mardi 30 juillet 2013

God save the Queen : Le Soleil ne se lève jamais sur l'Empire britannique

Premier tome de la série L'empire immortel de Kate Locke, publié chez Orbit.


*


God Save The Queen - Kate Locke


*




KEEP CALM AND PRAY FOR DAWN


La toujours sémillante Victoria règne sur l’Empire britannique. Un Empire où l’aristocratie se compose de loups-garous et de vampires, où les gobelins vivent sous terre, et où les mères veillent à ne pas laisser leur progéniture dans les rues une fois la nuit tombée… Nous sommes en 2012, et la Pax Britannia est toujours d’actualité.
Xandra Vardan, fille d’un vampire et d’une courtisane, est membre de l’élite de la Garde royale. Mais quand sa soeur est portée disparue, Xandra tombe sur un secret qui pourrait renverser l’Empire… et lui coûter la vie. Que se passe-t-il, vraiment, à l’asile psychiatrique de Bedlam ?



Kate Locke nous entraîne au cœur d’un univers alternatif dans lequel le steampunk, s’il n’est pas si développé que ça à mon goût, est quand même un élément très plaisant du décor. Sans être vraiment transcendante, cette lecture m’a plutôt agréablement surprise au fil de l’histoire. J’étais pourtant plus que dubitative au début.
Mes réticences venaient principalement du fait que dans cet univers l’apparition de plusieurs races hors normes est due è une mutation du virus de la peste. Celles-ci s’apparentent à des vampires et des loups-garous, mais on trouve également des demis ou humain améliorés (c’est-à-dire partiellement humains, vampires ou loups pour leur autre moitié. Ils sont nés d’un aristocrate – sont ainsi nommés les loups et vampires qui sont, comme c’est étonnant, nobles pour la plupart – et d’une humaine porteuse du virus de la peste) puis des Gobelins (soit le mélange des deux races pestiférées, vampires et loups).
Je trouvais cette idée brouillonne et tirée par les cheveux au début, mais je suis quelque peu revenue sur mes positions au fil de l’histoire. La plupart des objections que j’ai pu formuler en cours de lecture ont trouvé leur réponse. A la fin de l’ouvrage, l’auteur a, qui plus est, ajouté une partie pseudo-scientifique composée par des amis à elle qui explique pas mal de choses, même si on peut comprendre en grande partie cela au fil de la lecture. Si le glossaire qui l’accompagne n’est pas des plus utiles, cette partie sous forme d’extraits d’un ouvrage scientifique se révèle intéressante et bien pensée.
On ne peut pas vraiment dire que je suis totalement convaincue par les effets de ce virus mutant en réaction à une protéine, mais ça reste cohérent, donc ça me va. Eh oui, j’ai besoin de vraisemblance dans mes lectures. Peu m’importe qu’on me raconte n’importe quoi, du moment qu’il y a un minimum de logique. Et puis j’espère bien qu’en lisant la suite j’obtiendrai les explications qui m’ont fait défaut ici, comme par exemple pourquoi des loups dans certaines parties du monde et des vampires dans d’autres ou pourquoi, comme par hasard, ce sont majoritairement les aristocrates qui ont muté… Même si je me doute de la réponse.
Enfin bref… Dans ce monde, donc, la reine Victoria est un vampire et règne encore sur la Grande-Bretagne (l’histoire se passe en 2012. On le sait car Victoria fête ses 175 ans de règne). Il y a plein de clins d’œil à des personnes connues et c’est amusant de voir ce qu’elles sont devenues dans ce monde. On retrouve par exemple Churchill parmi les personnages principaux, mais il est aussi fait référence à Sid Vicious et on devine qu’Hitler a finalement continué la peinture… Ce sont de petits détails, mais c’est sympa de les glaner au fur et à mesure. Les personnages secondaires, notamment les frère et sœurs de l’héroïne ainsi que le Prince Gobelin, sont de manière générale assez intéressants.
La narratrice et personnage principal se nomme Xandra. C’est une demie qui fait partie de la garde royale. En partant à la recherche de sa sœur disparue, elle va aller de découverte en découverte. Je ne me suis pas particulièrement attachée à elle, mais c’est pourtant une jeune femme sympathique. Elle est loyale et réfléchie, peu sûre d’elle, un rien crâneuse parfois, mais néanmoins très humaine dans sa façon de vivre tous les événements qui bouleversent son existence. C’est un personnage bien construit.
Et bien sûr elle va croiser sur sa route un personnage masculin des plus séduisants… Oui bon « séduisant » n’est peut-être pas le mot, mais c’était l’idée. Il s’agit de l’Alpha des loups d’Ecosse. Vexation MacLaughlin, dit Vex (j’espère qu’il a au minimum bouffé ses parents pour l’avoir affublé d’un tel prénom. Le plus dingue c’est que ça ne semble choquer personne. Ils ont peut-être peur, remarquez…) est un personnage sympa, malgré les clichés. C’est le loup-garou de base, fidèle jusqu’à la mort, mais pas aussi casse-couilles que les mâles alphas habituels qui sont un peu psychotiques (et qui pisseraient volontiers sur leurs compagnes histoire de bien marquer leur territoire). Il est plutôt discret, semble parfois faire juste office d’accessoire et est loin d’être inoubliable. J’ose espérer que ce personnage sera plus développé par la suite. Le Prince Gobelin, que l’on voit pourtant beaucoup moins que Vex, dégage en peu de pages plus de charisme que ce dernier.
Le truc avec l’histoire d’amour de Xandra et Vex, c’est qu’elle est vraiment un peu rapide. Ok les personnages se plaisent tout de suite, ok ils se jettent l’un sur l’autre, mais de là à se faire confiance si rapidement, il y a de la marge, surtout quand Xandra n’arrive pas à faire confiance à sa propre famille... Mais bon, ça n’est pas non plus trop exagéré, alors ça passe, d’autant que pour une fois on évite le triangle amoureux bancal.
C’est un roman divertissant. J’ai par contre quelques reproches à faire à la traduction. Il y a de trop nombreuses coquilles, des phrases bizarres, des contresens, des fautes d’orthographe, des mots à la place d’autres… Ce genre de choses vous gâche une lecture.
C’est d’autant plus agaçant qu’on peut ajouter à cela quelques incohérences. Voici un exemple que je peux citer sans spoiler : Vex est censé avoir engendré plusieurs demis et ensuite on nous dit que la presse s’étonne qu’il ne soit pas encore marié et n’ait aucune descendance demie… Il y en a quelques autres dans ce genre-là.
Enfin bref… Si on excepte ces petits accrochages, j’ai pu passer un bon moment en lisant ce roman. L’intrigue n’est pas époustouflante, après les quelques révélations surprises du début, on voit facilement où l’auteur veut nous emmener, mais ce n’est pas un reproche. Kate Locke mène bien son histoire et ne cherche pas non plus à prendre ses lecteurs pour des abrutis en leur faisant miroiter une intrigue complexe basée sur du brassage d’air. Je lirai la suite, mais c’est le genre d’ouvrages que je préfère de loin acheter en version poche.


