samedi 31 décembre 2016

Bilan 2016

2016 sur ce blog c’est (si j’ai bien compté) :
- 83 billets
- 56 chroniques livresques
- 4 chroniques de films
- 3 chroniques de séries télé (dont un anime)
- 5 articles concernant le thé
- 5 tags
- Une chronique de podcast (Bienvenue à Valnuit)
- Et 9 articles divers sur ma PAL ou des challenges et leurs bilans
- 4 entrées dans mon Carnet nuit
- 10 chroniques taguées « coup de cœur »
*
Des ouvrages marquants :

Il n'y a pas d'ordre de préférence. Tous mes coups de cœur de l'année ne sont pas cités. Ceux-là le sont parce qu'ils m'ont apporté quelque chose de particulier et qu'ils sont restés avec moi bien après que j'ai tourné la dernière page.

Feuillets de cuivre de Fabien Clavel
J'ai failli l'oublier car il m'a accompagnée durant le passage de 2015 à 2016, mais cela aurait été dommage. Quel coup de cœur que celui-ci ! Il est d'une qualité stylistique et structurelle irréprochable. Le personnage principal est génial (dans tous les sens du terme) et on se laisse très facilement entraîner dans ses enquêtes. Ce roman puzzle allie avec brio divertissement et érudition.

Alouettes, Testaments 2 de Jeanne-A Debats
Ce roman-ci a fait mon année. Je l’attendais avec impatience et il est arrivé à un moment où j’avais terriblement besoin d’une telle lecture. Drôle, intelligent, réfléchi, il bouscule les clichés. J’adore cette série, je veux la suite !

Le Carnaval aux corbeaux, Le Nibelung T1 d’Anthelme Hauchecorne
Un superbe roman qui est estampillé jeunesse mais peut être apprécié à tout âge tant il a de différents niveaux de lecture. Il mêle à la perfection les peurs de l’enfance à la cruauté des contes. En outre, le livre est magnifiquement illustré.

Apostasie de Vincent Tassy
Sombre, poétique, empreint de mélancolie mais également d’espoir, un conte gothique comme je les aime.

Notre-Dame de la mer de Rozenn Illiano
Cette novella réunit tout ce que j’aime : du fantastique, des légendes, une ambiance automnale et un très beau style. Ne passez pas à côté des écrits de Rozenn, elle mérite tout votre intérêt.

Plaguers de Jeanne-A Debats
Je ne m’attendais pas à ce que j’ai lu. Plaguers est un roman doux-amer sur l’adolescence, l’acceptation de soi et de l’autre dans un monde au bord de l’Apocalypse. Les personnages, le contexte, la manière dont l’auteur nous amène à réfléchir, à regarder les différents angles d’une situation, m’ont beaucoup plu.

Enfin, je fais une petite place à L'Origine des Victoires d'Ugo Bellagamba car ce fix up, empli de personnages féminins forts sans être caricaturaux, m'a durablement marquée et nourrit encore ma réflexion.

En ce qui concerne les BD, je retiendrai surtout le premier tome des Carnets de Cerise qui est une petite bulle de douceur dans ce monde déprimant, Laïka de Nick Abadzis, nettement plus triste, mais basé sur un fait réel, et How to Talk to Girls at Parties – très belle adaptation de la nouvelle éponyme de Neil Gaiman par Fábio Moon et Gabriel Ba.

J’ai aussi découvert un anime doudou, l’adorable Flying Witch. J’espère une suite mais je vais également me procurer le manga. Des traductions en français et anglais sont prévues pour 2017.
*
Et les challenges ?

Le CRAAA, organisé par Cornwall de La prophétie des ânes :
Il consistait à lire des novellas, des recueils, des anthologies et des fix up. Il s’est terminé le 15 juillet 2016.
J’ai atteint mon palier de douze lectures, par contre je n’ai pas lu les six livres de ma PAL qui avaient été tirés au sort (qui rapportaient des points supplémentaires). C’est mon côté capricorne, efficace mais qui n’en fait qu’à sa tête.

Le Challenge SFFF et diversité, organisé par Lhisbei sur le RSF blog :
Il est encore en cours, mais pas pour longtemps, il se termine le 14 janvier.
Sur les vingt critères de lecture, j’en ai validé dix-sept et j’ai lu dix-sept ouvrages.

Le Challenge à la recherche de Faerie, organisé par Méli du Bazar de la littérature :
Il se termine le 28 février mais sera potentiellement reconduit (ce que j’espère parce que j’ai plein de lectures qui entrent dans le cadre de ce défi, j’ai juste manqué de temps).
Je suis un troll, donc je n’ai pas de palier défini. Pour l’instant, j’ai lu quatre ouvrages.

Et, bien entendu, le JLLND d’Un papillon dans la lune court toujours ! Les nouvelles c’est bien, lisez-en ! (Et pas seulement le dimanche.)

*
Même si j'aurais voulu lire plus, ce fut une bonne année d'un point de vue livresque (heureusement d'ailleurs, parce que pour le reste...)

Je vous souhaite une excellente année 2017 !!!

jeudi 29 décembre 2016

Challenge Lunes d'encre

Je m'attristais en voyant arriver l’échéance de challenges qui m’ont occupée durant toute l'année 2016 mais, la nature ayant horreur du vide, j'en ai trouvé un prometteur grâce à la très bonne idée d'A.C. de Haenne.
Le principe est simple : en 2017 on lit des livres de la collection Lunes d'encre.


Elle m'a offert de très belles lectures et j'ai une tendresse particulière pour cette collection. Mon premier Lunes d'encre : La Dernière Licorne de Peter S. Beagle, a durablement marqué mon parcours de lectrice et a influé sur la voie scolaire que j'ai choisie. Mais je ne vais pas vous raconter ma vie...
C'est parti, en 2017 on lit des Lunes d'encre, on en lit plein !


Mise à jour - 05/01/17


Les paliers :
- Palier Jo Walton (JW) : quatre lectures et chroniques.
- Palier Mary Gentle (MG) : six lectures et chroniques.
- Palier Christopher Priest (CP) : neuf lectures et chroniques.
- Palier Robert Charles Wilson (RCW) : onze lectures et chroniques.


*


challenge-lunes-dencre

mardi 27 décembre 2016

[Tag] Séries télé

Un petit tag en attendant de pouvoir me remettre sérieusement à la lecture.
Je l'ai piqué chez Chani.


*


1. À quelle série dois-tu ton premier souvenir de télévision ?
Ma mère a perdu les eaux juste après un épisode de Dallas. La légende familiale raconte que j’ai décidé de sortir le plus vite possible pour ne plus endurer ça. Est-ce que ça compte ?
Sinon, et là on touche à un traumatisme, la personne qui me gardait regardait Santa Barbara. J’ai encore cet horrible générique en tête.


2. Quel est le chef-d’œuvre « officiel » qui te gonfle ?
Friends.
Je regardais sporadiquement sur Jimmy durant mes insomnies parce qu’il n’y avait rien d‘autre. Toutes les filles de ma génération adoooorent cette série et moi je n’ai jamais pu blairer les personnages.


3. Quel classique absolu n’as-tu jamais vu et d’ailleurs n’as-tu pas l’envie de voir ?
Lost.
Pas que je pense que ce soit une mauvaise série, mais lors de sa sortie ma meilleure amie m’a tellement saoulée que je n’ai plus eu envie de la voir. Au fil du temps j’ai été noyée sous les spoilers et voilà quoi… ça ne m’intéresse pas plus que ça.


4. Quelle est la série, unanimement jugée mauvaise, que tu as « honte » d’aimer ?
Fuller house.
C’est presque aussi gnangnan que l’originale, c’est plein d’incohérences et de bons sentiments, mais c’est reposant.


5. Quelle est la série que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?
Je n’en sais rien, je ne suis pas suffisamment sérievore pour avoir des goûts qui sortent de l’ordinaire. Peut-être Dead like me.


6. Quelle série aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Firefly. (J'ai harcelé suffisamment de gens pour que ce soit mentionné.)


7. Quelle série ferais-tu regarder à ton pire ennemi pour le torturer ?
Premiers baisers.


8. Quelle série pourrais-tu voir et revoir ?
Sherlock ou Buffy.


9. Quelle série faut-il voir pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?
Daria.


10. Quelle série t’a fait verser tes plus grosses larmes ?
Je n’en sais fichtrement rien… J’oublie très, très vite les pleurs cathartiques. Cependant, parce que c'est assez récent et même si je ne me souviens pas avoir pleuré à chaudes larmes, Penny Dreadful m'a brisé le cœur une ou deux fois.


11. Quelle série t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Aucune idée.
Ceci dit, quand j’étais ado je regardais Remington Steele rien que pour Pierce Brosnan et je suis totalement incapable de raconter un épisode, ça doit bien vouloir dire quelque chose…


12. Quelle série emporterais-tu sur une île déserte (en plus d’un générateur et de la télévision) ?
Kaamelott.
Non seulement c’est une excellente série, mais en plus ça me rappellerait que je suis très bien toute seule sur mon île.


13. De quelle série attends-tu la sortie en DVD avec la plus grande impatience ?
Penny Dreadful (j’attends une belle intégrale en fait).


14. Quel est selon toi le film adapté d’une série le plus réussi ?
La Famille Addams.

samedi 24 décembre 2016

Le Jour des Tartines

Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy'el.


Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu'au 31 décembre 2016.


*


le-jour-des-tartines-thierry-fernandez.png




Présentation de l'éditeur :


JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.


Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.


Paule Langevine : Scientifique française.


Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.



Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l'image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.


