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mercredi 5 mars 2025

Cruel Winter with You

Une novella d'Ali Hazelwood. La version audio est lue par Vivienne LaRue.

Cette novella fait partie de Under The Mistletoe, une collection de cinq textes indépendants publiés par Amazon pour les fêtes. Si vous avez un abonnement Prime, vous pouvez les lire gratuitement, sinon ils sont à 1,99€ en numérique ou à 1,79€ l’un sur Audible, il existe également une compilation que vous pouvez acheter pour un crédit. Pour l’instant ces textes ne sont pas disponibles en français.



J’aime bien l’idée de comédies romantiques courtes et modernes à lire durant le temps des fêtes. Cela ne demande pas un grand investissement en temps ni en attention, mais le format court rend aussi le texte plus percutant. C’est la distraction parfaite quand on a une heure ou deux devant soi.
Ce texte-ci nous présente une jeune femme qui rentre chez son père pour les fêtes et se retrouve, à cause d’un caprice paternel, obligée de mettre au clair une situation embarrassante avec le frère de sa meilleure amie.
J’ai beaucoup apprécié la narration à deux vitesses. Une partie de l’intrigue se déroule au présent, l’autre nous conte l’évolution des rapports entre les personnages depuis le jour de leur première rencontre jusqu’à l’instant présent. Je sais que cela ne plaira pas à tout le monde car beaucoup de lecteurs semblent de plus en plus apprécier une chronologie plus linéaire. Pour ma part, je trouve au contraire qu’une narration fragmentée de la sorte apporte du dynamisme au récit. Autrement l’histoire, qui est plutôt simple et courte, serait fort plate.
Ali Hazelwood aime les quiproquos. Ce qui n’est mon cas. J’ai toujours trouvé que c’était un ressort scénaristique de fainéant, quand le quiproquo est au centre du récit cela s’entend, et c’est le cas ici. Heureusement, la narration en deux temps allège cela car on passe davantage de temps dans le passé, à voir comment s’est construit la relation des personnages depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. C’était chouette à lire, drôle souvent, mignon de temps en temps. J’ai levé les yeux au ciel de parfois, mais globalement j’ai passé un bon moment avec cette lecture et ces personnages.
L'interprétation de la lectrice est excellente et apporte une réelle plus-value au texte.

jeudi 25 janvier 2024

Comment bien rater son mariage à Noël

Un roman de Lucie Castel publié chez Saga Egmont pour la version audio, lu par M. J. Gilbert. Disponible en poche chez Charleston.


J’ai choisi ce titre dans la sélection des livres audio gratuits sur Audible parce que j’aime bien Lucie Castel et que j’avais besoin de quelque chose de léger. Cela n’est pas indiqué sur la page du livre audio, mais il s’agit d’un deuxième tome. Le premier, Pas si simple, n’existe pas dans ce format. Vous pouvez cependant écouter Comment bien rater son mariage à Noël sans vous perdre en route car l’autrice résume les événements du premier tome au fur et à mesure.
Une semaine avant Noël, Scarlett est censée boucler les préparatifs de son mariage, mais bien sûr rien ne va se passer comme prévu. Honnêtement, si elle avait prêté attention aux circonstances dans lesquelles avait été faite la demande en mariage, elle aurait dû s’y attendre. J’dis ça, j’dis rien… Entre sa mère (qui elle sait reconnaître un présage quand elle en voit un. Ou pas...), sa sœur qui plane, son beau-frère envahissant, son fiancé qui passe son temps au travail, les tantes qui débarquent de Corse après une décennie de guerre froide, sans parler du reste de sa belle-famille, elle était de toute façon mal barrée.
Si la pauvre Scarlett n’a pas fini d’en voir, cela reste très drôle pour le lecteur/auditeur, mais aussi émouvant parfois. Entre les lignes et les clichés dont on se moque sont abordés des sujets plus sérieux. Lucie Castel est certes drôle, mais elle a une vision du monde bien a elle, sensible et intelligente, et c’est ce que j’aime chez cette autrice.
Pour ce roman, elle a créé une belle galerie de personnages et j’ai aimé apprendre à les connaître.
Comment bien rater son mariage à Noël est une comédie agréable à lire pendant les vacances de fin d’année, pour se détendre et rire un peu. J’aime beaucoup l’humour de Lucie Castel et la lectrice, M.J. Gilbert, fait un excellent boulot. Elle apporte beaucoup de vie à l’histoire.
Je crois que j’aurais davantage apprécié mon écoute si j’avais lu Pas si simple avant. Je ne sais pas si je le lirai, je crois que je connais un peu trop les personnages et l’histoire maintenant, mais j’aimerais bien une suite avec des personnages secondaires. Ils ont en grand potentiel. En tout cas, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