Ce livre a été lu dans le cadre du club de lecture de Vampires et Sorcières.

mercredi 17 juillet 2013

Les Lumineuses

Un roman de Lauren Beukes, publiés chez Presses de la Cité.




1931, Chicago. Traqué par la police, Harper Curtis, un marginal violent, se réfugie dans une maison abandonnée. A l'intérieur, il a une vision. Des visages de femmes, auréolés de lumière, lui apparaissent. Il comprend qu'il doit les trouver… et les tuer. Dans sa transe, Harper découvre que grâce à cette demeure, il peut voyager dans le temps. Débute alors sa croisade meurtrière à travers le XXe siècle : années 1950, 1970, 1990… D'une décennie à l'autre, il sème la mort sur son passage, laissant en guise de signature des indices anachroniques sur le corps de ses victimes. Mais l'une d'elles survit aux terribles blessures qu'il lui a infligées. Et va tout faire pour le retrouver.



Les Lumineuses est présenté comme étant un thriller fantastique. Il y a de ça, cependant, le surnaturel étant avéré, je l’aurais plutôt classé en Science-Fiction pour ma part. En effet, il est ici question de voyages dans le temps et, si au départ cela semble être un prétexte à l’intrigue policière, cet aspect surnaturel va prendre de plus en plus d’importance au fil du récit.
Ces multiples allées et venues qui s’étalent entre les années 30 et 90 se compliquent au fur et à mesure pour former une boucle temporelle complexe, à laquelle s’intègrent toutes les circonvolutions secondaires et qui me laisse quand même un peu dubitative. J’ai un certain mal à adhérer à ce cercle vicieux car il faut bien qu’il commence un jour. Mais quand ? Où ? Cela reste incertain. Ne croyez pas toutefois que l’auteur a bâclé son concept. Il se dévoile au fil des pages, amenant parfois le lecteur sur de fausses pistes pour mieux le remettre, au détour d’un chapitre, sur le bon chemin et lui offrir au final une explication concrète à ce phénomène. L’auteur a su trouver le bon dosage, elle propose sans trop nous en dire non plus. Ainsi, cela appelle à l’imagination tout en restant construit et cohérent. C’est extrêmement bien pensé. Mon problème est venu du fait que j’ai quelquefois du mal avec le concept même du voyage dans le temps, ses paradoxes, ou absences de paradoxes surtout. J’ai donc moins apprécié le dernier tiers du roman dans lequel tout cela prend de l’ampleur. Ceci dit, chacun percevra ce choix de l’auteur avec sa propre subjectivité.
Si ces boucles temporelles sont le canevas des Lumineuses, c’est la traque d’Harper qui le remplit et donne toute sa dimension ainsi que son suspense au récit. L’homme nous est présenté dès le début comme un psychopathe. Le désespoir dans lequel sont plongés les gens de son époque aurait pu faire illusion un moment le concernant, mais l’auteur ne cherche pas à nous cacher son instabilité. Au contraire, elle a choisi d’en jouer.
Harper a un but, une obsession : tuer les lumineuses. Si j’ai ma théorie sur la naissance de cette fixation, l’auteur ne développe pas vraiment le sujet. On sait juste que pour Harper ces femmes brillent horriblement. Elles l’attirent et forment entre elles une constellation qu’il n’a de cesse de relier par les objets qu’il vole à ses victimes enfants, mais aussi adultes au moment de leur mort, pour les déposer auprès des suivantes. C’est un cercle vicieux complexe que lui seul comprend vraiment.