*


JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

vendredi 23 décembre 2016

Box Chakaiclub décembre 2016 – Noël ici et ailleurs

Le 10 décembre est arrivée ma deuxième pochette Chakaiclub (j’ai pris un abonnement de trois mois). J’ai mis un peu de temps à tout goûter car j’avais, entre autres, mon calendrier de l’Avent théiné (du Chakaiclub également).
J’ai tout de suite été enthousiasmée par ces thés qui changent beaucoup de ce qui est habituellement proposé pour les fêtes de fin d’année.


*


chakaiclub-decembre-2016


Désolée pour la photo floue, mon téléphone n'est pas très coopératif ces derniers temps...


*


Le magazine est toujours très chouette. Il présente les thés, mais pas seulement. On y apprend des choses de façon ludique et ça me plaît. Il y a un article de fond, des jeux, des astuces, des recettes… Ça donne toujours envie de le lire au lieu de juste le feuilleter.


*


Les thés :


L’une des choses que j’apprécie chez les thés Chakaiclub, c’est que les ingrédients sont listés sur chaque paquet, ce qui est vraiment pratique pour les personnes souffrant d’allergies ou ne souhaitant pas consommer certains produits.


Vive le Vent
Thé blanc, amande, citron, mandarine, raisin
J’avais déjà eu le plaisir de le goûter grâce au calendrier de l’Avent. C’est un thé léger, agréable, rafraichissant et festif à la fois. Il porte bien son nom. Les agrumes ne sont pas agressifs, mais tout doux en bouche, comme une confiserie. Je n’ai pas senti l’amande.
Ce thé est un bonheur en ces temps où les repas se font de plus en plus lourds.


Dans la hotte du Père Noël
Un thé noir à l’orange et l’ananas, avec un rien de cannelle, qui rappelle les bonbons. Je n’aime pas trop l’orange en général, mais le mélange de ces deux saveurs acidulées m’a beaucoup plu.
Même trop infusé de quelques minutes (le temps file parfois très vite) il n’est pas astringent.


Noël à Sydney
Un rooibos coco et ananas
J’aime beaucoup le rooibos, surtout associé à des saveurs fruitées comme c’est le cas pour celui-ci. L’odeur à elle seule éveille les papilles. C’est une boisson très douce, très agréable en soirée pour se réchauffer.
Tant que j’y suis, si vous aimez la noix de coco, le thé noir Sous les cocotiers de Chakaiclub est vraiment excellent.


Noël à Buenos Aires
Un mélange de thés verts et blanc à la pomme et aux pétales de rose qui titille les papilles par sa saveur acidulée. Encore une fois, un thé très doux, léger, rafraichissant tout en ayant une petite touche gourmande.


Sencha de Corée du Sud
Ah, le thé nature du mois ! Un très bon choix.
J’aime énormément le sencha et celui-ci est très bon, très boisé et végétal, un rien organique également, sans que ce soit écœurant. Il est aussi un peu sucré en arrière-bouche. Il m’a beaucoup plu.


*


Les surprises :


Une mesure à thé :
Elle m’a plu tout de suite car elle est pratique : demi-sphère pour ne rien renverser et longue tige pour les grandes boîtes. Elle complète à merveille celle que j’utilise depuis des années mais qui a une plus grande contenance.
Je la préfère à celle de ma box Envouthé de décembre car, même si elle a un design plus simple, elle pourra me servir au quotidien. Elle est d’ores-et-déjà adoptée.


Et une pâte de fruit pour la petite touche régressive. C’est une attention sympathique et ça rappelle des tas de souvenirs.


*


Les maîtres-mots de cette pochette de noël sont : festive, exotique, dépaysement, légèreté. Et ça fait du bien durant cette période où il fait froid et que la cuisine est un peu plus lourde. Ces thés apportent un vent de fraîcheur joyeuse. Leur originalité m’a conquise (je n’aurais pas aimé avoir les traditionnels orange-épices, j’arrive à saturation). Et puis j’adore ma nouvelle mesure.

dimanche 18 décembre 2016

Box Envouthé Décembre 2016 – Conte de Noël

Je suis restée abonnée pour la box de noël, réputée être la plus élaborée. C’était un risque car parmi les rares saveurs que je n’apprécie pas associées au thé on trouve l’orange et les clous de girofle qui sont typiquement de saison.
J’ai eu quelques surprises. Pour la plupart des thés de cette box, il n’y a pas de demi-mesure : on adore ou on déteste.


*


envouthe-decembre-2016-conte-de-noel-1


*


Cette box contient :


-Thé de Vendôme (thé noir, pamplemousse, orange) - Nina's Paris - 4 sachets
- Umami Matcha (thé vert matcha, chocolat blanc) - Umami - 25g (pour un seul mug)
- RUDOLF (thé noir, pain d'épices, groseille) - Envouthé - 15g
- Orange-Chocolat (thé noir bio, coques de fèves de cacao, orange, vanille) - Thés de la Pagode - 20g
- Cerise-Vanille (infusion hibiscus, églantier, cerise, vanille, pomme, baies de sureau) - Ochaya - 15g
- Des sablés artisanaux aux pépites de chocolat - La Sablésienne (deux sachets de trois biscuits)
- Une cuillère à thé - Sabre
- Un carnet de dégustation pour infuser au mieux les thés et infusions de la sélection


*


envouthe-decembre-2016-conte-de-noel-2


*


Le magazine est égal à lui-même, à savoir très clair et pratique.
Il présente chaque thé : histoire, caractéristiques et conseils de dégustation. On a la possibilité de prendre des notes sur la fiche du thé.
Je ne suis toujours pas convaincue par les accords mets et thés proposés, mais ça c’est une question de goût.
À la fin est disponible le récapitulatif des cinq thés du mois et leur quantité, ce que j’apprécie.
Cette fois, se trouvent en outre deux pages supplémentaires pour noter des idées en rapport avec les fêtes.


La carte cadeau que vous voyez sur la photo à côté du livret est en fait de la pub. Si vous achetez un chèque cadeau, vous pouvez y écrire un mot ainsi que le code.
Un petit plus, cadeau ou réduction, pour la personne à qui on veut offrir la carte aurait été le bienvenu. À quoi sert d’être abonné si c’est la même offre qu’en boutique ? Je suis un peu désappointée.


*


Les thés :


Orange-Chocolat - Thés de la Pagode
Thé noir bio, coques de fèves de cacao, orange, vanille
Je ne suis pas amatrice du mélange orange-chocolat (c’est peu de le dire), cependant ce thé ravira ceux qui le sont. Il est parfaitement dosé et gourmand. Il m’a rappelé les pim’s (que je n’aime pas, mais c’est une comparaison très parlante…). On sent aussi bien l’orange et le chocolat que le thé noir.
Il est également agréable une fois refroidi : on sent alors plus la vanille et elle donne à ce thé une douceur réconfortante. Je l’ai préféré ainsi.
Même s’il n’est pas à mon goût, c’est un très bon thé.


Umami Matcha
Thé vert matcha, chocolat blanc
Le carnet de dégustation indique que pour un mug de 250ml il faut utiliser tout le paquet, soit 25g. Je suis assez parcimonieuse avec le matcha et, même si celui-ci n’était pas pur et destiné à être mélangé à du lait, je trouvais que cela faisait beaucoup. J’ai néanmoins décidé de jouer le jeu. Je l’ai même infusé dans du lait de vache. J’ai juste prélevé, par curiosité, un peu de poudre pour la goûter avant dans de l’eau.
Au final, je pense que j’aurais pu faire deux mugs avec cette quantité, mais c’est vraiment une question de goût. C’est comme pour le lait, j’aurais dû prendre du soja. C’était trop lourd pour moi.
J’ai trouvé ce matcha latte un peu amer, sans que ce soit gênant. Il y a une petite touche sucrée, mais si je n’avais pas su ce que c’était, je n’aurais pas identifié cela comme du chocolat blanc, sans doute à cause du lait.
C’était en tout cas une idée très originale et plaisante pour une box de noël.


Thé de Vendôme - Nina's Paris
Thé noir, pamplemousse, orange
Bon, honnêtement celui-ci non plus n’est pas à mon goût. Il sent très fort le pamplemousse, l’orange est plus discrète. Il est un peu amer, mais ça n’est pas dérangeant pour moi. J’aurais bien du mal à décrire ce qui m’a déplu.


Rudolf – une création d’Envouthé
Thé noir, pain d'épices, groseille
Celui-ci est délicieux. Pour ceux que les épices effraient, elles sont subtiles, juste assez présentes pour vous réchauffer. J’ai beaucoup apprécié le goût acidulé de la groseille qui donne du peps à cette boisson.
C’est un mélange atypique pour un thé de noël, une très chouette découverte.


Cerise-Vanille – Ochaya
Infusion hibiscus, églantier, cerise, vanille, pomme, baies de sureau
Ce parfum ! La vanille a sur moi un effet réconfortant, j’étais séduite rien qu’à l’odeur. Par contre, connaissant l’astringence de l’hibiscus pour l’utiliser très souvent, j’ai laissé cette tisane infuser au minimum du temps conseillé afin qu’il ne prenne pas le pas sur le reste. Au final ça n’a pas changé grand-chose. La vanille et les fruits rouges sont en arrière-plan, l’acidité emporte la mise. Je trouve cela dommage, même si j’aime l’hibiscus et que j’ai beaucoup apprécié cette tisane, je sais que beaucoup ne l’aimeront pas.


*


Comme je vous le disais dans mon introduction, les thés de ce mois-ci ont des spécificités qui les rendent soit très attrayants soit rédhibitoires, mais ils sont toujours de qualité.
Globalement, j’ai quand même apprécié mes découvertes.


