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jeudi 25 janvier 2024

Comment bien rater son mariage à Noël

Un roman de Lucie Castel publié chez Saga Egmont pour la version audio, lu par M. J. Gilbert. Disponible en poche chez Charleston.


J’ai choisi ce titre dans la sélection des livres audio gratuits sur Audible parce que j’aime bien Lucie Castel et que j’avais besoin de quelque chose de léger. Cela n’est pas indiqué sur la page du livre audio, mais il s’agit d’un deuxième tome. Le premier, Pas si simple, n’existe pas dans ce format. Vous pouvez cependant écouter Comment bien rater son mariage à Noël sans vous perdre en route car l’autrice résume les événements du premier tome au fur et à mesure.
Une semaine avant Noël, Scarlett est censée boucler les préparatifs de son mariage, mais bien sûr rien ne va se passer comme prévu. Honnêtement, si elle avait prêté attention aux circonstances dans lesquelles avait été faite la demande en mariage, elle aurait dû s’y attendre. J’dis ça, j’dis rien… Entre sa mère (qui elle sait reconnaître un présage quand elle en voit un. Ou pas...), sa sœur qui plane, son beau-frère envahissant, son fiancé qui passe son temps au travail, les tantes qui débarquent de Corse après une décennie de guerre froide, sans parler du reste de sa belle-famille, elle était de toute façon mal barrée.
Si la pauvre Scarlett n’a pas fini d’en voir, cela reste très drôle pour le lecteur/auditeur, mais aussi émouvant parfois. Entre les lignes et les clichés dont on se moque sont abordés des sujets plus sérieux. Lucie Castel est certes drôle, mais elle a une vision du monde bien a elle, sensible et intelligente, et c’est ce que j’aime chez cette autrice.
Pour ce roman, elle a créé une belle galerie de personnages et j’ai aimé apprendre à les connaître.
Comment bien rater son mariage à Noël est une comédie agréable à lire pendant les vacances de fin d’année, pour se détendre et rire un peu. J’aime beaucoup l’humour de Lucie Castel et la lectrice, M.J. Gilbert, fait un excellent boulot. Elle apporte beaucoup de vie à l’histoire.
Je crois que j’aurais davantage apprécié mon écoute si j’avais lu Pas si simple avant. Je ne sais pas si je le lirai, je crois que je connais un peu trop les personnages et l’histoire maintenant, mais j’aimerais bien une suite avec des personnages secondaires. Ils ont en grand potentiel. En tout cas, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

vendredi 17 février 2023

Attention Spoiler

 Un roman d'Olivia Dade, publié chez Hauteville.


Marcus est beau et il le sait. S’il a pris l’habitude de jouer les abrutis auprès des journalistes, c’est pour qu’on lui fiche la paix. Pourtant, en secret, il écrit des fanfictions sur la série dont il joue l’un des personnages principaux. Afin de préserver l’image qu’il a mis tant de temps à construire, mais aussi selon les termes du contrat qui le lie à la production, il ne faut pas que cela se sache.
April est géologue. Elle écrit aussi des fanfictions, mais elle le cache pour des raisons différentes. Tout d’abord elle craint que cela lui fasse perdre son travail, ensuite elle n’a pas vraiment envie de dévoiler son physique à ses amis du fandom. Elle sépare donc ses deux vies avec application. Jusqu’au jour où elle décide qu’elle en a assez de se cacher et que ce n’est qu’une étape avant de, peut-être, pouvoir se rapprocher du gars avec qui elle échange sur le forum depuis longtemps et pour qui elle a le béguin.
Attention Spoiler est une romance sympathique qui se lit toute seule. Les personnages diffèrent de ceux que l’on rencontre habituellement dans ce type de romans et c’est appréciable. Marcus est un gars plutôt gentil et qui, pour un acteur, manque cruellement d’assurance. April est ronde et bien décidée à ce qu’on l’accepte comme elle est. Et quand je dis ronde, ce n’est pas juste une fille qui fait du 42 et qui en fait tout un drame, elle est obèse et elle a décidé que ça n’allait pas l’empêcher de vivre. En outre, elle ne maigrira pas d’un coup en trouvant le grand amour comme on veut souvent nous le faire croire dans les comédies romantiques. Pour couronner le tout, elle n’écrit pas des fanfics parce qu’elle n’a pas de vie, mais parce qu’elle aime ça. Elle adore son boulot, elle a de chouettes amis, dans sa vie l’amour serait juste la cerise sur le cupcake. Pour tout cela, ce n’est pas le genre de personnage qu’on croise tous les jours dans des romances et j’ai beaucoup aimé April.
À côté, Marcus est un peu fade. J’aurais voulu l’apprécier davantage parce que les personnages masculins dans les romances sont souvent toxiques et que ce n’est pas son cas, même s’il est très loin d’être parfait. Comment vous expliquer le problème ? Si vous regardez South Park c’est simple : Marcus est un clone de Principal PC. Et sinon… Je ne voudrais pas faire passer ce personnage pour plus niais qu’il n’est, mais c’est compliqué d’apprécier Marcus alors qu’il a de nombreuses qualités. Il n’est pas bête, cependant ce n’est pas non plus le couteau le plus affûté du tiroir et surtout il est politiquement correct en tout et tout le temps, même dans les moments les plus incongrus. C’est ennuyeux à la longue.
Marcus cache ses failles derrière son personnage public, il joue le rôle de celui qu’il appelle « le golden retriever bien propret » et en fait je n’ai pas vu grande différence avec l’homme qu’il est en réalité, si ce n’est qu’il est moins superficiel en vrai. C’est un bon gros toutou en adoration devant sa maîtresse. J’aurais aimé apprécier ce personnage, atypique en romance, mais il est trop complaisant. Ses rares défauts, ses faiblesses et ses petites lâchetés ne le rendent pas vraiment plus attachant.
April et Marcus ont tous deux des problèmes de confiance et une mauvaise image d’eux-mêmes, en grande partie à cause de leurs parents, et le parallèle entre leurs deux histoires est intéressant. C’est ce qui donne de la profondeur à leurs personnages ainsi que ce qui leur permet de trouver leur équilibre en tant que couple.
Ils sont mignons tous les deux et j’ai passé un moment plutôt agréable avec eux. Cependant je ne peux pas dire que c’est un roman inoubliable. Il n’est pas toujours bien écrit (ou bien traduit) et il souffre de quelques longueurs dues à des répétions.
Le récit est jalonné de résumés de fics ou de pitch de scénarios, de messages privés et autres petits textes qui le complètent bien. C’était une bonne idée et c’est plutôt amusant.
L’autrice a beaucoup d’humour et d’idées saugrenues, peut-être même trop. Les extraits de scénarios sont assez drôles, mais c’est à se dire que Marcus n’a joué que dans des bouses et je veux bien croire que certaines seraient tout à fait vendables, vu la médiocrité de ce qui passe parfois à l’heure actuelle.
Quant à la série qui a fait toute la gloire de notre personnage… Toute ressemblance avec Game of Thrones est pleinement assumée, toutefois si les références vous laissent de marbre, cela n’affectera pas votre lecture. De même, ladite série est aussi inspirée de l’Énéide, mais cela n’a pas grande incidence (et manque de finesse à mon goût d’amatrice de mythologie, bien que j’admette qu’on n’est pas là pour ça).
En tant que lectrice de fanfictions, j’ai apprécié de me retrouver dans ce petit monde que je connais si bien et je dois dire qu’Olivia Dade le décrit de manière très réaliste. Globalement c’est un microcosme plutôt sympa où les gens sont juste de grands gamins qui jouent avec des figurines et se lâchent souvent sans se prendre trop au sérieux, mais il y a aussi pas mal de poussière sous le tapis. Olivia Dade aborde par exemple la grossophobie, dans la vie de tous les jours bien sûr, mais aussi dans le fandom. Parce qu’il faut bien le reconnaître : elle y est présente, c’est même un ressort scénaristique facile pour rendre un personnage détestable au premier coup d’œil ou faire de l’humour à peu de frais. Et cela n’est pas propre à la fanfiction en particulier mais à la fiction en général.
Je me souviens avoir lu une fic il y a des années, vraiment chouette au début, bien écrite, intéressante. Et puis une blague merdique. Bon, on se dit que c’est un cas isolé, une maladresse, et on continue. Une autre blague moisie et encore une autre. Et puis un peu de transphobie en passant parce que l’autrice trouvait ça hilarant. C’est inacceptable. Sans chercher à devenir comme Marcus et Principal PC, il est bon de lutter contre des comportements inappropriés et des préjugés stupides qui pourrissent la vie des gens jusque dans leurs loisirs. Oui l’obésité est un problème de santé sérieux, non ce n’est pas en humiliant les gens qu’il sera réglé.
Olivia Dade aborde aussi des problèmes tels que la dyslexie et l’hyperactivité. Cela fait du bien de voir ces sujets traités dans un roman, parce que ça fait partie de la vie et que ça touche beaucoup de gens mais qu’on en trouve peu de représentations dans les médias, ou en tout cas pas de manière aussi naturelle.
Ce roman est le premier de ce qui est une trilogie (pour le moment). Les volumes suivants mettent en scène d’autres couples parmi les personnages secondaires. Le deuxième tome porte sur Alex, le meilleur ami de Marcus, et Lauren l’assistante qui lui sert de baby-sitter. Je ne sais pas si je lirai ce volume, je n’ai pas particulièrement apprécié la personnalité d’Alex et on sait peu de choses sur Lauren, mais je me laisserai peut-être tenter si j’ai envie d’une lecture drôle et sans prise de tête.