Ces femmes sont toutes différentes, mais ont du caractère, une présence. On les voit peu pour la plupart, mais elles sont passionnantes. Or l’une d’entre elles a pu échapper au tueur et tient entre ses mains, sans le savoir, les fils qui la relient au reste de la constellation. Cette jeune femme, Kirby, est l’un des personnages principaux et c’est sa propre obsession, reliée à celle d’Harper, qui nous offre le deuxième axe narratif de ce roman. Elle veut comprendre et arrêter son agresseur. On ne peut que la comprendre…
Les chapitres sont courts, incisifs, centrés sur divers personnages. Le nom de celui que l’on va suivre est indiqué en début de chapitre, mais l’auteur ne se gêne pas pour brouiller les pistes car un personnage en amène toujours d’autres…. Le récit est écrit à la troisième personne et privilégie ainsi une immersion dans l’esprit de chacun qui, si elle reste légère car l’auteur ne cherche pas à décrypter dans le détail l’esprit des protagonistes, permet tout de même de s’attacher à certains et de comprendre leurs motivations à tous.
Au début, deux histoires semblent se dérouler chronologiquement, dans une narration en deux temps. Mais ensuite cela se complexifie. On suit Kirby à deux époques de sa vie et le nombre des personnages augmente tandis qu’Harper se balade sur le fil du temps, jusqu’à nous embrouiller un tantinet. L’intrigue est volontairement déstructurée et demande une certaine gymnastique mentale, pas trop épuisante non plus, mais qui met les nerfs à rude épreuve. On sait forcément que certaines choses vont arriver, comme on sait dès le départ qui est le serial killer. Cependant, avec une telle structure narrative, le stress monte et le lecteur cherche à se souvenir des détails pour relier les points entre eux. C’est ce fouillis permanent qui fait le charme d’une historie qui serait sinon assez banale (si on excepte également les voyages temporels et qu’on se concentre sur l’aspect thriller du récit). Si vous aimez les histoires linéaires, sincèrement ça ne va pas le faire. De même, si vous lisez beaucoup de thrillers et que vous recherchez de l’originalité, ce n’est pas non plus ce qu’il y a à retenir de ce roman.
Il est prenant pourtant, bien construit dans ses détours, l’auteur sait parfaitement où elle emmène son lecteur. Son point fort est indubitablement ses personnages, même s’ils ne sont que très sommairement brossés parfois. Harper, le psychopathe, est le plus abouti, mais pas forcément le plus intéressant car il paraît souvent un peu caricatural. L’auteur semble en effet avoir voulu remplir le cahier des charges du tueur en série de base, avec toutes les caractéristiques du cas d’école. Ce n’est pas dérangeant en soi, pas non plus trop répétitif ou appuyé, le personnage est cohérent, mais ça manque un peu de profondeur et de subtilité à mon goût. On sent toutefois que Lauren Beukes s’est bien documentée sur les tueurs en séries, autant que sur tout le reste : les évolutions de la ville de Chicago au XXe siècle, les mœurs, les années de mise en circulation de certains objets, etc. Le travail est minutieux et le résultat intéressant pour le lecteur.
L’histoire est plutôt glauque, mais j’ai lu pire dans le genre scènes sanglantes et scabreuses. Néanmoins, les âmes sensibles devraient s’abstenir. C’est dans la forme du roman, avec ces chapitres épars, que Lauren Beukes maintient la tension quant à ce qu’elle va nous raconter. C’est un bon thriller. Il ne s’embarrasse pas vraiment de psychologie, le ton est vif, sans être froid, mais on ne lit pas non plus ce genre d’ouvrage pour la beauté du style. L’histoire est prenante et se lit très vite, c’est le principal.
J’ai trouvé la fin un peu bâclée, mais dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié cette lecture.




