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samedi 9 décembre 2023

S.O.S. fantômes en détresse, Ivy Wilde T3

Un roman d'Helen Harper, en version audio chez Hardigan. Lu par Léa Issert.

Vous pouvez aussi consulter mes chroniques sur le premier et le deuxième tomes.


Si vous n’avez pas lu le deuxième tome, ne lisez pas cette chronique.

J’étais très impatiente de voir où allaient nous mener les événements du précédent tome et je n’ai pas été déçue ! Ce volume est vraiment le meilleur des trois. J’ai beaucoup ri mais ai aussi été émue par certains personnages. Je n’ai pas vu le temps passer.
Dans ce tome, Ivy et Winter tentent d’arrêter un tueur en série. L’enquête est intéressante, pas haletante mais bien ficelée. L’une des caractéristiques de cette saga que j’apprécie est justement que l’autrice évite les facilités scénaristiques. L’évolution de l’histoire et les rebondissements sont toujours crédibles, même si elle grossit parfois le trait dans la caractérisation de ses personnages.
J’ai également aimé voir Ivy et Winter chercher leurs marques en tant que tout jeune couple et se dépatouiller l’une avec ses nouvelles capacités, l’autre avec sa nouvelle vie en dehors de l’ordre. Ce sont des personnages très attachants et délicieusement imparfaits.
Ivy est fidèle à elle-même, malgré quelques petites améliorations, enfin si l’on peut le dire ainsi… Ce n’est clairement pas elle la plus traumatisée par ses dernières mésaventures. Elle prend ce qui lui arrive avec plus de calme que je ne l’aurais cru, mais toujours beaucoup d’humour. J’adore cette jeune femme à la fois marrante et intelligente. Cela nous change des damoiselles en détresse. Ivy se met toujours dans des situations inextricables, mais au moins elle utilise son cerveau pour tenter de s’en sortir.
À côté d’elle, les personnages secondaires manquent un peu d’épaisseur. J’ai notamment regretté que le méchant de l’histoire n’ait pas un background plus étoffé. Toutefois, on n’a pas vraiment besoin non plus de justification pour être un psychopathe. Et puis certains personnages contrebalancent cela par leur vulnérabilité. J’ai beaucoup apprécié Clare, que j’ai trouvée très touchante et si… humaine, je crois, dans ses idées fixes, ses petites angoisses et ses maladroites tentatives pour s’accommoder de sa situation. En revanche je pense que les personnages récurrents, comme Ève et Tarquin, mériteraient de sortir un peu de leurs archétypes, même si le second est très drôle et qu’on adore s’exaspérer de son égocentrisme autant que de sa stupidité.
Après Ivy, et presque à égalité avec Winter, le personnage le plus développé est indéniablement Brutus et je dois dire que je l’ai particulièrement apprécié dans ce tome. Il apporte vraiment un truc en plus à cette série et pas seulement en tant que ressort comique.
J’ai passé un excellent moment avec ce roman et je regrette que la série ne soit pas plus longue. Il ne me reste qu’une novella avant de dire au revoir à ces personnages et je vais la savourer.

mardi 25 juillet 2023

Meurtres, magie et télé-réalité, Ivy Wilde T2

Un roman d'Helen Harper, en version audio chez Hardigan.

Mon avis sur le premier tome.



Notre sorcière fainéante préférée est bien contente d’avoir repris le cours de sa vie. Pourtant… Est-ce qu’elle ne s’ennuierait pas un peu ? Alors quand on lui propose de se rendre sur le tournage de sa série préférée, elle saute sur l’occasion, même si ça veut dire qu’elle va devoir courir partout. Serait-ce vraiment l’action qui lui manque ou un certain sorcier aux beaux yeux bleus pour lequel elle est prête à oublier un peu sa fainéantise naturelle ?
J’adore Ivy. Elle possède de nombreuses qualités qui en font un personnage attachant, mais c’est sa grande intelligence que je préfère. On nous a trop habitués à des personnages qui se laissent porter par l’intrigue et ne fournissent aucun effort (surtout pas cérébral) pour se sortir d’inextricables situations. Il est toujours extrêmement pénible d’avoir tout compris dès le chapitre 2 et de se traîner à la suite d’un personnage incapable d’établir des connexions pourtant simples ou même de mener une investigation un tant soit peu crédible. Ce n’est pas le cas d’Ivy. Elle a un cerveau et elle sait s’en servir. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elle ne fait jamais d’erreur ou qu’elle résout tous les problèmes en deux secondes. Elle enquête de manière méthodique et elle porte attention à ce qui se passe autour d’elle pour rassembler de vraies preuves. Puisqu’elle narre l’histoire, nous avons accès à toutes ses pensées et donc à son raisonnement, ce qui nous permet de mener l’enquête avec elle.
J’ai beaucoup aimé la suivre en Écosse sur le tournage d’une émission de télé-réalité. Les personnages secondaires ne sont pas mémorables et n’ont pas un grand capital sympathie, mais Ivy et Winter sont là pour faire le job alors je n’ai pas vu les pages défiler.
Ce tome est un peu en-dessous du précédent à mon goût, justement à cause des autres personnages et parce qu’on se lasse vite de l’ambiance plateau de télé qui manque de relief. Cependant j’ai quand même passé un excellent moment avec cette lecture.
La fin est intense et laisse présager un intéressant rebondissement pour la suite. J’ai hâte de lire, ou d’écouter, comment cela va tourner.

