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lundi 15 juin 2026

A Dark Forgetting

Un roman de Kristen Ciccarelli, publié dans sa version audio chez Lizzie et lu par Solenn Mara-Lewis.


Emeline a quitté sa petite ville de campagne pour devenir chanteuse. Elle a fait des concessions et des sacrifices pour ce rêve d’enfance et, à force de détermination, elle a maintenant le pied à l’étrier. Cependant, près d’une semaine avant un concert très important pour elle, son grand-père disparaît, sans explication rationnelle, de la maison de retraite dans laquelle il résidait. Toutes les histoires qu’on lui racontait quand elle était petite resurgissent dans l’esprit d’Emeline et elle est forcée de rentrer chez elle pour faire face à ce qu’elle croyait n’être que des contes.
A Dark Forgetting est une jolie histoire, pleine de sensibilité et de délicatesse. On la sent très personnelle et importante pour son autrice. Elle est destinée à un public adolescent, mais ne se prive pas d’aborder des sujets difficiles. Pour autant, malgré la noirceur qu’elle conte parfois, elle reste douce. Il faut se laisser bercer et être patient, car c’est un récit lent à la saveur évocatrice des vieilles histoires. Il nous dépeint une féerie ancienne, sombre et mélancolique dans une forêt malade qui appelle au secours.
Sans vraiment le vouloir, Emeline va déterrer de nombreux secrets et j’ai aimé la voir progresser à tâtons, découvrir son passé en même temps qu’elle se découvrait elle-même. C’est cela, pour moi, la vraie réussite de ce roman.
L’histoire d’amour est jolie et tendre, un peu clichée parfois, mais j’ai lu bien pire dans des ouvrages de cette catégorie. Au moins celle-ci semble honnête, un peu idéalisée certes, mais pas non plus parfaite. La fin m’a fait lever les yeux au ciel, toutefois il faut dire que c’était drôle sans le vouloir…
J’ai passé un agréable moment avec cette histoire, même si elle ne me marquera pas outre mesure.
La voix de la lectrice est agréable, mais au bout d’un moment son interprétation tout en chuchotements et murmures faussement inspirés m’a agacée. J’avais l’impression d’écouter une ménade qui tenterait de faire de l’ASMR. Cela étant dit, c’est davantage une question de goût qu’un réel défaut. En outre, je dois reconnaître qu’un ton lent et mystérieux sied à cette histoire. Il l’était juste beaucoup trop pour moi.

mercredi 15 avril 2026

House of Windows

Un roman de John Langan, publié en version audio chez Lizzie.

Interprété par Marie Bouvier et Guillaume Orsat.


Lors d’un weekend entre amis, un homme, écrivain d’horreur de surcroît, se voit offrir une histoire par l’une de ses connaissances. Le mari de Veronica Croydon a disparu. Cela a fait pendant des mois les gorges chaudes de leur petit monde d’universitaires. Il faut dire que Roger et Veronica n’en étaient pas à leur premier scandale et que dans une si petite sphère, en outre assez collet monté, cela ne pardonne pas. Veronica agace notre narrateur, mais il est curieux. Tout le monde l’est. Les suppositions sur ce qu’il a pu advenir de Roger ont fait bon train et Veronica lui promet une histoire que personne n’attendait et qu’elle n’a pas pu raconter jusqu’à ce jour, car elle-même peine à y croire.
Durant deux nuits, elle lui livre un récit, tantôt digressif, tantôt presque trop apprêté, mais toujours prenant. Veronica se révèle une narratrice intelligente, même quand on pense qu’elle s’éloigne du sujet, à desseins ou non, elle ne lâche jamais le fil de son histoire. Elle ménage ses effets, joue avec l’attention de son auditeur. Coquetterie de littéraire ? Peut-être. Veronica est doctorante et enseigne la littérature, c’est comme ça qu’elle a connu Roger et les autres personnes présentes lors de ce weekend. 
Pourquoi se livre-telle maintenant et à cet homme qu’elle ne connaît pas tant que ça au final ? Est-ce seulement une fable élaborée pour obtenir de l’attention ? Peut-être Veronica a-t-elle créé cette histoire pour faire face à une situation qui la dépassait, créer du sens par le non-sens. Après tout, c’est ce dont elle a presque cru Roger coupable un moment. Difficile de savoir si le récit de Veronica est fiable, si elle a perdu l’esprit ou si elle a transposé les événements en une fiction qu’elle peut appréhender plus facilement que la réalité. Après tout, ses deux écrivains de prédilection sont Nathaniel Hawthorne et Emily Dickinson. Il est important de le noter, comme de noter que l’écrivain favori de Roger est Dickens. Les références littéraires sont légion dans ce roman, parfois évidentes, parfois extrêmement subtiles. Je doute de les avoir toutes saisies moi-même. Ce n’est pas vraiment un problème, mais quand on les débusque, elles apportent un plus à ce récit intelligent. Veronica est érudite, sans jamais être pontifiante, bien qu’elle fasse preuve parfois d’un snobisme que je connais bien, ayant moi-même évolué dans les mêmes sphères qu’elle. Cela m’a fait me sentir d’autant plus à l’aise au cours de cette audiolecture.
Au fur et à mesure que l’on écoute Veronica, on apprend à la connaître, à l’apprécier, et on se laisse aller à la croire, comme le fait, contre toute raison, le second narrateur de cette histoire qui recueille ses confidences. On se laisse prendre au piège de l’histoire, comme Veronica elle-même. C’est le premier roman de John Langan que j’ai lu et certainement pas le dernier tant j’ai apprécié son écriture.
J’aime beaucoup les histoires de maisons hantées, qui ont en général beaucoup à offrir d’un point de vue psychologique. Les personnages sont travaillés, les lieux ont une vie propre, et on plonge dans la psyché humaine accroché à une corde qui n’est pas fragile, mais que l’on craint quand même de voir céder dans les moments les plus sombres. C’est ce que nous offre John Langan avec ce roman, du fantastique, plus que de l’horreur, une réflexion nimbée de malaise, les âmes a vif de Roger et Veronica. L’ensemble est très Lovecraftien, en tout cas dans son appréhension de l’horreur. Cette influence n’est jamais reconnue ouvertement, mais on la voit, on la sent.  Je n’aime guère les écrits de Lovecraft, mais cela n’a pas eu d’incidence dans la façon dont j’ai perçu House of Windows. J’ai trouvé au contraire que cette influence était justifiée.
Des références à d’autres maisons hantées que celle qui nous occupe jalonnent le récit, mais elles font affaire de décorum. Quel littéraire décent oserait les omettre ? Pas Veronica, bien entendu. Ce n’est pas là quel faut chercher les références les plus subtiles cependant. J’ai adoré décrypter ce texte. Un récit qui stimule l’intellect de son lecteur est toujours une bonne chose selon moi, mais on peut aussi l’apprécier juste pour ce qu’il est, sans chercher plus, ce qui le rend si réussi.
Si vous cherchez de l’horreur pure, ce n’est sans doute pas pour vous, mais si vous voulez un roman psychologique avec des accents effrayants, vous serez ravis. Je suis une grande fan de fantastique, du vrai fantastique au sens littéraire du terme, pas ce genre fourre-tout où les gens mettent tout ce qu’ils sont en peine de classer faute de connaissances. (Oui je me permets un rien de snobisme, comme Veronica.) Ce roman remplit tous les critères du genre et cela m’a ravie. Je m’en suis délectée jusqu’à la toute fin, ou devrais-je dire les fins ?
Ce long récit passe très bien en audio car cela renforce l’impression de recueillir les confidences de Veronica. Les deux narrateurs, Marie Bouvier et Guillaume Orsat sont tous deux excellents et j’ai pris grand plaisir à les écouter. Je recommande vivement cette version.


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mardi 5 novembre 2024

Bride

Un roman d'Ali Hazelwood, en version audio chez Audiolib, lu par Zina Khakhoulia, avec la participation de Quentin Malek.