tous les livres sur Babelio.com

vendredi 12 juillet 2013

Alliance nocturne, Le cercle des sorcières T1

Un roman de fantasy contemporaine et urbaine de Diana Pharaoh Francis, publié chez Panini books, collection Crimson.
Pour ce que j'en sais, il s'agit d'une tétralogie et elle est terminée en V.O.


*


Le cercle des sorcières T1 - Alliance nocturne de Diana Pharaoh Francis


*




Parfois, on choisit ses batailles. Parfois, ce sont elles qui nous choisissent… Autrefois, Max rêvait d’une carrière, d’un foyer, d’une famille aimante. Maintenant, tout ce qu’elle veut, c’est la liberté… et la vengeance. Une sorcière nommée Giselle a changé Max en guerrière d’une force, d’une rapidité et d’une endurance extraordinaires. Prisonnière de sortilèges Max n’a d’autre choix que de se battre, devenir l’arme personnelle de Giselle, et elle est mortellement douée pour ça. Max va devoir choisir entre la vie dont elle rêve encore et la guerrière qu’elle est devenue. Et prendre sa place du côté du Bien, si elle survit assez longtemps pour savoir de quel côté il s’agit…



À bien des égards, ce premier volume du Cercle des sorcières fut une bonne surprise. C’est une histoire distrayante car ne comptant que peu de temps morts. L’intrigue est plaisante et la mythologie que l’auteur a créée, ainsi que celle qu’elle a empruntée, forment un ensemble homogène, cohérent et plutôt riche. C’est une lecture parfaite pour l’été.
Il m’a été un peu difficile d’entrer dans l’histoire au début, justement à cause de la complexité de la mythologie, mais c’est elle qui s’est révélée être la part la plus originale et intéressante de ce récit sur le long terme. Dans Le Cercle des sorcières, coexistent toutes sortes de créatures magiques, mais elles sont réparties en deux groupes bien distincts pour ce que nous en dit l’auteur : les Divins et les Prodiges. Les premiers, semble-t-il, sont plus puissants que les seconds.
Giselle est une Divine, elle est, comme toute puissante sorcière, maîtresse d’un sanctuaire et a à son service des Lames d’ombres et des Lances solaires. Ces guerriers magiques, humains transformés en Prodiges et liés à leur sorcière par des sortilèges de contrainte, ont des particularités. Si leur sorcière leur offre des pouvoirs dignes de super-héros, les Lames d’ombre sont sensibles à la lumière du soleil, même quand elle est réfléchie par la lune. Elle les brûle jusqu’à les faire fondre ou les embraser. Alors que les Lances solaires, quant à elles, sont littéralement empoisonnées par l’obscurité. C’est un concept qui m’a bien plu, comme la hiérarchisation des races mythiques.
Bien que plaisante en règle générale, la mythologie se révèle quand même un rien faiblarde par moment. Je suis un peu psychorigide sur certains points, voir une Cailleach qualifiée d’ondine, même si elle reste une dame d’hiver avec des particularités rappelant fortement sa légende d’origine me fiche les nerfs en pelotes. Ce sont les aléas de l’adaptation, ça plaît ou ça ne plaît pas selon les gens. Cependant, comme l’ensemble est cohérent je veux bien passer outre pour une histoire qui change un peu de ce qu’on lit habituellement. Et, indubitablement, c’est le cas de ce roman.
Max, qui en est le personnage central, est la Lame d’ombre Prime de Giselle, c’est-à-dire qu’elle commande toutes les autres. Si le roman est entièrement écrit à la troisième personne, il est néanmoins focalisé sur elle la plupart du temps. Les rares chapitres qui ne le sont pas sont centrés sur Alexander, personnage que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes.
