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mardi 2 avril 2024

Panique à Wahlbourg, Bigoudis & petites enquêtes T1

Un roman de Naëlle Charles, publié chez Archipoche et chez Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Sébastien Desjours et Eve Reinquin.


Dans ce cosy mystery à la française, on suit Léopoldine, trente-six ans et maman de deux ados insupportables. Elle a toujours rêvé d’être flic mais est devenue coiffeuse. Oh, elle aime bien son travail, mais ça manque un peu de piquant à son goût. Alors quand elle trouve le corps d’une de ses connaissances dans le parking de l’hypermarché, elle est bien décidée à se mêler de l’enquête. Oui, dit comme ça, Léopoldine a tout l’air d’une écervelée. Cependant, elle ne l‘est pas. Elle prend certes des décisions discutables parfois, mais elle n’en est pas moins intelligente quand elle veut.
Son partenaire d’investigation, Quentin Delval, rêvait aussi de devenir gendarme, mais une sanction disciplinaire l’a placé contre son gré dans la petite ville alsacienne où a grandi Léo. Il a beau être gradé, il manque cruellement d’expérience et même s’il fait sa tête de cochon au début, il est bien content d’avoir l’aide de Léo. Quentin peut sembler détestable au début, mais si on arrive à passer outre les premiers chapitres, on se rend vite compte qu’il n’est pas si mal.
J’ai bien aimé la dynamique entre ces deux personnages qui semblaient pourtant très mal partis. Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés, l’autrice ne leur a épargné aucun cliché. Léo prend particulièrement cher avec son horrible famille. Cela semble la norme dans les cosy, mais au moins elle se rebiffe, contrairement à d’autres héroïnes qui persistent à se laisser marcher dessus. 
L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais reste plausible, même si très perchée sur la fin. J’ai surtout aimé l’ambiance de petite ville et les personnages malgré les poncifs. Le tout est quand même assez répétitif. Les ados, qui font office de ressort comique, deviennent vite lourds à la longue.
J’ai choisi la version audio de ce roman et je pense que j’ai bien fait. Elle se prête particulièrement bien à la narration choisie par l’autrice qui s’adresse souvent directement au lecteur. Je n’aurais pas eu la même patience avec la version écrite, d’autant que le style est assez simpliste. Les narrateurs ont fait un excellents travail et je crois qu’ils ont contribué à me rendre les personnages sympathiques. Ce n’était pas gagné, Léo et Quentin peuvent se montrer très arrogants au début, mais on apprend à les aimer petit à petit.
C’était sympa, mais sans plus. J’ai envie de donner une chance à la suite pour voir comment les personnages vont évoluer, mais ce ne sera pas dans l’immédiat.

jeudi 15 février 2024

Randonnée mortelle, Agatha Raisin 4

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Pour mon avis sur les autres tomes de la série vous pouvez consulter le tag ou mon index des auteurs pour les voir dans l'ordre chronologique.


Après un séjour à Londres bien trop long à son goût, Agatha est de retour dans son village des Cotswolds. Et bien sûr elle retombe vite dans ses habitudes, notamment celle de traquer son séduisant, et néanmoins peu réceptif, voisin. Alors quand une de ses voisines lui demande de l’aide au nom de sa nièce, Agatha y voit une bonne occasion d’entraîner de nouveau James dans son enquête pour passer plus de temps avec lui. Et là, je dois admettre qu’elle fait fort ! On peut dire beaucoup de choses d’Agatha, mais elle a de la suite dans les idées.
J’ai moins apprécié ce tome que les précédents, sans doute car les personnages auxquels il s’attache sont plus antipathiques les uns que les autres. Une part de moi, très paradoxale, a aimé les détester, toutefois ils n’en deviennent pas moins très vite pénibles au fil des pages.
Dans cette série, les personnages, surtout secondaires, sont toujours un peu caricaturaux, mais dans ce tome ils le sont particulièrement. Cependant, je ne peux nier qu’il est plutôt drôle et qu’il se lit très vite. La résolution de l’enquête, en revanche, est davantage due au hasard qu’aux efforts d’Agatha. Il faut dire qu’elle se concentre davantage sur la séduction de James que sur une enquête dont elle se fiche éperdument.
Leur relation semble enfin prête à évoluer dans ce volume et c’est tant mieux. Cependant, rien ne se passe jamais comme Agatha l’attend et c’est d’autant plus amusant pour le lecteur.
M. C. Beaton savait accrocher son lectorat malgré des enquêtes un peu faciles. Cela passe principalement par le développement subtile des personnages principaux. Si le cortège de personnages secondaire est là pour apporter une touche de ridicule, Agatha, elle, demeure attachante. On s’implique dans son devenir, même si on se moque un peu d‘elle aussi parfois, et on veut savoir ce qui va lui arriver.
Je vais faire une petite pause dans cette série pour ne pas me lasser, mais je ne doute pas qu’elle sera courte.

vendredi 9 février 2024

Pas de pot pour la jardinière, Agatha Raisin T3

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Pour mon avis sur les autres tomes de la série vous pouvez consulter le tag ou mon index des auteurs pour les voir dans l'ordre chronologique.


Agatha a une nouvelle rivale, qui non contente d’être plus jeune et mince a l’outrecuidance de bien cuisiner ainsi que d’être une jardinière hors paire ! Cela lui vaut d’avoir les honneurs de la société d’horticulture et donc l’attention de James Lacey, le voisin sur lequel Agatha a jeté son dévolue. Que faire alors ? Se mettre au jardinage ! Sauf qu’Agatha et le jardinage ça fait deux… En revanche, elle est douée pour trouver des cadavres.
Ce roman est plutôt drôle et j’ai particulièrement aimé voir notre peau de vache préférée tenter de tirer son épingle du jeu. Agatha n’est pas une bonne personne, mais ça fait partie de son charme. De même que le lecteur s’attache à Agatha malgré ses défauts, les villageois ont fini par l’adopter, pourtant elle n’en a pas réellement conscience et cela la rend touchante d’une certaine façon.
Le meurtre arrive tard, toutefois ce tome nous permet une bonne plongée dans le village et la psyché des habitants. On en apprend beaucoup plus à leur sujet, d’autant qu’un des personnages a l’art de frapper là où ça fait mal. 
C’est typiquement le genre de roman qu’on lit pour son ambiance. L’enquête fait partie du décor, mais je dois admettre que dans celui-ci elle n’est pas trop mal ficelée. J’ai surtout apprécié le développement des personnages ainsi que de leurs relations.
Ce fut une audiolecture très distrayante et je ne lui en demandais pas plus.

mardi 30 janvier 2024

Un Remède de cheval, Agatha Raisin T2

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.
En version audio chez Audible, lu par Françoise Carrière.