Ce roman est la première incursion d’Ali Hazelwood en Fantasy et ma première lecture de l’un de ses ouvrages. En toute honnêteté, j’ai levé les yeux au ciel en parcourant le résumé. Une vampire et un loup-garou, deux peuples qui se haïssent, un énième enemies to lovers… Je ne me serais pas intéressée à ce roman si je n’avais parcouru les sorties audios en Fantasy. J’avoue, j’avais oublié le résumé et je ne l’ai pas relu avant d’écouter l’extrait. Or, ce que j’ai entendu m’a beaucoup plu, assez pour me faire acheter ce livre.
Misery Lark est la fille d’un puissant conseiller vampire et a été instrumentalisée toute sa vie. Rejetée par les siens (pour une raison un rien bancale, mais bon ça fait toujours bien d’avoir une outcast comme héroïne à ce qu’il semble…), elle a choisi de vivre parmi les humains jusqu’à ce qu’on la force à sortir de sa retraite. Son père a besoin de créer une alliance avec les loups-garous et souhaite une fois de plus l’utiliser. Cependant, elle a ses propres raisons d’accepter le marché et ça, c’était intéressant.
Pendant la première moitié du roman, j’ai beaucoup apprécié Misery. Elle se montre intelligente et pragmatique. Elle sait qu’elle n’est pas puissante et ne le sera jamais, alors elle utilise sa seule arme, son cerveau. Ce qui est rare dans ce type de roman où l’héroïne commence toujours rejetée et finit en badass surpuissante. Non, Misery n’est pas comme ça. Elle est courageuse, sans être bravache. Elle n’espère pas être sauvée car elle sait qu’elle est seule. Son histoire m’a beaucoup touchée et ses motivations également.
Lowe en revanche (oui on peut faire pire que Misery comme prénom) est un cliché sur pattes. Un gars bien, gentil et tout… mais sans réel relief. Cependant, l’intrigue principale était assez intéressante pour que je sois bien disposée à son égard comme à celui de Misery.
Malheureusement, cette intrigue s’essouffle vite. Les personnages, qui au début étaient acteurs de leur destinée, finissent par se laisser balloter par l’histoire. À partir du moment où ils se rapprochent, on ne suit plus que l’évolution de leurs rapports intimes (même pas de leurs sentiments) et c’est assez pénible à lire, d’autant que c’est très mal écrit. J’ai mis ces passages en lecture accélérée, c’est vous dire…
Ce roman partait vraiment bien et, même si l’intrigue était un peu prévisible, j’étais prête à le lui pardonner. Mais franchement… On a un quiproquo à deux balles qui dure tout le roman, un enemies to lovers avec des personnages qui sont quasi potes dès le départ, une héroïne qui perd ses neurones dès que ses hormones s’emballent… Ajoutons à cela une résolution d’intrigue qui se fait toute seule parce que l’autrice en avait marre et voulait juste écrire du smut et c’est le dernier clou du cercueil. Outre l’épilogue qui est juste là pour annoncer une suite, le roman se termine d’ailleurs par une scène de cul assez malaisante (Dieu sait pourtant que je croyais avoir lu pire…).
Je suis donc sortie de cette écoute très mitigée, parce que la première moitié du roman était bien écrite, drôle parfois, avec des personnages plutôt attachants, l’intrigue tenait la route et la raison pour laquelle Misery accepte le mariage arrangé me plaisait. Mais la seconde moitié était très décevante. J’ai espéré tout du long que l’héroïne retrouve son cerveau, en vain.
La fin ouverte nous promet une suite portant sur d’autres personnages. Je ne sais pas si je la lirai. Malgré tout, j’ai bien aimé l’univers et Ali Hazelwood peut être drôle quand elle veut.
Je me dois aussi de mentionner l’excellent travail de la lectrice.

lundi 7 octobre 2024

Le crime du SS-Orient, Le club des amateurs de romans policiers T2

Un roman de C. A. Larmer, en version audio chez Audible, lu par Axelle Bossard.


On retrouve le Club des amateurs de romans policiers plusieurs mois après les faits du premier roman. Ils ont décidé de participer à une mini croisière tous ensemble car le bateau, reproduction d’un paquebot de luxe, leur rappelle leur autrice préférée : Agatha Christie.
Tout comme pour le premier roman, une scène d’exposition annonce le crime à venir. Tous les ingrédients sont là pour nous offrir un bon huis-clos.
On sent que l’autrice aime passionnément les romans policiers. Elle invite son lecteur à jouer avec elle, donne des indices, brouille les pistes, pour le faire participer à l’enquête. Elle y réussit fort bien. Si vous parvenez à résoudre le puzzle, vous ne serez pas agacé mais au contraire fier de vous.
L’intrigue policière est excellente. Ce qui pèche un peu, en revanche, c’est le traitement des personnages et en particulier Alicia. Entendons-nous bien, j’apprécie ces personnages de manière générale et je trouve que chacun apporte quelque chose. Ils sont cohérents et nourrissent l’intrigue. Cependant, j‘aurais apprécié une plus grande implication du reste du club. À quoi sert d’avoir autant de personnages si on ne change que rarement de point de vue ? En outre, je dois avouer que je n’aime pas beaucoup Alicia, ce qui motive sans doute mon envie de voir davantage les autres. Alicia est une femme intelligente, mais un peu pathétique aussi. Elle passe toute la première moitié du roman à pleurnicher parce que son petit ami est distant et c’est extrêmement pénible. J’ai beaucoup de mal à supporter les personnages dépendants et immatures. Certes, elle n’a pas tous les torts, mais elle fait beaucoup d’histories pour rien.
J’ai de surcroît pensé que l’autrice avait décidé de fabriquer un triangle amoureux (plus que bancal) pour complexifier un peu les relations trop lisses de ses personnages, mais au final je pense surtout qu’elle cherche à en dégager un qui, sans doute, n’a pas assez de personnalité pour plaire aux lecteurs et aller ainsi vers un schéma plus classique du genre. Honnêtement, ça m’agace plus qu’autre chose. Je suis là pour les enquêtes, pas pour la romance. Elle apparait ici comme une case à cocher obligatoire et on en parle beaucoup sans qu’elle n’apporte rien, aussi bien dans le récit que dans la construction des protagonistes. Je ne suis pas contre un peu de romance, si elle est bien écrite, mais c’est loin d’être le cas dans ce roman. De manière générale, les relations entre les personnages — tous les personnages — sont très superficielles.
J’ai écouté ce livre et j’ai davantage apprécié la performance de la lectrice, Axelle Bossard, pour ce tome que pour le premier. J’ai passé un bon moment avec la partie enquête de ce roman et j’espère que la suite sortira aussi en audio, sinon je la poursuivrai en numérique. C’est une bonne série qui a de quoi ravir les amateurs d’énigmes.
Si vous connaissez bien l’œuvre de Christie, il y a fort à parier que vous devinerez à l’avance certains rebondissements, mais ça n’est pas un problème car cela fait partie du jeu de piste, vous ne vous en sentirez pas frustré, bien au contraire.

mardi 14 mai 2024

Witch War ; Article 3 : On ne se montre pas

Un roman d'Émilie Chevalier, Laurence Chevalier et Sienna Pratt. Publié chez Black Queen. Disponible en version audio chez Audible.

Mon avis sur le premier et le deuxième tomes.


Tout va de mal en pis pour notre trio de sorcières. Elinor et Sixtine s’opposent ouvertement dans ce qui promet d’être le début d’une guerre et même l’identité ainsi que les motivations de leur ennemi enfin sorti de l’ombre ne semblent pouvoir les rassembler sous une même bannière. Le conflit entre les trois races magiques est inévitable, mais qui vaincra ? Et, surtout, nos trois sorcières parviendront-elles à sauver le lien qui les unis malgré leurs différentes allégeances ?
Le précédent tome se terminait sur un cliffhanger de folie, me faisant craindre pour la vie de mes deux personnages favoris. J’avais hâte d’écouter la suite et je n’ai pas été déçue. Ce dernier volume est empli d’action, de retournements de situation et de révélations. Toujours tiraillée entre ses deux meilleures amies, Neeve tente de faire le lien, néanmoins elle doit aussi penser à elle pour une fois. Cela inclut d’enfin mettre au clair ses sentiments, mais aussi une réflexion sur sa nature et ses choix de vie. Choisir entre ses amies pourrait équivaloir à choisir sa propre destinée.
Elinor, quant à elle, est toujours une petite saloperie. J’ai beaucoup de mal avec ce personnage et malgré son évolution drastique et tout ce qui devrait m’enjoindre à l’apprécier, je n’arrive à voir que sa mesquinerie. Elle est d’une hypocrisie crasse. Son compagnon n’aide pas, il est tout aussi exaspérant.
En revanche, j’ai adoré Sixtine dans ce tome. On comprend un peu mieux son attitude. Elle est sans cesse tiraillée entre sa nature de vampire, exacerbée par Drake, et son ancienne vie grâce au lien qu’elle essaie désespérément de maintenir avec ses amies. Je me suis demandé tout du long quelle part d’elle l’emporterait et j’ai beaucoup aimé la profondeur de son personnage.
Avec Sixtine, Nancy est l’autre bonne surprise de ce tome. Cette petite vampire désinvolte apporte un indéniable plus à l’histoire et aurait mérité qu’on s’attarde encore davantage sur son histoire.
L’alternance des points de vue permet de profiter pleinement de l’histoire et des personnages. J’admets avoir un faible pour ce type de narration, même si on apprécie forcément certains personnages plus que d’autres.
Ce dernier tome clôt parfaitement la trilogie, avec une fin douce-amère et néanmoins satisfaisante. J’ai passé un excellent moment avec ces romans et je relirai probablement ces trois autrices.

jeudi 25 avril 2024

Witch Vampire : Article 2 : On ne trahit pas

Un roman d'Émilie Chevalier, Laurence Chevalier et Sienna Pratt. Publié chez Black Queen. Disponible en version audio chez Audible.