Max est une Lame et elle est douée pour ça, elle semble d’ailleurs être un enjeu bien spécifique pour sa sorcière, mais nous n’en apprenons que très peu à ce sujet dans ce premier volume. Ce qu’il faut retenir, c’est la rancœur de notre héroïne contre la femme qui l’a arrachée, contre son gré, à son ancienne vie. Mais Max va se retrouver embringuée dans une histoire qui va la forcer à mettre de côté ses envies de vengeance.
Le vrai gros bémol de cette histoire est que notre Max, aussi sympathique qu’elle puisse être par certains aspects de son caractère, est une héroïne extrêmement stéréotypée. C’est une Mary Sue de base, surpuissante et increvable, plus encore que n’importe quelle Lame, et on ne sait pas vraiment pourquoi. Mais, surtout, comme toute Mary Sue elle est vénérée, adulée, par ses alliés comme par certains de ses ennemis, elle remporte toujours l’adhésion de tout le monde et ça c’est vraiment lassant. Il faut passer outre car à côté de ça l’histoire est plaisante et sincèrement j’ai vu pire dans le genre héroïne parfaite et insupportable, mais c’est une chose à savoir, si vous n’aimez pas Max, vous êtes mal barrés.
Quant à moi, je lirai la suite car la série est courte (une tétralogie c’est inespéré en ces temps où l’on privilégie les séries-fleuves), c’est une bonne lecture détente et l’intrigue qui se profile me semble prometteuse. Ceci dit, je pense qu’on peut tout à fait se satisfaire de la lecture du premier tome comme un one-shot.

samedi 6 juillet 2013

Ma PAL de vacances

Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour lire ces dernières semaines, si on excepte quelques petites nouvelles par-ci par-là. La fatigue, la difficulté à me concentrer, quelques soucis personnels et du travail par-dessus la tête ne font pas bon ménage avec la lecture… Mais les vacances arrivent (fin juillet) et je compte bien me rattraper. Alors, quelle sera ma PAL de l’été ?
Je ne lirai certainement pas tous les livres listés ici, parce que vacances ou non j’ai des projets personnels à mener à bien et une vie sociale (même si des fois je m’en passerais bien), mais quand j’aurai le temps, l’envie et que mes yeux accepteront de travailler un peu, c’est dans cette liste que je piocherai (même si je suis de nature cabocharde et qu’en général je lis tout sauf ce que j’avais prévu).


Pour me faciliter la tâche, j’ai classé ces livres par catégories et on commence naturellement avec celui qui est hors catégories (je n’ai jamais nié avoir un esprit tortueux) :

Les Rêveurs de l’Irgendwo
, intégrale du cycle de Lanmeur T3.
Je n’attends qu’une chose, c’est d’avoir le temps de me poser sagement et de pouvoir entamer ce livre sans être dérangée et sans avoir mal aux yeux au bout de cinq minutes de lecture.
J’ai toujours aimé lire de la SF en été, ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, mais cette année ce sera parfait.
S’il y a bien un livre de ma liste que je vais lire au plus vite, c’est celui-ci. Et cette fois je n’aurais pas à me planquer au bureau pour continuer à lire en douce, comme je l’ai fait pour le premier tome de l’intégrale…


Ensuite il y a les livres qui traînent dans ma PAL depuis longtemps et que je veux absolument lire (enfin pour les deux premiers) :


Le petit jardin des fées d‘Anne Duguël
J’ai envie de lire ce roman depuis que j’ai lu le billet de Svetambre à son sujet. Si vous regardez la date, vous vous rendrez compte que ça fait près de deux ans.
Il se trouve aussi que ce livre m’a été offert par une de mes amies il y a presque aussi longtemps… Elle l’avait vu dans ma liste d’envies. Du coup, j'ai un peu honte de ne pas encore l'avoir ouvert.
Le plus étrange c’est que je veux vraiment le lire et ça n’a pas changé depuis tout ce temps, mais c’est un bouquin un peu intimidant, je dois l’avouer. Le sujet est sensible.