Mon avis sur le tome 1.


Ma lecture du premier tome date de 2020 et je ne sais pas pourquoi j’ai tant attendu pour lire la suite car j’en garde un très bon souvenir. J’avais apprécié ce que proposait l’autrice, les bases qu’elle posait pour sa série et surtout son personnage principal sortant de la norme.
Agatha n’est pas sympathique. C’est une peau de vache, plutôt grossière quand elle s’énerve, mesquine, un rien manipulatrice et sa moralité est pour le moins élastique. Pourtant on l’aime quand même. Cela peut prendre un peu de temps, mais on finit par s’attacher, par voir davantage ses bons côtés et même apprécier ses défauts. Et puis elle est très drôle. Cela nous change de la jeune femme parfaite que la littérature glorifie d’ordinaire.
C’est le genre de roman qu’on lit vraiment pour se détendre. Même si dans cette série de cosy mysteries les enquêtes sont relativement bien construites, elles restent un élément de décor. Les personnages font tout le boulot. On s’investit dans leurs petites histoires. On déambule dans le village et on en glane les secrets, parfois honteux. C’est bien écrit, tout en n’étant pas le genre de roman qui marquera votre vie.
Dans ce tome, un nouveau vétérinaire arrive dans le village et toutes les femmes du coin s’en entichent aussitôt. Agatha, qui ne parvient pas à séduire son voisin, va jeter son dévolu sur lui. Mais n’a-t-il rien à cacher ? 
J’ai ri d’un bout à l’autre de cette écoute. Oui, j’ai choisi de passer au format audio pour cette série. En ce moment, j’ai envie de cosy mysteries. C’est la saison, me direz-vous. Or, je préfère écouter ce genre de livres plutôt que les lire et même s’il commence à y avoir plus de choix dans ce format, je suis souvent un peu déçue par ce qu’on me propose. Mais Agatha est une valeur sûre. À dire vrai, j’ai tellement apprécié que j’ai presque aussitôt enchaîné avec les troisième et quatrième tomes et cela ne m’a pas lassée, loin de là !

dimanche 24 décembre 2023

Retour à St Mary Hill - Cosy Christmas Mystery

Un roman de Carine Pitocchi, publié chez Robert Laffont 



Apprenant que son compagnon la trompe, Jo-Ann Brown, scénariste à succès, s’enfuit sans le moindre mot pour se terrer dans le cottage qu’elle a hérité d’une cousine. Si tout le monde la croit morte, tant mieux, ça fera les pieds à son ex. 
Cela vous rappelle quelque chose ? Oui, Agatha Christie. Ce roman est clairement placé sous le patronage de cette dernière ainsi que celui de Louisa May Alcott. Cela pour mon plus grand bonheur car ces autrices talentueuses ont bercé mon enfance. J’ai adoré toutes les références à leurs œuvres ainsi qu’à leur vie que Carine Pitocchi a glissées dans son propre ouvrage.
Le résumé de l’éditeur, quant à lui, nous vend une héroïne à la Bridget Jones. Ce n’est pas le cas et tant mieux ! J’aimais bien Bridget autrefois, mais j’ai lu ses mésaventures quand j’avais dix-sept ans et je la trouve assez insupportable aujourd’hui que j’en ai plus de quarante. Cela étant dit, j’ai néanmoins eu du mal avec le tempérament de Jo. 
Elle est très en colère au début, ce qui se comprend, je peux donc lui pardonner d’être exécrable. En revanche, quand elle a commencé à mettre sur le dos de son ex des choix qu’elle-même a faits, ça m’a tapé sur les nerfs. Entendons-nous bien, elle était en couple avec un abruti de compétition, mais c’est trop facile de tout justifier, surtout des petites lâchetés qui l’arrangeaient bien, en disant « c’est la faute d’Andrew, je faisais tout ce qu’il me disait ».
Jo et moi avons donc pris un mauvais départ et j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à elle. Je l’ai mieux comprise au fil de l’histoire, mais je n’ai jamais vraiment réussi à l’aimer. Tout au plus, je l’apprécie. Cependant ce manque d’affect est largement compensé grâce aux personnages secondaires. J’ai adoré Daisy, l’assistante débonnaire de Jo, avec son côté peste et son grand cœur. Alex, le neveu délaissé par son père, a lui aussi facilement gagné mon cœur, tout comme Jack, Judith, Violette et, le dernier mais pas le moindre, Lawrie, l’ami d’enfance de Jo.
Ce roman est de ceux que l’on lit pour leur ambiance aussi bien que pour le développement des personnages et en cela j’ai été ravie. Je me suis plu à St Mary Hill, qui m’a un peu rappelé le village où vivait ma grand-mère, et je n’avais pas envie d’en partir.
N’attendez pas grand-chose de l’enquête, elle est prévisible du début à la fin (et souffre d’un défaut de logique assez conséquent), mais cela n’a pas vraiment d’importance. Elle est un élément de décor, pas la trame principale de l’histoire. Ce sont les personnages qui importent : des gens tous un peu paumés à leur manière, qui se trouvent et forment une famille. En cela, Daisy et Alex sont particulièrement touchants, chacun à leur manière, et j’ai particulièrement aimé voir le jeune garçon s’intégrer dans un groupe de filles et sympathiser avec le voisin âgé de sa tante.
Jo, quant à elle, a encore pas mal de chemin à faire pour se guérir de ses blessures psychologiques et des angoisses qu’elles ont générées, néanmoins j’ai aimé la voir progresser et finalement montrer un peu de ses bons côtés.
Ce cosy mystery est idéal pour les vacances de Noël. Il était pile ce qu’il me fallait pour entrer dans l’hiver et l’ambiance des fêtes de fin d’année. Je me suis aussi bien marrée avec ce roman et il donne le ton d’une série qui pourrait bien devenir ma favorite dans le genre.

mardi 17 octobre 2023

Meurtres et cupcakes au caramel - Les enquêtes d'Hannah Swensen T5

 Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.


