avoir envie d'acheter un livre avec une telle couverture ???[/caption]

Au gré d’une balade sur les catalogues des éditeurs pour zyeuter les récentes sorties, j’ai vu que Le Livre de Poche allait ressortir en février ce roman qui m’a beaucoup marquée étant petite. Cette nouvelle couverture est hideuse, mais j’espère sincèrement qu’une prochaine génération de lecteurs se penchera sur cette série qui m’a accompagnée de l’enfance jusqu’au début de l’adolescence. À mon époque, on la conseillait à partir de huit ou neuf ans ; je me rappelle avoir travaillé à l’école sur un extrait de Les douze pendules de Théodule (aussi disponible chez Le Livre de Poche). Cependant, j’ai pu voir qu’elle est maintenant recommandée à partir de onze ans, c’est à peu près l’âge auquel je l’ai finie, les temps changent…
Les romans des Trois jeunes détectives étaient publiés dans l’illustre collection Bibliothèque Verte que les plus de 20 ans ont bien connue… Elle existe toujours aujourd’hui, mais je pense que l’âge d’or de cette collection a eu lieu des années 60 à 90. Le Perroquet qui bégayait est le seul volume que j’ai dans une autre édition, et c’était déjà Le Livre de Poche… La coïncidence est amusante, seuls quelques titres étaient parus hors de la Bibliothèque verte.




[caption id="attachment_1751" align="aligncenter" width="101"]le perroquet qui begayait - ancienne couv Que de souvenirs...[/caption]

J’ai une tendresse particulière pour ce roman-ci qui est le deuxième de la série que j’ai lu et que j’avais préféré au précédent : Le chat qui clignait de l’œil. Ces deux romans m’avaient été offerts et c’est vraiment celui-ci qui m’a décidée à lire les autres aventures des jeunes détectives. Tout commence avec un animal de compagnie disparu, mais devient un vrai jeu de piste. J’avais adoré le mystère entourant ces perroquets et je suis certaine que l’histoire peut plaire encore, même si le contexte a un peu vieilli et peut prêter à sourire (notamment l’invention du téléphone fantôme par nos jeunes héros, c’est vrai qu’on est loin des réseaux sociaux). L’intrigue de cet opus est particulièrement bien trouvée et je crois que, comme toute lecture d’enfance marquante, celle-ci a dû m’influencer. Je ne peux que le conseiller, ainsi que les autres. Il en existe même un mettant en scène une actrice wiccane… En y songeant aujourd’hui, ça me fait sourire.
Seuls un ou deux volumes, alors épuisés, ont dû échapper à la bibliophage que j’étais. Ils ne sont pas tous égaux en qualité, il faut savoir que bien qu’estampillée du nom d’Alfred Hitchcock, la série était écrite par plusieurs auteurs (dont certains aimaient la facilité stylistique, mais les intrigues, même s’il arrivait qu’un schéma se répète une fois ou deux, étaient généralement bonnes). Le nom du réalisateur avait servi à lui donner un peu de prestige, sa présence planait sur les premiers volumes dont il participait à la conclusion, comme un mentor pour nos jeunes détectives. Par la suite, le personnage a été remplacé par celui d’un détective fictif dont j’ai oublié le nom, ne l’ayant que peu croisé au fil de mes lectures, la plupart de mes volumes datant d’avant ce changement.
Certains auteurs de la série (surtout le créateur de celle-ci en fait) étaient donc nettement plus imaginatifs que d’autres et je garde globalement un très bon souvenir des personnages et de leurs aventures souvent liées au milieu du cinéma. Il faut savoir que les auteurs avaient pris le parti de faire grandir leurs personnages. Si je me souviens bien, ils vont de 12 à 16 ans et évoluent donc avec la série et le lecteur. Je lisais les romans dans le désordre, selon ceux que je trouvais en librairie, mais cela m’avait quand même plu de voir l’évolution des personnages. Le dernier roman paru en France, L’ânesse qui se pavanait, peut apporter une conclusion à la série, même s’il existe quelques autres volumes non traduits. C’est aussi le dernier que j’ai lu et j’en garde un souvenir mitigé. Très populaire en Allemagne, la série a été reprise par d’autres auteurs alors qu’elle était en cours de parution.
Il est rare que je dise cela, mais j’espère que la traduction française, du moins celle des derniers romans s’ils sont également de nouveau publiés, sera un peu dépoussiérée (ce qui ne veut pas dire de virer les temps du passé pour mettre une narration au présent, pitié ! Au contraire, il faudrait revenir à un peu plus d’élégance. J’avais vraiment senti, et déploré, le changement de traducteur, pourtant je n’étais qu’une fillette qui ne prenait pas garde à ce genre de choses).
C’est une série sympathique et originale, qui développe la réflexion chez son jeune lecteur, et je suis ravie qu’on ne l’ait pas remisée dans un placard.


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