*


Les surprises :


La surprise utile est une cuillère de noël.
Comme quelqu’un l’a fait remarquer sur la page d’Envouthé, nous avons déjà eu une cuillère le mois précédent. Il lui a été répondu que celle de novembre sert à pêcher les sachets alors que celle de décembre sert à mesurer le thé.
Mouais, je ne suis pas convaincue… Pour moi, une mesure à thé doit être pratique, en demi-sphère pour une ou deux tasses ou en pelle pour de plus grandes quantités, afin de ne rien renverser. Par contre, elle est très jolie.


Les sablés :
Dans la petite boîte cartonnée au joli design, il y avait deux paquets contenant chacun trois sablés aux pépites de chocolat.
Ils ne m’ont pas plu, mais c’est plus une affaire de goût que de qualité. Mon père est pâtissier, je suis très difficile.


*


J’en reste là avec Envouthé, surtout pour une question de budget et de soucis de livraison. C’est une chouette box mais un peu chère.
Ce qu’il y a de bien, c’est que le thème est annoncé en début de mois et à partir de cette date on a encore dix jours pour s’abonner et recevoir la box (c’est moins cher que de l’acheter à la pièce). Peut-être me laisserai-je tenter à l’occasion si un thème m’enthousiasme vraiment.


En guise de bilan pour ces trois mois d'abonnement :


Les + :
- La diversité des thés proposés.
- Des thés globalement de qualité.
- Des maisons de thés pas toujours connues.
- Des thématiques sympas.
- Les gourmandises sont bonnes et pas bourrées d’additifs.


Les - :
- La quantité est aléatoire selon les mois, parfois ça fait cher pour ce que c’est.
- La livraison ! Ma première box a été livrée par la poste, mais pour les deux autres j’ai eu quelques déboires avec le transporteur Colis privé…
- Le service client n’est pas très réactif. Et quand on finit par vous répondre c’est à côté de la plaque.

vendredi 9 décembre 2016

[Tag] Wishlist

Un tag proposé par PKJ, mais que j’ai piqué chez Chani.


« Comme on approche doucement des fêtes de fin d'année, voici un nouveau tag pour vous aider à écrire votre lettre au Père Noël ! Les 12 questions du test vous permettront de mettre en évidence les livres de votre wishlist : votre liste d'envies. »


D’une part ça me remonte le moral de penser aux livres que je voudrais, d’autre part ça donnera peut-être des idées à mes proches. :D
(Laissez-moi rêver !)


*


1) Quel devrait être votre prochain achat ?
Penny Dreadful T1 (comics)


penny-dreadful-comics


*


2) Quel roman que vous ne possédez pas vous fait envie depuis très longtemps ?
Les Fiancés de l’hiver, La Passe-miroir T1 de Christelle Dabos (craquage en vue !)


la-passe-miroir-t1-les-fiances-de-lhiver


*


3) Citez un livre Pocket Jeunesse qui est sur votre liste d'envies.
L'école du Bien et du Mal T1 de Soman Chainani


lecole-du-bien-et-du-mal-t1


*


4) Quel livre aimeriez-vous qu'on vous offre ?
Tous ceux de ma liste ! (Fallait pas poser la question.)
Disons La Terre bleue de nos souvenirs, Les Enfants de Poséidon T1 de Alastair Reynolds


la-terre-bleue-de-nos-souvenirs-t1-les-enfants-de-poseidon


*


5) Citez un livre français de votre wishlist.
Je suis le sang de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait


je-suis-le-sang


*


6) Citez une suite de série que vous aimeriez posséder.
Le Livre des âmes, Un enquête de l'inspecteur McLean T2 de James Oswald


le-livre-des-ames-les-enquetes-de-linspecteur-mclean-t2


*


7) Citez un livre qui est sur votre wishlist parce que vous aimez sa couverture.
Le mystère du jeteur de sort, Sorcières sorcières T1 de Joris Chamblain et Lucile Thibaudier
(Ces petites sorcières sont trop adorables !)


le-mystere-du-jeteur-de-sort-sorcieres-sorcieres-t1


*


8) Citez un livre qui est sur votre wishlist parce que vous avez déjà lu et aimé son auteur.
Sitrinjêta de Christian Léourier


sitrinjeta-christian-leourier


*


9) Quel résumé de livre présent sur votre liste d'envies vous intrigue particulièrement ?
Le Village d’Emmanuel Chastellière


le-village-emmanuel-chastelliere


*


10) Citez un roman de votre wishlist dont vous ignorez de quoi il parle avec exactitude.
Vent du Nord de Lord Dunsany


vent-du-nord


*


11) Quel roman présent sur votre wishlist vous a été recommandé ?
Une vie après l’autre de Kate Atkinson


une-vie-apres-lautre-kate-atkinson


*


12) Quel roman est déjà dans votre wishlist alors qu'il ne sort qu'en 2017 ?
La Panse de Léo Henry (pour mars 2017)


la-panse-leo-henry


*


« Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux », Jules Renard.

mercredi 7 décembre 2016

Quantpunk

Une anthologie publiée chez Realities Inc, en numérique et à tout petit prix.

quantpunk
Présentation de l'éditeur :

Qu’est-ce que le Quantpunk ? C’est la question à laquelle les douze auteurs de ce recueil ont eu à répondre, dans une tentative de créer un nouveau genre, dérivé du cyberpunk et du steampunk, faisant appel aux découvertes de la physique quantique et des technologies qui en découlent, sans oublier la philosophie propre au mouvement punk.
Le résultat ? Onze textes plutôt disparates, preuve s’il en faut que l’exercice n’a rien d’évident. Le « Quantpunk », tout comme la mécanique quantique, résiste à la compréhension. Vouloir le définir, c’est laisser s’effondrer une foule de possibilités pour n’en conserver qu’une. Le regard de l’auteur influe sur son univers, et c’est particulièrement flagrant dans les textes qui constituent ce recueil.
Le Quantpunk est-il science-fiction, fantasy ou fantastique ?
Il est tout cela à la fois.
Est-il facétieux ou sérieux ?
Tout cela à la fois.
Jusqu’à ce que vous ayez tranché.
Sommaire :
- L’Homme au cerveaunivers d’Anthony Boulanger
- Le chat, les punks et la photocopieuse quantique de Lucie Pierrat-Pajot
- Cas de conscience de Sylvain Boïdo
- No past, no future, no Proust de Manon Bousquet
- Guanyin du sutra électrique de Jérôme Cigut
- Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été de Guillaume Parodi
- Mémoires mortes de Xavier Portebois
- Le prince est mort, vive le prince de Tesha Garisaki
- L’homme fractal de Fabien Clavel
- Conflux de Mathieu Rivero
- Transition d’André Woodcock & Thierry Fernandez
*
Toi aussi découvre le quantpunk, ce qu’il est et n’est pas, ce qu’il pourrait être… Le concept en lui-même m’a intéressée car il promettait originalité et diversité ; des IA et des chats (forcément), des punks et des mondes parallèles déployant l’éventail des possibles, des problématiques humaines, voire humanistes, des réalités qui s’épanchent, se mêlent, se contaminent et des récits allant du désenchantement du cyberpunk à l’incertitude migraineuse du fantastique. Qui ne serait pas tenté ?!
Je me suis très vite prise au jeu. Le premier texte, L’Homme au cerveaunivers, nous plonge tout de suite dans le bain. On y découvre un monde où les capacités psychiques des humains ont évolué. Classique, me dira-t-on, mais non, pas tant que ça. J’ai beaucoup aimé le background ainsi que le personnage et ai regretté la brièveté du récit.
Le deuxième texte est très drôle. Rien que le titre – Le chat, les punks et la photocopieuse quantique – est tout un programme. La fin, par contre, m’a semblé très abrupte.
Cas de conscience de Sylvain Boïdo est plus sombre et désenchanté. D’une certaine façon, il m’a rappelé la situation politique actuelle. On anticipe la fin, mais cela participe à l’envie de tourner les pages toujours plus vite. Je parlais avec ma liseuse, mais bizarrement les personnages ont refusé de m’écouter…
No past, no future, no Proust est une nouvelle plus légère qui m’a tout de suite séduite. Il faut dire qu’à partir du moment où on a une bibliothécaire psychorigide et un certain type de créature (faut lire, je ne vais pas tout dévoiler !) je suis conquise.
Guanyin du sutra électrique est un récit complexe qui mêle science-fiction, mythologie et philosophie, avec une narration puzzle comme je les aime. Je ne suis pas sûre d’en avoir intégré toutes les subtilités et il mériterait sans doute une seconde lecture. C’est néanmoins un très bon texte.
Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été se situe entre le fantastique et l’anticipation. Je n’ai pas été touchée autant que je l’aurais dû par les déboires du personnage, peut-être parce que le point de bascule était trop franc, trop tranché, et la fin pas très crédible. J’ai cependant apprécié le contexte qui donne à réfléchir.
La nouvelle suivante nous entraîne dans un univers virtuel, ou pas. La problématique de Mémoires mortes est particulièrement intéressante. Qu’est-ce qui fait notre conscience ? Est-elle copiable, numérisable ?
Dans Le prince est mort, vive le prince, le protagoniste explore des univers parallèles en quête de vengeance. J’ai apprécié l’aspect psychologique du récit, la façon dont l’auteur nous démontre l’importance des détails et dont elle analyse les nuances de la personnalité de ses personnages ainsi que la construction de celle-ci.
Avec L’homme fractal, Fabien Clavel prouve une fois de plus – s’il en était besoin – son talent de bâtisseur. Il n’écrit pas, il construit. Je suis toujours admirative de la qualité stylistique qu’il met entièrement au service de ses intrigues. Les deux s’équilibrent parfaitement. Et, bien sûr, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Conflux de Mathieu Rivero est un rien convenu, mais demeure un très bon texte malgré tout. J’ai déploré les coquilles (qui sont plus nombreuses dans cette nouvelle-ci), mais apprécié le propos.
Enfin Transition, le dernier texte, est celui qui m’a le moins plu. J’ai aimé les références, cependant je ne suis pas fan des scènes de combat à rallonge. Je n’en voyais plus la fin.
J’ai été conquise par cette anthologie décalée qui dépoussière les codes et métisse les genres. On est plus du côté cyber de la Force que du côté steam, mais ce n’est pas un mal car cela va à contresens de la mode actuelle. La grande variété des thèmes et des styles est indubitablement son point fort. C’est un ouvrage à découvrir absolument.
*
Màj : On me dit dans l'oreillette que les coquilles que j'ai mentionnées ont été corrigées.
*

sfff-diversite

Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.

vendredi 2 décembre 2016

Dr. Horrible and Other Horrible Stories

Comics publiés chez Dark Horse.
Scénarisés par Zack Whedon.
Illustrés par Joelle Jones, Jim Rugg, Farel Dalrymple et Eric Canete.
Colorisation : Dan Jackson.
Couverture : Kristian Donaldson.