Chroniques des tomes précédents :



On retrouve Hannah en automne en train de préparer Halloween et Thanksgiving. C’est une bonne saison pour ce type de roman car cela participe à l’aspect douillet du récit, d’autant que l’autrice nous offre au passage quelques recettes appétissantes qui aident à se mettre dans l’ambiance.
Comme toujours Hannah a beaucoup à faire avec son travail et sa famille. Sa sœur est enceinte et son beau-frère se présente aux élections pour le poste de shérif. Elle prépare aussi un livre de cuisine avec l’aide de ses voisines et l’une d’elles a mis la main sur une recette que sa belle-mère avait toujours refusé de lui donner de son vivant. Toutefois ladite recette comporte un ingrédient secret et c’est l’occasion pour le lecteur de faire tourner ses méninges en compagne d’Hannah et Lisa. Je dois dire que j’ai apprécié cette chasse à l’ingrédient mystère davantage que l’enquête sur le meurtre. Celle-ci est néanmoins plutôt bien construite quoique poussive. Hannah doit encore une fois se mêler des affaires de la police pour pouvoir innocenter l’un de ses proches et elle a toujours du mal à voir plus loin que le bout de son nez.
J’avais détesté le précédent tome, celui-ci est un peu mieux, néanmoins Joanne Fluke devrait quand même se renouveler, dans le fond comme la forme. Je me demande parfois si elle a fait une liste dont elle coche les entrées à chaque tome. On a de nouveau droit aux mêmes répétitions sur le chat qui est obsédé par la nourriture et les appels matinaux de l’insupportable mère, les mêmes réflexions sur les mêmes voisins... Ce sont des pages vite remplies et c’est lassant. Le schéma de l’histoire ne varie jamais non plus, tant et si bien qu’à la fin on se prend d’envie qu’Hannah y passe pour de bon tant c’est exaspérant de la voir toujours tomber dans le même piège. Les lecteurs ne sont pas aussi oublieux que l’héroïne, même sans enchaîner les tomes. On n’est pas des poissons rouges !
Le pire demeurant bien sûr le triangle amoureux le moins sexy de toute la littérature à travers les âges. Tout ça parce que Joanne Fluke persiste à penser qu’une femme non mariée est un problème à régler et que même si ça l’arrange pour l’instant qu’elle soit célibataire (et qu’elle le reste), il faut qu’on sache que son personnage est hétérosexuel et désirable. C’en est assez ridicule. Hannah n’aime pas Norman mais voudrait qu’il la demande en mariage, essentiellement pour sa maison. Elle continue cependant de fréquenter Mike, ce qui se résume à aller au resto de temps en temps avec lui et à lui rouler une pelle une fois par roman. Malgré les tentatives de l’autrice pour nous faire croire qu’il y a entre eux une attirance brûlante, ils ont ensemble la sexitude d’un fascicule promotionnel de supermarché.
Je suis team Norman, si tant est que je prenne la peine de me poser la question. Il a le même humour de merde qu’Hannah et ils sont compatibles sur bien des plans. Pourtant je sais qu’elle ne finira jamais avec Norman parce qu’elle semble éprouver envers lui le même enthousiasme qu’un enfant devant une assiette de brocolis vapeur. Toutefois. il est intelligent et sympathique. En outre, il ne la traite pas comme une faible femme (et c’est sans doute pour ça qu’elle ne l’aime pas, cette crétine). Mike est un bourrin qui n’a pour charme que son physique (et encore faut-il avoir les goûts d’Hannah qui kiffe les bûcherons moustachus bas de plafond). C’est un macho exécrable. 
Ce qui m’exaspère le plus est que je ne pense pas que l’une de ces relations soit vouée à évoluer. Je sens bien que l’autrice va nous sortir un autre homme de son chapeau à un moment ou un autre, probablement dans le dernier tome de sa série. Elle ne fait que meubler. Et si c’est le cas, ce serait vraiment se foutre de la gueule de ses lecteurs...
Joanne Fluke a des principes plutôt vieillots sur l’amour, sur le mariage et sur le fait qu’il faut laisser les hommes croire qu’ils sont plus intelligents que les femmes. Bon, Hannah n’étant pas très futée (elle bat son propre record de bêtise sur la fin cette fois), c’est dire à quel point les hommes en question sont abrutis… C’est pénible à force. Et j’aimerais aussi que pour une fois l’assassin soit plus nuancé, qu’il ait une conscience et des sentiments humains malgré l’horreur de ses actions. Que certains n’aient pas de scrupules, je le comprends, mais tous ?!
De manière générale, les personnages sont assez caricaturaux, toutefois ils restent l’intérêt principal de cette série, avec l’ambiance. On en aime certains, on en déteste d’autres, mais on a envie de les voir évoluer, même si ça se fait très lentement. J’aime beaucoup la relation d’amitié entre les deux sœurs. Elles sont très différentes mais elles commencent à mieux vivre avec ça et elles se soutiennent de plus en plus. Bon, Hannah devrait quand même faire gaffe, elle ressemble de plus en plus à sa mère… Elle est extrêmement dirigiste et critique envers ses sœurs.
Malgré tout, ce roman se laisse écouter. Flora Brunier, qui interprète la version audio, fait de gros efforts pour rendre cette histoire vivante et c’est tout à son honneur. 
Cette série ne casse pas trois pattes à un canard, c’est le genre de truc qui m’occupe bien quand je tricote ou que je fais des tâches ménagères (j’ai besoin de toujours garder mon cerveau occupé un minimum) et il n’existe malheureusement pas tant que ça de cosy mysteries en audio et en français.... 
Cependant, si j’écoute les tomes suivants (ce qui n’est pas gagné… J’étais plus intéressée par la recette de cupcake que par le résumé quand j’ai acheté le livre), je ne les chroniquerai plus. J’ai l’impression d’en dire toujours la même chose et bien que cela soit cohérent avec le contenu, ce n’est pas très utile. On lit des avis quand on hésite à commencer une série ou si elle évolue beaucoup au fil des tomes. Au cinquième, le ton est donné et il est clair que ça ne changera pas de sitôt alors je vais en rester là.

mardi 14 février 2023

Meurtres et tarte au citron meringuée - Les enquêtes d'Hannah Swensen T4

Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.

