Présentation de l'éditeur :Roman atypique lycantrope, Meute suit les traces de Nathanaël, Val et Calame. Le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude qui se débat au sein d'une meute qui ne lui convient pas. Le second est un humain à qui l'on a volé la voix. Quand le troisième entre dans leur vie bien malgré eux, des tensions s'installent et menacent de tout déchirer. Comment trouver son équilibre, dans un monde où les secondes chances n'existent pas ?Ce récit fantastique est avant tout celui d'une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la couleur.Karine Rennberg est une autrice nantaise. Elle explore l'imaginaire avec une prédilection pour les mondes durs teintés de magie, et les personnages remplis de failles et de couleurs.
mercredi 6 avril 2022
Meute
jeudi 12 mars 2020
Seul un homme
Présentation de l'éditeur :
La colère du peuple gronde à nouveau. Après les indignés et les Gilets jaunes, un troisième mouvement s'est levé : les envoltés. A Nantes, So Yun est une jeune femme issue d'une famille de militaires. Elle ne supporte pas les violences policières. Face à la faiblesse des institutions, elle se saisit d'un bokken, se masque et va dans la foule défendre les participants. Mais, prise entre deux feux, elle se refuse à frapper et se contente de dévier les tirs. Sirin est une envoltée de la première heure. Avec l'apparition de ce protecteur fantomatique, elle trouve un symbole qui lui donne de l'espoir. La jeune femme décide de le soutenir à sa manière : en en parlant sur les réseaux sociaux. Pourtant, comme tout le monde, elle est convaincue que leur mystérieux défenseur est un homme... Lors d'une manifestation, avant que So Yun ait eu le temps de s'équiper, un jeune homme est gravement blessé. Alors, tout bascule. Et la colère grandit, qui devient rage.
mardi 19 novembre 2019
Ciao Bella, la vie l'emportera
Présentation de l'éditeur :
Ingénieur, Benjamin se révèle incapable de réagir à un projet visant à déverser des drones autonomes au cœur des villes. Il pressent que le programme est un danger pour les populations, même si l'engin doit bénéficier de son propre réseau, mais il est entravé par le poids du suicide de sa tante, et son enthousiasme pour la haute technologie a pris fin en Afghanistan, où il a appris à ses dépens qu'un esprit malveillant peut transformer le drone en arme. Les intérêts de Buleo, son entreprise, et ceux du ministre des transports, ou même ceux de Tanya, sublime arriviste en charge de la communication du projet, sont autant d'obstacles à franchir, et les stratagèmes qu'il imagine ne suffisent pas à ébranler une machinerie bien huilée, soi-disant au service de tous. Parallèlement, Habib Khan, l'Afghan à l'origine du drame qu'il a vécu en Afghanistan, poursuit ses manœuvres pour parvenir à utiliser le Junction à des fins de vengeance. Il compte sur son frère Mahdi, et sur sa femme Asima, réfugiés en France, avec qui il a engagé une lutte contre les talibans ? Benjamin parviendra-t-il à recouvrer l'envie de se battre ? En aura-t-il les moyens ? Sera-t-il de taille face à l'ambition démesurée des Français, et à la détermination de Khan ?
lundi 7 octobre 2019
Europunk
- Préface, Florent Lenhardt, Guillaume Parodi et Tesha Garisaki
- L’Empire de Marbre, Olivier Boile
- Siri mon Amour, Zuckerbook ma Patrie, Mose Njo
- Europe sur la Rive, Sandrine Scardigli
- 99.5, K.T.
- Punk l’évêque, Philippe-Aurèle Leroux
- Le Souffle du Taureau sur la Nuque, Jonathan Grandin
- Dans tous les Coins de l’Hexagone, Jean-Marc Sire
- Datalove, Romain Jolly
- Neoropa, Geoffrey Legrand
lundi 26 août 2019
La Quête du Sampo, Terres du Nord T1
Présentation de l'éditeur :
"Alors que la Finlande menace de s’effondrer face à l’invasion suédoise, Satu, une jeune journaliste, part en quête du Sampo, un objet légendaire, seul élément capable de les sauver, elle et son pays. Sur fond d’apocalypse et de légendes finnoises, Terres du Nord propose une quête initiatique qui pose les fondations d’une fantasy à la fois futuriste et magique, dont le Kalevala sert de point d’ancrage et de guide intemporel. "
vendredi 14 juin 2019
Vox
Présentation de l'éditeur :
Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s'exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d'un groupe fondamentaliste, a décidé d'abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s'affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu'elle va découvrir alors qu'elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix...
Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.
mercredi 13 mars 2019
La mer monte
Présentation de l'éditeur :
Lisa vit seule à Paris dans un appartement connecté. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des créatures virtuelles parlent aux piétons. La jeune femme participe aux projets qui transforment le pays, mais peine à croire en ce nouveau monde à la fois insolite et oppressant. Son voisin Liam, devenu son confident, entretient avec dévotion son jardinium. Quant à Laure, sa mère, elle trouve dans les nouvelles technologies des remèdes à son anxiété et à sa solitude.
Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappé le monde et forcé les dirigeants des pays développés à entamer une transition écologique radicale.
Lisa a vécu son enfance auprès d’une mère souvent absente et lunatique, qui tenait avec soin son journal. La fillette, qui le lisait en cachette, a ainsi découvert un épisode douloureux pour sa mère : dans les années 1990, son petit ami est brutalement parti au coeur de l’été, sans un mot. Laure ne l’a jamais revu, et Lisa s’interroge encore. Sa famille s’est toujours montrée silencieuse au sujet de cet abandon et des bouleversements qui ont suivi. Que lui a-t-on réellement caché ? Elle décide alors d’enquêter.
Ce roman très original alterne deux récits de femmes à des époques dissonantes : un monde familier se mêle à un monde imaginaire. Le lecteur est emporté par ces voix et les non-dits qu’elles dévoilent.