lundi 6 novembre 2023

Mon ex et autres malédictions

Un roman d'Erin Sterling, publié chez Good Mood Dealer by Exergue.



À l’aube de sa vingtaine, Vivi est tombée passionnément amoureuse de Rhys Penhallow, mais il lui a brisé le cœur… Alors, pour faire passer son chagrin d’amour, elle a bu plus que de raison et déblatéré avec sa cousine. Classique. Sauf que Vivi est une sorcière et qu’elle a, sans vraiment le vouloir, maudit son ex. Ce qui ne semble pas beaucoup affecter Rhys, jusqu’à ce que, neuf ans plus tard, il revienne à Graves Glen pour une célébration importante.
Ce roman se laisse lire. Avant de commencer, je craignais un peu que Vivi soit une crétine égocentrique car le résumé pouvait le laisser entendre. J’ai été agréablement surprise. Vivi est une jeune femme intelligente, qui a la tête sur les épaules (enfin, la plupart du temps). Elle est beaucoup trop fleur bleue pour moi, mais son caractère est crédible.
De manière générale, les autres personnages sont plutôt chouettes, j’ai notamment adoré Gwyn, la cousine de Vivi. Il faut préciser que le fait qu’une meuf dont le prénom complet est Gwynnevere ait appelé son chat le Chevalier Noir a de quoi prêter à rire.
J’ai un faible pour les histoires de sorcières. Ce roman était de saison, amusant et sans prétention. Le seul point qui pèche, à mon sens, est le manque d’épaisseur de l’intrigue de fond. Je n’en attendais certes pas beaucoup plus, mais comme il n’y a pas grand-chose à dire, l’autrice rallonge la sauce, ce qui équivaut à pas mal de répétitions. Au bout d’un moment, j’en avais ras le bol des apartés de Rhys ou de Vivi se rappelant avec émoi combien leur ex leur avait manqué et combien il/elle était désirable. Ils sont mignons, hein, et on a envie de les voir de nouveau ensemble, mais de redite en redite on verrait bien aussi la malédiction leur exploser à la gueule pour souffler un peu. Et puis, il faut dire qu’ils ne font rien pour susciter l’indulgence. Pourquoi demander l’aide de gens compétents alors qu’on peut brasser de l’air ? Eh bien, parce que ça fait des pages en plus ma bonne dame…
Il ne se passe vraiment pas grand-chose, que ce soit au niveau de la romance ou des recherches sur la malédiction. Sur le dernier tiers, j’en avais ma claque, ce qui est bien dommage. Ce roman avait tout pour être une romcom witchy et sympathique. Cela reste distrayant, mais sans plus. Le deuxième tome portant sur d’autres personnages, je le lirai peut-être quand il sortira en français, mais je ne me jetterai pas dessus.


vendredi 17 février 2023

Attention Spoiler

 Un roman d'Olivia Dade, publié chez Hauteville.