Chroniques des tomes précédents :

Présentation de l'éditeur : 
Du sucre, de la bonne humeur, et un zeste de mystère... 
Ravis de célébrer le 4 Juillet, jour de l'Indépendance, les habitants de Lake Eden se préparent à faire la fête. Mais au Cookie Jar, la boutique de gâteaux d'Hannah Swensen, l'ambiance n'est pas vraiment au beau fixe. Hannah doit se mettre au régime, son chat lui en fait voir de toutes les couleurs et Norman, son prétendant, s'apprête à acheter une maison pour qu'ils s'y installent ensemble. Ce qui, pour elle, est un peu prématuré. Mais ce quotidien un peu morose va voler en éclats lors de la visite de cette maison. Au milieu des meubles anciens, notre héroïne et sa mère découvrent en effet le corps de la propriétaire, Rhonda Scharf. Et les restes d'un dîner pour deux, avec l'une des fameuses tartes au citron meringuées de chez Hannah. Qui était donc ce mystérieux visiteur, client du Cookie Jar, qui a disparu en laissant un cadavre derrière lui ? Tout le monde déconseille à la jeune femme de s'en mêler. Mais on connaît maintenant Hannah. Comment résister à une nouvelle enquête, surtout si elle commence dans sa propre boutique ?

Avec plus de six millions d'exemplaires vendus dans le monde, les aventures d'Hannah sont devenues un véritable phénomène. Autant vous prévenir tout de suite : ce nouvel ouvrage est hautement addictif. Tout autant que les recettes sucrées du Cookie Jar inclues dans ses pages !
Rien ne va plus à Lake Eden, un cadavre a été trouvé dans la maison que Norman vient d’acheter et ça va retarder les travaux, c’est terrible ! (Hannah et moi on a des priorités différentes faut croire…) Et, autre drame, Hannah doit perdre du poids sous peine de ne jamais trouver un mari. Pour oublier le chocolat, rien de mieux qu’enquêter sur un meurtre !
Je pensais qu’Hannah et moi avions trouvé un terrain d’entente, mais c’était avant d’entamer ce tome qui m’a tapé sur les nerfs d’un bout à l’autre.
Je veux bien passer outre les passages quasiment copiés/collés d’un roman à l’autre, même si honnêtement la routine matinale d’Hannah me gave et que, c’est bon, au bout de quatre tomes j’ai bien compris que son chat essaie par tous les moyens d’ouvrir le placard où sont rangées les croquettes, je n’ai plus besoin qu’on me le répète et je m’en fous. Ceci dit je note un effort de l’autrice cette fois car elle a décidé de troller Hannah lors du traditionnel appel qui l’empêche de partir au boulot et c’est plutôt amusant.
En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à supporter les préjugés d’Hannah sur les tatouages, les filles qui s’habillent de façon légère et tant d’autres choses qui ne la regardent pas. Même quand elle pense soutenir sa jeune sœur, elle montre juste que son esprit est étriqué. Si tu penses « couple mixte », Hannah, c’est que tu n’es pas encore arrivée à bon port… Un couple est un couple, c’est tout, peu importe l’origine ou le genre des personnes qui le composent. Et je ne m’appesantirai qu’à peine sur sa critique constante de ce qu’elle appelle le « politiquement correct » qui fleure bon la boomer attitude. Ce roman a été publié dans sa version originale au cours des années 2000 et est censé se passer à cette époque. Pourtant, on dirait qu’il se déroule dans les années cinquante si on exclut les références, peu nombreuses, aux téléphones portables et aux ordinateurs. Joanne Fluke a le double de l’âge de son personnage et nous le fait bien sentir.
Ajoutons à cela que je suis assez perplexe face aux réflexions d’Hannah sur sa vie amoureuse. Un de ses prétendants construit une maison et elle a peur qu’il la demande en mariage (ce qui ne risque pas d’arriver vu qu’elle n’entretient pas de relation sérieuse avec lui) et quand il ne le fait pas, elle est déçue et… se met au régime. Elle a constaté qu’un de ses pantalons ne lui va plus, donc l’absence de demande en mariage ne peut venir que de cela. Quant à l’autre prétendant, elle oublie systématiquement qu’il se comporte comme un homme des cavernes juste parce qu’il lui fait mouiller sa culotte. Il est vraiment très condescendant et dirigiste, en plus il se permet des crises de jalousie régulièrement alors qu’il l’a prévenue qu’ayant perdu sa femme il ne veut pas de relation sérieuse. Dans le genre masculinité toxique, on ne fait pas mieux, mais apparemment dans le Minnesota, ça s’appelle être viril. C’est déplorable. Et on passe plus de temps à subir ces simagrées, et à glaner des astuces pour être une bonne femme au foyer (le recyclage des pots de confiture c’est important et on a attendu Hannah Swensen pour le savoir), qu’à mener l’enquête.
Parlons-en d’ailleurs de cette enquête… Le hasard, les zones d’ombres, les raccourcis défoncés et les facilités de toutes sortes n’ont jamais été aussi présents que dans ce tome. De surcroît Hannah est toujours aussi lente à la détente et l’autrice ne s’embête même plus à esquisser un semblant de fausse piste. On va droit vers le tueur, mais on ne sait toujours pas ce qu’il faisait là au même moment que sa victime. Je comprends bien qu’on lit ce genre de roman pour se détendre, mais un peu de substance, même dans les arcs secondaires et même si Joanne Fluke et moi n’avons clairement pas les mêmes opinions (c’est son droit), ça ne ferait pas de mal.
Ce tome est celui qui m’a le moins convaincue jusqu’à présent. Je vais faire une pause, probablement très longue.

vendredi 13 mai 2022

Meurtres et muffins aux myrtilles - Les enquêtes d'Hannah Swensen T3

Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.


Présentation de l'éditeur :

Eden Lake est sur le point de célébrer son premier carnaval d'hiver. Au menu ? Sports de glace, activités pour les enfants et, bien évidemment, les délicieuses pâtisseries du Cookie Jar, amoureusement préparées par la charmante Hannah Swensen. Cerise sur le muffin, Connie MacIntyre, vedette d'une célèbre émission de cuisine, doit venir signer son livre. Toute la ville est sur le pont - même la mère d'Hannah, qui passe généralement son temps à essayer de la marier. Mais quand Connie MacIntyre est retrouvée morte dans la boutique d'Hannah, cette dernière ne va pas résister très longtemps à son envie de mener une enquête qui va s'avérer pleine de rebondissements.

Une énigme à résoudre, un déluge de sucreries et de nouvelles recettes de pâtisserie, criminellement délicieuses, à faire chez vous. Que demander de mieux pour passer l'hiver ?