Futur proche, l’humanité tente de réparer ses erreurs. Les jardins urbains fleurissent sur des tours hyper-connectées dont l’ascenseur vous avertit à la moindre prise de poids. Les robots et les drones sont partout, mais les réfugiés climatiques ne sont pas les bienvenus… Les gens sont désabusés… et surveillés sans relâche.
lundi 11 septembre 2017
Seven sisters

mardi 4 avril 2017
Inséparables
Un roman d'Élie Darco publié chez Magnard.
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Présentation de l'éditeur :
Alec et sa soeur Beryl, dix-sept et dix-huit ans, ont été ballottés au gré des affectations successives de leurs parents, tous deux militaires de carrière. Plus ou moins livrés à eux-mêmes depuis l'enfance, ils aiment repousser leurs limites et tenter de nouvelles expériences, quittes à enfreindre les règles d'une société sécuritaire, qui entend lutter aussi bien contre le terrorisme que contre le gaspillage énergétique.
Un jour, la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu d'un massif forestier. Pour ces adolescents habitués aux espaces urbains, aux salles d'arcade et aux tripots clandestins, l'adaptation est difficile. Très vite, l'ennui les guette. Un soir, Alec et Beryl subtilisent le pistolet de leur père et vont s'entraîner à tirer en forêt. Des copains de classe les rejoignent. Dans l'obscurité, un écho semble répondre à l'un des coups de feu et une lumière danse entre les arbres. Alec et Beryl découvrent alors ce qu'ils imaginent être une ancienne station militaire à l'abandon.
Mais le lendemain, le chef de la police se présente chez eux : le cadavre d'une jeune fille a été retrouvé cette même nuit, en bordure de la forêt... Pour Alec et Beryl, c'est le prélude d'une série de bouleversements, qui vont les mettre à rude épreuve. Envers et contre tous, ils vont tenter de rester soudés. Inséparables.
Alec et Beryl sont frère et sœur. Un an seulement les sépare et leur relation est plutôt fusionnelle. Enfants de militaires, ils ont été élevés à la dure par des parents distants. Cela, ainsi que de fréquents déménagements, leur a appris à compter l'un sur l'autre. Ils se suffisent et sont complémentaires. Ces ados rebelles aiment flirter avec le danger et les limites de la loi, alors quand ils arrivent dans un patelin paumé à la faveur de la dernière affectation de leurs parents, on ne peut pas dire qu’ils débordent d’enthousiasme.
L’atmosphère est lourde à Morran, entre l’absence de distractions et des règles strictes à observer. Alec et Beryl s’ennuient et cela va les mener au mauvais endroit au mauvais moment. En quelques pages, Élie Darco installe une atmosphère sombre qui ne fera que s’amplifier au fil de la lecture. On se rend vite compte que quelque chose cloche, mais quoi ? L’auteur s’amuse à bousculer les certitudes. On entre vite dans ce récit rythmé et, le suspense allant croissant, il devient de plus en plus difficile de le lâcher à mesure que le mystère prend corps.
Je me plains souvent que la littérature destinée aux adolescents est pétrie de clichés, alors j’ai été ravie de constater que ce n’est pas le cas ici. Élie Darco nous offre des personnages crédibles, qui ne sont pas contrôlés par leurs hormones. Alec et Beryl sont intelligents, combatifs, mais également faillibles. J’ai apprécié leur personnalité et le lien si fort qui existe entre eux contribue à les rendre attachants.
Ce thriller flirte avec la science fiction, le récit prenant place dans un monde qui se remet sur les rails après une grande crise énergétique, mais moi qui suis pourtant férue d’anticipation, j’ai préféré les aspects « réels » de l’histoire.
L’intrigue est vive, efficace, les chapitres courts font que les pages défilent à toute allure. On ne peut s’empêcher de poser des hypothèses et de s’inquiéter pour les personnages, mais qu’on voie ou non se dessiner le dénouement, Inséparables est un très bon roman qui ne plaira pas qu’aux ados.
dimanche 5 mars 2017
Nous entrerons dans la lumière
Un roman de Michèle Astrud publié par les éditions Aux Forges de Vulcain.
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Présentation de l'éditeur :
"Je suis le guetteur de la nuit, le gardien des hautes cimes. Je surveille l'arrivée du désert, l'avancée des tempêtes, bientôt la maison sera ensevelie sous le sable. Seuls ceux qui habitent les étages les plus hauts arriveront à survivre." Dans un monde en déliquescence, la sécheresse et la canicule font des ravages, l'égoïsme et l'anarchie règnent, et chacun lutte férocement pour sa survie. Antoine, un ancien professeur, rend quotidiennement visite à sa fille Chloé qui, suite à un événement traumatique dont il se sent coupable, souffre de graves troubles de la mémoire et réside depuis des années dans une maison pour enfants malades. Antoine se bat contre l'oubli et la destruction, en photographiant son environnement en train de disparaître, et en reconstruisant sa relation douloureuse avec Chloé. C'est alors que réapparaît Sonia, son amour de jeunesse, devenue documentariste de renom, mais elle meurt avant qu'ils ne puissent tourner la suite du film qu'ils avaient jadis commencé ensemble. Antoine décide de partir sur les routes avec Chloé, dans l'espoir que ce voyage lui permette de sauvegarder les archives de Sonia, et de les sauver eux-mêmes. Dans une atmosphère des derniers jours où l'obscurité gagne, dans une errance où l'oubli croît, Antoine réussira-t-il à assumer son rôle de père ? Chloé arrivera-t-elle à grandir ? Parviendront-ils, ensemble, à retrouver la lumière ?
La canicule s’est installée, l’eau devient une denrée rare et les populations sont quasiment livrées à elles-mêmes. Les gens fuient s’ils le peuvent, mais pour aller où ? Dans ce climat de plus en plus hostile, Antoine essaie de survivre. Il photographie ce pays en déliquescence. Il rend visite à sa fille placée en institution. Il laisse son esprit vagabonder, suivant le courant dans lequel les événements le jettent. Ses souvenirs s’emmêlent, ses aspirations également.