Mon avis sur le premier tome.


Attention, cette chronique révèle une partie des événements du tome précédent.

Le premier tome m’avait laissé un goût d’inachevé, comme un film coupé en plein milieu. J’ai donc enchaîné avec le deuxième. Je fais rarement cela, mais en l’occurrence cela se justifie et je vous conseille d’en faire autant.
Avec ce tome, on entre enfin dans l’action. Ce n’est pas qu’il ne se passait rien dans le précédent, mais les enjeux m’ont parus bien plus concrets. Il faut dire que notre trio de sorcières est dans une situation très délicate. Elles sont accusées d’avoir enfreint la première des trois lois en se mélangeant aux loups et même si c’était pour survivre, elles risquent d’être privées de leurs pouvoirs ou condamnées au bûcher. La situation est d’autant plus grave que les événements récents les ont séparées. Elinor a choisi sa vie et se lave les mains des conséquences, Sixtine est encore très marquée par son emprisonnement et le choix d’Elinor ne fait que la conforter dans l’impression qu’elle a eu d’être abandonnée par son entourage. Quant à Neeve, tiraillée entre les deux et ses propres angoisses, elle ne sait que faire pour apaiser les tensions tout en sauvant leur peau.
Au-delà des problèmes personnels des trois filles, on en apprend aussi davantage sur le meurtre qui les a placées sur la sellette ainsi que sur les morts suspectes dont a souffert la meute. Certaines choses m’ont semblé évidentes, comme l’implication d’un personnage secondaire, et d’autres moins. J’ai apprécié cette partie de l’intrigue, d’autant plus qu’elle est portée par Neeve et Lennox, mes deux personnages préférés, qui mènent l’enquête.
En revanche, suivre les autres personnages s’est révélé un rien plus compliqué.
Si dans le précédent tome Elinor avait joué avec mes nerfs, j’ai pensé durant les premiers chapitres que ce serait au tour de Sixtine dans celui-ci. Elle était si centrée sur elle-même, égoïste et imperméable à la souffrance des autres que j’avais envie de la secouer. Son traumatisme ne justifie qu’en partie son manque d’empathie. J’entends bien qu’elle aussi a des besoins et le droit de l’exprimer, mais se rend-elle vraiment compte de ce qui se passe autour d’elle ? Elle est exécrable avec tout le monde, elle ne comprend pas que les autres ne sont pas à sa disposition. Elle aurait dû apprendre de ses erreurs, son impulsivité lui ayant déjà joué des tours, mais en fait non, elle préfère chouiner. Elle ne se rend pas bien compte de ce qu’a fait Robin pour elle et elle est incapable d’accepter les choix des autres. Pour elle, une Elinor dépressive mais avec elle, serait préférable à une Elinor heureuse ailleurs. C’est assez triste. J’aurais mieux compris une telle attitude venant de la part d’Elinor qui était profondément dépressive. Sixtine est censée avoir la tête sur les épaules. Elle a certes vécu une captivité éprouvante, mais elle doute si facilement de son entourage...
Quant au vampire qui lui tourne autour… Non, vraiment pas. Je pensais que j’en avais définitivement marre de Sixtine, mais j’ai revu mon opinion à son sujet de manière drastique. Les autrices m’ont retournée comme une crêpe en lui offrant un développement d’une grande profondeur. Cela ne la rend pas plus sympathique, cependant elle est le personnage qui évolue le plus dans ce tome. Cela force l’intérêt et je me demande vraiment où cela va nous mener dans la suite.
Elinor, quant à elle, demeure le personnage pour lequel je m’implique le moins. Elle a trouvé sa place. Je ne l’aime toujours pas, mais la voir heureuse et enfin confiante en elle-même fait plaisir. Elle était réellement en souffrance dans le tome précédent, je peux comprendre qu’elle veuille passer à autre chose. On sent qu’elle aime toujours sa famille et ses amis, mais elle est mieux loin d’eux, aussi triste et égoïste que cela puisse paraître. J’aurais tout de même aimé comprendre ce qui avait déclenché et nourri sa dépression car honnêtement elle s’en est sortie d’un claquement de doigts, ce qui est peu vraisemblable. La désintox brutale c’était déjà quelque chose, mais elle avait été aidée par un guérisseur. Néanmoins, on ne guérit pas une profonde dépression juste en se trouvant un mec. L’abus de cachets n’était pas son principal problème, or la racine du mal semble avoir totalement disparu en même temps que l‘addiction. La Elinor de ce tome n’est pas cohérente avec celle du précédent. Elle n’arrivait pas à se faire obéir par une classe de gamins, mais elle met des loups à terre en haussant le ton ? Mouais…
Je n’adhère toujours pas à son histoire avec Karl. Ils ont l’air shootés aux endorphines et ne partagent rien à part du sexe. J’aurais aimé les voir construire une vraie relation au-delà de leur coup de foudre. Cependant il n’en est rien. Ils baisent et se lancent des regards énamourés. Leur histoire est d’une platitude et d’un ennui… Mais je crois que c’est leur hypocrisie qui m’agace le plus en fait. Les règles valent pour les autres, mais pas pour eux. Ils ont beau avoir des moments d’altruisme et de courage qui donnent le change, cela ne fait pas oublier qu’ils ne se sont pas toujours souciés de ce qu’il adviendrait de gens qu’ils prétendent aimer, du moment que ça se passe bien pour eux.
Autant dire que je vivais pour les chapitres de Neeve et Lennox qui sont toujours mes chouchous. Et j’ai tremblé pour eux de trop nombreuses fois à mon goût !
Neeve fait peut-être des choix discutables et elle est souvent à l’ouest, mais elle reste la plus saine de ces filles et la plus tolérante. Tout ce qu’elle veut c’est le bonheur des gens qui l’entourent et elle respecte leurs choix. Les deux autres sont davantage dans le jugement, surtout Sixtine.
L’histoire de Neeve et Lennox est attendrissante. On sentait déjà de l’amour entre eux, malgré la distance, dans le premier tome, mais là on comprend enfin comment et pourquoi ils se sont éloignés. Je n’avais qu’une envie : qu’ils puissent enfin se parler et se retrouver.
Pour nos trois sorcières, c’est le moment de faire des choix drastiques. Vont-elles s’éloigner définitivement ou se retrouver dans l’adversité ? Même si elles ont souffert des récents événements, j’ai trouvé que leur amitié vacillait un peu trop facilement.
La fin m’a séchée et rattrape tout ce qui m’a agacée dans ce tome, cependant, elle ne m’en a pas moins brisé le cœur. Les autrices ont faits des choix risqués, cela promet pour la suite. Je n’ai plus qu’une chose à faire, lire le dernier volume. 

vendredi 19 avril 2024

Witch Wolf : Article 1 : On ne se mélange pas

Un roman d'Émilie Chevalier, Laurence Chevalier et Sienna Pratt. Publié chez Black Queen. Disponible en version audio chez Audible.