Porcelaine d'Estelle Faye.
Celui-ci traîne depuis moins longtemps, vu que je l’ai eu pour mon anniversaire en janvier dernier.
C'est un ouvrage qui me fait très envie, mais je n'ai pas encore trouvé le temps pour lui.


Zoocity de Lauren Beukes.
Ça fait une paie qu’il est dans ma PAL. Je suis en train de lire Les Lumineuses et donc ça m'y a fait penser. Paraît qu’il est bien bien mieux et sincèrement le premier tiers des Lumineuses c'est déjà plutôt bien. Je doute pourtant de l’ouvrir cet été, je ne suis pas franchement d'humeur à lire ce genre d'ouvrages, mais sait-on jamais.
Ce n’est pas qu’il ne me semble pas prometteur, mais il y a des périodes comme ça…


Il faudrait aussi que je rattrape mes lectures en retard du club de Vampires & Sorcières. Elles sont donc prioritaires. C'est d'autant plus honteux de les faire attendre que c'est moi qui avais proposé les deux premiers titres...


L’ange Blond de Laurent Poujois.
Ouvrage qui semble en plus être pile poil dans mes envies de lecture du moment.


Amulettes de Véronique Ajarrag.
Enfin un peu de fantastique !


God save the queen : Le Soleil ne se lève jamais sur l'Empire britannique de Kate Locke.


Il y a également les dernières acquisitions qui font vraiment très envie :


28 allée des Ormeaux de Tiffany Schneuwly.


Le Parfum du Mal, Fille d’Hécate T2 de Cécile Guillot.


L'enfant Merehdian, La Dernière Terre T1 de Magali Villeneuve.
Si j'ai des envies de fantasy, c'est rare pendant l'été, mais on ne sait jamais. On m'a dit tellement de bien de ce livre...


L’ouroboros d’argent d'Ophélie Bruneau.
Des loups-garous ! Pas de vacances d'été sans loups-garous.


J'ai également prévu du numérique, pour les moments où mes yeux fatigués acceptent de lire, mais sans qu’on les brusque trop :


Emile Delcroix et l’Ombre sur Paris de Jacques Fuentealba.
Steampunk ! Et un auteur dont j'apprécie beaucoup les écrits.
Celui-ci fait partie de ceux que je lirai en priorité.


Oniromaque de Jacques Boireau.
Parce que le résumé me tente bien et que j'ai apprécié la nouvelle Chronique de la vallée.


Ce qui nous lie de Samantha Bailly.
Parce que ma copine Zeph m’incite fortement à le lire. Elle m’a promis que ce n’est pas vraiment une romance, mais plutôt une fiction avec une pointe de fantastique. Mouais, on verra.


On en arrive aux lectures faciles, pour quand ce sera au tour de mon esprit de refuser de travailler :

Les sorcières de North Hampton T1
de Melissa de la Cruz.
Il paraît que c'est sympa et puis j'aime bien les histoires de sorcières.


Sang nouveau, Jessica McClain T1 d'Amanda Carlson.
Un achat compulsif récent que j'ai regretté presque immédiatement...
Je m'étais dit que ce serait sympa pour l'été, j'avais oublié que ma PAL est immense et que je ne dois pas commencer de nouvelles séries. En plus j'aurai certainement l'impression d'avoir déjà lu mille fois ce genre d'histoire...
Mouais, je doute sincèrement d'ouvrir ce roman avant longtemps, mais par acquit de conscience, il a sa place dans la liste.