Au début, l’atmosphère est très pesante. Un relent de nausée flotte dans l’air alors qu’on apprend à connaître les personnages et on ne sait pas trop où l’auteur nous emmène. Dans ce roman d‘anticipation, ce n’est pas l’Apocalypse en marche qui importe, mais l’aventure humaine d’un homme et de sa fille, êtres fragiles jetés en pâture à la vie. Antoine est homme passif, voire soumis, qui malgré son idéalisme avait tendance à fuir, à rester en dehors de sa propre existence. Il aimerait bien faire, mais toute sa vie il est demeuré tiède, a évité de vivre ses rêves pour ne pas être déçu. Chloé, quant à elle, est restée enfermée une bonne partie de son exisence. Elle a grandi sans repères, mais elle veut vivre. La fille est abîmée, mais c’est le père qui est perdu. Ce roman est celui de leur reconstruction alors que tout s’écroule alentour. Il s’agit plus de psychologie que de survie. Si vous voulez du post-apo, passez votre chemin.
Antoine m’a longtemps mise mal à l’aise. Il observe, agit peu et, de mon point de vue, ne s’intéresse pas à ce qui est réellement important. Il se laisse porter, ses choix n’en sont jamais vraiment. Puis, surtout, j’étais en colère contre ce père négligeant qui n’assume pas ses responsabilités.
Quant à Chloé, personnage fluctuant s’il en est, je n’ai pas réussi à m’attacher à elle plus qu’à son père. Elle oscille entre l’enfant capricieuse et la jeune femme bien trop mâture pour son âge. Elle est intelligente, un brin manipulatrice. Elle garde en elle beaucoup de rancœur. C’est un personnage complexe, très bien mis en scène.
La façon dont ces personnages sont exploités peut surprendre. On adhère ou pas. Pour moi, c’est une rencontre ratée, même si j’apprécie en général les récits initiatiques très axés sur la psychologie. Néanmoins, ce roman possède de nombreuses qualités. Le style est parfois très onirique, donnant l’impression que l’on peut se réveiller à tout moment. L’auteur a su rendre son récit visuel, voire photographique, tout en laissant filtrer les émotions. L’écriture est poétique et intimiste. Les souvenirs des personnages mijotent à la chaleur de ce monde déclinant tandis que l’on voyage à leurs côtés, entre espoir et renoncement. Le road trip commence assez tard, mais ce n’est pas important. Le récit est initiatique même dans l’immobilisme des personnages.
Il est toujours difficile d’expliquer à quel point un roman est bon quand on ne l’a pas aimé soi-même. C’est pourtant le cas pour celui-ci. La faute m’incombe. Cette lecture m’a souvent dérangée, parfois découragée. La réflexion sur la manipulation de la mémoire et des souvenirs, l’aspect très onirique de certaines scènes, m’ont beaucoup plu, mais pas la personnalité des personnages qui pourtant sortent des sentiers battus. Je n’ai pas cru à leur relation chaotique ni à leur histoire et j’en suis désolée car ce roman mérite de trouver son lectorat et d’être apprécié à sa juste valeur.
Découvrez également les avis de Chani, Cornwall et Mariejuliet.
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jeudi 28 avril 2016
Techno Faerie
Un fix up de Sara Doke, publié chez les moutons électriques.
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Présentation de l'éditeur :
Les fées existent, bien sûr, et elles sont de retour ! Les fées ont cessé de se cacher des hommes : elles sont revenu et bon an mal an l'univers de la Faerie s'est intégrées à la société technologique. Depuis les premiers contacts d'enfants-fae avec la civilisation de l'automobile jusqu'aux premiers voyages spatiaux, ce livre conte l'histoire d'une évolution différente de notre monde. L'auteur, Sara Doke, vit à Bruxelles et est traductrice. La poésie puissante de son inspiration, l'orginalité de sa vision d'un monde soudain enrichi des faes, sont saisissantes. Avec des documents, des fiches couleur sur les 88 principales faes et de nombreuses illustrations, par Bigot, Booth, Calvo, Cardinet, Caza, Ellyum, Fructus, Gestin, Jozelon, Larme, Lathrop, Malvesin, Mandy, Muylle, Nunck, Tag, Verbooren, Zandr et Zariel. Le retour des fées, dans un livre d'exception.
Techno Faerie est un très bel ouvrage à la croisée des genres. Si la Science-Fiction a la part belle dans ces pages, le travail de Sara Doke forme presque un essai. Le sujet est traité de manière atypique. L’auteur part du principe que les Faes, longtemps retranchées loin de notre monde, ont décidé d’y revenir. Leur technologie, qui a pris appui sur la nôtre, est toutefois plus développée. Mais que souhaitent-elles apporter à l’humanité ?
Le livre est divisé en deux parties. La première est consacrée aux nouvelles, qui forment un fix up. Elles illustrent l’évolution du retour féérique et son impact sur nos civilisations. En se basant sur les légendes et la mythologie traditionnelles, Sara Doke a créé une fiction spéculative complexe, intelligente, et surtout très crédible. Elle la développe avec brio au fil des textes. Chacun marque un jalon dans le retour des Faes et ses conséquences sur notre avenir. Le plus souvent, des individus sont au cœur de ces nouvelles, mais l’on perçoit en filigrane l’évolution des mœurs, au-dessus comme dessous la Colline, et les avancées scientifiques qui vont changer le monde.
Les textes s’imbriquent et s’articulent autour de personnages récurrents, dont le plus central se trouve être Arthur Passeur, un humain, mais aussi d’événements qui se répercutent. Les ellipses sous-tendent ces récits, les soutiennent de leurs silences. Le lecteur imagine, devine, extrapole. Il est invité à participer activement à cette construction. Cela est d’autant plus prégnant que ces textes prennent diverses formes et des styles variés. On lit tour à tour des dialogues, des nouvelles, des articles, des témoignages, des journaux intimes… Cette diversité est aussi plaisante que nécessaire afin d’appréhender toutes les facettes de cette fiction. Quelle que soit leur forme, les récits sont denses, très axés sur les ressentis des personnages, ce qui occasionne parfois des longueurs un peu emphatiques. Ces personnages ne manquent pas d’ego… Cependant, la réflexion, qu’elle soit en avant ou en arrière de la scène, est toujours intéressante.
