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lundi 2 novembre 2020

Scrops !

 Un roman de Maëlig Duval, publié chez Gephyre éditions.

Présentation de l'éditeur :

Aux tréfonds de la galaxie, sur l’artificielle Physis, quelques milliers d’humains vivent selon les sages préceptes du Grand Puckman, fondateur de leur colonie. Depuis des générations, ils se félicitent de l’harmonie ainsi créée avec leur planète-fille.
Mais quand disparaît Madeline, qui savourait jusque-là une retraite tranquille auprès de son second mari, un complotiste répète à qui veut l’entendre qu’elle a été mangée par les scrops.
Les scrops ? Ces adorables boules de poils, meilleurs amis des enfants, au bec tout doux et aux petits cris attendrissants ?
Non, impossible. Physis, planète si adorable, avec son herbe bleue et ses poulets de compagnie, ne peut les avoir créés pour faire du mal, n’est-ce pas ?

Tout commence avec un homme aussi riche que déterminé, rêvant de domestiquer une planète, et des gens assez fous pour le suivre à travers l’espace vers une destination que seuls leurs descendants atteindront. Physis, la planète-fille, est modelée avec patience et espoir pour devenir leur nouvel habitat. Cependant s’est-on demandé si elle était d’accord pour les recevoir ?
Scrops ! est un roman de science fiction et un conte philosophique dans lequel une douce dinguerie enrobe des concepts plus profonds. On y suit d’abord cette petite portion d’humanité dans sa quête interstellaire, puis on se rappelle que ce ne sont toujours que des humains en les voyant évoluer à titre individuel. 
La science laisse place au quotidien et l’utopie de Puckman devient banale tandis que les gens vivent leur petit train-train. C’est l’après qui compte, ce que deviennent les héros dans leur vie de tous les jours.
Tout d’abord il y a Madeline, la première mère, celle dont la pugnacité a permis aux humains de s’établir sur Physis. Mais que serait Madeline sans sa fille ? Il n’est de première mère sans premier enfant et comment ne pas compatir avec la pauvre Geneviève sur laquelle ont pesé tant d’espoirs toute sa vie durant ? Leur relation compliquée est au centre du récit, bien plus que les scrops ou la vie sur une autre planète car malgré l’environnement étrange dans lequel elles évoluent, elles restent humaines et donc proches de nous. Pour moi, cette histoire est aussi celle de la parentalité, Madeline et Geneviève, mais également Physis et ses créateurs, des filles qui veulent s’affranchir du joug de leur mère et devenir maîtresses de leur avenir. Le parallèle entre les deux est évident.
Et puis il y a l’entourage de ces femmes, mari aimant, voisine fouineuse, original désœuvré et amant transi… Leurs réactions ne sont pas toujours évidentes, mais tous sont des personnages intéressants justement grâce à leur logique particulière, à la fois étrangère et voisine de notre logique terrienne. C’est comme un léger décalage, amusant parfois, portant à réflexion souvent car par contraste il est plus saisissant. J’ai aimé Sab en particulier, dont les défauts autant que les qualités font tout l’intérêt. Ce personnage, qui tourne autour du récit tel un satellite, avec sa vision à la fois plus acérée sur certains points et réduite sur tout le reste, apporte beaucoup à l’histoire.
Scrops ! est un roman court au style vif et plaisant. Il manie l’humour avec désinvolture, tout en gardant une pointe de suspense. Il nous parle d’altérite et d’adaptation. Jusqu’à quel point est-il acceptable de transformer le monde ? Et pourquoi certains en auraient la possibilité quand on la refuse à d’autres ? Qui définit le modèle sur lequel s’établit la norme ? D’ailleurs que devient la norme sur un autre monde ? Sous des dehors sympathiques et farfelus, ce roman pose de nombreuses questions qui alimentent la réflexion longtemps après avoir tourné la dernière page.

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vendredi 14 avril 2017

Bienvenue à Night Vale

Un roman de Joseph Fink et Jeffrey Cranor, disponible en grand format chez Bragelonne et en poche chez Le Livre de Poche.


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J’ai gagné mon exemplaire grâce à l’équipe des Valnuitains qui traduisait bénévolement le podcast en français. Pour cela et pour le super boulot qu’ils ont accompli, je les remercie.


La version française, qui allait jusqu’à l’épisode 23, n’est malheureusement plus disponible, il faudra donc vous rabattre sur l’originale.


Vous pouvez découvrir ici mon avis sur le podcast.