Hannah Swensen est de retour pour le Carnaval d’hiver de Lake Eden. Au programme : concours de bonhommes de neige, concours de pêche, reconstitution historique, séance de dédicace de la star très caractérielle d’une émission culinaire et un petit meurtre histoire de s’occuper entre les différents jeux organisés par la mairie.
Ce volume est pour l’instant mon préféré de la série, non que l’enquête soit trépidante, mais l’ambiance du carnaval est sympa et il fait la part belle aux relations entre les personnages. J’aime beaucoup la façon dont évolue la relation entre Andrea et Hannah et l’ambiance de leur petite ville. C’est le genre de roman qu’on lit pour l’ambiance plus que pour son intrigue. Bien sûr, Joanne Fluke force souvent le trait, mais je suis plus tolérante à ce genre de défaut dans les cosy mysteries que pour n’importe quel autre genre.
Les amours d’Hannah sont le point noir du tableau, ça en devient embarrassant tant ça n’a aucun sens. Il n’y a aucune évolution et on a vraiment l’impression que l’autrice se sent obligée de bidouiller un semblant de romance. Peut-être craint-elle qu’on s’imagine qu’Hannah n’est pas séduisante (sans doute parce qu’elle passe son temps à se rabaisser). Cependant, comme dans le tome précédent, ça ne prend pas beaucoup de place alors on fait avec. Et, de la même manière, on oublie les « fillers », ces inévitables répétitions d’un tome à l’autre qui lui font gagner des pages.
Tout est toujours extrêmement accommodant dans cette intrigue. Les gens confient des secrets à Hannah comme un rien (pile au bon moment) et elle s’imagine avoir une grande capacité de déduction alors que c’est le hasard qui joue pour elle. Et je ne parle même pas des personnes qui se trouvent comme par enchantement en relation alors qu’il y avait peu de chances qu’elles se rencontrent un jour. Mais quelle importance ? C’est un roman sans prétention qui n’essaie pas de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est très distrayant à écouter et ne demande pas une grande attention, toutefois je ne sais pas si cela aurait le même effet en lecture, je crois que je serais tentée de sauter des pages.
C’est une série sympathique si on arrive à s’attacher aux personnages, sans prise de tête et avec des recettes en prime. Pour l’instant, ça me va.

lundi 14 mars 2022

Meurtres et charlotte aux fraises - Les enquêtes d'Hannah Swensen T2

Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.

Vous pouvez aussi consulter mon avis sur le premier tome.



Dans cette suite directe du roman précédent, Hannah est bien décidée à laisser les enquêtes et les cadavres derrière elle. Son travail au Cookie Jar lui prend beaucoup de temps et elle doit en outre jongler entre ses deux prétendants et son rôle de juge dans un concours de pâtisserie télévisé dont les retombées médiatiques seront aussi importantes pour sa ville que pour son commerce. Mais peut-être que, comme le pense sa mère, elle est vouée à attirer les cadavres car elle va en trouver un de plus et se sentir obligée de mener l’enquête pour aider une amie.
Cette écoute a été bien plus agréable que celle du volume précédent. Elle m’a accompagnée pendant mes séances de pâtisserie de fin d’année et m’a apporté son lot de nouvelles recettes à tester. Je ne suis toujours pas une grande fan de la personnalité d’Hannah (on sent quand même beaucoup que l’autrice a le double de l’âge de son personnage… Je veux bien qu’Hannah soit un peu old school, mais c’est parfois déroutant), cependant j’aime bien sa sœur Andrea (moins pimbêche dans ce tome) et j’ai apprécié de les voir faire équipe. Elles sont très différentes l’une de l’autre et se complètent bien. En outre, leur relation évolue. Dans la vie réelle, elles seraient plus un boulet qu’une aide pour la police, mais passons, on ne lit pas ce genre de romans pour le réalisme. Certes, il y a des cosy mysteries plus construits et je les préfère, mais une lecture/écoute zéro cerveau c’est bien aussi parfois, surtout quand on mesure des ingrédients pendant qu’Hannah fait parler ses voisins. Il ne faut pas attendre trop de logique ni de suspense de cette enquête. Disons qu’elle fait son job en étant distrayante et que son ambiance hivernale m’a ravie.
Il est plaisant de retrouver des personnages que l’on connaît déjà, cela donne une impression de familiarité et permet de s’immerger plus facilement dans le récit quand on l’écoute au lieu de le lire et qu’on veut faire autre chose en même temps. L’autrice a choisi d’explorer une piste secondaire du précédent tome, ce qui est une bonne idée. Certains personnages méritaient d’être davantage développés et de se retrouver sur le devant de la scène.
J’ai nettement plus apprécié ce volume que le premier, bien qu’il souffre de défauts assez similaires. Cela est surtout gênant vers la fin car l’autrice fait un copier/coller des mêmes ressorts scénaristiques pour mettre en scène son dénouement. On comprend bien avant Hannah ce qui se passe. Elle est très, très lente à la détente, au point qu’on a envie de la secouer, et se met une fois de plus dans le pétrin de manière stupide.
Les amours d’Hannah sont en toile de fond et n’ont pas grand intérêt. Elles émergent en pointillés de temps en temps et je m’en serais bien passée tant ses relations avec ses deux soupirants manquent de naturel. Elle est tiraillée (un bien grand mot) entre Norman le dentiste sympa et Mike le flic bourru (avec qui elle a noué une relation sans même qu’on sache trop comment puisque cela s’est passé hors champ. Et on se demande aussi pourquoi car il est exécrable, mais c’est une autre affaire.) On sent bien qu’aucun des deux ne lui plaît vraiment et on dirait que l’autrice a cherché à cocher des cases dans un cahier des charges… Ceci dit, ce n’est pas la part la plus importante de l’intrigue, donc il est assez facile de passer outre.
Ce roman m’a donné ce que j’attendais, ni plus ni moins. J’apprécie toujours de trouver des recettes entre les chapitres et quand j’aurai besoin d’un livre pour accompagner mes heures de tricot et/ou de pâtisserie il est fort probable que je continue cette série.

dimanche 26 décembre 2021

Meurtres et pépites de chocolat - Les enquêtes d'Hannah Swensen T1

Un roman de Joanne Fluke, publié chez Le Cherche Midi pour la version papier et Audible pour la version audio. Celle-ci est lue par Flora Brunier.


