mercredi 21 décembre 2022
Bons baisers de New York
mardi 7 décembre 2021
Dash & Lily
samedi 25 avril 2015
Le Voyage de Simon Morley
Un roman de Jack Finney, publié par les éditions Denoël. Il a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire en 1994.
J’ai gagné ce roman sur le blog Un papillon dans la lune dans le cadre du Challenge Retour vers le futur. Je remercie d’autant plus chaleureusement Lune et les éditions Denoël que cette lecture a été un grand coup de cœur.
Présentation de l'éditeur :
Première parution en 1993
Trad. de l'anglais (États-Unis) par Hélène Collon
Nouvelle édition Pour remonter dans le passé lointain, il n'est pas nécessaire d'utiliser une machine à voyager dans le temps. Il suffit de s'imprégner de l'époque dans laquelle on désire se rendre, de se dépouiller de toutes les pensées, comportements qui vous ancrent dans le présent, bref, de se conditionner mentalement et physiquement, pour être projeté dans le temps que l'on croyait perdu. Telle est la théorie du Pr. Danzinger. Informé de ce projet, qui a secrètement l'aval et le soutien logistique du gouvernement américain, Simon Morley doute, hésite... Mais la médiocrité de son existence, la curiosité, et le mystère qui entoure le suicide d'un aïeul de son amie Kate, finissent par le décider. Installé dans un appartement du «Dakota», un vieil immeuble new-yorkais demeuré intact, il va s'y comporter comme un homme de la fin du XIXe, et un soir de neige, après des jours d'efforts et d'attente, le miracle se produit... Récit conjuguant le témoignage écrit et visuel (de nombreux dessins et photos accompagnent le texte), enquête policière, histoire d'amour comme Hollywood ne sait plus en filmer, Le Voyage de Simon Morley a été récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire.
Lecteur pointilleux, toi qui aimes les récits soignés et les descriptions très visuelles, toi qui as le goût du détail et apprécies par-dessus tout que l’auteur se donne la peine de rendre son récit le plus plausible possible : tu ne peux pas passer à côté du Voyage de Simon Morley, un classique en ce qui concerne le voyage temporel. New York, début des années 70, Simon Morley est un jeune homme de 28 ans, fraîchement divorcé et qui travaille sans grand enthousiasme dans la publicité, jusqu’au jour où quelqu’un vient lui faire la plus étrange des propositions. Et s’il suffisait de s’imprégner d’une époque pour pouvoir s’y projeter ? Et si les vestiges architecturaux de notre passé pouvaient nous y aider ? C’est cette expérience que va tenter Simon. Motivé par l’envie d’éclaircir le mystère entourant un secret bien gardé qui entache le passé familial de sa petite amie, il va tenter de rejoindre la fin du XIXe siècle. Ce roman démarre lentement, il faut en lire un bon tiers avant d’entrer dans le vif du sujet. Cependant, cela fait partie de ce qui m’a séduite. Le fait que l’auteur prenne le temps de mettre en place le projet, d’exposer la théorie de ses personnages et d’imprégner son lecteur de l’époque à laquelle Simon souhaite se rendre apporte de la cohérence et de la crédibilité au récit. Il est appréciable, pour une fois, de ne pas se trouver face à un personnage qui n’a qu’à claquer des doigts pour obtenir ce qu’il veut. J’ai eu le temps de m’attacher à Simon, jeune homme ordinaire qui semble d’autant plus proche du lecteur lambda, et j’ai beaucoup aimé le suivre dans son aventure, me sentant impliquée dans l’histoire. Finney était un conteur, on a envie de l’écouter et surtout de le croire. Rien n’est pesant dans ce récit, malgré de longues descriptions. Celles-ci paraissent au contraire très vivantes. Le roman est jalonné de photos et de croquis qui renforcent sa vraisemblance et ne manquent pas d’intérêt. Les photos d’époque, prétendument prises par Simon, m’ont particulièrement plu et s’insèrent tout naturellement dans le récit. Le tout est très esthétique, d’autant que le style de l’auteur est aussi visuel que précis sans perdre en élégance. Le narrateur est un dessinateur et cela se ressent : il voit et décrit comme un artiste. On sent que l’évolution de la cité fascinait l’auteur. Ses descriptions de New York, qu’il s’agisse de la ville de 1882 ou de celle des années 70, sont très détaillées et réfléchies. Je me suis ainsi posé des questions qui ne m’avaient pas effleurée jusqu’alors et j’ai appris des choses, sur la ville comme sur l’époque. Finney a su rendre vivante cette fin de XIXe siècle dans mon esprit et si Simon veut en voir les meilleurs côtés, il n’en est pas moins conscient des mauvais. Cela n’en semble que plus réaliste, même si flotte le persistant effluve du « quand même, c’était mieux avant ». L’intrigue est très plaisante, le personnage principal aussi et je n’ai pas vu filer les pages, mais je reconnais que les lecteurs férus d’action trouveront peut-être certains passages un peu longuets, surtout vers la fin quand le lecteur attentif a depuis longtemps compris quelque chose qui, dans la panique, échappe aux personnages. Ce roman a été conçu et se lit comme un one-shot. Finney a néanmoins repris plus tard le personnage de Simon dans un autre ouvrage : Le Balancier du temps. J’ai très envie de le lire, mais malheureusement sa réédition n’est pas prévue.