Je n’attendais pas grand-chose de cette audio-lecture et j’ai été agréablement surprise. L’urban fantasy est un genre galvaudé qui, bien souvent, nous sert le même schéma répété ad nauseam. Avec cette trilogie, les autrices ont choisi de se jouer des poncifs et de sortir un peu du cadre. J’ai trouvé cela rafraîchissant.
Les héroïnes ne sont pas parfaites, bien loin de là. Sixtine est la plus sage du trio et souvent la voix de la raison quand ses amies déconnent, mais elle n’est pas sans failles. J’ai aimé ce personnage qui ne fait pas toujours de bons choix, mais qui essaie de rester fidèle à ses valeurs. Neeve, quant à elle, est complètement allumée, et aussi bizarre que ça paraisse elle en est devenue ma préférée J’ai hâte d’en savoir plus sur son passé commun avec l’un des personnages masculins. Enfin on en arrive à Elinor, mon problème majeur dans cette histoire. Elle m’a tapé sur les nerfs et je n’ai même pas réussi à compatir à ses malheurs. Elle a beau évoluer au fil du récit, le mal était fait, je ne suis pas parvenue à m’attacher même si elle mériterait toute mon admiration. En fait, je n’ai pas réussi à croire en elle et en son histoire. Quand son mec est entré en scène, cela n’a rien arrangé, il m’a exaspérée encore davantage.
Les personnages masculins sont en retrait dans la narration par rapport aux féminins et on n’en sait pas encore assez sur eux pour vraiment les cerner. Néanmoins, Lennox et Robin ont piqué mon intérêt. Lennox est le plus secret des deux et je suis très curieuse de connaître son histoire.
Le roman multiplie les points de vue, ce qui le rend d’autant plus agréable à l’écoute, chaque personnage ayant son narrateur attitré. On peut ainsi connaître les pensées et mieux comprendre la personnalité ainsi que les choix des personnages principaux. Cependant, le revers de ce choix narratif se révèle lorsque l’on ne supporte pas l’un d’entre eux. Quand j’en arrivais à Elinor et Karl, je passais les chapitres en accéléré, je l’avoue.
J’ai apprécié ce roman qui s’écoute vite, mais l’intrigue manque pour l’instant un peu de substance. Pour moi, il ressemble davantage à une longue introduction qu’à un premier tome. Je pense que c’est le genre de trilogie qu’on doit lire d’une traite, ce premier volume est loin d’être autosuffisant. Qu’à cela ne tienne, je vais commencer le deuxième, pour l’instant je me sens plutôt bien dans cet univers.

mardi 2 avril 2024

Panique à Wahlbourg, Bigoudis & petites enquêtes T1

Un roman de Naëlle Charles, publié chez Archipoche et chez Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Sébastien Desjours et Eve Reinquin.


Dans ce cosy mystery à la française, on suit Léopoldine, trente-six ans et maman de deux ados insupportables. Elle a toujours rêvé d’être flic mais est devenue coiffeuse. Oh, elle aime bien son travail, mais ça manque un peu de piquant à son goût. Alors quand elle trouve le corps d’une de ses connaissances dans le parking de l’hypermarché, elle est bien décidée à se mêler de l’enquête. Oui, dit comme ça, Léopoldine a tout l’air d’une écervelée. Cependant, elle ne l‘est pas. Elle prend certes des décisions discutables parfois, mais elle n’en est pas moins intelligente quand elle veut.
Son partenaire d’investigation, Quentin Delval, rêvait aussi de devenir gendarme, mais une sanction disciplinaire l’a placé contre son gré dans la petite ville alsacienne où a grandi Léo. Il a beau être gradé, il manque cruellement d’expérience et même s’il fait sa tête de cochon au début, il est bien content d’avoir l’aide de Léo. Quentin peut sembler détestable au début, mais si on arrive à passer outre les premiers chapitres, on se rend vite compte qu’il n’est pas si mal.
J’ai bien aimé la dynamique entre ces deux personnages qui semblaient pourtant très mal partis. Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés, l’autrice ne leur a épargné aucun cliché. Léo prend particulièrement cher avec son horrible famille. Cela semble la norme dans les cosy, mais au moins elle se rebiffe, contrairement à d’autres héroïnes qui persistent à se laisser marcher dessus. 
L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais reste plausible, même si très perchée sur la fin. J’ai surtout aimé l’ambiance de petite ville et les personnages malgré les poncifs. Le tout est quand même assez répétitif. Les ados, qui font office de ressort comique, deviennent vite lourds à la longue.
J’ai choisi la version audio de ce roman et je pense que j’ai bien fait. Elle se prête particulièrement bien à la narration choisie par l’autrice qui s’adresse souvent directement au lecteur. Je n’aurais pas eu la même patience avec la version écrite, d’autant que le style est assez simpliste. Les narrateurs ont fait un excellents travail et je crois qu’ils ont contribué à me rendre les personnages sympathiques. Ce n’était pas gagné, Léo et Quentin peuvent se montrer très arrogants au début, mais on apprend à les aimer petit à petit.
C’était sympa, mais sans plus. J’ai envie de donner une chance à la suite pour voir comment les personnages vont évoluer, mais ce ne sera pas dans l’immédiat.

jeudi 22 février 2024

Ils étaient sept

Un roman de C. A. Larmer, publié chez Le Cherche-Midi.
En audio chez Audible, lu par Axelle Bossard.


Sur un coup de tête, Alicia décide de fonder un club de lecture de polars — de préférence pour les fans d’Agatha Christie — et passe pour cela une annonce dans un journal car elle a envie de le faire à l’ancienne. Les gens qu’elle parvient à réunir sont tous d’horizons très différents, mais semblent enthousiastes. Néanmoins, certains d’entre eux n’auraient-ils pas des choses à cacher ?
Ils étaient sept est le genre de roman dans lequel le lecteur peut chercher la résolution du mystère avec les personnages car il y a une vraie enquête, avec des indices, des recherches et des interrogatoires. On n’arrive pas à la conclusion par hasard mais par un lent travail d’investigation. Cela me tient à cœur ; c’est tout ce que j’aime dans les polars.
Le lecteur a un tout petit peu d’avance car il a une vue d’ensemble et l’accès à deux ou trois scènes sibyllines que les personnages ignorent, cependant ces dernières ne changent pas grand-chose. Pour autant, j’ai trouvé la fin du roman un peu longue parce que j’avais compris depuis longtemps où on voulait m’emmener. Cependant, l’intrigue est très bien construite et je dois plus certainement ma compréhension de l’ensemble à des connaissances extérieures au roman. C’est toujours un peu pénible quand les personnages ne font pas des connexions qui nous semblent évidentes, néanmoins c’est plausible dans le cas présent et c’est ce qui importe. En effet, ils ne peuvent pas se rappeler de tout, surtout quand l’information leur a été donné juste en passant par un tiers et semble sur le moment de l’ordre du détail.
J’ai aimé enquêter avec ces personnages, mais je ne les ai pas tous appréciés, en particulier Alicia. Comme elle est le personnage principal, c’est un rien problématique. Alicia reproche à d’autres leur snobisme (notamment littéraire), mais elle-même a le jugement facile et péremptoire. Elle préfère se borner à ses préjugés que de les dissiper par la communication et a des idées très arrêtées sur à peu près tout et tout le monde. Elle se montre moralisatrice et parfois désobligeante, même avec sa sœur. J’ai beaucoup de mal avec ce type de caractère. Je me serais en outre bien passée de son début de romance qui, en plus d’enliser le récit, est assez mal amené. Cela étant, les personnages secondaires compensent un peu. Certains sont très hauts en couleur et ils ne servent pas que de faire-valoir à Alicia.
L’enquête est ce que j’ai le plus apprécié dans cette audiolecture. Cependant, j’ai aussi aimé le changement de décor. L’action se déroule en Australie.
On peut apprécier ce roman sans être fan de Christie, mais connaître sa vie et certains de ses ouvrages les plus célèbres apporte un petit plus. On appréciera davantage les références glissées au fil du texte. Je tiens cependant à saluer l’autrice qui n’a pas lâché un seul spoiler. On aurait difficilement pu le lui reprocher vu l’ancienneté des romans, mais cela montre son respect et son amour pour l’œuvre de Christie ainsi que son envie de la partager. Je lui pardonne donc d’être, comme son personnage principal, souvent assez snob dans d’autres domaines.
La qualité du livre audio n’est pas fameuse. Il y a des coupures et la lectrice bute parfois sur des mots pourtant pas si alambiqués. On l’entend aussi beaucoup renifler, ce qui peut être agaçant pour les personnes sensibles aux bruits parasites. Je pense néanmoins découvrir aussi le deuxième dans le format audio. Je veux voir ce que l’autrice va faire de ses personnages et j’aime la façon dont elle a construit sa première enquête, donc j’ai de l’espoir pour la suite.

jeudi 15 février 2024

Randonnée mortelle, Agatha Raisin 4

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Pour mon avis sur les autres tomes de la série vous pouvez consulter le tag ou mon index des auteurs pour les voir dans l'ordre chronologique.