mercredi 8 février 2023

Quand fainéantise rime avec magie, Ivy Wilde 1

Un roman d'Helen Harper, en version audio chez Hardigan.


Ivy est une sorcière, mais dans les faits ça ne sert qu’à lui simplifier la vie. Elle est chauffeur de taxi, parce qu’il faut bien manger et que ça lui permet de rester assise toute la journée. Elle n’aime rien tant que se la couler douce, travailler le minimum vital et rentrer chez elle pour s’étaler sur son canapé et regarder la télé. Enfin, si son tyran domestique, Brutus le chat parlant, consent à la laisser en paix.
Dans l’ensemble, Ivy s’en sort plutôt bien, jusqu’au jour où elle se trouve embringuée dans une enquête pour le Saint Ordre des Lumières Magiques (oui, c’est vraiment son nom…) parce qu’elle a bêtement accepté de rendre service à une voisine, elle aussi sorcière. Or, Ivy déteste l’Ordre par-dessus tout. Elle s’en est fait virer quand elle était encore néophyte...
Quelle lecture (audiolecture en fait) amusante ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié de la fantasy urbaine. L’histoire en soi est sympathique, mais la vraie réussite de ce roman tient dans la personnalité des protagonistes. Ivy est flemmarde et insolente. Elle aime bien jouer les crétines, parce que ça lui facilite la vie, toutefois elle est brillante. On s’en rend compte tout de suite et c’est rafraîchissant de suivre une telle narratrice, qui comprend tout très vite et sait relier les faits entre eux, alors que dans ce type de romans on nous a plus habitués à des abruties qui se laissent porter par des enquêtes qui se résolvent toutes seules et qui ont toujours besoin qu’on sauve leurs miches. 
J’ai adoré Ivy, néanmoins son partenaire n’est pas en reste. Winter est le genre de gars très à cheval sur les règles et le protocole qui a, de prime abord, l’air d’avoir avalé un parapluie. C’est un bourreau de travail, très attaché à l’Ordre, et il prend son devoir au sérieux, c’est le moins qu’on puisse dire. Pourtant, on se rend compte au fil du roman qu’il a aussi de l’humour et beaucoup de charme, en outre, il est intègre et ne suit pas les directives si aveuglement que ça. L’autrice a su faire de lui un personnage séduisant et pas l’un des bourrins qu’on trouve d’ordinaire en urban. J’ai apprécié de voir Ivy et lui flirter innocemment en arrière-plan, car l’important ici c’est l’enquête, pas une éventuelle histoire d’amour.
Le monde que nous décrit l’autrice n’est pas très original en soi. C’est le nôtre, avec la magie et une organisation de sorciers en plus, cependant ça fonctionne bien. L’Ordre a les défauts et les qualités auxquels on peut s’attendre : ses membres font beaucoup de bien, mais sont aussi très ambitieux et parfois corrompus. Ivy en a elle-même fait les frais.
La façon dont la magie fonctionne n‘est pas très complexe. On l’a ou pas. Les sorciers utilisent les plantes ou les runes (pas l’alphabet runique mais des mouvements de mains qui produisent l’effet désiré) et une forme de lecture d’oracle dans le comportement des animaux. Ils sont de fait très superstitieux et détestent les chats noirs, ce qui m’a énervée. Vous me direz que c’est sans importance, mais cette superstition débile fait beaucoup de mal à ces chats de par le monde et tout ce qui peut la promouvoir, même aussi innocemment que le fait ce roman, est malsain.
Bref, cela mis à part, j’ai beaucoup apprécié mon audiolecture. Si on excepte le fait qu’elle prononce Ivy à la française et que ça sonne bizarre à mon oreille, la lectrice est particulièrement expressive et agréable à écouter. Elle fait un excellent boulot et rend le personnage encore plus vivant et sympathique qu’il ne l’est déjà.
Maintenant je dois faire face un dilemme : soit je lis la suite immédiatement sur ma liseuse, ce dont j’ai très envie, soit j’attends la sortie de la version audio du deuxième tome.