Marcus est beau et il le sait. S’il a pris l’habitude de jouer les abrutis auprès des journalistes, c’est pour qu’on lui fiche la paix. Pourtant, en secret, il écrit des fanfictions sur la série dont il joue l’un des personnages principaux. Afin de préserver l’image qu’il a mis tant de temps à construire, mais aussi selon les termes du contrat qui le lie à la production, il ne faut pas que cela se sache.
April est géologue. Elle écrit aussi des fanfictions, mais elle le cache pour des raisons différentes. Tout d’abord elle craint que cela lui fasse perdre son travail, ensuite elle n’a pas vraiment envie de dévoiler son physique à ses amis du fandom. Elle sépare donc ses deux vies avec application. Jusqu’au jour où elle décide qu’elle en a assez de se cacher et que ce n’est qu’une étape avant de, peut-être, pouvoir se rapprocher du gars avec qui elle échange sur le forum depuis longtemps et pour qui elle a le béguin.
Attention Spoiler est une romance sympathique qui se lit toute seule. Les personnages diffèrent de ceux que l’on rencontre habituellement dans ce type de romans et c’est appréciable. Marcus est un gars plutôt gentil et qui, pour un acteur, manque cruellement d’assurance. April est ronde et bien décidée à ce qu’on l’accepte comme elle est. Et quand je dis ronde, ce n’est pas juste une fille qui fait du 42 et qui en fait tout un drame, elle est obèse et elle a décidé que ça n’allait pas l’empêcher de vivre. En outre, elle ne maigrira pas d’un coup en trouvant le grand amour comme on veut souvent nous le faire croire dans les comédies romantiques. Pour couronner le tout, elle n’écrit pas des fanfics parce qu’elle n’a pas de vie, mais parce qu’elle aime ça. Elle adore son boulot, elle a de chouettes amis, dans sa vie l’amour serait juste la cerise sur le cupcake. Pour tout cela, ce n’est pas le genre de personnage qu’on croise tous les jours dans des romances et j’ai beaucoup aimé April.
À côté, Marcus est un peu fade. J’aurais voulu l’apprécier davantage parce que les personnages masculins dans les romances sont souvent toxiques et que ce n’est pas son cas, même s’il est très loin d’être parfait. Comment vous expliquer le problème ? Si vous regardez South Park c’est simple : Marcus est un clone de Principal PC. Et sinon… Je ne voudrais pas faire passer ce personnage pour plus niais qu’il n’est, mais c’est compliqué d’apprécier Marcus alors qu’il a de nombreuses qualités. Il n’est pas bête, cependant ce n’est pas non plus le couteau le plus affûté du tiroir et surtout il est politiquement correct en tout et tout le temps, même dans les moments les plus incongrus. C’est ennuyeux à la longue.
Marcus cache ses failles derrière son personnage public, il joue le rôle de celui qu’il appelle « le golden retriever bien propret » et en fait je n’ai pas vu grande différence avec l’homme qu’il est en réalité, si ce n’est qu’il est moins superficiel en vrai. C’est un bon gros toutou en adoration devant sa maîtresse. J’aurais aimé apprécier ce personnage, atypique en romance, mais il est trop complaisant. Ses rares défauts, ses faiblesses et ses petites lâchetés ne le rendent pas vraiment plus attachant.
April et Marcus ont tous deux des problèmes de confiance et une mauvaise image d’eux-mêmes, en grande partie à cause de leurs parents, et le parallèle entre leurs deux histoires est intéressant. C’est ce qui donne de la profondeur à leurs personnages ainsi que ce qui leur permet de trouver leur équilibre en tant que couple.
Ils sont mignons tous les deux et j’ai passé un moment plutôt agréable avec eux. Cependant je ne peux pas dire que c’est un roman inoubliable. Il n’est pas toujours bien écrit (ou bien traduit) et il souffre de quelques longueurs dues à des répétions.
Le récit est jalonné de résumés de fics ou de pitch de scénarios, de messages privés et autres petits textes qui le complètent bien. C’était une bonne idée et c’est plutôt amusant.
L’autrice a beaucoup d’humour et d’idées saugrenues, peut-être même trop. Les extraits de scénarios sont assez drôles, mais c’est à se dire que Marcus n’a joué que dans des bouses et je veux bien croire que certaines seraient tout à fait vendables, vu la médiocrité de ce qui passe parfois à l’heure actuelle.
Quant à la série qui a fait toute la gloire de notre personnage… Toute ressemblance avec Game of Thrones est pleinement assumée, toutefois si les références vous laissent de marbre, cela n’affectera pas votre lecture. De même, ladite série est aussi inspirée de l’Énéide, mais cela n’a pas grande incidence (et manque de finesse à mon goût d’amatrice de mythologie, bien que j’admette qu’on n’est pas là pour ça).
En tant que lectrice de fanfictions, j’ai apprécié de me retrouver dans ce petit monde que je connais si bien et je dois dire qu’Olivia Dade le décrit de manière très réaliste. Globalement c’est un microcosme plutôt sympa où les gens sont juste de grands gamins qui jouent avec des figurines et se lâchent souvent sans se prendre trop au sérieux, mais il y a aussi pas mal de poussière sous le tapis. Olivia Dade aborde par exemple la grossophobie, dans la vie de tous les jours bien sûr, mais aussi dans le fandom. Parce qu’il faut bien le reconnaître : elle y est présente, c’est même un ressort scénaristique facile pour rendre un personnage détestable au premier coup d’œil ou faire de l’humour à peu de frais. Et cela n’est pas propre à la fanfiction en particulier mais à la fiction en général.
Je me souviens avoir lu une fic il y a des années, vraiment chouette au début, bien écrite, intéressante. Et puis une blague merdique. Bon, on se dit que c’est un cas isolé, une maladresse, et on continue. Une autre blague moisie et encore une autre. Et puis un peu de transphobie en passant parce que l’autrice trouvait ça hilarant. C’est inacceptable. Sans chercher à devenir comme Marcus et Principal PC, il est bon de lutter contre des comportements inappropriés et des préjugés stupides qui pourrissent la vie des gens jusque dans leurs loisirs. Oui l’obésité est un problème de santé sérieux, non ce n’est pas en humiliant les gens qu’il sera réglé.
Olivia Dade aborde aussi des problèmes tels que la dyslexie et l’hyperactivité. Cela fait du bien de voir ces sujets traités dans un roman, parce que ça fait partie de la vie et que ça touche beaucoup de gens mais qu’on en trouve peu de représentations dans les médias, ou en tout cas pas de manière aussi naturelle.
Ce roman est le premier de ce qui est une trilogie (pour le moment). Les volumes suivants mettent en scène d’autres couples parmi les personnages secondaires. Le deuxième tome porte sur Alex, le meilleur ami de Marcus, et Lauren l’assistante qui lui sert de baby-sitter. Je ne sais pas si je lirai ce volume, je n’ai pas particulièrement apprécié la personnalité d’Alex et on sait peu de choses sur Lauren, mais je me laisserai peut-être tenter si j’ai envie d’une lecture drôle et sans prise de tête.