Sara Doke nous invite à nous interroger sur l’altérité, le traditionalisme dans ce qu’il a de meilleur comme de plus pernicieux, sur l’identité, sur la génétique, le vivre ensemble et la créativité. Les sujets de réflexion sont nombreux. Elle a fait un travail formidable et il est dommage de ne pas l’avoir développé davantage.
Le seul vrai reproche que je pourrais faire à Techno Faerie, outre quelques contradictions (notamment sur l’incapacité de mentir des Faes), est que l’on y trouve beaucoup de coquilles. Cela est désolant pour un ouvrage par ailleurs de grande qualité.
La deuxième partie, toute de papier glacé, est constituée de fiches sur les être féeriques, accompagnées d'illustrations que l’on doit à divers artistes. Ces fiches permettent de prolonger la magie des textes et d’en savoir plus sur les créatures que l’on y a croisées. Certaines sont connues, même si quelquefois le nom qu’on leur donne est différent de celui usité dans nos légendes, d’autres sont des inventions de l’auteur mais s’intègrent parfaitement dans la masse. Le tout est homogène et compose un petit dictionnaire complet qui se suffit à lui-même. Les Faes y sont classées par groupes : végétales, liées au feu ou encore esprits domestiques, etc. Il est très intéressant de voir la façon dont elles s’impliquent dans l’univers créé par Sara Doke.
Techno Faerie est un ouvrage original et travaillé qui mérite une lecture attentive. Sara Doke a su intégrer la technologie à la Faerie, ce qui n’est pas une mince affaire. Par exemple, elle n’a pas mis de côté l’allergie au fer des Faes, elle s’en est servie. Elle a su allier Fantasy et Science-fiction, mythes et anticipation, pour envisager un futur possible, ne laissant pas de côté les détails, d’où le fait que je le compare à un essai. Je ne peux que vous encourager à le lire à votre tour et à rêver d’un futur non pas féérique, mais riche de possibilités.
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Avec cette lecture, je cartonne dans les challenges !



Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire une œuvre de SF ou Fantasy ou Fantastique (SFFF) francophone mais non française.
mardi 5 avril 2016
Inner City

Présentation de l'éditeur :
En quelques années, Paris est devenue une ville fantôme. Ses derniers habitants sont plongés en permanence dans les réalités virtuelles, bien protégés par une enceinte qui garde à l'extérieur, en banlieue, les pauvres et les miséreux. Mais leur vie dorée est menacée par un tueur agissant dans la Haute Réalité tandis que de l'autre côté du périf, la révolte gronde. Dans ce climat explosif, Hang traque les scoops les plus sanglants pour mieux les injecter (et les vendre) dans ces mondes virtuels pendant que Kriss enquête pour neutraliser ce serial killer...
L’action d’Inner City se déroule dans un futur difficile à situer, mais qui ne doit pas se trouver bien loin de notre propre époque. Paris est coupée de la banlieue, devenue une zone de combat quasi permanent où règne la loi du plus fort, par une barrière qui grille sur place toute personne qui voudrait la traverser sans autorisation. La province, quant à elle, est désertée. Les dictatures fleurissent de par le monde dans l’indifférence générale. Il y a deux types de personnes dans Inner City : ceux qui sont connectés à MAYA et ceux qui ne le sont pas. Entre eux, le fossé se creuse.
MAYA est un vaste réseau virtuel par lequel tout passe, des appels téléphoniques à la livraison des courses, sans parler des jeux et de la vie, de plus en plus virtuelle, de la majorité des connectés. Les inners se perdent dans ce dédale, qu’ils nomment Haute-Réalité, et y laissent parfois leur raison. Kris est psychoriste, elle récupère et tente d’aider les inners en perdition. Cependant, au cours de ses incursions en réalité profonde, elle va être confrontée à un mystérieux tueur dont l’existence même est sujette à conjectures.
Dans ce roman on suit plusieurs personnages. Il incombe au lecteur de placer à mesure les pièces du puzzle. Qui est le tueur ? Comment la société « connectée » en est-elle arrivée-là ? A-t-elle conscience qu’elle ne tient qu’à un fil ? Je me suis plus intéressée à Alice, la grand-mère de Kris qui vit en Bretagne, et à son amie déjantée Betsy, ainsi qu’à Zora et sa bande d’outers en banlieue, qu’au devenir de Kris et Hang qui sont pourtant les personnages principaux.
Je vais être franche, les réalités virtuelles, intelligences artificielles et, de manière générale, les ouvrages qui traitent de l'immersion dans ces « réalités » ne sont pas du tout ma tasse de thé. De fait, j’ai eu du mal à entrer dans cette histoire. Je n’ai rien contre le Cyberpunk qui, à mon sens, est un genre amenant à la réflexion. Ici, il est question d’immersion dans les réseaux virtuels et de la capacité du cerveau à faire ou non la part entre ce qui est vrai ou pas, la vieille polémique sur la dangerosité des jeux vidéo, mais aussi de l’abrutissement des masses. Les inners deviennent totalement inaptes à la vie en-dehors de MAYA, ils en feraient presque pitié. Ils sont assistés en permanence, dépendant du réseau et des robots qui font tant bien que mal fonctionner leur société déliquescente. À côté de ça, les non connectés ont leur lot de problèmes. Tout dépend de MAYA, même l’électricité. Il n’y a plus de transports, sauf de marchandises… Il est devenu très difficile de survivre en basse-réalité. De ce point de vue, Inner City est intéressant, mais il ne s’agit que du contexte. L’intrigue principale un peu fouillis et le background pas suffisamment développé à mon goût m’ont fait traîner les pieds. J’ai fini par accrocher à cette intrigue au cours des derniers chapitres, quand les événements s’enchaînent de façon plus intense, mais c’était un peu tard.