dimanche 19 décembre 2021

Typo & Graillon

Un livre de Barbora Klárová et Tomáš Končinský, illustré par Daniel Špaček et traduit par Eurydice Antolin. Publié aux éditions du Père Fouettard.

Présentation de l'éditeur :

Pas facile d'être un lutin entropique. Tous les jours, il faut faire pourrir la nourriture, trouer des chaussettes, tacher les canapés de chocolat chaud et mettre plein de fautes dans les journaux. Et tout ça, sans se faire choper par les humains !
Vous êtes-vous parfois demandé pourquoi les choses s’abîment même quand vous ne les utilisez pas ? Ou encore d’où sort cette coquille dans le texte que vous venez d’imprimer et que vous aviez pourtant relu trois fois ? La réponse est à la fois plus simple et plus complexe que toutes celles que vous avez pu imaginer : c’est la faute des lutins entropiques. Leur boulot c’est de faire se dégrader… tout ce qui leur passe sous la main. Ce sont les mites ultimes de l’univers en résumé. Ils oeuvrent avec zèle car ils croient en l’absolue nécessité de la dégradation.
Typo est un jeune lutin encore en apprentissage. Il va à l’école et il accompagne parfois son père (expert en détérioration de livres) à la bibliothèque pour semer quelques fautes de frappe, en attendant d’avoir son diplôme et de pouvoir travailler seul. Sa grande ambition, que ne comprend pas trop son paternel, est de travailler dans l’informatique où il pourra glisser des coquilles traîtresses dans les programmes.
Typo nous raconte son quotidien, nous parle de son école, de son meilleur ami et de toutes ses réflexions de jeune lutin à propos de l’entropie… Jusqu’à la sortie scolaire qui va bouleverser ses convictions.
Ce fut un plaisir de passer un moment avec ces lutins entropiques toujours prêts à inventer les machines les plus extravagantes pour les aider dans leur grand œuvre. Bien qu’elle soit destinée à un jeune public, cette lecture est exigeante sur le fond comme la forme. Elle requerra sans doute l’aide d’un adulte (ou d’un dictionnaire pour les jeunes lecteurs les plus indépendants), mais comme je passe mon temps à déplorer l’indigence du vocabulaire des livres pour enfants publiés actuellement, je suis ravie. Cela étant, ce livre est aussi drôle que réfléchi (et il explique bien des choses, comme le fait que les fils des écouteurs soient toujours emmêlés sans raison apparente. Honnêtement, l’intervention des lutins entropiques est l’explication la plus logique à ce phénomène). Il évoque avec humour, intelligence et finesse des questions philosophiques que l’humanité se pose depuis toujours et continuera sans doute à se poser jusqu’à ce que la Dent du Temps nous ait tous grignotés.
Je suis tombée sous le charme de cette histoire, même si comme tout être humain j’ai tendance à vouloir lutter (en vain) contre ces pauvres lutins qui ne font que leur boulot. Les illustrations sont charmantes et pleines de détails cocasses. J’ai adoré celles des machines entropiques dans les marges. Et puis les lutins sont vraiment craquants.
Ce fut une lecture aussi agréable qu’enrichissante et je vous la conseille vivement.

P.S. : Je n’ai jamais autant corrigé de coquilles dans une chronique. Merci de ton implication Typo, mais tu devrais aller aider quelqu’un d’autre, de préférence MAINTENANT.

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lundi 5 avril 2021

Le jour où l'humanité a niqué la fantasy

 Un roman de Karim Berrouka, publié chez ActuSF.


Présentation de l'éditeur :

Au départ, il y a un lutin qui hurle « Vous avez niqué la fantasy ! » alors qu’il retient en otage plusieurs personnes dans une bibliothèque. Et puis il y a le coup d’un soir d’Olga qui se met à déconner et à foutre le feu à son appartement, avant d’aller brouter les pissenlits par la racine. Et il y a aussi les trois punks Jex,
Skrook et Pils qui doivent jouer au Festival du Gouffre tandis qu’il se passe de drôles de trucs dans la forêt d’à côté.

Karim Berrouka, auteur du Club des Punks contre l’apocalypse zombie (prix Julia Verlanger) revient avec Le jour où l’humanité a niqué la fantasy. Membre émérite de la World Grouilleux Academy of Fariboles et professeur de fantasy appliquée à Normal Sub, livre ici un récit autobiographique indispensable pour la compréhension de l’univers et le salut de l’humanité.