Hannah Swensen est une jeune femme qui approche des trente ans, est « tragiquement célibataire » comme sa mère n’arrête pas de le lui rappeler, accro à la caféine et dingue de son chat. Vous voyez le topo : l’autrice aime bien les clichés. Hannah a interrompu ses études universitaires pour revenir à Lake Eden, sa ville natale, afin de soutenir sa mère après la mort de son père. Honnêtement, cette dernière ne semble pas en avoir besoin car elle a une vie sociale très active (elle n’a pas besoin de travailler). Tenter de caser sa fille aînée semble être son loisir favori alors c’était peut-être ça le but. Hannah ignore de son mieux les tentatives de sa mère et a créé une pâtisserie spécialisée dans les cookies qui a beaucoup de succès. Elle mène une vie tranquille dans sa bourgade d’environ trois mille habitants, jusqu’au jour où elle tombe sur un cadavre dans la ruelle à l’arrière de son magasin et que, pour aider son beau-frère à obtenir une promotion, elle va petit à petit se mêler de l’enquête.
Ce premier tome des Enquêtes d’Hannah Swensen semble un peu suranné. Il se passe au début des années 2000 alors les gens n’ont pas souvent recours à des téléphones portables ou à internet, c’est là qu’on se rend compte de la façon dont ces technologies ont envahi notre vie. Il est toutefois agréable de faire un petit bond dans le passé.
L’enquête est sympa, quoique facile. Les gens racontent tout à Hannah avec une aisance déconcertante et elle tombe toujours pile au bon moment, mais ça passe. Il n’y a guère que la fin qui m’a un peu ennuyée tant elle est expéditive. Cependant je n’attendais pas quelque chose d’exceptionnel. Le problème de ce récit tient surtout dans le fait que les personnages ne sont pas sympathiques. Hannah oscille entre vivacité d’esprit et manque de discernement presque ridicule. Sa mère et sa sœur sont des clichés sur pattes (encore que malgré cela j’aime bien la frangine) et ça ne donne pas une image très positive de la gent féminine. Non, je ne pense pas qu’il faille encenser les femmes, cependant certains clichés me tapent sur les nerfs. La mère d’Hannah est insupportable (et stupide). Toutes les femmes du roman adorent colporter des ragots et jugent à l’emporte-pièce. Elles passent leur vie à critiquer l’apparence les unes des autres, ça en devient vite pénible… C’est donc un mystery pas si cozy que ça au final. J’espère que cela s’arrange dans la suite car je vais persister. J’ai bien aimé le fait que l’histoire se passe dans un coin paumé du Minnesota (où les hivers sont rudes) et le fait que l’autrice émaille son récit des recettes qu’évoquent les personnages. Eh oui, pour moi les recettes sont le point fort de ce livre… Il faut dire qu’elles font envie. Elles sont données en mesures américaines, mais il y a une table de conversion à la fin.
Le roman est suivi d’une nouvelle de noël qui commence bien, même si elle est aussi un peu clichée. Cependant, comme le roman, elle s’enlise sur la fin et m’a laissé sceptique.
J’ai opté pour la version audio. J’aime beaucoup écouter des livres quand je tricote ou que je pâtisse et les cozy mysteries sont parfaits pour cela. Celui-ci est idéal pour les vacances de fin d’année. La lectrice est agréable même si parfois sa prononciation de certains mots laisse perplexe (comme Moshe le chat qui devient Moche). Ce n’est pas le meilleur cozy que j’ai pu écouter, mais il est distrayant et il vous donnera certainement envie de faire des biscuits.
J’ai écrit cette chronique il y a plusieurs semaines et je l’a laissée dans mes brouillons comme quelques autres.. J’y disais que je comptais écouter le deuxième tome pour passer le temps quand je confectionnerais mes biscuits de Yule et les pains d’épices de Noël, parce que ça prend du temps. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai pas encore terminé ce tome, mais j’apprécie que l’enquête soit liée à des personnages rencontrés dans Meurtres et pépites de chocolat. La continuité est aussi un avantage de ce genre de séries, on a le temps de mieux connaître les protagonistes et de voir se développer les axes secondaires.

lundi 1 novembre 2021

The Great Witches Baking Show

Un roman de Nancy Warren, publié chez Ambleside Publishing.

Présentation de l'éditeur :

Poppy Wilkinson is thrilled to be chosen as a contestant on The Great British Baking Contest. As an American with English roots, winning the crown as Britain’s Best Baker would open doors she’s dreamed of. In more ways than one. Appearing on the reality show is her chance to get into Broomewode Hall and uncover the secrets of her past.

But strange things are happening on the show’s set: accusations of sabotage, a black cat that shadows Poppy, suspiciously unsociable residents at Broomewode Hall—and the judges can be real witches.There are murmurs that Broomewode is an energy vortex. It certainly makes Poppy see and do things that aren’t exactly normal, and seems to draw interesting characters to the neighborhood.

When a fellow contestant dies in mysterious circumstances, Poppy has more to worry about than burned pies and cakes that won’t rise. There’s a murderer on the loose and it’s up to Poppy and her new friends to solve the crime before it becomes a real show-stopper.

Après de nombreux mois d’efforts et de préparation, Poppy a enfin réussi à intégrer le casting du Great British Baking Contest. Pâtissière émérite, ce n’est pourtant pas pour cela — et encore moins pour grappiller un peu de notoriété — qu’elle a tant tenu à rejoindre le concours. Poppy a un secret. En fait, elle en a même plusieurs et elle est là pour résoudre le mystère de ses origines. Abandonnée dans une boîte en carton quand elle était bébé, elle ne sait rien de ses parents biologiques, mais elle pourrait avoir hérité d’eux certains talents pour le moins inhabituels.
Dès le premier jour, elle se lie d’amitié avec un autre concurrent, Gerry le charmeur. Mais très vite celui-ci commence à proférer des accusations de sabotage. Est-il un mauvais perdant ou a-t-il mis le doigt sur un réel complot contre lui ?
Ce tome est le premier d’une série de cozy mysteries qui me semble très prometteuse. C’est sans prétention et néanmoins très agréable à lire (ou écouter dans mon cas). Je me suis vite laissé entraîner dans l’histoire. Poppy est un personnage très attachant et sympathique. L’ambiance du concours est parfaitement rendue et j’ai hâte de mieux connaître les autres candidats dans les prochains tomes. Ils sont nombreux et on n’a pu seulement entrevoir certains de leurs traits de caractère pour l’instant. Je suis certaine qu’il y aura beaucoup à en dire.
C’est un tome d’exposition et l’enquête n’est pas transcendante, on s’attache davantage à la mise en place du décor et à faire connaissance avec les personnages principaux. Cependant, j’ose espérer que l’autrice approfondira le tout dans la suite. Je lis également son autre série : The Vampire Knitting Club. J’ai donc pu constater que pour celle-ci aussi le premier tome constitue surtout une mise en place et que la suite se révèle bien meilleure.
Quoi qu’il en soit, Nancy Warren sait comment créer de belles ambiances et des décors qu’on a envie d’arpenter aux côtés de ses personnages. Même s’il y a une touche de romance dans ses histoires, elle ne se focalise pas là-dessus. D’ailleurs, il n’en est pas encore question dans ce premier tome, même si on devine que cela risque de changer par la suite. Elle est plus attachée à donner de la personnalité et du relief à ses personnages. Ses enquêtes sont typiques du genre et elles fonctionnent plutôt bien en général.
Je pense que je vais préférer cette série, avec ses sorcières et ces fantômes (je me lasse très vite des vampires même si j’aime beaucoup Lucy, la sorcière du Vampire Knitting Club). Et je suis vraiment intriguée par les mystères entourant la naissance et l’abandon de Poppy.
J’ai choisi de découvrir ce roman dans sa version audio et j’ai profité d’une offre regroupant les trois premiers tomes sur Audible. Je n’étais pas emballée par la narratrice dans les premiers chapitres et je suis revenue sur cette opinion de manière plutôt drastique. Hollis McCarthy fait vraiment un excellent travail. J’ai pris plaisir à l’écouter et je serai ravie de la retrouver dans la suite.
À noter aussi que ce roman contient une recette de tarte au citron (celle que Poppy est censée avoir présentée au concours). C'est le genre d'ajout que j'adore et la recette fait vraiment envie, même si je n'échangerais celle de mon père pour rien au monde. ;)