*


dr-horrible-and-other-stories-zack-whedon




Présentation de l'éditeur :
Based on the Emmy Award-winning web series Dr. Horrible's Sing-Along Blog, this collection of stories written by Zack Whedon (Deadwood, Fringe) chronicles some of the earliest adventures in the lives of archenemies Captain Hammer and Dr. Horrible.


This anthology solves many unanswered questions left over from the show. For instance: What event inspired Dr. Horrible to become the world's greatest criminal mastermind? Why is Penny, the beautiful girl from the Laundromat, still single? How can you, the reader, be like blustering do-gooder Captain Hammer? And why is Horrible's sidekick, Moist, so . . . um . . . well, you'll find out!



À l’origine, Dr. Horrible’s sing-along blog est une websérie en trois épisodes créée par Joss Whedon durant la grève des scénaristes aux U.S.A. Il souhaitait montrer qu’on pouvait produire une série de qualité avec peu de moyens. Il a réussi. Dr. Horrible est une sorte de tragicomédie, les chansons en plus. C’est drôle, mais aussi très humain et intelligent.
Cela étant dit, revenons aux comics.
Cet album est une compilation de cinq courtes histoires écrites par Zack Whedon. Il n’est disponible qu’en anglais, mais c’est d’un niveau très accessible. Je l’ai trouvé par hasard à un prix modique (ce qui est une bonne chose vu que la reliure s’est décollée de suite…). J’aime beaucoup la série, donc je n’ai pas hésité.
Ces histoires forment une sorte de préquelle à la série. Elles sont liées entre elles et permettent de voir certains événements sous plusieurs angles. Pour autant, les intrigues ne sont pas particulièrement complexes. Je vous avoue cependant m’être plus concentrée sur les récits que les dessins…
Pour situer le contexte : Dr. Horrible ambitionne de rejoindre The Evil Ligue of Evil, tout un programme… Son ennemi juré n’est autre que Captain Hammer, un beau gosse pas très futé… Dans la première histoire, celui-ci fait d’ailleurs sa propagande, des fois qu’on n’ait pas encore compris à quel point il est puant d’orgueil… D’habitude il me fait rire, là je l’ai trouvé carrément dérangeant, mais c’est probablement parce que je suis une des personnes bizarres qu’il aurait eu à l’œil…
Dans le deuxième récit, Moist nous conte comment il a eu son « super-pouvoir » et comment il a fait la rencontre d’Horrible. Ce personnage secondaire totalement décalé apporte une touche d’humour car il tourne en ridicule les codes du genre, même si au final sa vie est plutôt glauque.
L’histoire qui suit est plus douce, plus triste aussi. Elle est centrée sur Penny, la fille de la laverie, un personnage qui peut paraître caricatural, mais que j’aime beaucoup.
Le chapitre suivant est dévolu aux membres de la Ligue, mais également à un personnage tout juste évoqué dans la série. C’était chouette de finalement faire la connaissance de la presque Némésis d’Horrible, son miroir dans le camp des gentils.
Enfin, la dernière histoire nous conte comment et pourquoi Billy est devenu Dr. Horrible ainsi que sa première grande confrontation avec Captain Hammer. Ce fut mon chapitre préféré.
Dr. Horrible bouscule les codes des histoires de super-héros d’une façon qui me plaît. Les frères Whedon ont doté la série comme les comics d’un humour décalé, mais ont aussi apporté de la nuance et de la réflexion au thème. Les apparences sont trompeuses et, comme dirait quelqu’un, le plus difficile dans ce monde c’est d’y vivre…
Il est indispensable d’avoir vu la série avant, sinon vous ne trouverez aucun intérêt à ces histoires et vous ne profiterez pas des références. C’est vraiment pour les fans. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ce fut un plaisir de retrouver les personnages et d’en apprendre un peu plus sur eux.

mercredi 30 novembre 2016

L'Homme qui mit fin à l'histoire

Une novella de Ken Liu parue aux éditions Le Bélial' dans la collection une heure-lumière.


*


lhomme-qui-mit-fin-a-lhistoire-ken-liu




Présentation de l'éditeur :
Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'Etat. Avez-vous déjà entendu parler de l'Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain. Quitte à mettre fin à l'Histoire…



Je n’avais pas lu la quatrième de couverture. Je suis arrivée confiante, parce que c’était Ken Liu. Je pense avoir bien fait, je vous encourage donc à zapper cette chronique et à vous procurer cette novella sans rien savoir de plus.
Si malgré mes avertissements vous n’avez pas envie de vous jeter dans l’inconnu, voici mon avis :


La forme m’a tout d’abord interpellée. L’Homme qui mit fin à l’histoire est construit comme un documentaire, ou plutôt comme la transcription de celui-ci. Notes de production, plans minutieusement décrits, explications préliminaires, témoignages… L’auteur a parfaitement créé l’illusion. Le début est un peu déroutant mais, très vite, on y croit.
S’il vous était offert de voir le passé une unique fois, quel moment choisiriez-vous ? Quel lieu ? Et pourquoi ?
Anticiperiez-vous également tout ce que cela peut impliquer sur le plan moral ?
Dès les premières minutes du documentaire, une théorie nous est exposée : voir le passé serait possible. Cependant, à partir du moment où le « voyage » est effectué, ce pan de l’histoire devient inaccessible pour d’autres. Si l’idée est née de bonnes intentions, on la verra attaquée, dévoyée, puis remisée par un monde qui n’est pas prêt à regarder son passé en face.
Les deux personnages principaux espéraient mettre en lumière une période particulièrement sombre de l’histoire, mais pas si éloignée que ça. Si j’ai souvent entendu parler des expériences menées par les Allemands sur les prisonniers durant la seconde guerre mondiale, ce n’était pas le cas pour celles des Japonais sur les Chinois. À dire vrai, quand j’ai étudié cette période au lycée, les cours étaient très centrés sur l’occident… Aussi, j’ai trouvé cet ouvrage, basé sur des faits historiques rigoureusement vrais, intéressant.
Cette novella mêle science-fiction et histoire pour mieux développer plusieurs problématiques qui ont nourri ma réflexion. Quand j’en ai parlé à une personne de mon entourage, il m’a été répondu : oui mais c’est faux, c’est juste de la SF. Réponse qui m’a exaspérée. La puissance de la SF est justement qu’elle permet de repousser les barrières de la réflexion, de décloisonner un problème pour l’appréhender sous d’autres angles.
Comment l’humanité réagirait-elle face à un tel procédé ? L’utiliserait-elle à bon escient ou pour détruire la vérité ? Accepterait-elle les témoignages de ses pairs ou s’enfoncerait-elle davantage dans le négationnisme ?
D’un point de vue éthique et humain, mais également historique, cette novella est passionnante. Certains passages m’ont bouleversée et je ne peux que vous recommander cette lecture.


*


JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas


sfff-diversite


Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans les catégories suivantes :
– Lire une œuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métissé. Que c’est moche, écrit comme cela. Mais il faut quand même bien trouver un terme : allez… tout sauf blanc.
– Lire une œuvre de SFFF par un auteur non occidental.

lundi 28 novembre 2016

Bienvenue T2

Une BD de Marguerite Abouet et Singeon, publiée chez Gallimard jeunesse, collection Bayou.


Mon avis sur le tome 1 est ici.


*


bienvenue-t2-2

Présentation de l'éditeur :
Bienvenue, étudiante aux Beaux-Arts, collectionne les galères : elle est sans-le-sou, sa garde d'enfants tourne court, son prof la harcèle pour qu'elle rende un devoir, son père revient dans sa vie... Mais c'est finalement les problèmes de ses voisins qui lui donnent le plus de fil à retordre car, en bonne samaritaine, elle se retrouve toujours au cœur de leurs histoires. Quand aura-t-elle le temps de s'occuper de sa vie amoureuse ? !