Après un séjour à Londres bien trop long à son goût, Agatha est de retour dans son village des Cotswolds. Et bien sûr elle retombe vite dans ses habitudes, notamment celle de traquer son séduisant, et néanmoins peu réceptif, voisin. Alors quand une de ses voisines lui demande de l’aide au nom de sa nièce, Agatha y voit une bonne occasion d’entraîner de nouveau James dans son enquête pour passer plus de temps avec lui. Et là, je dois admettre qu’elle fait fort ! On peut dire beaucoup de choses d’Agatha, mais elle a de la suite dans les idées.
J’ai moins apprécié ce tome que les précédents, sans doute car les personnages auxquels il s’attache sont plus antipathiques les uns que les autres. Une part de moi, très paradoxale, a aimé les détester, toutefois ils n’en deviennent pas moins très vite pénibles au fil des pages.
Dans cette série, les personnages, surtout secondaires, sont toujours un peu caricaturaux, mais dans ce tome ils le sont particulièrement. Cependant, je ne peux nier qu’il est plutôt drôle et qu’il se lit très vite. La résolution de l’enquête, en revanche, est davantage due au hasard qu’aux efforts d’Agatha. Il faut dire qu’elle se concentre davantage sur la séduction de James que sur une enquête dont elle se fiche éperdument.
Leur relation semble enfin prête à évoluer dans ce volume et c’est tant mieux. Cependant, rien ne se passe jamais comme Agatha l’attend et c’est d’autant plus amusant pour le lecteur.
M. C. Beaton savait accrocher son lectorat malgré des enquêtes un peu faciles. Cela passe principalement par le développement subtile des personnages principaux. Si le cortège de personnages secondaire est là pour apporter une touche de ridicule, Agatha, elle, demeure attachante. On s’implique dans son devenir, même si on se moque un peu d‘elle aussi parfois, et on veut savoir ce qui va lui arriver.
Je vais faire une petite pause dans cette série pour ne pas me lasser, mais je ne doute pas qu’elle sera courte.

vendredi 9 février 2024

Pas de pot pour la jardinière, Agatha Raisin T3

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Pour mon avis sur les autres tomes de la série vous pouvez consulter le tag ou mon index des auteurs pour les voir dans l'ordre chronologique.


Agatha a une nouvelle rivale, qui non contente d’être plus jeune et mince a l’outrecuidance de bien cuisiner ainsi que d’être une jardinière hors paire ! Cela lui vaut d’avoir les honneurs de la société d’horticulture et donc l’attention de James Lacey, le voisin sur lequel Agatha a jeté son dévolue. Que faire alors ? Se mettre au jardinage ! Sauf qu’Agatha et le jardinage ça fait deux… En revanche, elle est douée pour trouver des cadavres.
Ce roman est plutôt drôle et j’ai particulièrement aimé voir notre peau de vache préférée tenter de tirer son épingle du jeu. Agatha n’est pas une bonne personne, mais ça fait partie de son charme. De même que le lecteur s’attache à Agatha malgré ses défauts, les villageois ont fini par l’adopter, pourtant elle n’en a pas réellement conscience et cela la rend touchante d’une certaine façon.
Le meurtre arrive tard, toutefois ce tome nous permet une bonne plongée dans le village et la psyché des habitants. On en apprend beaucoup plus à leur sujet, d’autant qu’un des personnages a l’art de frapper là où ça fait mal. 
C’est typiquement le genre de roman qu’on lit pour son ambiance. L’enquête fait partie du décor, mais je dois admettre que dans celui-ci elle n’est pas trop mal ficelée. J’ai surtout apprécié le développement des personnages ainsi que de leurs relations.
Ce fut une audiolecture très distrayante et je ne lui en demandais pas plus.

jeudi 1 février 2024

Un Casse en Enfer, Paris des limbes T2

Un roman de C.C. Mahon, publié chez Allure pour la version papier.
Exclusivité Kindle pour la version numérique
Exclusivité Audible pour la version audio, lue par Julien Allouf.



Après un premier tome tout en courses contre la montre et chassés-croisés, je me demandais où l’autrice allait me mener cette fois. Pourquoi pas jusqu’en Enfer ? Pour cambrioler un train, tant qu’on y est. Et franchement, c’était cool. Elle a joué à fond la carte du western et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer.
On suit cette fois Zagan, l’ange déchu, et ce fut un plaisir d’en apprendre davantage sur ce personnage. Dans le premier tome, on ne l’a vu qu’à travers le regard de Germain et, même si ses actes laissaient envisager plus de complexité dans son caractère que ne le supposait le vampire, j’avais hâte de le voir évoluer en personnage principal. Et j’ai adoré le suivre. Je crois bien que c’est lui mon perso préféré dans cette série déjantée. Ce n’est pas peu dire, étant donné qu’ils ont tous un sacré potentiel.
Germain est toujours présent, avec Chaton dont on apprend enfin l’origine. Zagan en narrateur met au jour de nouvelles strates dans la personnalité du vampire. Ce dernier reste cohérent avec lui-même, cependant il avait tendance à vouloir cacher ses faiblesses (même si le lecteur n’est pas dupe) et Zagan les expose sans pitié.
Romane m’a manqué dans ce tome où elle est juste évoquée, néanmoins j’ai bon espoir de la retrouver dans la suite. J’espère aussi revoir certains des frères de Zagan qui ont beaucoup apporté à ce tome. Mais l’ajout notable à cette équipe de bras cassés est sans aucun doute Anastasia. Elle peut sembler exaspérante par moment, mais fait aussi preuve d’une admirable force de caractère. C’est un personnage dont j’aimerais beaucoup voir l’évolution.
J’ai cette fois encore préféré la version audio et je trouve toujours que la lecture de Julien Allouf apporte énormément de caractère à l’histoire. Ce fut un réel plaisir de l’écouter.
Cette série qui ne payait pas de mine au départ a capté et gardé mon attention aisément (ce qui n’est pas rien en ce moment). Je vais bien sûr poursuivre, probablement en numérique puisque la suite n’est pas sortie en audio, et je pense même jeter un œil aux autres écrits de l’autrice.

mardi 30 janvier 2024

Un Remède de cheval, Agatha Raisin T2

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Mon avis sur le tome 1.


Ma lecture du premier tome date de 2020 et je ne sais pas pourquoi j’ai tant attendu pour lire la suite car j’en garde un très bon souvenir. J’avais apprécié ce que proposait l’autrice, les bases qu’elle posait pour sa série et surtout son personnage principal sortant de la norme.
Agatha n’est pas sympathique. C’est une peau de vache, plutôt grossière quand elle s’énerve, mesquine, un rien manipulatrice et sa moralité est pour le moins élastique. Pourtant on l’aime quand même. Cela peut prendre un peu de temps, mais on finit par s’attacher, par voir davantage ses bons côtés et même apprécier ses défauts. Et puis elle est très drôle. Cela nous change de la jeune femme parfaite que la littérature glorifie d’ordinaire.
C’est le genre de roman qu’on lit vraiment pour se détendre. Même si dans cette série de cosy mysteries les enquêtes sont relativement bien construites, elles restent un élément de décor. Les personnages font tout le boulot. On s’investit dans leurs petites histoires. On déambule dans le village et on en glane les secrets, parfois honteux. C’est bien écrit, tout en n’étant pas le genre de roman qui marquera votre vie.
Dans ce tome, un nouveau vétérinaire arrive dans le village et toutes les femmes du coin s’en entichent aussitôt. Agatha, qui ne parvient pas à séduire son voisin, va jeter son dévolu sur lui. Mais n’a-t-il rien à cacher ? 
J’ai ri d’un bout à l’autre de cette écoute. Oui, j’ai choisi de passer au format audio pour cette série. En ce moment, j’ai envie de cosy mysteries. C’est la saison, me direz-vous. Or, je préfère écouter ce genre de livres plutôt que les lire et même s’il commence à y avoir plus de choix dans ce format, je suis souvent un peu déçue par ce qu’on me propose. Mais Agatha est une valeur sûre. À dire vrai, j’ai tellement apprécié que j’ai presque aussitôt enchaîné avec les troisième et quatrième tomes et cela ne m’a pas lassée, loin de là !

jeudi 25 janvier 2024

Comment bien rater son mariage à Noël

Un roman de Lucie Castel publié chez Saga Egmont pour la version audio, lu par M. J. Gilbert. Disponible en poche chez Charleston.