Tout commence quand un cinglé prend des gens en otage dans une bibliothèque parce que « l’humanité a niqué la fantasy ». Enfin non. Tout commence peut-être quand Olga ramène chez elle un type qui éjacule des flammes… Non, toujours pas. Alors tout commence peut-être au cours d’un festival punk dans un bled paumé dont les habitants sont bien trop accueillants. Quand une mamie vous fournit en speed, méfiez-vous quand même un peu.
Vous trouverez dans ce roman à la narration tressée des fées gélatineuses (et libidineuses), des lutins d’un mètre quatre-vingt, des licornes méprisantes, des ondines caractérielles, un gamin schizo (ou pas) avec son démon intérieur, deux filles qui n’avaient rien demandé mais ne s’en laissent pas conter, une apocalypse mal calibrée et des punks, bien sûr.
J’aime ces romans qui ne vous mâchent pas l’imagination ou les neurones avec une narration bien linéaire. Ici les pistes se croisent, forment des boucles en retour arrière et créent un motif qu’il est plaisant de voir se dessiner. La multiplicité des personnages freine peut-être un peu l’implication du lecteur dans certaines parties, s’il développe une préférence pour l’une ou l’autre. Cela n’a pas été mon cas. J’ai adoré Olga, Margo et les punks. Sans parler des auteurs...
Le jour où l’humanité a niqué la fantasy est un roman drôle, plein d’énergie, de chaos et d’absurdité, ainsi que d’êtres féeriques comme vous ne les avez jamais vus (et ne voulez surtout pas les voir), mais aussi d’intelligence et d’irrévérence. Il se joue des codes de la fantasy sans se prendre au sérieux pour autant.
J’ai apprécié ce récit déjanté et le jeu de références au point que je n’ai pas vu défiler les pages. 

lundi 7 décembre 2020

Premier Souffle, Les Énigmes de l'aube T1

 Un roman de Thomas C. Durand, publié chez ActuSF.

Présentation de l'éditeur :

« Bonjour, c'est ici pour apprendre la magie ? »

Anyelle a un don. Un sacré don même ! Elle peut renforcer la magie de ceux qu'elle touche. Mais pour maîtriser cette aptitude et apprendre, elle doit quitter la forêt qui l'a vue naître... La voilà en route, joyeuse, insouciante et un peu maladroite pour une école prestigieuse de magie... qui n'aime malheureusement pour elle, ni les filles ni les pauvres...

Avec ce premier roman d'une série hilarante, Thomas C. Durand, cofondateur de la chaîne YouTube La Tronche en biais, nous offre un récit de fantasy humoristique de haute volée et une héroïne très attachante.
Anyelle a neuf ans. Elle vit dans une maison-arbre au cœur d’une forêt avec son père Elliort et sa belle-mère Cynora. Elle a une vie tranquille, qui ressemble toutefois à un début assez classique pour un conte de fée. On s’attend presque à ce que ses parents l’abandonnent quelque part... Mais non, ce sont de bons parents.
Elliort est un antibûcheron. Dans ce monde où les gens possèdent des dons souvent étranges et pas toujours utiles, il a celui de faire repousser les arbres et c’est pour lui une lutte sans fin contre les bûcherons du roi qui déforestent sans états d’âme ni réflexion. Et c’est ce combat acharné qui va déclencher notre histoire.
La petite Anyelle possède elle aussi un don qui en s’éveillant va causer de nombreux problème. Son père n’a pas le choix, il doit la conduire à l’École des Magies Utiles et Laborieuses pour qu’elle apprenne à maîtriser son pouvoir. Problème : Anyelle est une fille. Et on ne lui avait jamais dit que cela pouvait être un problème, alors pensez bien qu’elle n’entend pas laisser de vieux mages décider de ce qu’elle a, ou n’a pas, le droit de faire.
En lisant Premier Souffle, on pense bien sûr au Disque-monde de Pratchett et surtout à La Huitième Fille — excellent roman, qui parle lui aussi de sexisme et que je vous conseille si vous ne l’avez déjà lu — mais aussi à Harry Potter — tout en contrepoint — ou à l’absurdité et l’humour de Xanth. Par bien des aspects, Premier Souffle rappelle un roman initiatique de fantasy tout ce qu’il y a de plus typique. L’auteur use et abuse des clichés, mais pour mieux les tourner en dérision et brosser au passage une satire sociale des plus acerbes. En établissant des parallèles, tantôt évidents, tantôt subtils, Thomas C. Durand critique avec autant d’ironie que d’à-propos les travers de notre monde, de la lutte de classes au sexisme, en passant par la sur-exploitation des ressources, l’éthique scientifique ou les injustices en tous genres. Il fait cela avec humour, cynisme et détachement, mais c’est le genre d‘humour qu’on aime ou pas. Si j’apprécie le sarcasme et l’ironie, je goûte moins l’absurde, et il ne faut pas non plus que ça devienne trop lourd. Ce livre ne dépasse pas mes limites, néanmoins je sais qu’il ne plaira pas à tout le monde.
En outre, j’ai trouvé le récit un peu mou. L’auteur a beaucoup plus travaillé son monde que son intrigue. Il a créé d’intéressantes analogies, écrit de superbes descriptions qui permettent au lecteur d’admirer ses paysages comme s’il se trouvait devant eux, mais la scolarité d’Anyelle et son apprentissage, qui sont censés être au centre du récit, apparaissent sans relief et répétitifs. C’est une spirale sans fin dans laquelle l’enfant rechigne, puis finit par se décider, et se voit toujours opposé le même argument. Je sais bien que c’est logique, mais cela n’en devient pas moins lassant à force. Anyelle est un personnage sympathique, toutefois on ne peut pas vraiment dire qu’elle est attachante. Elle peut devenir exaspérante quand elle joue les idiotes et cela n’aide pas. J’ai donc oscillé entre les passages qui éveillaient mon intérêt et ceux qui l’émoussaient. Cependant, ce roman reste une très bonne distraction et je lirai sans doute la suite car il pose des questions dont j’ai envie de connaître la réponse. 

lundi 2 novembre 2020

Scrops !

 Un roman de Maëlig Duval, publié chez Gephyre éditions.

Présentation de l'éditeur :

Aux tréfonds de la galaxie, sur l’artificielle Physis, quelques milliers d’humains vivent selon les sages préceptes du Grand Puckman, fondateur de leur colonie. Depuis des générations, ils se félicitent de l’harmonie ainsi créée avec leur planète-fille.
Mais quand disparaît Madeline, qui savourait jusque-là une retraite tranquille auprès de son second mari, un complotiste répète à qui veut l’entendre qu’elle a été mangée par les scrops.
Les scrops ? Ces adorables boules de poils, meilleurs amis des enfants, au bec tout doux et aux petits cris attendrissants ?
Non, impossible. Physis, planète si adorable, avec son herbe bleue et ses poulets de compagnie, ne peut les avoir créés pour faire du mal, n’est-ce pas ?