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Pour commencer, posons les bases…
Night Vale est une ville étrange où toutes les théories du complot et les bizarreries en tous genres se télescopent sans que cela ne fasse ni chaud ni froid à ses habitants. Les épisodes du podcast sont présentés comme les extraits d’une émission diffusée par la radio locale et animée par Cecil Palmer. Nous observons donc toujours Night Vale et les gens qui y vivent par le regard de cet homme, résolument enthousiaste et optimiste. Or, s’il fait quelques incursions dans le roman sous forme d’intermèdes, il n’est qu’en arrière-plan et, pour une fois, limité à la perception que les autres ont de lui.
Ce récit va plutôt s’attacher aux pas de Jackie, dix-neuf ans depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, qui tient le mont de piété et de Diane Crayton, que les auditeurs du podcast connaissent pour son poste dans l’association des parents d’élèves.
Outre ces deux femmes, on retrouve des personnages connus : La vieille Josie et ses anges, l’homme à la veste fauve ou encore Steve Carlsberg, la bête noire de Cecil, et on en apprend davantage à leur sujet.
Grande fan du podcast, j’étais ravie de lire ce livre, mais il m’a fallu un certain temps pour trier mes impressions. Cette chronique a été particulièrement ardue à écrire. Je ne voudrais pas vous dégoûter de l’univers si riche et fascinant de Night Vale, cependant je me dois d’être honnête : le roman n’est pas à la hauteur du podcast. Il a de grandes qualités, mais aussi quelques défauts qui peuvent rendre la lecture très fastidieuse.
Si je n’avais pas écouté le podcast avant, j’aurais eu du mal à entrer dans cette histoire. Il est de prime abord difficile de situer l’intrigue ou les personnages. On part d’un côté, puis de l’autre, sans que l’intérêt soit tout de suite accroché. Le style est aussi haché que le scénario, déconnecté je dirais. C’est voulu, pour que les bizarreries qui débaroulent soient encore plus saugrenues, cela est censé désarçonner le lecteur. N’oubliez pas que les situations les plus étranges et absurdes sont banales à Night Vale. Mais ce qui passe très bien à l’écoute devient assez vite pénible à la lecture.
Cela étant, il y a de très bons passages et une exploration des personnages différente puisque non soumise à l'appréciation de Cecil. Pour autant, le rythme pèche. L’intrigue piétine énormément. J’ai souvent eu l’impression d’être engluée et que chaque pas en avant me coûtait.
C’est dommage car quand on sort de ces boucles léthargiques, l’histoire est intéressante et j’ai même fini par m’attacher aux personnages (Dieu sait que Diane m’exaspérait pourtant). Ce roman parle d’identité, de la difficulté de grandir et d’être fidèle à soi-même, de famille et d’amour maternel-filial aussi.
Je reste mitigée mais une chose est sûre : je vous conseille d’écouter le podcast, beaucoup plus fun, avant de tenter cette lecture.


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Découvrez également les avis de Chani et Acr0.

lundi 11 avril 2016

Bienvenue à Valnuit

Valnuit

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Bonsoir chers auditeurs.


Pour commencer, on m’a demandé de lire cette brève déclaration :


Le conseil municipal annonce l’ouverture d’un parc à chiens aux coins des rues Lecomte et Couchant, près de Chez Raphael. Il souhaite rappeler à tous que les chiens ne sont pas autorisés à entrer dans le parc à chiens.
Les gens ne sont pas autorisés à entrer dans le parc à chiens.


Il est possible que vous aperceviez des Figures Encapuchonnées dans le parc à chiens.
Ne les approchez pas.
N’approchez pas du parc à chiens.
La clôture est électrifiée et extrêmement dangereuse.
Essayez de ne pas regarder en direction du parc à chiens et, tout particulièrement, ne regardez pas, sous aucun prétexte, en direction des figures encapuchonnées.
Le parc à chiens ne vous fera aucun mal.



Bienvenue à Valnuit est l’adaptation française, produite par un groupe de bénévoles, d’un podcast américain créé par Joseph Fink et Jeffery Cranor. Vous pouvez l'écouter ou le télécharger ici.
C’est en voyant la sortie du roman dérivé, Bienvenue à Night Vale, chez Bragelonne que je m’y suis intéressée. Je suis tombée un peu par hasard sur la version française, c’est pourquoi je l’ai écoutée en premier. Elle est de qualité. Je n’attendais rien de spécial, mais ça m’a beaucoup plu.


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Ces podcasts sont sous forme d’émissions radiophoniques, toutes animées par Cecil – Émile en français – sur la radio communautaire d’une petite ville perdue dans le désert.
Le quotidien à Valnuit est tout sauf ordinaire. Cecil/Émile enchaîne les récits, avec nonchalance ou véhémence, cependant même les sujets les plus anodins glissent vers l’absurde, le comique, parfois l’effroi. Rien n’est linéaire ou couru d’avance à Valnuit.
On passe par beaucoup de stades en écoutant ces émissions. J’en apprécie l’humour grinçant et les multiples références littéraires ou audiovisuelles, comme celles à Lovecraft ou Twin Peaks.
À Valnuit, toutes les théories du complot sont réelles. La mairie entretient une police municipale perpétuellement à l’affût, la dirigeante du journal local (auquel l’abonnement est obligatoire) a récemment décidé qu’une édition imaginaire pourrait faire l’affaire et la chambre de commerce vient de construire une superbe marina avec les fonds publics… dans le désert, je le rappelle.
Franchement, qui n’a pas envie de séjourner à Valnuit ?
Que vous choisissiez la VO ou la VF, c’est un podcast à écouter absolument.


Ceci est un message de notre sponsor :
Gloire au nuage luminescent !


Merci de votre attention.