mercredi 21 décembre 2022

Bons baisers de New York

Un roman d'Iris Visser, publié en numérique chez Kobo Originals.

Les autres tomes de la série :


Bons baisers de New York fait parti d’une série, trois volumes pour l’instant, dont les tomes peuvent se lire indépendamment. Iris Visser propose des comédies romantiques modernes, légères et pleines d’humour. On se laisse facilement emporter dans ses histoires, qui ne sont jamais tape-à- l’œil ni trop dramatiques. On est là pour s’amuser, pas pour pleurer. On peut croire en ses personnages et en leurs réactions car elle n’en fait pas des êtres parfaits ou caricaturaux.
Cette romance est idéale à lire pendant les fêtes car elle se déroule en partie durant cette période et je dois dire que, des trois, c’est ma préférée.
Emma travaille dans l’événementiel et elle a une manie : quand les silences deviennent gênants, elle se met à jacasser. Cela lui vaut d’être envoyée à New York pour un an, parce qu’elle n’a pas su dire non, et si son voyage en avion, assise à côté d’un gars qui tire la tronche, donne le ton de son séjour, elle est plutôt mal barrée…
J’ai beaucoup aimé Emma. C’est une fille sympathique, un peu maladroite mais sans que ça devienne exaspérant. Elle accumule les galères, sinon ce ne serait pas drôle, mais si elle s’en sort ce n‘est pas par enchantement ; elle sait utiliser son cerveau. On s’attache à Emma, on veut la voir réussir dans son travail comme dans ses amours. Et je dois dire que le gars sur lequel elle va jeter son dévolu n’est pas mal du tout...
Iris Visser ne force jamais sur les clichés quand elle en use et même si elle saupoudre souvent ses écrits de rivalité féminine, elle ne prend pas plaisir à noircir le tableau. Dans ses romans, les personnages finissent toujours par exposer leurs griefs et régler avec intelligence leurs problèmes, ce qui est assez rare dans ce type de littérature pour être signalé. J’ai apprécié que cette histoire, aussi focalisée soit-elle sur les amours d’Emma, prenne le temps de développer ses amitiés et sa vie à New York. Suivre la jeune femme dans ses pérégrinations a été un vrai plaisir, d’autant que puisqu’elle arrive à New York en septembre, on vit avec elle les fêtes et les traditions liées à l’automne et l’hiver.
L’autrice a aussi glissé dans ce roman quelques clins d’œil aux autres tomes de la série et on croise même brièvement les deux personnages de Bons baisers de Londres, ce que j’ai beaucoup apprécié.
Je ne suis pas férue de comédies romantiques, mais si Iris Visser en écrit d’autres, je serai au rendez-vous. Si vous avez envie de récits feel good et romantiques, je vous recommande cette série.