La fin est ouverte, je commence à avoir l’habitude avec cet auteur et cela ne me gêne pas. Bien au contraire, j’ai cette fois apprécié de pouvoir me faire ma propre idée sur le devenir de certains personnages. Toutefois, il reste des zones d’ombre, des choses que je ne m’explique pas, comme le rôle de Max dans tout ça. Quelles étaient ses motivations et l’origine de son implication ?
J’ai beaucoup aimé la nouvelle bonus qu’on trouve en fin d’ouvrage car elle met en scène des personnages que j’apprécie et qui sont complètement décalés. Elle apporte un peu de légèreté après cette ambiance plutôt sombre et désenchantée.
Inner City m’a laissé une impression mitigée. Je n’étais sans doute pas dans le bon état d’esprit au moment de sa lecture. N’hésitez pas à me faire part de votre opinion, je serais assez curieuse de discuter de ce roman avec d’autres lecteurs.
dimanche 13 mars 2016
Légion, à fleur de peau
Un roman de Brandon Sanderson publié au Livre de poche.
Il fait suite à la novella Légion.
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Présentation de l'éditeur :
Stephen Leeds, surnommé « Légion », est un homme aux capacités mentales singulières lui permettant de générer une multitude d’avatars : des hallucinations aux caractéristiques individuelles variées et possédant une vaste gamme de compétences très spécifiques. Leeds est investi d’une nouvelle mission : retrouver un corps qui a été dérobé à la morgue locale. Il ne s’agit pas de n’importe qui. Le cadavre est celui d’un pionnier dans le domaine de la biotechnologie expérimentale, un homme qui travaillait sur l’usage du corps humain en tant qu’espace de stockage. Il se peut qu’avant sa mort il ait incorporé des données dans ses propres cellules. Ce qui pourrait se révéler dangereux…
"Je déteste les coïncidences. La vie est beaucoup plus simple quand on peut partir du principe que tout le monde essaie de vous tuer."
Quelques mois auparavant, j’ai dévoré Légion, une novella de Brandon Sanderson entre le thriller, le fantastique et la SF. J’ai trouvé l’idée de départ excellente : Stephen Leeds est un génie, il apprend à une vitesse incroyable, mais sa façon de gérer son extraordinaire intelligence est un peu particulière. Son esprit se compartimente et crée diverses personnalités, il ne les endosse pas tour à tour, elles évoluent autour de lui telles des hallucinations. Il sait qu’elles ne sont pas réelles, que ce sont juste des aspects de lui-même à qui il prête certaines de ses capacités pour, très paradoxalement, rester sain d’esprit. Stephen est stable et lucide, mais on sent bien que ça n’a pas toujours été le cas.
Ce personnage est passionnant. J’ai eu un coup de cœur pour lui et cela n’a fait que se confirmer dans Légion, à fleur de peau. Je ne savais pas trop quand se situerait ce court roman par rapport à la novella précédente. J’étais tellement heureuse de retrouver si vite Stephen et ses aspects que, suite ou préquelle, peu m’importait. Or, il se trouve que c’est une suite, elle permet d’approfondir l’évolution du personnage après les événements de la novella, mais son mystérieux passé n’est encore une fois qu’évoqué. Elle peut se lire indépendamment, néanmoins je conseille quand même de commencer par la novella pour bien cerner le personnage et ses aspects.
Légion, à fleur de peau se lit très vite, les chapitres sont courts et l’intrigue prenante. Sanderson laisse place à l’action et aux dialogues. Les rares descriptions sont aussi précises que concises, on se concentre sur l’essentiel. Comme Stephen, le lecteur cherche avant tout à résoudre l’énigme. La possibilité de pouvoir soi-même débrouiller l’intrigue est selon moi la condition indispensable à un polar réussi.
L’auteur nous emmène encore une fois à la croisée des genres, entre le roman noir et la science-fiction. Il est ici question de manipulations génétiques et biochimiques. J’ai préféré l’aspect polar du récit, mais la réflexion scientifique qui se trouve être le nœud de l’intrigue ne manque pas d’intérêt. Je n’y ai pas vraiment cru, cependant elle donne à réfléchir et reste vraisemblable dans le contexte.
En périphérie de l’enquête, on se rend compte que les aspects de Stephen évoluent, ainsi que sa relation avec eux. On retrouve l’inénarrable J.C. – qui m’a bien fait rire – Ivy, Audrey et quelques autres. Ce que l’on avait pu comprendre de la psyché de Stephen s’affine davantage dans ce texte, mais pose aussi de nouvelles questions. J’ai hâte d’en savoir plus à ce sujet, mais également sur le mystérieux passé du personnage, notamment sur Sandra et Ignacio.
Je crains qu’il faille attendre un moment pour découvrir d’autres textes dans l’univers de Légion, mais si vous aimez les thrillers paranormaux bien ficelés, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série géniale.
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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Un livre SFFF traduit
samedi 30 janvier 2016
Plaguers

Présentation de l'éditeur :
La terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité.
Dans ce monde les adolescent sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments.
Le monde les rejette.
Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…
Chez Jeanne-A Debats, aucune crainte des ambiguïtés de la nature humaine, aucune inhibition quant à notre évolution. Une vraie rencontre de l’émotion et de la raison.
Comme toujours, quand l’humanité ne comprend pas, elle rejette ce qui est différent. Ces adolescents, à défaut de pouvoir être éradiqués car trop nombreux, sont relégués dans des réserves. Plaguers nous conte l’histoire de ces jeunes par la voix de Quentin, un plaguer qui fait naître des sources. Extirpé de force de son milieu privilégié, il va devoir s’adapter, trouver sa place parmi ses camarades et surtout grandir.