Bienvenue, du nom du personnage principal, est une série de BD contemporaine destinée aux adolescents, mais qui peut tout aussi bien être lue par des adultes. Elle raconte le quotidien d’une étudiante en arts et des gens hauts en couleur qui gravitent autour d’elle.
Je ne m’explique pas que près de quatre années se soient écoulées entre ma lecture du premier tome, qui m’avait beaucoup plu, et cette suite. Je pensais bien me souvenir de tous les personnages et événements, mais j’étais loin du compte… À ma grande honte, j’avais complètement zappé Pénélope et Jojo… Si c’est vite revenu pour le second, j’ai dû zieuter le premier tome pour la première (c’est un comble quand on connaît l’oiseau).
À la fin du précédent tome, on quittait Bienvenue alors qu’elle se rendait à un rencard. C’était très frustrant ! On la retrouve ici quand elle en revient, mais sa cousine ne réussit qu’à grand peine à lui tirer les vers du nez. Concrètement, la vie amoureuse de Bienvenue ne sera qu’en arrière-plan dans ce tome. Cette jeune fille un brin revêche commence presque malgré elle à s’ouvrir aux autres et se trouve mêlée à toutes les petites histoires de ses voisins et amis… Elle devient plus altruiste, mais ne se rend pas compte à quel point cela va empiéter sur sa vie personnelle. Par certains côtés, elle rappelle beaucoup Aya, héroïne d’une autre série de Marguerite Abouet.
Le principe de la série, avec ses séquences courtes – des tranches de vie taillées à la serpe – est très chouette. Mais c’est un peu plus haché que dans mon souvenir et j’ai été un peu déçue par la tournure des événements. Ce que j’avais aimé dans le premier tome, à savoir le récit très actuel, tend beaucoup plus vers la caricature dans cette suite. C’est plus cliché et moins adulte, pas toujours très crédible. Le fait que la cible soit un public plus jeune n’est pas une excuse selon moi. Malgré tout, les personnages étant attachants, je me suis remise dans le bain et j’ai fini par me prendre au jeu, même si ça fait un peu Plus belle la vie.
Les intrigues, il y en a beaucoup, n’avancent que très peu dans ce tome. Ça reste sympathique, cependant, si le troisième est le dernier, je me demande bien comment il va se terminer. Je n’attends pas qu’il mette un point final aux vies des personnages. Comme dans Aya de Yopougon, je pense que Marguerite Abouet va vouloir montrer que la vie est un flux tendu d’événements, on ne peut pas tout clore dans un dernier tome, mais il faudrait quand même une avancée conséquente pour ne pas frustrer le lecteur.
C’est une chouette BD, même si elle manque un peu de rythme, et j’aimerais bien avoir un éclaircissement sur certains secrets qui flottent en périphérie de l’intrigue (même si j’ai probablement déjà tout compris toute seule).

samedi 26 novembre 2016

Box Envouthé Novembre 2016 – Bulle cocooning

Décidément, le thème est de saison. Je ne vais pas m'en plaindre.


*


envouthe-novembre-2016-bulle-cocooning-1


*


Cette box contient :
- Bulle, une création d’Envouthé, (thé blanc, framboise, pistache) - 10g
- Houjicha (thé vert grand cru d'origine) - Tamayura - 10g
- Jasmine Pearls (thé vert, perles de jasmin) - teapigs - 2 sachets
- Dame Blanche (thé noir, pomme, caramel) - Les saisons du thé - 15g
- Fantasma (infusion) - Chic des Plantes ! - 2 sachets
- Blanche (infusion) - Chic des Plantes ! - 2 sachets
- Deux petits gâteaux artisanaux rose et datte - Mimi Gwastell
- Une cuillère à sachet de thé - Chic des Plantes !
- Un magazine qui détaille les caractéristiques des thés
- Un magazine citant des enseignements zen relatifs au thé


*


envouthe-novembre-2016-bulle-cocooning-2


*


Les thés :


Jasmine Pearls
Thé vert (il y a une erreur dans le carnet de dégustation)
L’odeur du thé au jasmin est toujours un pur délice en soi. Je préfère le jasmin associé au thé noir, mais le goût est irréprochable, parfaitement fleuri. On sent peu le thé vert.
Il est très bon, je vous le recommande.


Bulle
Thé blanc, framboise, pistache
La pistache est très discrète, je l’ai surtout sentie à froid, elle apporte un peu de rondeur à ce thé, mais on sent surtout la framboise dont le goût est très prononcé. C’est néanmoins un thé agréable et rafraichissant.


Houjicha
Thé vert
Le thé nature de cette box est tout à fait raccord avec le thème, que ce soit pour son goût ou sa faible teneur en théine. C’est un bon kukicha, boisé et grillé juste ce qu’il faut. J’ai goûté meilleur (ça fait partie de mes indispensables), mais il est parfait pour découvrir ce type de thé et très agréable à boire en fin de journée ou en soirée pour se détendre. C'est un thé qui gagne à être connu.


Dame Blanche
Thé noir, pomme caramélisée, amande et rose
Voici mon coup de cœur dans cette box, une vrai petite merveille ! C’est une tarte aux pommes faite thé, avec des petits flocons en sucre pour la touche kawai. Son parfum à lui seul vous fait chavirer et sa saveur est à la hauteur. Il est tout simplement délicieux. Je vais en racheter et en offrir !


*


Les infusions :


Toutes deux sont estampillées « Chic des plantes ! »


Blanche
Mettez du gingembre en poudre dans de l’eau chaude, vous obtiendrez un résultat approchant. En fait, ça sera même meilleur. Je suis rarement aussi catégorique, mais j’ai trouvé cette infusion immonde. J’ai pourtant essayé les deux sachets pour vérifier s’il n’y avait pas un problème de dosage ou de temps d’infusion.
Je suis habituée aux infusions à la matricaire ainsi qu’au gingembre, mais là je suis perplexe. J’avais l’impression de boire de l’eau savonneuse La noix de coco apparaît en arrière bouche, mais elle ne sauve rien. Je n’ai senti aucune des notes sucrées qu’on me promettait. Le gingembre attaque le palais, ce n’était vraiment pas bon.
D’autres personnes l’ont trouvée excellente et sucrée, alors je me demande si le problème ne venait pas de mes sachets.


Fantasma
J’étais circonspecte vu le fiasco de l’infusion précédente, mais celle-ci est meilleure. Elle a une saveur poivrée intéressante car nuancée, même si ce n’est pas mon truc. Si vous aimez les tisanes très épicées pour vous réchauffer lors des froides journées d’hiver, elle est faite pour vous.


*


Les surprises :


Ce mois-ci, il y avait trois surprises dans la box : utile, inspirante et gourmande.


La surprise utile est une jolie cuillère en bois de chez Chic des Plantes.
Sur la mienne est marqué « l’eau à la bouche », mais peut-être ne sont-elles pas toutes pareilles.
Elle sert à pêcher les sachets de thé qui s’égarent dans les tasses. C’est plus parlant quand on sait que ceux de Chic des plantes n’ont pas de fil.


La surprise inspirante tient dans un petit livret présentant des « enseignements zen des maîtres du thé ».
Il est agréable à feuilleter et c’est un supplément intéressant.


Les petits gâteaux artisanaux datte et rose constituent la surprise gourmande (ma préférée dans cette box).
Ils sont délicieux, mais malheureusement si vite engloutis… Deux c’est trop peu ! C’est une chouette découverte.
Encore une fois, j’ai apprécié de trouver un produit gourmand mais sain, la liste des ingrédients ne présentant aucun colorant ni conservateur ou autre saloperie du genre.


*


C’est une jolie box dont le thème m’a plu. Les thés étaient tous très bons et je vous encourage à les découvrir, mais les infusions ne m’ont pas convaincue.
En toute sincérité, un chouia de plus niveau quantité aurait été le bienvenu. Ça n’a pas l’air comme ça, mais il n’y a que deux tasses de chaque thé (trois pour Dame Blanche dont il y a 15g) et c'est peu.

vendredi 25 novembre 2016

Magie noire à Soho, Le dernier apprenti sorcier T2

Un roman de Ben Aaronovitch, publié chez J’ai Lu en petit et grand format.


Mon avis sur le premier tome est ici.


*


magie-noire-a-soho-le-dernier-apprenti-sorcier-t2-ben-aaronovitch


*


Le résumé de l'éditeur spoile abondamment le tome un, je vais donc m'abstenir de le copier.


En ce qui concerne ma chronique, j'ai laissé filtrer quelques détails, mais rien qui risquerait de vous gâcher la lecture du premier tome.