J'ai également dans ma PAL depuis l'hiver dernier deux romances historiques (j'ai la flemme de chercher les titres, désolée) qui m'ont été offertes par Chani (elle veut me faire basculer du côté obscur).
Je lui avais demandé laquelle je devais lire en premier et j'ai essayé, promis. J'ai commencé ce livre quatre ou cinq fois et... il y en avait toujours un autre pas loin qui tendait désespérément ses pages vers moi en me disant : nooooon, reviens à la raison, je suis là, je t'attends, tu DOIS me lire avant !
Et ses pleurs étaient si déchirants que je reposais la romance sans être allée au-delà du chapitre trois...
Mais là c'est sûr, c'est décidé, pendant les vacances je vais les lire ! (Deux après-midi sacrifiés Chani, deux ! Est-ce que tu te rends compte de ce que je fais pour toi ?)


En été, j'aime aussi lire des "vieux" polars, mais je ne pense pas que ce sera le cas cette année. L'envie n'est pas là pour une fois et je ne saurais pas trop quoi choisir de toute façon.


Par contre, je n'ai pas oublié le JLNN et j'ai en stock des tas de nouvelles, de recueils et d'anthologies. J'ai juste la flemme de chercher des titres et je ne sais pas du tout quels ouvrages je vais privilégier au final, donc ce n'est pas la peine de les lister.
Ce sera au pif, mais c'est clair, il y aura de la nouvelle au programme.

mercredi 3 juillet 2013

Au service des insectes

Une nouvelle de Cindy Van Wilder, publiée dans la collection e-courts des éditions Voy'[El] et donc uniquement disponible au format numérique.


*



*




La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?



Je continue avec enthousiasme ma découverte de la collection e-courts avec cette deuxième parution.
J’avoue qu’un tel titre me laissait un peu dans l’expectative. Je n’ai pas peur des insectes, je ne suis pas particulièrement dégoûtée non plus par eux et si un moustique est de nature à provoquer un certain agacement chez moi, c’est bien la pire émotion qu’il peut m’inspirer. Cependant, depuis que j’ai lu le premier volume de la série Nightside de Simon R. Green, je considère avec une certaine circonspection tout texte me rappelant une certaine scène. Or, ce titre me la rappelle inévitablement.
Nous sommes loin, pourtant, de la suprématie et des mœurs des insectes du Nightside et je n’arrive pas à décider si c’est ou non une bonne chose. Lisez donc les deux textes et venez me donner votre opinion. ;)


Cette nouvelle est un texte post-apo d’un genre un peu particulier. Les humains ont perdu leur guerre contre les insectes, leurs protections se sont effondrées et tout ce qui reste de leur civilisation éparse ce sont quelques survivants errants dans des ruines, au milieu des immenses ruches construites par leurs anciens ennemis. Or, certaines femmes ont fait le choix de travailler pour les insectes, pour survivre, gagner le minimum de confort qui fait défaut aux autres, la sécurité et de quoi s’occuper l’esprit pour échapper aux horreurs qu’elles ont vécues.
Bess est l’une de ces femmes. Elle essaie de survivre au jour le jour, de garder en elle toutes les émotions qu’elle a refoulées et de faire son travail du mieux qu’elle peut. Cependant, même dans la relative sécurité de la ruche, son passé et les choix qu’elle a fait peuvent la rattraper à tout moment.
J’ai adoré ce personnage à la fois fort et fragile, tellement humain. Je n’ai pas un cœur particulièrement tendre, mais Bess m’a émue. J’ai aimé la suivre dans son quotidien, mais aussi dans ses souvenirs, ses angoisses. La voir se débattre, déverser le trop-plein de ses peines et chercher une forme de rédemption m’a touchée et j’ai vraiment croisé fort les doigts pour elle (et je peux vous dire qu’en lisant ça n’est pas évident à faire).
Si la fin m’a laissée un peu dubitative, ce n’est pas parce qu’elle est mauvaise ou mal amenée, mais disons qu'il s'agit plutôt d'une question de sensibilité personnelle. Cela n’entache néanmoins pas le plaisir que j’ai pris à lire ce texte.
Par contre, un petit détail m’a gênée. Qu’on ne se méprenne pas, j’ai vraiment apprécié cette nouvelle aussi prenante que bien écrite, mais je fais parfois de petites fixations sur des détails indépendamment de la qualité d’un texte. Et là, mon problème est qu’une reine abeille ça se fabrique, voyez-vous, avec de la gelée royale, celle qui dans ce récit sert à nourrir tous les insectes sans distinction. Une abeille devient une reine, plus forte, plus grande, ayant une longévité accrue et bien sûr la capacité de pondre (et non de diriger une ruche) quand elle est nourrie exclusivement à la gelée royale, contrairement aux autres abeilles. Vous me direz sans doute que je suis stupide d’avoir fait un blocage là-dessus alors que cette nouvelle nous parle d’insectes géants qui vivent en communautés de différentes races (des guêpes, des abeilles et des fourmis ensemble, imaginez !) avec des nourrices humaines pour s’occuper de leurs larves sensibles aux émotions et moi tout ce que je retiens c’est cette histoire de gelée royale… Mais non, désolée, une reine ne naît pas par hasard et Bess devrait le savoir.
Enfin bref, passons outre mes petites névroses personnelles. C’est le premier texte de Cindy Van Wilder que j’ai lu et j’espère en découvrir d’autres très prochainement.