mardi 10 novembre 2020

Stitches and Witches, The Vampire Knitting Club T2

Un roman de Nancy Warren, publié chez Ambleside Publishing et en audio chez Audible.

Mon avis sur le premier tome.


Lucy se fait petit à petit à sa nouvelle vie, entre sa boutique et ses vampires accros au tricot. Elle apprend la magie, mais cela lui semble aussi laborieux que le tricot. Au début de ce roman, elle fait la connaissance de Gerald Pettigrew, un vieil homme badin et charmeur, qui entre dans sa boutique avec une requête tout à fait singulière. Dans sa jeunesse, Gerald courtisait l’une des sœurs Watt, les voisines de Lucy, amies de toujours de sa grand-mère, et il souhaite renouer avec elle. Lucy va naturellement l’y encourager, séduite par l’idée de voir une ancienne flamme se raviver. Poussée par la curiosité, elle va vouloir constater par elle-même l’évolution de cette romance. Et c’est là que les ennuis commencent…
J’aime bien cette série de cozy mysteries. L’ambiance est agréable et apaisante, une parfaite lecture doudou au coin du feu. J’ai retrouvé les personnages avec plaisir, même si je trouve toujours qu’ils manquent un peu de consistance.
En ce qui concerne l’intrigue, ce tome m’a paru beaucoup mieux construit que le précédent. Il ressemble un peu à une partie de Cluedo ; l’un des protagonistes en fait d’ailleurs la remarque. Plusieurs personnages se trouvent dans une pièce, ils ne font pas vraiment attention les uns aux autres et… l’un d’entre eux meurt subitement. Qui l’a tué et pourquoi ? D’autant que tous ces gens, qui semblent n’entretenir aucun rapport avec la victime, cachent peut-être quelques secrets.
Lucy et les vampires mènent l’enquête et l’on recueille les indices avec eux, suivant chaque piste, apprenant à connaître chaque suspect. C’est sympathique, assez bien amené, mais pas non plus époustouflant. Il est plaisant d’apprendre l’histoire de chacun au fur et à mesure, cependant l’identité du coupable et ses motivations se dessinent aisément dans l’esprit du lecteur.
J’ai opté pour la version audio et, si au départ mes écoutes étaient sporadiques, elles se sont rallongées à mesure que je suis entrée dans l’histoire. Sarah Zimmerman est une bonne lectrice, expressive et au débit fluide. J’ai d’autant plus apprécié le roman que je l’ai trouvé très agréable à écouter. Je vais rester sur ce format pour la suite de la série. Ce fut un bon moment de détente.

mardi 29 septembre 2020

The Vampire Knitting Club T1

Un roman de Nancy Warren, chez Ambleside Publishing en version papier.
En numérique seulement en format kindle, avec un prix très avantageux pour le bundle des trois premiers tomes.
En audio chez Audible.

Lucy Swift a 27 ans et se trouve à un tournant de son existence. Elle a quitté son petit-ami volage, elle a perdu son travail et après un été passé sur un chantier de fouilles avec ses parents qui sont archéologues elle décide de trouver refuge chez sa grand-mère qui vit à Oxford où elle tient une boutique de laine. Lucy espère y faire le point tout en se laissant dorloter par mamie. Bien sûr cela ne va pas se passer comme elle l’entend et suite à un événement aussi inattendu que tragique, elle va devoir gérer la boutique de sa grand-mère. Or, si Lucy l’a souvent aidée dans sa jeunesse, elle ne sait pas du tout tricoter… Qui plus est, la situation lui semble étrange. Plein de petites choses ne collent pas.
The Vampire Knitting Club est un roman agréable. Je n’en attendais pas grand-chose. Je suis partie dans l’idée que ce serait distrayant et ce fut le cas. J’aime les histoires de sorcières, le tricot et les cozy mysteries, moins les vampires, mais ceux-là sont sympathiques. J’ai passé un bon moment avec cette histoire, cependant elle a quand même quelques défauts.
L’intrigue n’est pas très complexe. Elle est assez linéaire et on a envie de secouer Lucy quand elle oublie de poser des questions évidentes. Toutefois, il faut reconnaître que la pauvre a beaucoup de révélations à assimiler. On comprend très vite ce qui se passe et les révélations arrivent peut-être un peu lentement, mais ce n’est pas bien grave car on lit ce genre de romans pour l’ambiance plus que le suspense. On s’attache à Lucy et aux autres, puis on se laisse porter.
J’ai davantage été gênée par la magie, trop tape-à-l’œil à mon goût, que par le manque de relief de certains personnages. J’aime que les systèmes magiques mis en place par les auteurs aient une certaine logique et là c’est plutôt brouillon. Je verrai bien comment ça évolue.
Il n’y a pas de romance dans ce tome, mais on sent venir l’inévitable triangle amoureux… J’espère que je me trompe car les atermoiements ont tendance à me taper sur les nerfs.
Pour finir, je me dois d’ajouter que ce roman n’est pas traduit en français et je doute que ça arrive. Je pense connaître toutes les personnes francophones qu’un récit avec du tricot, des vampires et des sorcières pourrait intéresser… Il est assez accessible cependant.
Je lirai la suite, ce sera parfait pour me détendre entre deux pavés.