*


Malgré quelques défauts, le premier tome de cette série, qui mêle polar et fantasy urbaine de manière équilibrée et intelligente, m’avait beaucoup plu. Exit les créatures et situations mille fois rebattues ainsi que les fausses enquêtes qui font juste office de colorant alimentaire dans de l’eau plate. Ici, les personnages sont travaillés, les mythes bien exploités, et l’intrigue réfléchie.
Dans cette Londres contemporaine, la magie est une science connue uniquement d’une élite. Peter, jeune policier très banal de prime abord, a fait cette découverte par hasard et s’y est accroché histoire de ne pas finir préposé à la paperasse. Il est devenu l’apprenti du dernier magicien « officiel » du Royaume-Uni et appartient désormais à une unité spéciale (mais réduite) qui s’occupe exclusivement des affaires impliquant des êtres surnaturels ou l’usage de la magie. Pour autant, le savoir ne lui est pas tombé tout cuit dans le bec. Il a encore beaucoup à apprendre.
L’intrigue reprend exactement là où s’était arrêté le tome 1. Ce qui, étant donné la nouvelle affaire qui se profilait dans le paysage, était très prometteur. Si j’ai oublié quelques détails du volume précédent depuis le temps, certaines choses sont restées étonnamment claires dans ma mémoire, dont la fameuse femme au vagin denté.
Au-delà de ça, certains personnages souffrent encore des séquelles de l’affaire Punch. Peter est en quelque sorte livré à lui-même et ne sait pas trop comment réagir. Il se sent un peu coupable aussi, mais l’action va vite le rattraper. Il a vraiment la vedette dans ce tome, les autres se partagent les miettes, cependant c’est plutôt logique.
J’ai retrouvé avec plaisir l’univers urbain, moderne et néanmoins magique, de Ben Aaronovitch. Les démêlés politiques des génies du lieu sont moins prégnants, mais demeurent dans le paysage. Cette fois, le gros de l’intrigue se déroule à Soho, plus précisément dans le milieu du jazz et du burlesque. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur le père de Peter et sa carrière ratée. Nous avons d‘un côté l’affaire des jazzmen aux morts suspectes, de l’autre la mystérieuse femme au vagin denté qui continue de faire des victimes.
Le background est toujours aussi riche, il forme un filet serré aux motifs complexes, mais l’intrigue, elle, est plus simple que dans le premier tome. Elle démarre sur les chapeaux de roues, puis d’un coup commence à piétiner. L’une des enquêtes est très chaotique, quant à l’autre… Peter est le dernier à comprendre, je le crains. Cela demeure toutefois intéressant, bien qu’un peu brouillon.
Aux détours de l’enquête, on en apprend davantage sur le passé de Nightingale et de Molly, mais cela est encore assez anecdotique. Peter étant un narrateur plutôt égocentrique, qui du reste ne se pose pas souvent les bonnes questions, c’est assez cohérent.
Le personnage est égal à lui-même. Les défauts qui m’avaient déjà agacée sont toujours là. Peter n‘est pas un mauvais gars et il est loin d’être stupide, mais il est prétentieux et manque d’à-propos. De surcroît, certaines remarques, sous couvert d’humour, m’ont vrillé les nerfs… J’aime plus l’univers que le personnage, mais il demeure crédible et je reste persuadée que l’auteur lui a sciemment donné ces défauts. Cela ne le rend que plus humain.
Ce tome est un peu moins consistant, ceci dit je ne me suis pas non plus ennuyée. C’est une bonne série qui, à mon sens, relève le niveau de l’urban en général. En outre, la fin apporte un intérêt nouveau qui m’a donné envie de lire la suite rapidement. J’espère un bouleversement à la mesure de cette nouvelle donne.

vendredi 18 novembre 2016

Box Chakaiclub novembre 2016 - sous mon plaid

Je suis faible – contrairement à mon tau de théine – et j’ai craqué pour la box du Chakaiclub de novembre dont le thème cocooning est bienvenu en ce moment.


Outre le thème, c’est la philosophie de cette box qui m’a tentée. L’amour du thé, mais sans chichis.
Le principe est simple : l’important c’est le thé, pas le packaging. C’est plus écolo et, même si j’aime les jolies boîtes, j’admets qu’on ne sait pas toujours quoi en faire au final.


Vous pouvez vous abonner mensuellement (et interrompre votre abonnement après la première box si ça vous chante) ou payer d’avance pour trois ou six mois.
Chaque box compte cinq thés (dont un nature), un magazine et une surprise.
Il existe deux formules relatives à la quantité de thé :
- Curiosithé, 11€50 frais de port compris : 10g de chaque thé
- Découverte, 16€50 frais de port compris : 20g de chaque thé.


J’ai pris Découverte parce que j’aime pourvoir goûter plusieurs fois pour me faire une idée objective et partager avec mon entourage.


Le thé arrive dans une pochette cadeau aux couleurs raccord avec le thème. J’ai aussi eu un petit mot de bienvenue, attention que j’apprécie.


*


chakaiclub-novembre-2016-cocooning


*


Le thé est présenté dans de petites pochettes. Si vous avez déjà eu des échantillons des Jardins de Gaïa, c’est le même genre, solide et n’altérant pas le goût.
Ce mois-ci les surprises sont un sachet de oolong et un nid de tuo cha (je sais, c’est un pléonasme).


Le magazine est très chouette. Il présente les thés du mois de manière claire, mais ce n’est pas tout.
On y trouve un article sur la production de thé au Yunnan, une recette (j’adore les recettes), des astuces et des jeux.


Mais revenons-en aux thés…


La liste des ingrédients est bien lisible et détaillée sur les pochettes, c’est un très bon point.


Les thés sont tous adaptés au thème et à la saison. Si les goûts de fruits et de café sont à l’honneur, le tout est assez diversifié. On a une infusion, du oolong, du thé vert, du thé noir…
Je vais tâcher de dire un mot sur chacun.


Mocaccino
Thé noir
On sent bien le goût riche du cacao, avec une pointe de café (ou d’arôme qui le rappelle).
Je n’aime pas le café et ce n’est pas le type de saveur que je recherche, mais c’est un bon thé qui tient ses promesses, ni plus ni moins. J’en rachèterai probablement pour les amis et je vous le recommande.
Cette boisson gourmande est idéale pour le petit déjeuner ou la pause thé de 11h.


Mon petit plaisir d’automne
Oolong
Une création du Chakaiclub.
Je ne suis pas une grande consommatrice de oolong, mais ce thé est, avec le Yunnan, mon préféré de cette sélection (ce qui m’a étonnée puisque ce ne sont pas des saveurs que j’aime particulièrement en temps normal).
L’alliance entre la fraîcheur de la poire et la douceur sucrée de la crème de marrons est parfaitement réussie. C’est réconfortant sans être écœurant. Une belle découverte.


Yunnan FOP
Thé noir
Je connais bien le thé noir du Yunnan, j’en consomme régulièrement. C’est un grand classique.
C’est un bon choix pour une box cocooning. Ce thé bien charpenté, plutôt astringent, est réconfortant, le genre de thé sur lequel on peut compter dans les moments difficiles. ;)
Sur les pochettes du Chakaiclub est écrit « sélectionné avec amour », en tout cas, je suis certaine qu’il est sélectionné avec goût. Rien qu’à l’odeur des feuilles, je savais qu’il serait délicieux et n’ai pas été déçue.
J’ai vraiment apprécié ma dégustation et du coup je ne regrette pas que le thé nature du mois soit celui-ci.


Cappuccino
Thé vert (sencha)
Comme je l’ai déjà dit, le café n’est pas mon truc, par contre le sencha si. On sent bien le goût du thé, il n’est pas occulté par l’arôme de dattes et de cacao (qui ensemble rappellent vraiment le cappuccino). C’est un thé léger, un peu sucré mais rafraichissant, pas du tout écœurant. Pour autant, ce n’est vraiment pas mon truc, je préfère encore le mocaccino.


Crumble aux pommes
Infusion
J’attendais peut-être un peu trop de celle-ci. Une infusion entre cinq et dix minutes est préconisée, ce fut neuf pour moi et c’était trop acide.
On sent bien le goût de la pomme avec une rondeur en bouche qui rappelle la vanille (mais n’en est pas). Pour moi il manque quelque chose, un crumble devrait sentir aussi le sablé.
Je n’ai pas aimé.


Les surprises :


Le secret du bonheur
Oolong
Sachet de 2g
Une création du Chakaiclub (la première en fait)
Ce thé a une odeur de crème qui ouvre l’appétit. Le goût et le parfum m’ont rappelé les tartelettes poires-amandes. Un thé gourmand, bien de saison, mais un peu trop sucré pour moi.


Un nid de Puerh
2g
Comme pour l’autre thé nature de ce mois-ci, j’étais en terrain connu. Ces petits nids de puerh ont joué un rôle capital dans mon parcours d’amatrice de thé. C’est l’un des premiers que j’ai consommé régulièrement et j’y suis restée fidèle les années passant. C’est un de mes chouchous, j’aime sa saveur de terre mouillée. Le faire découvrir dans cette box est une bonne idée.
Je n’ai pas suivi les conseils d’infusion, j’ai fait comme à mon habitude : moins d’eau, infusé plus longtemps et deux fois. J’ai goûté meilleur, mais je suis difficile et ce thé est de bonne qualité.


*


Cette box fut une chouette découverte. Il y en a pour tous les goûts. Les thés natures sont très satisfaisants, les parfumés agréables (et quand on vous promet 20g, on ne se fiche pas de vous). Je ne regrette pas mon achat.

vendredi 11 novembre 2016

La Famille Addams

Un recueil d'illustrations de Chas Addams, publié par Huginn & Muninn.


*


la-famille-addams-chas-addams-2

Présentation de l'éditeur :
Charles Addams a créé la Famille Addams dans les pages du New Yorker dans les années 1930, et elle est aujourd'hui devenue la famille la plus étrange de la pop culture. Retrouvez dans ce livre plus de 200 dessins au trait ou en couleurs, portraits d'une famille absolument anormale, ou scènes d'une vie gothique quotidienne - dont certains inédits à ce jour. Et régalez vous de ces chefs d’œuvres d'humour tranchant comme un couteau bien affûté.