Tout commence avec un homme aussi riche que déterminé, rêvant de domestiquer une planète, et des gens assez fous pour le suivre à travers l’espace vers une destination que seuls leurs descendants atteindront. Physis, la planète-fille, est modelée avec patience et espoir pour devenir leur nouvel habitat. Cependant s’est-on demandé si elle était d’accord pour les recevoir ?
Scrops ! est un roman de science fiction et un conte philosophique dans lequel une douce dinguerie enrobe des concepts plus profonds. On y suit d’abord cette petite portion d’humanité dans sa quête interstellaire, puis on se rappelle que ce ne sont toujours que des humains en les voyant évoluer à titre individuel. 
La science laisse place au quotidien et l’utopie de Puckman devient banale tandis que les gens vivent leur petit train-train. C’est l’après qui compte, ce que deviennent les héros dans leur vie de tous les jours.
Tout d’abord il y a Madeline, la première mère, celle dont la pugnacité a permis aux humains de s’établir sur Physis. Mais que serait Madeline sans sa fille ? Il n’est de première mère sans premier enfant et comment ne pas compatir avec la pauvre Geneviève sur laquelle ont pesé tant d’espoirs toute sa vie durant ? Leur relation compliquée est au centre du récit, bien plus que les scrops ou la vie sur une autre planète car malgré l’environnement étrange dans lequel elles évoluent, elles restent humaines et donc proches de nous. Pour moi, cette histoire est aussi celle de la parentalité, Madeline et Geneviève, mais également Physis et ses créateurs, des filles qui veulent s’affranchir du joug de leur mère et devenir maîtresses de leur avenir. Le parallèle entre les deux est évident.
Et puis il y a l’entourage de ces femmes, mari aimant, voisine fouineuse, original désœuvré et amant transi… Leurs réactions ne sont pas toujours évidentes, mais tous sont des personnages intéressants justement grâce à leur logique particulière, à la fois étrangère et voisine de notre logique terrienne. C’est comme un léger décalage, amusant parfois, portant à réflexion souvent car par contraste il est plus saisissant. J’ai aimé Sab en particulier, dont les défauts autant que les qualités font tout l’intérêt. Ce personnage, qui tourne autour du récit tel un satellite, avec sa vision à la fois plus acérée sur certains points et réduite sur tout le reste, apporte beaucoup à l’histoire.
Scrops ! est un roman court au style vif et plaisant. Il manie l’humour avec désinvolture, tout en gardant une pointe de suspense. Il nous parle d’altérite et d’adaptation. Jusqu’à quel point est-il acceptable de transformer le monde ? Et pourquoi certains en auraient la possibilité quand on la refuse à d’autres ? Qui définit le modèle sur lequel s’établit la norme ? D’ailleurs que devient la norme sur un autre monde ? Sous des dehors sympathiques et farfelus, ce roman pose de nombreuses questions qui alimentent la réflexion longtemps après avoir tourné la dernière page.

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samedi 11 janvier 2020

Ar Men-Ir – Christmas Kouign-Amann

Une nouvelle de Jean-Marc Sire, publiée chez Realities Inc.


Tous les ans, les éditions Realities Inc. Nous gratifient d’une nouvelle de Noël. Celle de 2019 revisite la nativité avec humour et un chouïa d’absurde.
Que feriez-vous si pendant le réveillon de Noël un couple de golems, dont la femme est enceinte, sonnait à votre porte pour réclamer l’aide de votre poivrot de père ? Eh bien vous les installez dans la grange  pendant que votre mère prépare des sandwichs en espérant qu’il ait une illumination. Ce qui, vous vous en doutez, n’est pas gagné… Bien entendu, vous n’êtes pas au bout de vos surprises.
Ce texte empreint de dérision se lit d’une traite. On apprécie tous les détournements auxquels l’auteur se livre sans vergogne et on passe un moment agréable. Que demander de plus ?

Les autres nouvelles de Noël chroniquées sur ce blog :

dimanche 29 septembre 2019

Mes Petits Vampires : Blood is magic!

Un roman de Lia Vilorë, publié aux éditions du Petit Caveau.

Vous pouvez également découvrir les chroniques des tomes précédents :
- Vampires d'une nuit de printemps
- Vampires de sorcellerie

Présentation de l'éditeur :
Moi, Lía Fáil, j’ai beau être une Éternelle sans peur ni reproches, j’ai un gros problème d’ordre existentiel. Je vous explique : vous vous rappelez du Vampire ? Le papa éternel serial-killer-esque d’Amaël qui a fait la une des journaux de L.A cet été ? Eh bien, techniquement, je suis censée sauter de joie d’avoir été sauvée de ses crocs. Sauf que NON ! Hélas, même pas le temps de prendre en main ma dépression, ou d’encaisser l’Amaël 2.0 qui n’a même plus besoin de moi et me fait même des cachotteries. Nop ! Parce que 1 : le briseur de mon cœur est en ville pour vendre son œuvre, mon travail. Et 2 : en cadeau pour NOËL, Amaël (A-MA-ËL) essaie de ME couper la tête ! J’ai forcément dû faire un fumble épique quelque part entre les scénarios « Le vampire dont vous êtes l’héroïne » et « Une décapitation pour Noël » de cette maudite campagne vampirique.

Attention, cette chronique contient quelques informations concernant les tomes précédents. 

Ce fut avec grand plaisir que j’ai retrouvé les vampires de Lia Vilorë. J’éprouve pour eux une certaine tendresse et j’attendais cette suite impatiemment. 
L’autrice prend le temps de nous rafraîchir un peu la mémoire dans le prologue, ce qui n’est pas du luxe dans mon cas. Ma lecture du tome précédent date quand même d’il y a trois ans… Pour autant, je n’ai pas eu trop de mal à me replonger dans cet univers loufoque mais néanmoins complexe. 
Après les événements de Vampires de sorcellerie, Lía Fáil est affaiblie mais elle n’aura pas le temps de souffler pour autant. Sa relation avec Amaël n’est pas au beau-fixe et ses responsabilités de Maîtresse vampire sont lourdes à porter. 
Ce troisième tome est le pivot de la série. On bat les cartes et on redistribue. Ou plutôt c’est Max qui le fait. Ce roublard avait plus de coups d’avance qu’on pouvait le croire… Voir que les dominos qu’il a lui-même placés continuent de tomber bien après son départ est délectable et montre à quel point la série tout entière a été bien construite. J’ai d’emblée eu un faible pour ce personnage — certes manipulateur mais extrêmement brillant — et voir sa présence planer au-dessus de sa dernière disciple me console de sa disparition. 
Comme ses prédécesseurs cet opus est donc riche en révélations et en retournements de situations. On ne s’ennuie jamais avec cette série. Comme d’habitude, les personnages doivent résoudre un mystère et sauver leur peau. On ne change pas une formule gagnante. La pauvre Lía est attaquée de toutes parts. Elle se trouve enfin face à son passé et il est temps pour elle de s’en délester. Au grand plaisir du lecteur qui attendait cela. Mais aura-t-elle le temps de s’en préoccuper quand son plus fidèle allié pète les plombs ? 
J’ai apprécié le développement apporté aux personnages, Lía évidemment, mais aussi Gavin et des personnages plus inattendus. Bien entendu le roman est toujours plein d’humour et jalonné de références à la culture pop, ce qui contribue à le rendre agréable à lire. 
Je n’ai à déplorer que quelques coquilles, dont une assez drôle pour un roman vampirique. Mais bref, cela s’oublie vite quand la lecture est aussi agréable. 
Je ne me lasserai jamais de ces vampires et de la mythologie très personnelle et originale que Lia Vilorë a su créer et entretenir au fil des tomes. Cette série n’est jamais là où on l’attend et c’est ce qui fait son charme. 
Maintenant je veux la suite.

vendredi 4 août 2017

Crazyhead

J'ai disparu pendant un petit moment, mais je reviens (un peu rouillée, désolée) avec les chroniques en retard, dans le désordre le plus total.