J’ai choisi ce titre dans la sélection des livres audio gratuits sur Audible parce que j’aime bien Lucie Castel et que j’avais besoin de quelque chose de léger. Cela n’est pas indiqué sur la page du livre audio, mais il s’agit d’un deuxième tome. Le premier, Pas si simple, n’existe pas dans ce format. Vous pouvez cependant écouter Comment bien rater son mariage à Noël sans vous perdre en route car l’autrice résume les événements du premier tome au fur et à mesure.
Une semaine avant Noël, Scarlett est censée boucler les préparatifs de son mariage, mais bien sûr rien ne va se passer comme prévu. Honnêtement, si elle avait prêté attention aux circonstances dans lesquelles avait été faite la demande en mariage, elle aurait dû s’y attendre. J’dis ça, j’dis rien… Entre sa mère (qui elle sait reconnaître un présage quand elle en voit un. Ou pas...), sa sœur qui plane, son beau-frère envahissant, son fiancé qui passe son temps au travail, les tantes qui débarquent de Corse après une décennie de guerre froide, sans parler du reste de sa belle-famille, elle était de toute façon mal barrée.
Si la pauvre Scarlett n’a pas fini d’en voir, cela reste très drôle pour le lecteur/auditeur, mais aussi émouvant parfois. Entre les lignes et les clichés dont on se moque sont abordés des sujets plus sérieux. Lucie Castel est certes drôle, mais elle a une vision du monde bien a elle, sensible et intelligente, et c’est ce que j’aime chez cette autrice.
Pour ce roman, elle a créé une belle galerie de personnages et j’ai aimé apprendre à les connaître.
Comment bien rater son mariage à Noël est une comédie agréable à lire pendant les vacances de fin d’année, pour se détendre et rire un peu. J’aime beaucoup l’humour de Lucie Castel et la lectrice, M.J. Gilbert, fait un excellent boulot. Elle apporte beaucoup de vie à l’histoire.
Je crois que j’aurais davantage apprécié mon écoute si j’avais lu Pas si simple avant. Je ne sais pas si je le lirai, je crois que je connais un peu trop les personnages et l’histoire maintenant, mais j’aimerais bien une suite avec des personnages secondaires. Ils ont en grand potentiel. En tout cas, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

samedi 9 décembre 2023

S.O.S. fantômes en détresse, Ivy Wilde T3

Un roman d'Helen Harper, en version audio chez Hardigan. Lu par Léa Issert.

Vous pouvez aussi consulter mes chroniques sur le premier et le deuxième tomes.


Si vous n’avez pas lu le deuxième tome, ne lisez pas cette chronique.

J’étais très impatiente de voir où allaient nous mener les événements du précédent tome et je n’ai pas été déçue ! Ce volume est vraiment le meilleur des trois. J’ai beaucoup ri mais ai aussi été émue par certains personnages. Je n’ai pas vu le temps passer.
Dans ce tome, Ivy et Winter tentent d’arrêter un tueur en série. L’enquête est intéressante, pas haletante mais bien ficelée. L’une des caractéristiques de cette saga que j’apprécie est justement que l’autrice évite les facilités scénaristiques. L’évolution de l’histoire et les rebondissements sont toujours crédibles, même si elle grossit parfois le trait dans la caractérisation de ses personnages.
J’ai également aimé voir Ivy et Winter chercher leurs marques en tant que tout jeune couple et se dépatouiller l’une avec ses nouvelles capacités, l’autre avec sa nouvelle vie en dehors de l’ordre. Ce sont des personnages très attachants et délicieusement imparfaits.
Ivy est fidèle à elle-même, malgré quelques petites améliorations, enfin si l’on peut le dire ainsi… Ce n’est clairement pas elle la plus traumatisée par ses dernières mésaventures. Elle prend ce qui lui arrive avec plus de calme que je ne l’aurais cru, mais toujours beaucoup d’humour. J’adore cette jeune femme à la fois marrante et intelligente. Cela nous change des damoiselles en détresse. Ivy se met toujours dans des situations inextricables, mais au moins elle utilise son cerveau pour tenter de s’en sortir.
À côté d’elle, les personnages secondaires manquent un peu d’épaisseur. J’ai notamment regretté que le méchant de l’histoire n’ait pas un background plus étoffé. Toutefois, on n’a pas vraiment besoin non plus de justification pour être un psychopathe. Et puis certains personnages contrebalancent cela par leur vulnérabilité. J’ai beaucoup apprécié Clare, que j’ai trouvée très touchante et si… humaine, je crois, dans ses idées fixes, ses petites angoisses et ses maladroites tentatives pour s’accommoder de sa situation. En revanche je pense que les personnages récurrents, comme Ève et Tarquin, mériteraient de sortir un peu de leurs archétypes, même si le second est très drôle et qu’on adore s’exaspérer de son égocentrisme autant que de sa stupidité.
Après Ivy, et presque à égalité avec Winter, le personnage le plus développé est indéniablement Brutus et je dois dire que je l’ai particulièrement apprécié dans ce tome. Il apporte vraiment un truc en plus à cette série et pas seulement en tant que ressort comique.
J’ai passé un excellent moment avec ce roman et je regrette que la série ne soit pas plus longue. Il ne me reste qu’une novella avant de dire au revoir à ces personnages et je vais la savourer.

mardi 17 octobre 2023

Meurtres et cupcakes au caramel - Les enquêtes d'Hannah Swensen T5

 Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.


Chroniques des tomes précédents :



On retrouve Hannah en automne en train de préparer Halloween et Thanksgiving. C’est une bonne saison pour ce type de roman car cela participe à l’aspect douillet du récit, d’autant que l’autrice nous offre au passage quelques recettes appétissantes qui aident à se mettre dans l’ambiance.
Comme toujours Hannah a beaucoup à faire avec son travail et sa famille. Sa sœur est enceinte et son beau-frère se présente aux élections pour le poste de shérif. Elle prépare aussi un livre de cuisine avec l’aide de ses voisines et l’une d’elles a mis la main sur une recette que sa belle-mère avait toujours refusé de lui donner de son vivant. Toutefois ladite recette comporte un ingrédient secret et c’est l’occasion pour le lecteur de faire tourner ses méninges en compagne d’Hannah et Lisa. Je dois dire que j’ai apprécié cette chasse à l’ingrédient mystère davantage que l’enquête sur le meurtre. Celle-ci est néanmoins plutôt bien construite quoique poussive. Hannah doit encore une fois se mêler des affaires de la police pour pouvoir innocenter l’un de ses proches et elle a toujours du mal à voir plus loin que le bout de son nez.
J’avais détesté le précédent tome, celui-ci est un peu mieux, néanmoins Joanne Fluke devrait quand même se renouveler, dans le fond comme la forme. Je me demande parfois si elle a fait une liste dont elle coche les entrées à chaque tome. On a de nouveau droit aux mêmes répétitions sur le chat qui est obsédé par la nourriture et les appels matinaux de l’insupportable mère, les mêmes réflexions sur les mêmes voisins... Ce sont des pages vite remplies et c’est lassant. Le schéma de l’histoire ne varie jamais non plus, tant et si bien qu’à la fin on se prend d’envie qu’Hannah y passe pour de bon tant c’est exaspérant de la voir toujours tomber dans le même piège. Les lecteurs ne sont pas aussi oublieux que l’héroïne, même sans enchaîner les tomes. On n’est pas des poissons rouges !
Le pire demeurant bien sûr le triangle amoureux le moins sexy de toute la littérature à travers les âges. Tout ça parce que Joanne Fluke persiste à penser qu’une femme non mariée est un problème à régler et que même si ça l’arrange pour l’instant qu’elle soit célibataire (et qu’elle le reste), il faut qu’on sache que son personnage est hétérosexuel et désirable. C’en est assez ridicule. Hannah n’aime pas Norman mais voudrait qu’il la demande en mariage, essentiellement pour sa maison. Elle continue cependant de fréquenter Mike, ce qui se résume à aller au resto de temps en temps avec lui et à lui rouler une pelle une fois par roman. Malgré les tentatives de l’autrice pour nous faire croire qu’il y a entre eux une attirance brûlante, ils ont ensemble la sexitude d’un fascicule promotionnel de supermarché.
Je suis team Norman, si tant est que je prenne la peine de me poser la question. Il a le même humour de merde qu’Hannah et ils sont compatibles sur bien des plans. Pourtant je sais qu’elle ne finira jamais avec Norman parce qu’elle semble éprouver envers lui le même enthousiasme qu’un enfant devant une assiette de brocolis vapeur. Toutefois. il est intelligent et sympathique. En outre, il ne la traite pas comme une faible femme (et c’est sans doute pour ça qu’elle ne l’aime pas, cette crétine). Mike est un bourrin qui n’a pour charme que son physique (et encore faut-il avoir les goûts d’Hannah qui kiffe les bûcherons moustachus bas de plafond). C’est un macho exécrable. 
Ce qui m’exaspère le plus est que je ne pense pas que l’une de ces relations soit vouée à évoluer. Je sens bien que l’autrice va nous sortir un autre homme de son chapeau à un moment ou un autre, probablement dans le dernier tome de sa série. Elle ne fait que meubler. Et si c’est le cas, ce serait vraiment se foutre de la gueule de ses lecteurs...
Joanne Fluke a des principes plutôt vieillots sur l’amour, sur le mariage et sur le fait qu’il faut laisser les hommes croire qu’ils sont plus intelligents que les femmes. Bon, Hannah n’étant pas très futée (elle bat son propre record de bêtise sur la fin cette fois), c’est dire à quel point les hommes en question sont abrutis… C’est pénible à force. Et j’aimerais aussi que pour une fois l’assassin soit plus nuancé, qu’il ait une conscience et des sentiments humains malgré l’horreur de ses actions. Que certains n’aient pas de scrupules, je le comprends, mais tous ?!
De manière générale, les personnages sont assez caricaturaux, toutefois ils restent l’intérêt principal de cette série, avec l’ambiance. On en aime certains, on en déteste d’autres, mais on a envie de les voir évoluer, même si ça se fait très lentement. J’aime beaucoup la relation d’amitié entre les deux sœurs. Elles sont très différentes mais elles commencent à mieux vivre avec ça et elles se soutiennent de plus en plus. Bon, Hannah devrait quand même faire gaffe, elle ressemble de plus en plus à sa mère… Elle est extrêmement dirigiste et critique envers ses sœurs.
Malgré tout, ce roman se laisse écouter. Flora Brunier, qui interprète la version audio, fait de gros efforts pour rendre cette histoire vivante et c’est tout à son honneur. 
Cette série ne casse pas trois pattes à un canard, c’est le genre de truc qui m’occupe bien quand je tricote ou que je fais des tâches ménagères (j’ai besoin de toujours garder mon cerveau occupé un minimum) et il n’existe malheureusement pas tant que ça de cosy mysteries en audio et en français.... 
Cependant, si j’écoute les tomes suivants (ce qui n’est pas gagné… J’étais plus intéressée par la recette de cupcake que par le résumé quand j’ai acheté le livre), je ne les chroniquerai plus. J’ai l’impression d’en dire toujours la même chose et bien que cela soit cohérent avec le contenu, ce n’est pas très utile. On lit des avis quand on hésite à commencer une série ou si elle évolue beaucoup au fil des tomes. Au cinquième, le ton est donné et il est clair que ça ne changera pas de sitôt alors je vais en rester là.