J’ai lu ce roman à toute vitesse, les chapitres courts m’y ont aidée, mais j’étais surtout prise dans l’histoire. Jeanne-A Debats a une façon de raconter qui me fait toujours cet effet. Le fait que je me sente proche de ses personnages y est probablement pour quelque chose, mais j’aime aussi beaucoup son style. Et puis l’intrigue est vraiment prenante.
Plaguers est un roman d’apprentissage, avec tout ce que cela implique. Les personnages se cherchent, se découvrent. Je me suis passionnée pour leurs destins et attachée même aux plus exaspérants. Ce sont leurs failles, réelles, plausibles, qui les rendent ainsi. Ils sont réfléchis, bien construits. Ça fait du bien pour une fois de ne pas tomber sur des caricatures d’adolescents. Et même si on les voit évoluer derrière le filtre du regard de Quentin, ils offrent différents points de vue sur leur société.
J’ai aimé découvrir la vie en communauté au sein de la réserve. Elle semble au départ en totale anarchie. À mesure que Quentin prend ses marques, on se rend compte que ce n’est pas tout à fait le cas. Cette organisation m’a semblé un peu trop idyllique par moment, je me demandais comment elle pouvait tenir debout, surtout avec autant de jeunes, qui plus est nantis de pouvoirs parfois dévastateurs. Je m’en suis méfiée aussi, c’est dans ma nature… Pourtant j’ai aimé cet endroit, je m’y serais presque sentie à la maison.
Si comme moi vous avez été nourris aux comics et à la SF dès l’âge le plus tendre, vous pensez peut-être que l’idée de départ est plutôt convenue. Les X-men, tout ça, tout ça… Bref. Non, ce n’est pas le cas. L’auteur a su insuffler de l’originalité à son récit. C’est très loin de ce que l’on pourrait en attendre en se fiant au résumé.
Cela donne à réfléchir sur l’humanité et son devenir. Malgré les épreuves que subissent les personnages, j’ai trouvé ce récit empreint d’espoir et de tendresse. Cette lecture m’a laissé un sentiment de nostalgie et je pense qu’elle continuera longtemps de me trotter en tête.

- Une œuvre de SF écrite par une femme.
- Lire un livre de cli-fi (climate fiction). Ou éco-fiction (pour écologie fiction).
- Lire un livre de SFFF transhumaniste ou posthumaniste.
vendredi 11 juillet 2014
Dans la dèche au royaume enchanté
Un roman de Cory Doctorow, publié dans la collection folio SF de chez Gallimard.
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"J'ai vécu assez longtemps pour voir le remède à la mort, assister à l'ascension de la Société Bitchun, apprendre dix langues étrangères, composer trois symphonies, réaliser mon rêve d'enfance d'habiter à Disney World et assister non seulement à la disparition du lieu de travail, mais du travail lui-même". Ainsi débute l'histoire de Julius, un jeune homme d'environ cent cinquante ans. Il a tout pour être heureux dans ce meilleur des mondes possibles, pourtant, sa vie va basculer, et l'utopie se transformer en enfer... Avec ce premier roman, Cory Doctorow fait preuve d'un grand talent et se révèle comme l'un des auteurs de science-fiction à suivre ces prochaines années. Dans la dèche au Royaume Enchanté est de ces œuvres denses et novatrices qui nous font prendre conscience que le futur, c'est déjà demain.
J’avais choisi ce petit roman comme livre à trimballer avec moi entre deux grands formats. Il me fallait un récit court et déjanté pour me distraire sans trop me détourner de mes lectures du soir. En ce qui concerne la distraction, j’ai été servie, mais au moment de reprendre le GF du soir, impossible de lâcher Dans la dèche au royaume enchanté. Ce fut une excellente surprise.
Le titre est marrant, c’est d’ailleurs lui qui m’a attirée en premier, et il correspond parfaitement à l’ambiance de ce roman. J’ai eu un peu de mal, au départ, à entrer dans l’histoire, je me demandais où j’étais tombée. Il faut dire que j’avais lu le résumé longtemps auparavant, il ne me restait donc qu’un vague souvenir de l’accroche et de ce qu’on m’avait dit de ce roman. Cependant, après quelques ajustements, le récit m’a emportée et j’ai adoré ça.
Le ton est vif, plein d’humour, mais pas pour autant dénué de réflexion. Dans une projection future de notre monde, la société Bitchun a trouvé comment vaincre la mort. Les cerveaux humains sont sauvegardés, puis restaurés dans des clones. Les gens sont connectés en permanence au réseau, gérant leurs corps selon leur bon vouloir, comme des machines. Ils contrôlent même leurs hormones…
Dans ce monde, l’argent a disparu, tout est une affaire de mérite et de réputation, c’est le taux de whuffie qui définit les privilèges de chacun et, pernicieusement, influe aussi sur l’attitude des gens les uns envers les autres. La façon dont ce système est construit est à mon sens plutôt géniale, même si je détesterais un monde de ce genre. Une idée très humaniste au départ finit souvent dévoyée… Enfin, dans le cas présent chacun se fera sa propre opinion.
Si le prologue se situe aux débuts de la société Bitchun, durant la rencontre de Julius et Dan, deux des personnages principaux, la suite nous emmène de nombreuses années plus tard, alors que Julius a passé le centenaire depuis un bail et que les réfractaires à la société Bitchun sont morts depuis longtemps, offrant à celle-ci le monopole.
L’histoire nous est contée par Julius lui-même, alors qu’il se trouve à un tournant de son existence, quand Dan resurgit dans sa vie. J’ai très vite ressenti une certaine empathie envers ce personnage, très humain, un peu trop gentil et idéaliste, mais qui se bat pour ses idées. Julius est bien intégré dans le système Bitchun mais va pourtant en venir à lutter pour préserver une part de passé, un peu de rêve à l’ancienne, face à la froideur des progrès techniques.