Je commence avec une série télévisée.


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crazyhead


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C’est à Lullaby que je dois ma curiosité à l’égard de cette série. Elle en a parlé dans son top ten des génériques de séries fantastiques. Comme nous avons des goûts similaires en la matière et que, pour ne rien gâcher, j’avais aimé la chanson, j’ai gardé ça dans un coin de ma tête.
Ce fut une bonne pioche.


Cette série ne paie pas de mine. Quand on lit le résumé sur Netflix, on se dit qu’elle envoie tellement de kitsch que même les années 80 n’en auraient pas voulu. Et pourtant… ce n’est pas un énième ersatz de Buffy, sans saveur ni relief, bien au contraire. Drôle, jouant avec les clichés, un peu trash aussi, Crazyhead et ses personnages déjantés vont vous surprendre.
Tout commence avec Amy, jeune femme un peu paumée qui a des hallucinations mais dont le psychiatre souhaite arrêter le traitement. Elle voit des gens qui semblent se consumer de l’intérieur et c’est ainsi qu’un soir, prenant peur, elle signale sa présence à l’un d’eux et fait du même coup la connaissance de Raquel, une fille qui semble avoir le même don mais qui est aussi complètement barrée.
Cette première saison est plutôt courte : six épisodes, un concentré d’humour noir, de sarcasme et de dinguerie à haute dose. J’ai passé un excellent moment à chasser du démon avec ces personnages tous plus cinglés les uns que les autres. Aucun cliché ne nous est épargné, mais ils sont détournés, trollés, explosés… Les retournements de situation sont multiples et il y a peu de temps morts. De surcroît, la bande-son est vraiment pas mal.
Crazyhead est une bonne série pour se distraire, elle fera surtout marrer les habitués des genres SFFF qui attraperont les références au vol. L’épisode final laissait présager une suite, mais la série a été annulée. C’est vraiment dommage. Cependant, elle ne se termine pas sur un cliffhanger de folie, vous pouvez donc la regarder sans risque d’être frustré par la fin. Crazyhead a été une vraie bonne surprise pour moi, j’espère qu’il en sera de même pour vous.


P.S. : Si vous n'avez pas lu Watership down, mais que vous comptez le faire, gros spoiler dans l'épisode 2.

vendredi 2 juin 2017

Le Complot des corbeaux, Les Sœurs Carmines T1

Un roman d'Ariel Holzl publié chez Mnémos dans la collection Naos.
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Présentation de l'éditeur :

Merryvère Carmine est une monte-en-l'air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses soeurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les moeurs sont plus que douteuses. On s'y trucide allègrement, surtout à l'heure du thé, et huit familles d'aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.

Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l'un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d'efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues...

« Une fantasy urbaine mordante et décalée, proche de l'univers de Tim Burton. »

Ariel Holzl a grandi dans la décadence acidulée des années 90. Les Soeurs Carmines est né d'une volonté de croiser les genres, de créer des rencontres inat­tendues entre ses sources d'inspiration comme Neil Gaiman, Edgar Allan Poe ou Stephen King. Le Complot des corbeaux est son premier roman.

Trois sœurs très différentes, une ville qui devient un personnage à part entière, des familles qui se battent pour le pouvoir, des complots incessants et une magie baroque… Tout lecteur de fantasy qui se respecte se dit qu’il a déjà vu ça, mais ne peut pas s’empêcher de tendre la main vers ce roman. Et il ne le regrettera pas.
Ariel Holzl a su créer un univers original, jouer avec les attentes du lecteur et les clichés. Sa Grisaille est une ville sombre et fascinante que l’on brûle d’explorer, digne héritière de toutes ces cités de papier qui ont marqué notre imaginaire. J’ai même été frustrée de ne pas en voir davantage.
Ses personnages sont plus caricaturaux, mais cela est pleinement assumé et ne veut pas dire qu’ils ne réservent pas quelques surprises. Comme la plupart des gens, j’imagine, j’ai adoré la petite Dolorine et me suis régalée des extraits de son journal. Sa naïveté délicieuse de petite fille, associée à ses caractéristiques tellement gothiques, en font un personnage génial. Elle compense largement l’antipathie provoquée par sa grande sœur Tristabelle. Celle-ci, beauté narcissique et sociopathe, a un potentiel humoristique certain, mais devient vite assez pénible… Cependant, c’est la sœur du milieu l’héroïne de ce tome, la gentille Merry, aspirante cambrioleuse des plus malchanceuses. Et elle m’a fait de la peine la petite Merry, à passer son temps à courir à droite et à gauche pour protéger ses sœurs… Il ne fait pas bon être trop gentil ou avoir de l’honneur à Grisaille !
On rencontre ici des guildes de voleurs et d’assassins, façon Pratchett, une aristocratie divisée en huit familles aux pouvoirs spécifiques, des cinglés en tous genres et une société retorse où tuer avant d’être tué est la règle, mais tout ça dans l’humour le plus noir plutôt que le gore. C’est tout ce que j’aime : un peu de famille Addams, de Burton, de Gaiman, mais juste de lointaines inspirations, comme une mélodie assourdie dont on reconnaît quelques notes à la volée. L’univers des sœurs Carmines est résolument original.
L’auteur a créé un background complexe, mais a le bon goût de ne pas l’étaler sous le nez du lecteur, il privilégie son histoire. Alors oui on aimerait en savoir plus sur la ville et ses habitants, mais ayant l’habitude de me plaindre copieusement quand les auteurs jouent aux guides touristiques sans développer d’intrigue, je ne peux qu’approuver son choix.
Le Complot des corbeaux est un roman de cape et d’épée flirtant avec les caractéristiques du gothique – personnages malveillants, assassinats sournois et secrets de famille, mais prend souvent les poncifs à contrepied. Certains passages sont vraiment très drôles, notamment le journal de Dolorine ou la bataille finale. J’ai passé un excellent moment.
En outre, la maquette est soignée avec ses silhouettes en guise de décorations de chapitres. C’est de l’ordre du détail mais ça réjouit la part la plus superficielle de ma personne.
La série est prévue en trois volumes, un par sœur, en accord avec la personnalité de chacune. À la fin de l’ouvrage se trouve un extrait du tome 2 consacré à l'aînée, à la première personne s’il vous plaît, contrairement au tome 1. On n’en attendait pas moins de l’égocentrique Tristabelle… Ceci dit, cela m’effraie un peu. Trista est un personnage cocasse, mais qui devient vite exaspérant, alors tout un roman en sa compagnie… Néanmoins, j’ai bon espoir que ce soit drôle et j’ai ouï dire que ce serait dans un genre assez différent, alors je serai au rendez-vous !

samedi 24 décembre 2016

Le Jour des Tartines

Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy'el.


Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu'au 31 décembre 2016.


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Présentation de l'éditeur :


JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.


Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.


Paule Langevine : Scientifique française.


Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.



Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l'image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.


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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

vendredi 2 décembre 2016

Dr. Horrible and Other Horrible Stories

Comics publiés chez Dark Horse.
Scénarisés par Zack Whedon.
Illustrés par Joelle Jones, Jim Rugg, Farel Dalrymple et Eric Canete.
Colorisation : Dan Jackson.
Couverture : Kristian Donaldson.