Une fois de plus, les éditions Huginn & Muninn nous gratifient d’un ouvrage magnifique. La couverture cartonnée très travaillée, texturée et douce au toucher donne le ton. L’objet est luxueux, conçu pour ravir les collectionneurs et étoffer les bibliothèques. Il serait cependant idiot de s’arrêter à cette considération.
Mise en page soignée, papier épais, tout est fait pour rendre l’objet esthétique, mais également pour mettre en valeur la richesse de son contenu. Les illustrations sont présentées en pleine page, accompagnées de leur légende quand il y a lieu, et l’on peut ainsi apprécier à loisir la grande qualité du dessin et des encrages. Suivre l’évolution des personnages comme celle de la technique de l’illustrateur est très intéressant.
De sa naissance entre les colonnes du New Yorker jusqu’au décès de Chas Addams, cet ouvrage retrace l’histoire de cette famille si délicieusement macabre qui a su, au grand étonnement de son créateur lui-même, s’enraciner dans notre imaginaire collectif. L’humour noir se marie aux scènes d’un quotidien à la bizarrerie douce ou grinçante. Les dessins sont splendides.
Si les films et séries dérivés sont évoqués, ici ce n’est pas vraiment le propos. Avant toute chose, cet ouvrage se consacre aux illustrations de Chas Addams. Dessins connus ou inédits, raretés et notes de l’auteur sur le processus créatif qui a donné vie aux Addams, tout y est. Les fans seront comblés.
Les personnages donnent le rythme. On commence avec Morticia, la première née, la matriarche, mais chacun d’entre eux est mis en valeur non seulement grâce aux illustrations qui le mettent en scène, mais aussi grâce aux notes de son créateur, très détaillées, qui avaient été rédigées dans les contrats de la série télé des années soixante. À cela s’ajoute une analyse, plus ou moins fine, de leurs incarnations et évolution individuelle dans les différents supports médiatiques.
Au gré des feuilletages, vous ferez de belles, ou déconcertantes, découvertes dans cet album. C’est une intéressante rétrospective, un superbe cadeau pour tous les fans ainsi que les amateurs de beaux livres.

lundi 7 novembre 2016

Le Club Vesuvius, Lucifer Box T1

Un roman de Mark Gatiss publié chez Bragelonne.

lucifer-box-01-le-club-vesuvius-mark-gatiss
Présentation de l'éditeur :
Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne - et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon... et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s'amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume - tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière.
Un roman d’espionnage dans un univers steampunk, comment aurais-je pu manquer cela ? Étant de surcroît fan de Sherlock, série dans laquelle Mark Gatiss officie en tant qu’acteur mais également scénariste, j’étais très curieuse de découvrir les aventures de Lucifer Box. Mais j’en attendais peut-être trop et le bilan est plus que mitigé…
Ce roman est avant tout l’incessant verbiage d’un dandy narcissique au dernier degré… Lucifer se trouve beaucoup de charme, néanmoins, si celui-ci opère relativement bien sur les autres personnages, il n’a jamais eu d’effet sur moi. Malheureusement, ce n’est pas non plus le genre de personnage imbu de lui-même qu’on adore détester, il est juste agaçant. Il peut faire parfois preuve de bons sentiments (qui ne suffisent pas à le rendre sympathique), mais il est la plupart du temps odieux, égocentrique, indélicat et caractériel. C’est très pénible à force, d’autant que l’intrigue est à la fois poussive et simpliste. Tout est lié, tout lui tombe tout cuit dans le bec. Il suit le flot des événements bien tranquillement et le hasard faisant tellement bien les choses, la piste se déroule seule sous ses pas comme un vaste tapis rouge.
Il n’est pas non plus aidé par les seconds rôles, tous plutôt fades et caricaturaux.
On nous promet de l’humour et il y en a, heureusement d’ailleurs. Cabotin, un peu grinçant et répétitif, mais ça fait passer le temps. Par contre, les jeux avec les noms deviennent assez vite lassants. Le tout manque de finesse, mais c’est surtout une question de goût.
Je sais qu’il y a pire et que le fait d’avoir lu beaucoup trop de romans de ce genre me rend peut-être plus exigeante que je ne le devrais. Cependant, j’en attendais beaucoup mieux et au final me suis ennuyé ferme. Si j’avais apprécié le narrateur, j’aurais mieux supporté de tout voir venir avant lui.
C’est dommage, il y avait de l’idée. Pour autant, je vais en rester là avec cette série. Ça ferait un peu cher la seconde chance…
J’en profite également pour glisser un mot sur la collection steampunk de Bragelonne dont le design est superbe. Les couvertures sont belles, la mise en page soignée, cependant… les matériaux se révèlent décevants. Ces livres vieillissent mal, mais encore faut-il qu’ils en aient le temps. Les dorures se font la malle, les pages ne sont pas toujours bien massicotées et le collage montre vite ses limites… Quand on achète un grand format, ce n’est pas pour que les pages se détachent à la première lecture.

Pour d'autres avis, vous pouvez consulter Le Bibliocosme ainsi qu'Un Papillon dans la Lune.
*
sfff-diversite

Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire une œuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIA.

mercredi 2 novembre 2016

Chroniques d'un rêve enclavé

Aussi connu sous le titre de Parleur, ce roman d'Ayerdhal est publié par Le livre de poche et également disponible en grand format chez Au diable vauvert.


*


parleur-chroniques-d-un-reve-enclave




« Le Dogme est une hiérarchie qui entend ordonner le monde à sa convenance, sous prétexte que l’individu n’en est qu'une infime partie. Alors il dicte ce qu’il convient pour chacun sans qu’il revienne à tous la même part. Il flatte les puissants afin de croître dans leur ombre. Il rassure les faibles afin qu’ils s’en tiennent à leur impuissance. Le Dogme est une machine à conserver le monde en l’état. Qui, à part les puissants, peut s’en contenter ? »


Face aux rois, aux nobles, au clergé, à une Ghilde obsédée par sa richesse, les habitants de Macil, accablés par le poids de l’impôt, luttent contre la famine et les pillards. Sur la Colline, quartier de cette cité médiévale, règnent recruteurs, faiseurs de dîme et de gabelle. Un curieux pèlerin, vagabond visionnaire que les Collinards appelleront « Parleur », va y introduire les rêves de justice d’un poète assassiné.



Ayerdhal nous conte ici l’insurrection de la Colline, quartier très pauvre de la grande cité de Macil. Cela commence avec Karel, jeune poète assassiné pour ses vers séditieux, et se poursuit avec sa sœur, Vini, accueillant le correspondant de son frère, nommé Parleur. Petit à petit, celui-ci, entouré de ses amis, tente d’insuffler aux Collinards l’envie de s’entraider, puis celle de se rebeller.
Le message de cet ouvrage, en fait assez ancien, est toujours d’actualité. Certains en parlent comme d’un roman de fantasy, il a d’ailleurs été primé dans ce genre. Cependant, il a également été publié dans des collections de science-fiction. Le cadre est imaginaire, mais c’est bien le seul lien avec la fantasy. La portée humaniste de la réflexion est, quant elle, typiquement dans l’esprit de la SF. Mais quoi qu’il en soit, on ne lit pas Parleur pour l’un ou l’autre de ces genres, ni même comme un roman. Plus que cela, il s’agit d’une réflexion intellectuelle sous forme de récit, un essai politique et social accessible à tous.
La démonstration n’est-elle viable que dans le cadre d’un monde imaginaire ? La question est légitime. Les racines en sont réelles, puisées dans les tentatives, rarement heureuses, de l’humanité de créer une société plus égalitaire. On pense à la Commune, bien sûr, mais pas uniquement. L’auteur a créé un monde in vitro, pour nous montrer ce que l’entente et la raison pourraient donner si chacun y mettait du sien. Malheureusement, cela ne semble pas toujours réaliste… La réflexion est toutefois très intéressante, elle nous pousse à privilégier le dialogue, l’entraide et la non-violence plutôt que l’individualisme (même s’il ne faut pas l’étouffer) et les conflits.
Ce récit est un « et si » mis en œuvre pour nous déciller. On peut faire le choix de survivre seul ou de surmonter les différences pour s’allier et vivre plus décemment, on peut faire le choix de subir le système et d’agir comme celui-ci l’attend de nous ou d’en créer un autre plus juste.
Je suis une îlienne, pendant longtemps les gens de chez moi étaient dans le même bateau. Qu’ils se détestent ou s’apprécient, il a bien fallu qu’ils maintiennent un tissu communautaire solide. Ce n’était pas non plus idyllique, il ne faut pas se leurrer, mais on gagnerait à recréer des liens auxquels la société actuelle n’encourage guère.
Mais j’en reviens au roman… L’humanité est pleine de contradictions, elle se moque bien de la rhétorique, ainsi, les mots pourtant sensés de Parleur ne nous semblent pas pouvoir arrêter une dispute, d’autant quand chacun des partis ne cherche qu’à assurer sa survie. Mais la question se pose, a-t-on au moins essayé ? Souvent, l’impossible est une barrière que l’on pose soi-même et que ne connaissent pas les rêveurs. Alors oui, il y a quelques facilités dans cette démonstration, mais je pense que la naïveté que l’on peut reprocher à la démarche de Parleur (et de l’auteur) est en fait là pour nous dire : cela pourrait être si simple. En tout cas je comprends l’idée et le message est intemporel, volontairement applicable au plus grand nombre.
C’est la partie du roman que j’ai préférée car elle m’a donné du grain à moudre. Mais, à côté de cela, il y a les personnages et des bribes de leurs histoires personnelles. Là j’ai moins accroché. Parleur est certes intelligent et un rhéteur hors pair, mais il m’a beaucoup agacée. Il y aurait long à dire sur ses propres contradictions, sur son comportement, sa façon de traiter les autres et particulièrement Halween. Je n’ai pas trouvé normal que celle-ci doive renier tout ce qu’elle est. Il l’y pousse bien qu’il dise le contraire. Puis je n’adhère pas au principe de ne pas se défendre. J’admets en outre difficilement qu’on fasse la morale, et des reproches, à des gens qu’on a encouragés dans une voie. On m’a appris qu’il fallait assumer ses choix ou en changer, mais que se fustiger ne sert pas à grand-chose.
Ces personnages ne sont pas très crédibles à mon sens, trop caricaturaux. J’ai eu du mal à m’intéresser à eux individuellement, pourtant je me souciais du sort de la communauté. J’ai alterné entre les moments d’intérêt, concernant les questions philosophiques que pose le récit, et l’indifférence face à leurs petites histoires. Néanmoins, mes yeux se sont embués pour eux et ça n’est pas rien. Je suppose que, mine de rien, j’ai fini par m’attacher…
Même si elle est basée sur des faits et des préceptes connus, cette réflexion sur l’humanité, la vie en communauté et les manipulations en tous genres m’a beaucoup apporté. Je comprends pourquoi beaucoup de gens parlent de ce roman comme d’un incontournable.