J’ai trouvé ce roman passionnant, l’intrigue policière est plutôt bonne, les ressorts politiques intéressants apportent leur dynamique à l’ensemble sans ennuyer le lecteur et le caractère d’anticipation du récit encourage une certaine réflexion. Ce roman pose les bonnes questions sur la modernité, les réseaux sociaux, le choix du changement, les valeurs, la protection du patrimoine et surtout quel en est le prix, puis comment, parfois, en voulant protéger un héritage chéri ou peut finir par le dénaturer soi-même.
Le nœud de l’intrigue est un peu prévisible, mais cela n’a pas dérangé ma lecture. Le fait d’avoir compris où l’on va ne gâche pas le voyage dans ce cas précis et je n’aurais pas voulu une autre trame tant c’est bien amené et construit. Ce fut une excellente lecture.
dimanche 2 février 2014
Punk's not dead
Un recueil de nouvelles d'Anthelme Hauchecorne publié chez Midgard.
Les droits de cet ouvrage sont reversés à l'association Sea Sheperd France.
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Présentation de l'éditeur :
À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?
Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ?
Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour laquelle il n’est pas de congés ?Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.
Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de Jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…
De toute évidence, PUNK’S NOT DEAD a été écrit pour vous.
Attention, coup de cœur !
En considérant tout d’abord « l’emballage » lui-même, Punk’s not dead est un bel objet. C’est certes le texte qui importe le plus, mais ça fait toujours plaisir d’avoir entre les mains un livre aussi réussi visuellement. Les polices d’écriture ont été choisies avec soin, de même que les dessins marquant des interruptions de chapitres sont toujours adaptés au récit qu’ils jalonnent. Chaque nouvelle comporte en outre au moins une illustration. Ces détails minutieusement disséminés dans l’ouvrage concourent tous à le rendre très agréable à parcourir.
J’ai de surcroît beaucoup apprécié qu’à la fin de chaque texte l’auteur nous explique sa démarche artistique. Il évoque la genèse de la nouvelle et les thèmes abordés qu’il relie à un contexte. C’est à chaque fois intéressant et ce petit plus opère toujours un certain charme sur moi. Peu d’auteurs prennent la peine de nous proposer un tour d’horizon dans leurs ateliers ou les coulisses de leurs histoires, ça devrait arriver plus souvent.
Bien sûr, au-delà de la beauté de l’objet et de ces incursions « behind the scenes », il y a les nouvelles, ce pour quoi on achète vraiment un recueil, et celles-ci m’ont particulièrement enthousiasmée.
L’écriture d’Anthelme Hauchecorne est aussi subtile que maîtrisée, conférant une certaine élégance à ses récits, même les plus grinçants ou glauques. En effet, l’auteur ne se prive pas d’étaler un humour assez noir dans les univers sombres qu’il brosse, ses personnages, un brin désemparés parfois, paumés ou à côté de la plaque, se raccrochent à des bribes d’espoir souvent ténues, mais néanmoins bien présentes. Leurs histoires n’en sont que plus addictives alors que, découpées avec précision, elles entraînent facilement le lecteur dans leurs méandres. Parfois l’humour les allège, d’autres fois il renforce leur ambiguïté, mais il est toujours mesuré.
L’auteur sait mettre son propos en valeur, il dose savamment le divertissement et la réflexion et ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis. J’ai vraiment apprécié l’intelligence qui nimbe ce recueil, dans son fond comme son agencement.
Certains univers, parmi ceux que j’ai trouvés les plus prometteurs, sont appelés à être explorés plus avant dans d’autres écrits. Certains le sont déjà d’ailleurs. C’est avec plaisir que je m’y replongerai. Décembre aux Cendres, par exemple, est un des récits que j’ai préférés et je l’ai lu avec avidité, regrettant amèrement que cela se termine si vite. Il s’agit d’un conte de Noël décalé et désenchanté, impression renforcée pour ma part car je l’ai justement lu à l’époque de Noël. J’espère vraiment pouvoir lire prochainement d’autres histoires sur ces personnages et la ville de Brûle-Peste.
J’ai aussi retrouvé avec plaisir La Ballade d’Abrahel, réécriture de conte présentée auparavant dans l’anthologie Contes et légendes revisités de chez Parchemins et Traverses, que je vous conseille au passage. L’auteur a su insuffler une vraie réflexion dans cette histoire en l’arrachant à l’obscurantisme dont elle est issue. Cela me touche tout particulièrement.
Le Buto atomique, interpelle de même par ce qui s’est glissé de réalité entre les lignes, par l’empathie qui se dégage de ce récit au-delà de la richesse très prometteuse du système de magie évoqué. Une fois encore, j’espère croiser de nouveau ces personnages et en apprendre plus sur les Sœurs et leur danse.
Le Roi d’Automne, à rattacher à l’univers du roman Âmes de verre, fait également partie des textes qui m’ont le plus rapidement prise dans leurs rets. Cette histoire complexe, à la mythologie très travaillée, ne peut que donner envie de se plonger dans le roman de l’auteur pour explorer plus avant cet univers fascinant.
Parmi les textes plus concis auxquels l’auteur n’envisage pas de suite, il y a notamment l’excellent Sarabande Mécanique. J’ai bien conscience de ne pas faire honneur à l’intelligence que l’auteur a mis dans la création de son récit, comme de ce recueil dans son entier d’ailleurs, mais c’est encore le mot qui traduit le mieux mon impression : c’est excellent. La valse des références, cinématographiques (que je connais moins), littéraires (plus de mon ressort) et historiques est particulièrement gracieuse. C’est grinçant et drôle, futé et divertissant à la fois. Une nouvelle à chute comme on les aime.
Mais tous les textes de Punk’s not dead valent le détour et tous mériteraient un petit mot dans cette chronique, ce que je ne peux leur accorder malheureusement.
Vous irez de surprise en surprise en ouvrant ce recueil, d’une apocalypse zombie démentielle et génialissime en compagnie du dernier Punk de Grande-Bretagne à une anticipation sous forme de documentaire, en passant par un avènement de la robotique vu par les yeux d’une intendante pétrie de sarcasme ainsi qu’une histoire déjantée de quête à l’ancienne et de fantôme dans une double narration particulièrement bien rodée. Et puis il y a les dragons… Que sont devenus les dragons d’après vous ? Vous le saurez peut-être en lisant Punk’s not dead.