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Présentation de l'éditeur :
Based on the Emmy Award-winning web series Dr. Horrible's Sing-Along Blog, this collection of stories written by Zack Whedon (Deadwood, Fringe) chronicles some of the earliest adventures in the lives of archenemies Captain Hammer and Dr. Horrible.


This anthology solves many unanswered questions left over from the show. For instance: What event inspired Dr. Horrible to become the world's greatest criminal mastermind? Why is Penny, the beautiful girl from the Laundromat, still single? How can you, the reader, be like blustering do-gooder Captain Hammer? And why is Horrible's sidekick, Moist, so . . . um . . . well, you'll find out!



À l’origine, Dr. Horrible’s sing-along blog est une websérie en trois épisodes créée par Joss Whedon durant la grève des scénaristes aux U.S.A. Il souhaitait montrer qu’on pouvait produire une série de qualité avec peu de moyens. Il a réussi. Dr. Horrible est une sorte de tragicomédie, les chansons en plus. C’est drôle, mais aussi très humain et intelligent.
Cela étant dit, revenons aux comics.
Cet album est une compilation de cinq courtes histoires écrites par Zack Whedon. Il n’est disponible qu’en anglais, mais c’est d’un niveau très accessible. Je l’ai trouvé par hasard à un prix modique (ce qui est une bonne chose vu que la reliure s’est décollée de suite…). J’aime beaucoup la série, donc je n’ai pas hésité.
Ces histoires forment une sorte de préquelle à la série. Elles sont liées entre elles et permettent de voir certains événements sous plusieurs angles. Pour autant, les intrigues ne sont pas particulièrement complexes. Je vous avoue cependant m’être plus concentrée sur les récits que les dessins…
Pour situer le contexte : Dr. Horrible ambitionne de rejoindre The Evil Ligue of Evil, tout un programme… Son ennemi juré n’est autre que Captain Hammer, un beau gosse pas très futé… Dans la première histoire, celui-ci fait d’ailleurs sa propagande, des fois qu’on n’ait pas encore compris à quel point il est puant d’orgueil… D’habitude il me fait rire, là je l’ai trouvé carrément dérangeant, mais c’est probablement parce que je suis une des personnes bizarres qu’il aurait eu à l’œil…
Dans le deuxième récit, Moist nous conte comment il a eu son « super-pouvoir » et comment il a fait la rencontre d’Horrible. Ce personnage secondaire totalement décalé apporte une touche d’humour car il tourne en ridicule les codes du genre, même si au final sa vie est plutôt glauque.
L’histoire qui suit est plus douce, plus triste aussi. Elle est centrée sur Penny, la fille de la laverie, un personnage qui peut paraître caricatural, mais que j’aime beaucoup.
Le chapitre suivant est dévolu aux membres de la Ligue, mais également à un personnage tout juste évoqué dans la série. C’était chouette de finalement faire la connaissance de la presque Némésis d’Horrible, son miroir dans le camp des gentils.
Enfin, la dernière histoire nous conte comment et pourquoi Billy est devenu Dr. Horrible ainsi que sa première grande confrontation avec Captain Hammer. Ce fut mon chapitre préféré.
Dr. Horrible bouscule les codes des histoires de super-héros d’une façon qui me plaît. Les frères Whedon ont doté la série comme les comics d’un humour décalé, mais ont aussi apporté de la nuance et de la réflexion au thème. Les apparences sont trompeuses et, comme dirait quelqu’un, le plus difficile dans ce monde c’est d’y vivre…
Il est indispensable d’avoir vu la série avant, sinon vous ne trouverez aucun intérêt à ces histoires et vous ne profiterez pas des références. C’est vraiment pour les fans. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ce fut un plaisir de retrouver les personnages et d’en apprendre un peu plus sur eux.

samedi 23 juillet 2016

Ma Chèvre s'est mangé les pattes

Un recueil de nouvelles d'Alex Burrett publié par les éditions Aux Forges de Vulcain.

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Présentation de l'éditeur :

Quel lien peut-il bien exister entre une chèvre qui, faute de pattes, est obligée de barboter dans un étang arrimée à un radeau, une femme dont le dernier petit ami était l’ange de la Mort en personne, un abattoir à humains, un guerrier médiéval qui ne sait qui choisir entre sa femme et son chien, un homme indestructible mais qui l’ignore, un couple d’amants littéralement collés l’un à l’autre et qui deviennent des gourous du sexe, et bien d’autres encore ? L’imagination fantasque d’Alex Burrett ! En trente-deux textes enlevés, Burrett dépeint notre société par autant de saynètes absurdes, déployant un talent de conteur sous acide, mordant, percutant ; un monde à vif où rien n’est ce qu’il semble être, où l’on peut être ami avec une pierre, où l’Enfer se convertit aux vertus du tourisme de masse, et où les maisons habitées depuis des années savent faire culpabiliser leurs habitants. Absolument jubilatoire !

Ma Chèvre s’est mangé les pattes est un recueil de trente-et-une nouvelles. Certaines sont teintées de SF, de Fantastique ou de réalisme magique, l’ambiance d’autres ne déparerait pas dans un polar. Cependant, elles sont aussi quelquefois d’un réalisme des plus cyniques et pas si banal qu’on voudrait nous le faire croire. Drôles ou stressantes, souvent à chute, elles peuvent vous désarçonner à tout moment. On ne sait jamais sur quoi on va tomber au détour d’une page, ce qui rend ce recueil d’autant plus attrayant. Ces textes courts flirtent de temps en temps avec l’absurde, notamment le premier qui a donné son étrange titre à l’ouvrage. Avouez quand même que cette histoire de chèvre éveille votre curiosité… L’humour caustique de ces récits est délectable, mais ils sont surtout d’une grande intelligence. Majoritairement écrits à la première personne, ils prennent la forme de confidences qui se révèlent bien moins anodines qu’on pourrait le penser de prime abord. L’auteur use souvent, à dessein, d’un ton clinique ou imitant une banale conversation entre amis pour renforcer le contraste entre ses propos et la normalité, ce qui rend le tout encore plus grinçant. Les thèmes sont variés et, à l’exception de deux, les textes sont indépendants. La cohésion entre ces nouvelles naît de leur esprit cynique, de la finesse des réflexions de l’auteur et de cette ambiance si particulière qu’il a su créer. Il ne s’embarrasse pas de politiquement correct, mais discourt sur les travers et les misères de l’humanité comme s’il parlait de la pluie et du beau temps. À tout moment, la perception que vous avez d’un de ses récits peut basculer vers tout autre chose. L’écriture de nouvelles est un art difficile qu’il maîtrise à la perfection. Au fil de cette lecture, on vous parlera des amours de l’ange de la mort (qui est un gars sympa), des dangers que mentir à un premier rendez-vous peut engendrer, de la gestion d’un abattoir pour humains ou d’un rat particulièrement ambitieux… C’est original, vif et intéressant. Ce recueil, qui se lit très vite tant il est ludique et bien écrit, fut une excellente surprise.

Vous pouvez également découvrir l'avis enthousiaste de Lune.

   JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas   

samedi 16 juillet 2016

Le Club des punks contre l'Apocalypse zombie

Un roman de Karim Berrouka paru chez ActuSF.