mardi 3 octobre 2023

Le Codex de Paris, Paris des limbes T1

Un roman de C.C. Mahon, publié chez Allure pour la version papier.
Exclusivité Kindle pour la version numérique
Exclusivité Audible pour la version audio, lue par Julien Allouf.



Vampire, mage, détective et homme de main occasionnel d’un baron de la drogue/proxénète parisien qui le fait chanter, Germain Dupré n’a pas besoin de davantage de problèmes dans sa vie et surtout pas d’un démon surgissant de son passé (ni d’une voisine collante et d’un chaton chelou, mais on ne lui demande pas son avis).
Germain est un excellent personnage, de ceux auxquels on s’attache tout en aimant bien les voir galérer. C’est le genre bien-pensant (toute une éducation chrétienne) mais dont la moralité devient vite plus souple quand ça l’arrange. Au fond, c’est un bon gars, alors on lui pardonne d’être un peu tête à claques et un rien chouineur (il n’est pas aidé, faut l’avouer).
Les personnages secondaires ne sont pas de simples faire-valoir, ce qui ajoute à l’attrait du récit. J’ai beaucoup aimé Romane, moins coconne qu’elle n’en a l’air, et j’espère bien pouvoir suivre son évolution au fil des tomes. Quant à Zagan, tout salaud et individualiste qu’il paraît, il est aussi doué de compassion (ou serait-ce une ruse ?). Comme il est le personnage central du deuxième tome, je suis curieuse de voir ce que nous y apprendrons sur sa personnalité car dans le premier on le voit surtout à travers le regard du narrateur, c’est-à-dire Germain, qui a toutes les raisons de le détester et de s’en méfier.
J’ai choisi ce roman un peu au hasard parmi les titres proposés gratuitement dans le cadre de mon abonnement audible parce que j’avais besoin d’une distraction. Je ne l’aurais sans doute pas découvert autrement et cela aurait été dommage car je me suis bien amusée avec cette audiolecture. J’y ai trouvé l’intrigue distrayante, l’humour et l’action dont j’avais besoin ainsi que de plaisantes références historiques, alchimiques et religieuses qui apportent plus de relief à l’histoire.
En outre, Julien Allouf est un excellent lecteur qui donne vie à son récit. Comme il narre aussi le volume suivant, je continuerai la série dans son format audio.

mardi 25 juillet 2023

Meurtres, magie et télé-réalité, Ivy Wilde T2

Un roman d'Helen Harper, en version audio chez Hardigan.

Mon avis sur le premier tome.



Notre sorcière fainéante préférée est bien contente d’avoir repris le cours de sa vie. Pourtant… Est-ce qu’elle ne s’ennuierait pas un peu ? Alors quand on lui propose de se rendre sur le tournage de sa série préférée, elle saute sur l’occasion, même si ça veut dire qu’elle va devoir courir partout. Serait-ce vraiment l’action qui lui manque ou un certain sorcier aux beaux yeux bleus pour lequel elle est prête à oublier un peu sa fainéantise naturelle ?
J’adore Ivy. Elle possède de nombreuses qualités qui en font un personnage attachant, mais c’est sa grande intelligence que je préfère. On nous a trop habitués à des personnages qui se laissent porter par l’intrigue et ne fournissent aucun effort (surtout pas cérébral) pour se sortir d’inextricables situations. Il est toujours extrêmement pénible d’avoir tout compris dès le chapitre 2 et de se traîner à la suite d’un personnage incapable d’établir des connexions pourtant simples ou même de mener une investigation un tant soit peu crédible. Ce n’est pas le cas d’Ivy. Elle a un cerveau et elle sait s’en servir. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elle ne fait jamais d’erreur ou qu’elle résout tous les problèmes en deux secondes. Elle enquête de manière méthodique et elle porte attention à ce qui se passe autour d’elle pour rassembler de vraies preuves. Puisqu’elle narre l’histoire, nous avons accès à toutes ses pensées et donc à son raisonnement, ce qui nous permet de mener l’enquête avec elle.
J’ai beaucoup aimé la suivre en Écosse sur le tournage d’une émission de télé-réalité. Les personnages secondaires ne sont pas mémorables et n’ont pas un grand capital sympathie, mais Ivy et Winter sont là pour faire le job alors je n’ai pas vu les pages défiler.
Ce tome est un peu en-dessous du précédent à mon goût, justement à cause des autres personnages et parce qu’on se lasse vite de l’ambiance plateau de télé qui manque de relief. Cependant j’ai quand même passé un excellent moment avec cette lecture.
La fin est intense et laisse présager un intéressant rebondissement pour la suite. J’ai hâte de lire, ou d’écouter, comment cela va tourner.

vendredi 23 juin 2023

L'enlèvement de Circé - Witch and God T2

Un roman de Liv Stone, en version audio chez Audiolib.
Lu par Charlotte Campana.


Présentation de l'éditeur :

La tension règne toujours parmi les dieux et les sorcières.

Véritable pilier de sa communauté, Circé n'a pas le temps de penser à sa vie sentimentale... et encore moins à Hermès, le dieu des voleurs, aussi insaisissable qu'irrésistible. Qu'importe ce baiser qu'ils ont échangé il y a quelques semaines. Hermès est l'un des Douze, le cercle des dieux les plus puissants de l'Olympe, et un flirt entre eux serait une très mauvaise idée.

Mais lorsque la jeune sorcière est prise d'une vive douleur à la poitrine, son âme se détache de son corps et elle assiste, impuissante, à sa propre mort. Stupéfaite, Circé se retrouve face à Hermès, chargé de la guider jusqu'au royaume d'Hadès et de Perséphone.

Commence alors un voyage sur le chemin brumeux et sombre des Enfers. Dans ce monde aussi surprenant qu'impitoyable, le dieu est le seul allié de Circé. Cette proximité ne fait que renforcer des sentiments que chacun voudrait garder secrets... en particulier dans un royaume où la loi interdit toute relation entre les vivants et les morts.