dimanche 27 février 2022

Veggy vs. Zombies

 Un roman de Lydie Wallon, publié chez ActuSF.


Présentation de l'éditeur :

Le monde d'Erin a basculé avec l'arrivée des zombies.

Sauf que ces derniers ne sont pas tous des cannibales incontrôlables. Certains sont tout à fait fréquentables même si le débat fait rage pour les inclure dans la société. Les discriminations à leur égard sont bien réelles. Et pour Erin, ces discussions ont une importance particulière.

Revisitant avec brio le mythe des zombies en les ancrant dans des thématiques très actuelles, Lydie Wallon nous propose un excellent premier roman.

Imaginez un monde dans lequel un virus, par le biais des produits carnés et piscicoles, a infecté la grande majorité de la population, les transformant en zombies. Certains de ces morts-vivants ont été pris d’une folie sanguinaire et ont dévoré leur entourage, d’autres, bien que morts et forcés de se nourrir de sang ainsi que de chair fraîche, ont gardé leur humanité, mais sont en sursis. Non seulement ils pourraient basculer à chaque instant dans la sauvagerie, mais ils sont en outre victimes de discriminations et extrêmement surveillés. Le gouvernement pourrait à tout moment décider de les éliminer même s’ils se tiennent à carreau.
Erin est l’un de ces zombies. Autiste et solitaire, elle fait de son mieux pour vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, jusqu’à ce qu’elle rencontre Kyan, non-infecté, et qu’il chamboule son existence. Erin est prise entre l’envie de voir sa vie changer et la crainte de ce changement. Elle souffre profondément de l’injustice dont elle-même et sa communauté sont victimes, elle expérimente la peur au quotidien, mais aussi l’envie de vivre tant qu’elle le peut encore. Elle qui n’a jamais pris de risques se rend compte que sa vie aussi bien que ses espoirs en l’avenir lui échappent petit-à-petit et que le bonheur ne lui tombera pas dessus par hasard.  Un peu par pitié, en tout cas au début, Kyan se met en tête de réaliser les rêves d’Erin et leur relation se construit lentement, jusqu’à ce qu’un nouvel événement change encore la donne.
J’ai oscillé tout au long de ma lecture entre affection pour ces personnages et agacement. J’aurais dû les aimer davantage, ils sont mon genre de personnes, mais leur histoire d’amour, qui est une des plus reloues que j’ai pu lire, et leurs atermoiements m’ont un peu tapé sur les nerfs. Je les ai autant aimés qu’ils m’ont exaspérée. Il faut dire qu’il y a beaucoup de clichés aussi bien dans la construction du récit que dans celle des personnages. Tous les personnages, même secondaires. C’est usant à la longue.
L’histoire est plutôt classique et prévisible, conspiration mondiale, chaos et apocalypse en mouvement, road trip, ambiance complotiste et ode à la décroissance au menu. L’originalité tient à la façon dont l’autrice a traité le thème des zombies, mais n’attendez pas non plus quelque chose de vraiment novateur, c’est plus une relecture très humaine et sensible. Certains aspects vous rappellent IZombie ? Pareil pour moi… Mais bon, à la lecture ça n’est pas si prégnant.
J’ai apprécié la façon dont l’autrice évoque l’autisme et c’est un roman qui se lit vite, mais je ne peux pas dire qu’il me marquera outre mesure, c’était trop facile et léger à mon goût.