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Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie...

Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Politiquement incorrect, taché de bière et de Lutte finale, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie est un condensé d’humour salutaire.
Avec le titre, le ton est donné. No future ? Ok, à votre service… Voilà les zombies !!!
Du jour au lendemain, débarquent des morts-vivants de base, c’est-à-dire cons comme des manches, lents mais tenaces et, surtout, avides de cerveaux humains. Face à cette Apocalypse balbutiante, mettons un groupe de punks qui vivent en collectif dans un squat. Ces personnages couvrent quasiment tout le spectre de ce que l‘on fait en matière de punk. Ça va de l’anarchiste militant aux punks destroy, sans oublier le freegan fan de films de zombies et, bien entendu, les punks à chiens…
Alors, que feraient des keupons face à l’Apocalypse ? Parce que c’est bien beau, mais comme le dit si bien Kropotkine : l’anarchie c’est pas le chaos !
Ils vont gérer… avec une logique bien à eux. Et je vous le dis tout net, on est plus du côté Punk de la Force que du côté zombie dans ce roman, ce qui m’allait tout à fait. Le gore et les cadavres ambulants ce n’est pas trop mon délire… Par contre, si vous êtes un habitué des romans de zombies, attendez-vous à être dérouté. Les codes sont là, mais les personnages n’ont pas trop envie de s’y plier…
Ils m’ont été sympathiques dès le départ. Les deux punks destroy m’ont beaucoup rappelé deux loups-garous rencontrés à la lecture d’une novella de Karim Berrouka. Mais, au-delà de ça, j’ai quelques valeurs communes avec certains de ces personnages (et je ne suis pas non plus toute seule dans ma tête, faut admettre que ça aide). Je trouvais amusant d’assister à cette Apocalypse par le biais de ces protagonistes, à la fois cyniques, bien qu’idéalistes, et décalés, eux qui se tiennent en-dehors de tout système. Leur vision des événements est totalement en dehors des clous et c’est rafraîchissant. Je les ai trouvés attachants, mais me suis surtout identifiée à Eva, a.k.a miss anti-tout… J'étais dans l'ambiance, j'anticipais en me marrant toutes les conneries qu'ils allaient faire et la première partie fut un plaisir à lire.
Cependant, le côté mystique de cette Apocalypse (qui pour le coup n’usurpe pas son nom) m’a un peu refroidie à mesure qu’il se développait. On va loin dans l’absurde et le cynisme, même pour moi. C’est d’autant plus grinçant quand sont impliqués de force des personnages réfractaires à toute religion. Entre les péripéties de chacun, plus ou moins intéressantes selon le cas, les anges chelous et les visions prophétiques façon LSD, cela devient vite répétitif et parfois lourd, même si les interrogations que l’on nourrit sur le devenir des personnages aident à tourner les pages. Je n’ai pas aimé la fin, même si elle est terriblement désabusée et étrangement logique.
Mon avis est donc mitigé, j’ai beaucoup apprécié la première moitié du roman, mais trouvé que cela s’essoufflait ensuite. Il y a beaucoup de personnages, qui ont tous un rôle important, cependant le caractère répétitif de leurs aventures peut lasser. Le Club des punks contre l’Apocalypse zombie est néanmoins un roman drôle et complètement barré, toutefois il n'est pas pour autant dénué de réflexion sur la société. Cet aspect-là est très intéressant et le tout ravira un public averti, mais si vous êtes allergiques au Punk ainsi qu’à l’absurde, ce n’est sans doute pas pour vous.

jeudi 7 avril 2016

Alouettes, Testaments T2

Un roman de Jeanne-A Debats, publié chez ActuSF.

Vous pouvez également consulter mon avis sur le premier tome : L'Héritière.

alouettes_debats
Présentation de l'éditeur :

Je m’appelle Agnès, et je suis orpheline. Ah ! Et sorcière, aussi. Mon oncle m’a engagée dans son étude notariale. Ne croyez pas que le job soit ennuyeux, en fait, ce serait plutôt le contraire. En ce moment, tout l’AlterMonde est en émoi à cause d’une épidémie de Roméo et Juliette. Imaginez : des zombies tombant amoureux de licornes, des vampires roucoulant avec des kitsune, des sirènes jurant un amour éternel à des garous. Et tout ce beau monde défile dans notre étude pour se passer la bague au doigt. Mais la situation commence à sérieusement agacer les hautes autorités.

Et comme l’AlterMonde n’est pas Vérone, à nous de faire en sorte que cette fois l’histoire ne se termine pas dans un bain de sang...
Je me suis précipitée sur ce roman avec enthousiasme, prenant plaisir à retrouver Agnès, telle une vieille connaissance qu'on croise de loin en loin. Mais j’étais surtout alléchée par le résumé de l’éditeur que je trouvais très prometteur. Mes attentes étaient grandes et ne furent pas déçues. Jeanne-A Debats nous a concocté une intrigue audacieuse et loufoque, tissée avec autant de soin que d’intelligence. Elle a de la suite dans les idées, c’est le moins qu’on puisse dire ! On ne s’ennuie jamais avec elle. J’adore son humour, qui peut se révéler aussi rentre-dedans que subtil et spirituel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant… Toutefois, il ne faut pas s’y tromper, l’humour reste au service de l’histoire qui est, quant à elle, excellente.
J’aime le théâtre shakespearien, ceci dit Roméo et Juliette n’est pas ma pièce préférée, loin de là. Grâce à Alouettes, je la verrai autrement désormais. L’auteur a su se servir de ce terreau fertile, que ce soit dans les grandes lignes ou le détail, pour créer un récit jubilatoire. Les références littéraires – de tout bord – abondent, à ma grande joie, relevant la saveur de l’intrigue. Je m’en suis délectée.
De surcroît, je ne le dirai jamais assez, j’apprécie l’originalité du contexte et des personnages mis en scène. L'auteur a choisi de nous décrire le quotidien d'une étude notariale au service des surnaturels. C’est une bouffée d’air frais dans le paysage actuel de l’urban fantasy ; ça change des détectives et autres flics chasseurs de démons. Agnès et ses collègues font partie intégrante de cet AlterMonde mais ne sont pas des justiciers, même s’ils ont le devoir de faire respecter un certain équilibre. Dans ce tome, leur tâche va être singulièrement compliquée. Autant dire que la pauvre Agnès, qui est la paléographe de l’étude, ne va pas passer son temps derrière un bureau à compulser de vieux papiers…
Trois années se sont écoulées depuis les événements de L'Héritière. Agnès a un peu changé, elle a mûri. Je me suis sentie plus proche d’elle. C’est une jeune femme pleine de contradictions, elle reste agaçante parfois, mais je l’aime beaucoup. Avec ses qualités et ses failles, elle est un personnage crédible et très contemporain. Elle tient à son indépendance chèrement gagnée et, si elle manque parfois d’à-propos, elle est loin d’être stupide. J’ai particulièrement apprécié les réflexions que lui prête sa créatrice quant à la condition féminine.
En filigrane, on en apprend un peu plus concernant les origines de la jeune sorcière ainsi que le passé de Géraud. Cependant cela reste anecdotique et je suis impatiente d’en savoir davantage.
Les personnages de cette série font indubitablement une grande partie de son charme et de sa richesse. On retrouve évidemment Navarre et c’est intéressant de le voir par le filtre du regard d’Agnès. Celle-ci, malgré le faible qu’elle a pour lui, reste assez lucide à son égard. Les personnages secondaires ne font pas juste de la figuration. Ils ont une histoire, une personnalité qui apporte de la couleur au récit. J’adore Zalia, qu’on voit un peu moins, mais qui est toujours aussi déjantée. Et… Non, je ne dirai rien à propos de mon préféré. Vous verrez.
Alouettes est encore meilleur que L’Héritière. Ce roman drôle, irrévérencieux et sortant des sentiers battus a été un ravissement d’un bout à l'autre. J’ai balayé d’un geste désinvolte les quelques petites invraisemblances qui m’ont fait tiquer sur la fin, parce qu’elles ne pesaient rien face à un tel plaisir de lecture. Et maintenant, j’ai le blues de la dernière page… Vivement la suite !