Vous pouvez également consulter les avis de Lune et Acr0.
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dimanche 8 juin 2014
Manhattan Ghost
Cet ouvrage, hybride d'artbook et d'une novella fantastique est le fruit de la collaboration entre Philippe Ward pour le texte et Mickaël Laguerre pour les photos.
Il compte 60 pages et coûte 10€, ce qui, je tiens à le signaler, est un prix tout à fait raisonnable pour un ouvrage qui comporte autant de photos en couleur.
Si vous avez des difficultés à vous le procurer, vous pouvez passer par le site de Rivière Blanche ou alors contacter l'auteur.
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Résumé de l'éditeur :
Elle attendit que son cœur reprenne un rythme normal avant de se décider à gagner le bar. Elle allait être en retard maintenant. - Bonjour Lisa. La jeune femme se retourna brusquement, surprise d'être ainsi abordée dans ce quartier. - Peter, mais que fais-tu ici ? Elle s'arrêta soudain, consciente de l'incongruité de sa question. Peter Monoghan était décédé trois ans plus tôt d'un cancer généralisé dû au surmenage, à l'alcool et surtout à l'abus de cigarettes. Et il se trouvait face à elle, vêtu du costume bleu que Lisa lui avait toujours connu. Ses épaules étaient plus voûtées, son visage plus pâle que dans ses souvenirs. Il lui souriait. - Tu es resplendissante, comme toujours. Lisa Kilpatrick, une pure New-Yorkaise, travaille dans la police, mais sa véritable passion demeure la musique. Un soir par semaine, après son service, elle joue du piano et chante dans un club new-yorkais. Un jour, elle assiste au Manhattanedge. Un soir par an, le soleil couchant se retrouve juste au milieu de la 14th Rue, dans un alignement parfait vers l'Ouest. Et là, elle va basculer dans un autre monde, celui des Fantômes de Manhattan. Manhattan Ghosts est un hymne à New York. À travers des photos et un texte, c'est toute la grosse pomme que vous dévoilent Mickaël LAGUERRE et Philippe WARD.
Manhattan Ghost est un artbook en grand format qui allie à merveille texte et photographies. Aucun des deux ne prévaut ou ne sert de prétexte à l’autre, ils s’harmonisent et se complètent, se mettent en valeur l’un l’autre en renforçant l’atmosphère fantastique mise en place par l’auteur et le photographe.
Les photos, en pleines pages mises en alternance avec le texte, illustrent très bien le parcours de l’héroïne, et font montre d’une grande richesse de détails. Elles nous plongent dans ce voyage que l’on pourrait presque qualifier d’initiatique. J’ai pris plaisir à les parcourir.
Le récit lui-même est un petit bijou de fantastique moderne, à la construction classique mais efficace. L’auteur réussit à capter l’attention de son lecteur en peu de mots et à le happer dans cette belle novella. L’héroïne, qui au départ rappelle un peu la Kate Beckett de Castle, est sympathique et son histoire très émouvante. On ne la suit que plus volontiers dans son périple à travers la ville. Tout en menant son enquête, Lisa tend vers la reconstruction de soi et c’est vraiment beau à lire comme à voir.
Cette novella est aussi entraînante qu’écrite avec talent et finesse. On s’y implique, on la ressent. Vous y trouverez de l’émotion, mais aussi une pointe d’humour très bienvenue. L’atmosphère fantastique est délicieusement trouble, presque onirique, mais toujours plaisante, jamais pesante. Le texte est émaillé de paroles de chansons qui participent grandement à l’ambiance du récit. On pourrait presque les entendre… En bien peu de pages, l’histoire est fort bien développée, même si je n’ai pu m’empêcher de regretter, en tournant la dernière page, qu’elle soit déjà terminée. L’ensemble, novella comme photos, a été un petit coup de cœur pour moi.
Manhattan Ghost est un ouvrage vivant dans lequel la musique, les références littéraires ou encore culturelles se croisent et se mêlent à l’essence même de la ville pour nous offrir un fabuleux voyage dans un New York intemporel, quasi mythique et fascinant.
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