Les titres des romans qui composent cette série prêtent à sourire. Ils rappellent une longue tradition de romances kitsch et cela aurait pu m’encourager à passer mon chemin si je n’avais été attirée, sans trop d’espoir non plus, par les racines mythologiques du récit. J’avais été agréablement surprise à l’écoute d’Ella la promise. J’y avais trouvé une base mythologique solide et intelligemment développée. L’autrice a su s’inspirer des mythes en profondeur et leur apporter sa propre originalité tout en restant fidèle à leur esprit. Elle ne s’est pas contentée des histoires et personnages les plus connus, bien au contraire et a fourni un beau travail de ravaudage en élaborant son univers. Oui, j’ai écrit ravaudage car c’est l’image qui me semble appropriée. Imaginez un tissage ancien, usé par le temps et troué par les mites. Imaginez une personne avec une aiguille et du fil qui tente de combler les vides, de renforcer la trame aux endroits où elle est devenue trop fine et presque transparente, mais aussi de sublimer l’ouvrage. Certaines de ces réparations se fondent dans le tissu, presque invisibles, et d’autres sont volontairement ornementales afin de donner du caractère à l’ensemble. C’est ce qu’a fait Liv Stone et ce que j’ai aimé dans l’histoire d’Ella ainsi que dans celle de Circé.
Ce deuxième tome avait tout pour éveiller mon intérêt. J’étais plutôt enthousiaste à l’idée d’écouter cette suite, d’autant plus que le volume précédent se terminait sur une révélation très prometteuse, mais surtout j’avais vraiment envie de mieux connaître l’aînée des trois sœurs. Circée est puissante, pragmatique et déterminée, cependant cela ne l’empêche pas de douter, d’avoir des faiblesses et des regrets. Cela change beaucoup de la gentille Ella et j’avoue avoir préféré Circé. En tant que future guide de sa communauté, elle a beaucoup de responsabilités et s’interroge sans cesse à ce sujet. En outre, elle sait que la paix entre les sorcières et les dieux est fragile. Circé, comme le lecteur, brûle de voir les choses changer. Pour autant, tout n’est pas si simple et elle en a conscience.
J’ai aimé ce personnage, même si certains de ses choix (et sa méconnaissance d’une monde qui est pourtant le sien) m’ont parfois étonnée. Elle m’a beaucoup émue lors de certains passages, ce qui a aisément contrebalancé les quelques moments durant lesquels elle m’a fait lever les yeux au ciel. J’ai aimé la suivre et découvrir les Enfers à ses côtés. 
Son histoire d’amour ne m’a pas emballée plus que ça, même si son prétendant ne manque pas de charme.  J’ai aimé les personnages, mais pas vraiment la dynamique de leur relation. Ils badinent, ils se cherchent, et c’est plaisant, néanmoins j’ai eu du mal à croire à leur histoire, même si je voulais les voir ensemble. Enfin, Circé est très attachante et crédible, on veut qu’elle triomphe des aléas de l’existence et c’est le principal.
Avec elle on en apprend beaucoup sur son monde, sans que cela ne sonne comme une leçon d’histoire ou un guide touristique (ce que j’ai pu reprocher souvent à des romans SFFF). J’ai particulièrement apprécié la balade au cœur des Enfers qui nous montre bien l’étendue des connaissances de l’autrice en matière de mythologie grecque. 
Liv Stone a pris plus de liberté avec la mythologie dans ce tome, mais toujours avec avec intelligence. Cela n’est pas à l’avantage de certains personnages et c’est ce que j’ai trouvé intéressant. Elle ne les magnifie pas et laisse de l’ampleur à ce qui en a fait les archétypes que nous connaissons tous.
Je prévois d’écouter la suite dès que le besoin d’une lecture distrayante se fera sentir.

mardi 14 février 2023

Meurtres et tarte au citron meringuée - Les enquêtes d'Hannah Swensen T4

Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.

Chroniques des tomes précédents :

Présentation de l'éditeur : 
Du sucre, de la bonne humeur, et un zeste de mystère... 
Ravis de célébrer le 4 Juillet, jour de l'Indépendance, les habitants de Lake Eden se préparent à faire la fête. Mais au Cookie Jar, la boutique de gâteaux d'Hannah Swensen, l'ambiance n'est pas vraiment au beau fixe. Hannah doit se mettre au régime, son chat lui en fait voir de toutes les couleurs et Norman, son prétendant, s'apprête à acheter une maison pour qu'ils s'y installent ensemble. Ce qui, pour elle, est un peu prématuré. Mais ce quotidien un peu morose va voler en éclats lors de la visite de cette maison. Au milieu des meubles anciens, notre héroïne et sa mère découvrent en effet le corps de la propriétaire, Rhonda Scharf. Et les restes d'un dîner pour deux, avec l'une des fameuses tartes au citron meringuées de chez Hannah. Qui était donc ce mystérieux visiteur, client du Cookie Jar, qui a disparu en laissant un cadavre derrière lui ? Tout le monde déconseille à la jeune femme de s'en mêler. Mais on connaît maintenant Hannah. Comment résister à une nouvelle enquête, surtout si elle commence dans sa propre boutique ?

Avec plus de six millions d'exemplaires vendus dans le monde, les aventures d'Hannah sont devenues un véritable phénomène. Autant vous prévenir tout de suite : ce nouvel ouvrage est hautement addictif. Tout autant que les recettes sucrées du Cookie Jar inclues dans ses pages !
Rien ne va plus à Lake Eden, un cadavre a été trouvé dans la maison que Norman vient d’acheter et ça va retarder les travaux, c’est terrible ! (Hannah et moi on a des priorités différentes faut croire…) Et, autre drame, Hannah doit perdre du poids sous peine de ne jamais trouver un mari. Pour oublier le chocolat, rien de mieux qu’enquêter sur un meurtre !
Je pensais qu’Hannah et moi avions trouvé un terrain d’entente, mais c’était avant d’entamer ce tome qui m’a tapé sur les nerfs d’un bout à l’autre.
Je veux bien passer outre les passages quasiment copiés/collés d’un roman à l’autre, même si honnêtement la routine matinale d’Hannah me gave et que, c’est bon, au bout de quatre tomes j’ai bien compris que son chat essaie par tous les moyens d’ouvrir le placard où sont rangées les croquettes, je n’ai plus besoin qu’on me le répète et je m’en fous. Ceci dit je note un effort de l’autrice cette fois car elle a décidé de troller Hannah lors du traditionnel appel qui l’empêche de partir au boulot et c’est plutôt amusant.
En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à supporter les préjugés d’Hannah sur les tatouages, les filles qui s’habillent de façon légère et tant d’autres choses qui ne la regardent pas. Même quand elle pense soutenir sa jeune sœur, elle montre juste que son esprit est étriqué. Si tu penses « couple mixte », Hannah, c’est que tu n’es pas encore arrivée à bon port… Un couple est un couple, c’est tout, peu importe l’origine ou le genre des personnes qui le composent. Et je ne m’appesantirai qu’à peine sur sa critique constante de ce qu’elle appelle le « politiquement correct » qui fleure bon la boomer attitude. Ce roman a été publié dans sa version originale au cours des années 2000 et est censé se passer à cette époque. Pourtant, on dirait qu’il se déroule dans les années cinquante si on exclut les références, peu nombreuses, aux téléphones portables et aux ordinateurs. Joanne Fluke a le double de l’âge de son personnage et nous le fait bien sentir.
Ajoutons à cela que je suis assez perplexe face aux réflexions d’Hannah sur sa vie amoureuse. Un de ses prétendants construit une maison et elle a peur qu’il la demande en mariage (ce qui ne risque pas d’arriver vu qu’elle n’entretient pas de relation sérieuse avec lui) et quand il ne le fait pas, elle est déçue et… se met au régime. Elle a constaté qu’un de ses pantalons ne lui va plus, donc l’absence de demande en mariage ne peut venir que de cela. Quant à l’autre prétendant, elle oublie systématiquement qu’il se comporte comme un homme des cavernes juste parce qu’il lui fait mouiller sa culotte. Il est vraiment très condescendant et dirigiste, en plus il se permet des crises de jalousie régulièrement alors qu’il l’a prévenue qu’ayant perdu sa femme il ne veut pas de relation sérieuse. Dans le genre masculinité toxique, on ne fait pas mieux, mais apparemment dans le Minnesota, ça s’appelle être viril. C’est déplorable. Et on passe plus de temps à subir ces simagrées, et à glaner des astuces pour être une bonne femme au foyer (le recyclage des pots de confiture c’est important et on a attendu Hannah Swensen pour le savoir), qu’à mener l’enquête.
Parlons-en d’ailleurs de cette enquête… Le hasard, les zones d’ombres, les raccourcis défoncés et les facilités de toutes sortes n’ont jamais été aussi présents que dans ce tome. De surcroît Hannah est toujours aussi lente à la détente et l’autrice ne s’embête même plus à esquisser un semblant de fausse piste. On va droit vers le tueur, mais on ne sait toujours pas ce qu’il faisait là au même moment que sa victime. Je comprends bien qu’on lit ce genre de roman pour se détendre, mais un peu de substance, même dans les arcs secondaires et même si Joanne Fluke et moi n’avons clairement pas les mêmes opinions (c’est son droit), ça ne ferait pas de mal.
Ce tome est celui qui m’a le moins convaincue jusqu’à présent. Je vais faire une pause, probablement très longue.