logo3

mardi 2 juillet 2013

Cinq pas sous terre, Ep4 : Toute l'eau de mes larmes

Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.


La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.
Le billet sur le deuxième chapitre suit ici
Le billet sur le troisième chapitre est quant à lui par-là.


*



*


La bonne nouvelle, c’est que Cinq pas sous terre va sortir en version papier vers la fin de l’année. C’est bien pour ceux qui sont réfractaires au numérique, mais aussi parce que c’est une chouette histoire et qu’elle le mérite. Pour fêter ça, l’auteur vous invite à voter pour choisir le sujet de la nouvelle bonus qui accompagnera la version papier. C’est sympa, n’est-ce pas ?
Vous pouvez voter jusqu’au 7 juillet et c’est par ici.


Enfin, en attendant, revenons à l’épisode 4.


Alors que l’épisode précédent a vu une partie de l’histoire de Jabirah s’éclaircir, pour le plus grand plaisir de la lectrice frustrée que je suis, le quatrième, quant à lui, change de cible pour rééquilibrer un peu la donne.
Ce chapitre est centré sur Muriel qui, à son tour, se dévoile, mais tout en gardant un peu de distance avec le lecteur grâce à une écriture à la troisième personne. Jabirah, quant à elle, nous contait les événements de manière plus intime dans les épisodes précédents, en s’exprimant à la première personne, en ne nous cachant rien de ses angoisses et coups de colère. Ce que nous ne savions pas, elle l’ignorait de même, alors que Muriel dissimule volontairement sa personnalité, ses motivations et ses buts. Pour quelle raison ? Vous le saurez en lisant ce chapitre.
Le récit est ici empreint de pudeur, il distille de quoi générer de l’empathie sans trop en faire et c’est ce que j’ai apprécié. La novella, qui plus est sous forme de feuilleton, tend toujours à grossir le trait quant au caractère des personnages et si on ne peut nier que ceux de Cinq pas sous terre n’échappent pas à la règle, l’auteur essaie au moins de colorer leur personnalité d’un peu de nuance. Ainsi le lecteur découvre, ou refuse de comprendre, une autre Muriel qui, tout en étant tellement opposée à Jabirah par certains points, lui ressemble aussi. Le parallèle entre les deux jeunes femmes est frappant, mais lui aussi nuancé. Il donne à réfléchir.
Depuis le premier épisode, je me demande ce qui se cache vraiment sous la froideur de cette très antipathique jeune femme. Celle-ci peut en effet se montrer adorable avec les esprits de son jardin, mais détestable avec… n’importe qui d’autre. En plus d’avoir un sens des priorités plus que personnel, elle est plutôt fuyante et n’a clairement pas la force de caractère de Jabirah. Ses maladresses n’ont eu de cesse de m’étonner, mais elles se comprennent aisément par la suite. Évidemment, on a tous deviné que Muriel a une histoire, qu’elle n’est pas simplement un mur d’indifférence et de détermination, et je n’ai pas été plus surprise que cela de l’apprendre. Découvrir ce qui a amené l’engeôleuse à ce qu’elle est à ce jour faisait clairement partie des promesses de ce récit et ça ne manque pas d’intérêt. Néanmoins, je suis restée un peu à l’écart.
Ce n’est pas un secret, ma préférence va malgré tout à Jabirah, son acolyte ne m’étant pas le moins du monde sympathique, malgré toutes les justifications qui peuvent être fournies à ses actes. Et de Jabirah il n’est que peu question dans ce chapitre, malheureusement. Ne reste plus qu’à attendre la fin, qui se devine prometteuse.