Je vous conseille vivement d’investir dans la version papier car outre le fait que, comme je l’ai déjà seriné, elle est très classe, la version numérique a une caractéristique qui est pour moi un petit défaut. Certains passages en gris clair sont particulièrement difficiles à déchiffrer sur une liseuse dont on ne peut régler le contraste. Certes mes problèmes de vue y ont sans doute une part, mais ça reste désagréable même pour des yeux en bonne santé.
Enfin, que vous choisissiez le papier ou le virtuel, j’espère que vous vous laisserez emporter et charmer par cette lecture au moins autant que moi et qu’elle vous donnera envie de découvrir d’autres écrits d’Anthelme Hauchecorne.
Si vous voulez vous faire une idée, sachez que vous pouvez télécharger deux nouvelles figurant dans ce recueil sur le site de l’auteur : Sarabande Mécanique et Les Gentlemen à manivelle.
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samedi 9 novembre 2013
La brigade des loups, Ep 3
La brigade des loups est un feuilleton numérique de Lilian Peschet, publié dans la collection e-courts des éditions Voy'el.
Mon avis sur les épisodes précédents :
Épisode 1
Épisode 2

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Le précédent épisode nous laissait face à un retournement de situation intéressant qui promettait d’affecter la structure même de la brigade sur le plan professionnel, mais aussi humain et émotionnel. En effet, ses membres agissent en meute et dépendent de l’harmonie qui existe dans le groupe. Pourtant, les loups savent, avec plus ou moins d’acuité, que derrière ce choix de leurs supérieurs se cache un plan de plus grande envergure.
Ont-ils vraiment le temps d’y songer ? Rien ne va plus depuis longtemps au sein de la brigade des loups mais également dans leur pays. Une crise couvait dans la société roumaine, exacerbée par les événements des deux précédents épisodes, et elle est sur le point d’exploser. Le monde change, mais on ne sait pas encore qui prendra l’avantage. On peut se sentir, comme les personnages, dépassé par tous ces événements qui se précipitent. Le lecteur se retrouve de plus en plus violemment plongé dans l’histoire et plus j’avance dans la lecture de cette série, plus je l’apprécie. C’est un feuilleton d’une très grande qualité, que ce soit dans la construction des personnages, l’intrigue et son contexte, ou encore la gestion du rythme.
Dans ce troisième chapitre, nos héros sont en difficulté, à titre global, mais aussi individuel. Ils doivent gérer une situation qui les dépasse, tout en combattant leurs propres démons. La tension monte tout au long de l’épisode et j’étais vraiment sur les nerfs en arrivant à la dernière ligne.
Vivement la suite.
lundi 23 septembre 2013
La brigade des loups, Ep2
La brigade des loups est un feuilleton numérique écrit par Lilian Peschet et proposé par les éditions Voy’[el] dans leur collection e-courts.
Si vous voulez mon avis sur le premier épsiode, c'est par ici.
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Présentation de l'éditeur :
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.Un attentat dans un centre commercial de Bucarest. Des revendications d'un groupe indépendantiste moldave. Une autre bombe qui doit exploser. Mais l'ennemi se trouve-t-il vraiment à l'extérieur de Bucarest ? La Brigade risque beaucoup à enquêter sur une affaire où elle n'est pas désirée...
Ce deuxième épisode nous amène peu après la fin du premier, aussi il est nécessaire de connaître les événements qui ont engendré la situation présente pour la comprendre et apprécier la nouvelle à sa juste valeur. Il est maintenant clair que ce feuilleton n’offrira pas des épisodes indépendants.
L’univers très sombre que l’auteur nous a présenté précédemment se dévoile de plus en plus, dans toute sa rudesse et sa réalité. On voit qu’il a tissé un canevas complexe et qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir, au fil des épisodes, sur ce monde où la lycanthropie est à la fois une réalité et une maladie. L’équilibre des forces est bouleversé dans cette Europe alternative, la façon dont les différents pays ont géré l’épidémie ne nous apparaît encore que par touches, mais on sent bien qu’il y a une vraie réflexion dans la trame de ce feuilleton et je dois dire que ça me plaît.
La brigade des loups est une série très addictive qui se révèle de mieux en mieux. J’ai beaucoup plus apprécié cet épisode que le premier. Je ne sais pas si c’est dû au fait de déjà connaître les personnages et le background, mais ce récit-là m’a semblé beaucoup plus fluide, moins fouillis. Les révélations, sur le monde lui-même comme sur les personnages, sont justement dosées et donnent envie de lire la suite.
En même temps que se joue l’avenir de la brigade ainsi que de ses membres de façon plus personnelle, la Roumanie traverse une grave crise due à des menaces terroristes. La brigade s’y retrouve embarquée et les intrigues se mêlent. L’enquête menée lors du premier épisode a encore des répercussions, parfois inattendues, il faut bien le dire.
Le récit est toujours sur le mode d’une narration chorale, nous offrant des interventions à peu près équivalentes de tous les membres de la brigade ou presque. Les personnages se démarquent un peu plus dans leur style et cela apporte plus encore de cohérence à l’ensemble. J’apprécie vraiment que chacun ait droit à la parole, dans le cas présent cela apporte beaucoup à l’histoire elle-même et le développement psychologique de ces protagonistes est vraiment intéressant.
J’espérais apprendre des choses sur le sort de l’un d’eux, plutôt malmené dans le premier épisode, mais au final on n’en sait pas beaucoup plus. La patience est donc de mise avec cette série, mais elle est récompensée par la qualité de la trame de fond.
L’enquête elle-même est plus prenante que la première, du moins de mon point de vue, et recèle plusieurs surprises. Avec le retournement de situation que l’auteur nous a réservé pour la fin, j’ai encore plus envie de lire le prochain épisode.