mardi 1 septembre 2020

Secondhand Spirits, Witchcraft Mystery T1

Un roman de Juliet Blackwell, publié chez Berkley.
Il n'est pas traduit en français.
Présentation de l'éditeur :
Love the vintage- not the ghosts
Lily Ivory feels that she can finally fit in somewhere and conceal her "witchiness" in San Francisco. It's there that she opens her vintage clothing shop, outfitting customers both spiritually and stylistically.
Just when things seem normal, a client is murdered and children start disappearing from the Bay Area. Lily has a good idea that some bad phantoms are behind it. Can she keep her identity secret, or will her witchy ways be forced out of the closet as she attempts to stop the phantom?
Lily Ivory est une sorcière et elle n’en tire aucune fierté. Originaire du Texas, elle a dû fuir sa ville natale suite à un événement mystérieux et depuis elle n’a cessé de voyager sans parvenir à se fixer jusqu’à ce qu’un perroquet lui conseille de s’établir à San Francisco. Oui, vous avez bien lu.
Lily a écouté le conseil et a ouvert une boutique de vêtements vintage. Son affaire démarre bien, mais elle peine néanmoins à faire son nid. Toujours à l’affût de nouvelles trouvailles pour son stock, elle se laisse entraîner par Maya, une étudiante très impliquée dans sa communauté, chez une vieille dame qui souhaite se débarrasser d’une importante collection de vêtements anciens. Toutefois, lors de sa visite chez Mrs Potts, la vieille dame entend le cri de la Llorona, qui annonce sa mort prochaine, et une enfant disparaît...
Secondhand Spirits est un roman plein de charme que j’ai pris grand plaisir à lire. L’ambiance douce et très actuelle du roman ainsi que les quelques références à la mode m’ont beaucoup plu. Lily est tout à fait le genre de sorcière que j’aime. Comprenez par là qu’elle ne lance pas des éclairs ou des boules de feu à tout bout de champ ni ne cherche à sauver le monde. Elle aime aider les gens qui croisent son chemin, parce qu’elle a bon cœur, mais cela ne va pas plus loin. Elle préférerait oublier sa nature et se trouver des amis, une famille de substitution. J’ai aimé sa magie, faite de sortilèges, de potions, de nouets… rien d’impressionnant en somme. L’autrice s’est basée sur des sortilèges, des superstitions et des pratiques connues (elle en cite les sources). Elle a imprégné son roman de folklore, les créatures magiques sont telles que dans les mythes et les contes que l’on connaît, l’usage des plantes magiques est tel que le décrivent les croyances sorcières. Tout cela apporte un certain cachet au récit et a contribué à me le rendre agréable.
J’ai passé un très bon moment avec ce roman dont l’histoire est simple, mais pas simpliste. Elle mêle mystères, magie, amitié et amours naissantes. Les personnages sont sympathiques et je compte retrouver Lily ainsi que son entourage dans la suite très bientôt.

mercredi 20 mai 2020

La Quiche fatale, Agatha Raisin T1

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.


En ce moment, j’ai besoin de lectures légères. Alors je me suis souvenu d’Agatha Raisin, une série de cozy mysteries que m’a conseillée une amie il y a longtemps. Le moins qu’on puisse dire c’est que, sans être exceptionnel, ce premier tome se lit très vite. En deux jours, il était plié et j’ai passé un bon moment avec Agatha.
Cette dernière était directrice d’une agence publicitaire londonienne et a toute sa vie tendu vers un seul but : s’offrir un cottage dans les costwolds et mener une existence tranquille dans l’un de ces pittoresques petits villages de carte postale. Cependant, une fois son objectif atteint, cela se révèle bien moins satisfaisant qu’elle l’imaginait. Agatha peine à faire son trou dans ce village où tout le monde se connaît et où les gens venus d’ailleurs sont toujours des étrangers au bout de vingt ans. Pire, elle qui était une femme d’affaires tenace et efficace commence à s’ennuyer. Alors, pour tenter de faire réagir les gens à sa présence, elle décide de participer à un concours de cuisine pour lequel elle triche sans vergogne… C’est là que tout tourne mal, puisque le juge meurt empoisonné à cause de sa quiche. Pas sûr que ce genre de publicité soit celui qu’elle espérait...
Au début du roman, Agatha est une sorte de Tatie Danielle, assez revêche et antipathique. Elle a une manière bien à elle de chercher sa place, mais j’ai aimé sa détermination. Ce n’est pas du tout le genre de femme qui se laisse faire et elle ne fait pas non plus dans la séduction. Son côté « peau de vache l’air de rien » est vraiment très british et elle m’a beaucoup rappelé la mère d’une amie (qui, je l’espère, ne lira pas cette chronique). Cela fait d’elle un personnage principal atypique. Elle n’est pas faite pour vous charmer. Elle y arrive néanmoins.
L’enquête qu’elle mène, avec l’aide occasionnelle de son ancien assistant, est sans prétention, mais bien construite. On se laisse aller à se demander qui est l’assassin et comment il s’y est pris. On recueille les indices avec Agatha. On apprend à connaître les gens du coin, tous plus singuliers les uns que les autres.
Au-delà du prénom de l’héroïne, les personnages aussi, entre les colonels à la retraite, les vieilles dames qui se tirent dans les pattes et le voisinage médisant, tout est fait pour nous rappeler les enquêtes de Miss Marple. Mais cela m’a également fait penser à deux séries populaires, les enquêtes de l’inspecteur Barnaby pour les petits villages de la campagne anglaise et leur lot de mesquineries entre voisins, ainsi qu’Arabesque pour son enquêtrice qui met son nez partout. Bon, Agatha est loin d’être aussi sympathique que Jessica Fletcher, mais elle est étrangement attachante et se bonifie à mesure qu’elle trouve sa place dans son nouvel environnement.
Les personnages secondaires, aussi amusants soient-ils, sont quand même caricaturaux. Toutefois, ils donnent corps à l’ensemble avec un petit côté théâtral qui n’est pas déplaisant. Ils offrent un avant-goût du ton que la série va prendre.
Ce fut une lecture agréable, distrayante et sans prétention, amusante même parfois, assez pour que j’envisage de lire la suite.