*


sfff-diversite


Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Un livre SFFF parlant d'une ou de femme(s) dans la guerre.

lundi 31 octobre 2016

Maisons hantées

Une anthologie des Éditions Luciférines.


Existe en numérique à un tout petit prix.


*


maisons-hantees




Présentation de l'éditeur :
Qu’elles soient perdues au milieu des bois, héritées d’un grand oncle ou cachées dans la brume, les maisons hantées sont des motifs familiers de l’horreur. Depuis Le Château d’Otrante de Walpole et l’apparition du roman noir anglais au XVIIIe siècle jusqu’au slasher moderne, il est devenu impossible de passer à côté de ces lieux maudits où la réalité se distord.


En hommage à l’intarissable production littéraire et cinématographique qui se plaît à abandonner ses personnages entre des murs de plus en plus étroits, dix-sept auteurs ont proposé leurs huis-clos les plus angoissants. De hautes tours gothiques, un appartement d’étudiant, un motel d’où on ne revient pas… chaque nouvelle présente un édifice dans lequel il serait imprudent de s’aventurer très longtemps. Spectres, démons, souvenirs d’un autre temps et monstres cannibales ont un sens de l’accueil particulier… Alors, comme le disait si bien Dante : Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance…


Des textes inquiétants, violents, insolents, qui n’hésitent pas à s’amuser de nos peurs les plus profondes.



Sommaire :

  • Jeux d’enfants, Floriane Soulas

  • Motel K, Yann Isoardi

  • Annabelle, Jean-Charles Flamion

  • Le murmure des pierres, Chris Vilhelm

  • Préservons l’éternelle fontaine, Raphaël Boudin

  • Amphytryon, Quentin Foureau

  • 65 de la rue Bouscarrat, Jérémy Bouquin

  • Kolka, V.F.F. Pouget

  • 145 rue Lafayette, Antoine Techenet

  • Classifié, Emmanuel Delporte

  • Métafiction, Mahaut Davenel

  • Dans le placard, Hélène Duc

  • Cambrousse Punk, Mickaël Feugray

  • Iravel, Vincent Tassy

  • Les Murs de Blackat, Nicolas Saintier

  • La Vénus aux épines, David Mons

  • Dehors il neige, Bruno Pochesci


*


La maison hantée a posé ses fondations dans notre imaginaire collectif il y a longtemps et de nombreux auteurs nous ont entraînés dans de sombres corridors, à pas lents ou courses effrénées sur le parquet grinçant, emprisonnant nos peurs les plus instinctives dans ces lieux cauchemardesques. C’est quelque chose que l’on connaît, mais dont on ne se lasse pas.
La maison hantée, aux murs suintants de souvenirs plus ou moins effroyables, nous renvoie les images de nos propres peurs domestiques. Elle est un classique de l’horreur car elle détourne le symbole bienveillant du refuge, que tous nous cherchons à un moment ou un autre de notre vie, pour en faire une prison. Ce constat seul augmente l’angoisse et la pression pesant sur le cœur du lecteur.
Évidemment, avec un tel sujet, on craint le déjà vu. Je vous rassure tout de suite, les textes qui composent cette anthologie, s’ils sont basés sur des motifs connus, n’en sont pas moins imaginatifs et font preuve d’une belle diversité de genres et d’approches. Pour preuve de la variété des récits, on a même du post-apo. Qui plus est, l’anthologiste a su les répartir avec intelligence. La peur va crescendo, mais connaît des moments de latence.
La lecture n’a cessé de me surprendre, tout en me mettant très mal à l’aise. Maisons hantées est un excellent ouvrage. Bien entendu, j’ai été plus sensible à certains textes que d’autres, mais ils sont égaux en qualité. Les auteurs n’ont pas choisi la facilité et je les en félicite. Lire cette anthologie est une bonne occasion de découvrir de nouvelles plumes.
On nous emmène du fantastique à l’horreur, de l’angoissant au gore. Il y a quelques textes vraiment crades mais, pour tous ceux qui comme moi ne sont pas friands d’hémoglobine, sachez que si j’en suis sortie sans aggraver mes insomnies, vous le pouvez également.
L’ouvrage s’ouvre sur Jeux d’enfants, une histoire classique, avec toutefois une petite originalité qui m’a séduite. La narration puzzle fait monter le suspense et l’angoisse même si on anticipe les événements. C’était un très bon texte pour se mettre dans l’ambiance.
À partir de là, l’effroi jouera au yoyo avec votre estomac, vous laissant juste le répit nécessaire pour que vous acceptiez de prolonger votre plongée dans les abysses. Et c’est bien pire quand on devine ce qui va advenir… J’ai été traumatisée par Dans le placard, je me suis perdue dans les méandres d’Iravel et du 145 rue Lafayette, Parfois, j’ai fui aussi prestement que ma vitesse de lecture le permettait, mais je suis tombée de Charybde en Scylla.
J’ai beaucoup apprécié l’angle d’attaque de Raphaël Boudin dans sa nouvelle Préservons l’éternelle fontaine. De même, j’ai trouvé La Vénus aux épines de David Mons particulièrement glauque et originale.
Je ne vais pas évoquer tous les textes dans le détail, même si d’autres m’ont marquée. Il est toujours assez difficile de parler de nouvelles sans trop en dévoiler. Mais j’espère avoir aiguisé votre curiosité.
Fantômes vengeurs ou esprits mélancoliques, maisons maudites ou gloutonnes, obsessions, menaces qui planent dans les murs ou présences malveillantes… Que la nouvelle soit cynique et sans espoir, affreusement clinique ou ignominieuse, vous tournerez les pages avec fascination.
Je suis contente d’avoir attendu la période d’Halloween pour lire cette anthologie. C’est un ouvrage à découvrir.


*


JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

vendredi 28 octobre 2016

Como agua para chocolate - le film

como-agua-para-chocolate

*


Como agua para chocolate, Les épices de la passion en français (ouais, je sais…), est un film mexicain réalisé par Alfonso Arau et basé sur le roman éponyme de Laura Esquivel. Celle-ci en a d’ailleurs écrit le scénario. En français, le roman s’intitule Chocolat amer et tous les amateurs de réalisme magique devraient le lire.
L’histoire se déroule au début du XXe siècle au Mexique. Laura Esquivel nous conte le destin de Tita, dernière-née d’une femme revêche qui, sous prétexte de tradition, veut la garder auprès d’elle et l’empêcher de se marier. Or, Tita est courtisée…
Pour se rapprocher de la femme qu’il aime et qu’on lui refuse, Pedro fait donc le choix d’épouser Rosaura, la sœur aînée de celle-ci. Il s’installe chez sa belle-famille, avivant ainsi les tensions.
Ma première rencontre avec Tita s’est faite par le biais de mes cours d’espagnol au lycée. J’ai eu à traduire l’un des premiers chapitres du roman et j’ai été touchée par l’histoire de cette jeune femme sur laquelle sa mère a reporté toutes les frustrations de son existence. Cependant, au-delà du fait que mama Elena est une sacrée peau de vache, la tradition est réelle. Cela donne à réfléchir.
Pour autant, n’imaginez pas que le film et le roman soient pesants ou emplis de rancœur. On est dans le réalisme magique, le fantasque, le romanesque. Le contexte historique troublé n’apparaît qu’en fond, les femmes sont au cœur du récit. Il y a Tita et sa mère, bien sûr, mais aussi Nacha, la vieille servante qui a élevé la petite dernière, et les autres filles de la maison. On s’attache vite à certaines d’entre elles.
Le roman développe davantage leurs histoires personnelles, surtout pour Gertrudis, la cadette, et j’admets avoir préféré de loin la lecture. Elle date un peu, mais je me souviens de chapitres courts, d’une écriture douce qui donne l’impression de chuchoter des confidences et de notes culinaires… Le film est fidèle au roman, mais ne possède pas sa magie. À vrai dire, je ne lui aurais peut-être pas trouvé grand intérêt si je n’avais pas connu toutes les ramifications de cette histoire familiale.
La vie de Tita est intimement liée à la cuisine. Chocolat amer est à rapprocher de ces romans qui vous entraînent dans un univers lié aux sens, avec cet éclat de petite magie du quotidien qui fait la différence, sans pour autant verser dans le surnaturel débridé. Pour exemple je citerai La Maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni, qui est assez connu.
Film ou roman, Laura Esquivel nous offre un récit d’accomplissement. Il parle de ce que l’on choisit de transmettre, en bien ou en mal, et de la difficulté que l’on peut avoir à se libérer des traditions pour n’en garder que le meilleur et construire sa propre vie. Vous adhèrerez ou non aux choix de Tita, mais vous ressentirez autour d’elle cette présence, ces liens qui l’unissent à plusieurs générations de femmes. C’est une sensation familière quand on répète soi-même les gestes que l’on a appris de ses parents ou de ses proches. C’est un savoir inconscient qui nous accompagne toute notre vie.
Le film date de 1992. C’est en le trouvant dans le catalogue de Netflix que je m’en suis souvenue et ai eu envie de retrouver ces personnages. Il peut paraître un peu vieillot, mais il n’est pas mauvais malgré quelques raccourcis à l’emporte-pièce. Je conseille de toute façon de lire le roman avant. Je crois sincèrement qu’à voir le film en premier vous vous gâcheriez la découverte.