dimanche 25 octobre 2015

La Huitième Couleur et Le Huitième Sortiliège

Sir Terry Pratchett nous a quittés voilà peu de temps. Auteur prolifique, il nous laisse de nombreuses œuvres dont une majorité constitue ce monument que sont Les Annales du Disque-monde. Des romans à lire, relire et partager.
On aime ou pas, c’est vrai. Et je ne conseillerais à personne de les lire tous à la suite… Mais l’humour de Pratchett reste pour moi d’un réconfort certain et j’adore le Disque-monde, ses personnages barrés, les réflexions qui se glissent entre les pages aussi.
Mon hommage personnel à ce grand homme a été de lire à haute-voix dans mon jardin les deux premiers volumes des Annales. Traitez-moi de folle si vous le voulez. Je suis heureuse de l’avoir fait.
Et tant que j’y suis, je vais vous en parler un peu.
Tout le monde devrait lire Pratchett, ça ne résoudrait pas tous les problèmes de la race humaine, mais ça ne rendrait pas les gens plus cons (ce qui en soi est déjà pas mal).



La Huitième Couleur


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Loin dans l’espace, vogue une tortue géante. Sur son dos, quatre éléphants supportent le poids d’un disque, le fameux Disque-monde.
Cette série mondialement connue est composée d’une quarantaine de volumes. Bien qu’ils soient souvent présentés par cycles (selon les personnages récurrents concernés) on peut les lire indépendamment. Sauf en ce qui concerne les deux premiers volumes qui content les pérégrinations de Rincevent, le pire mage qui soit, et de Deuxfleurs, le premier touriste du Disque.
En général, on ne recommande pas de découvrir le Disque-monde avec ce roman qui n’est ni le plus réussi ni le plus attractif. Mais personnellement je l’aime beaucoup et je pense qu’il est une bonne introduction à l’univers de Pratchett. Vous peinerez peut-être un peu à vous immerger dans La Huitième Couleur, mais vous y apprendrez notamment à connaître la géographie discale et beaucoup d’autres particularités de ce monde étonnant ainsi que de ses habitants.
On pourrait dire que La Huitième Couleur s’apparente à une quête sans but (oui, c’est ironique). Rincevent, Deuxfleurs et le Bagage explorent le Disque et vont de problème en catastrophe, envoyant joyeusement balader tous les clichés de la Fantasy au passage.
Toi, le lecteur qui à un moment t’es demandé ce que tu foutais là alors que Frodon et Sam crapahutaient encore et toujours dans les marais, ces romans sont pour toi. Prends ta revanche et marre-toi !
Des rues sales d’Ankh-Morpork jusqu’à l’extrême bord du Disque, les deux acolytes vont croiser des dragons, des héros, participer à un jeu de rôle géant (sans le savoir), risquer leur peau à tout moment et nous divertir à leurs dépens.
Les références à des ouvrages connus de SFFF sont nombreuses, mais qu’on les capte ou non la lecture reste très agréable, drôle, légère, tout en n’étant pas dénuée de réflexion.
Comment ne pas passer directement à la suite ?


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Le Huitième Sortilège




Le Huitième Sortilège
reprend le cours des aventures de Rincevent et Deuxfleurs où se terminait La Huitième Couleur.
Cette suite semble d’emblée un peu plus construite, il faut bien l’admettre et elle est plus drôle encore, pleine d’action et de rebondissements. Une nouvelle fois, prenez tout ce que vous savez des clichés de la Fantasy et réjouissez-vous de les voir passés au shaker ! Par exemple, vous vous demandez ce que deviennent les vieux héros ? Eh bien vous le saurez en faisant la connaissance de Cohen le barbare… Vous apprendrez des choses sur les mœurs des tortues spatiales, vous vous interrogerez sur la réelle nature des boutiques magiques itinérantes et sur l’intérêt qu’il peut y avoir à sauver le monde quand on a cinq minutes entre deux courses-poursuites.
Ce volume offre une échappée particulièrement plaisante, une aventure pleine de personnages improbables et délirants. On ne s’ennuie pas une seconde, même à la relecture, et c’est également une belle histoire d’amitié.
Si vous ne connaissez pas encore le Disque-monde, j’espère de tout cœur vous avoir donné envie d’aller y faire un tour. Et n’oubliez pas d’emporter une boîte à images, ça peut servir.

mardi 20 janvier 2015

Good Omens

Good_Omens

A full-cast BBC Radio 4 dramatisation of Terry Pratchett & Neil Gaiman's celebrated apocalyptic comic novel, with bonus length episodes and outtakes.
According to the Nice and Accurate Prophecies of Agnes Nutter, Witch, the world will end on a Saturday. Next Saturday in fact. Just after Any Answers on Radio 4..
Events have been set in motion to bring about the End of Days. The armies of Good and Evil are gathering and making their way towards the sleepy English village of Lower Tadfield. The Four Horsepersons of the Apocalypse - War, Famine, Pollution and Death - are assembling.
Witchfinder Shadwell and his assistant Newton Pulsifier are also en route to Tadfield to investigate unusual phenomena in the area, while Anathema Device, descendent of prophetess Agnes Nutter, tries to decipher her ancestor's cryptic predictions.
Atlantis is rising; fish are falling from the sky; everything seems to be going to the Divine Plan.
Everything, that is, but for an unlikely angel and demon duo, who have been living on Earth for several millennia and have become rather fond of the place. If they are to prevent Armageddon they've got to find and kill the one who will bring it about: the Antichrist himself. There's just one small problem: someone seems to have mislaid him.
Adapted, sound designed and co-directed by Dirk Maggs (Neverwhere, The Hitchhiker's Guide to the Galaxy) this first ever dramatisation of Terry Pratchett and Neil Gaiman's novel features a large cast including Peter Serafinowicz, Mark Heap, Josie Lawrence and Paterson Joseph.



Good Omens, De bons présages en version française, est un roman écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman. Il a été adapté par Dirk Maggs en feuilleton radiophonique de 6 épisodes d’environ 30 minutes chacun et diffusé fin décembre 2014 sur BBC Radio 4. L’intégrale de ce feuilleton doit sortir en CD pour la fin janvier, avec en bonus 50 minutes non diffusées lors du passage radio.
Je l’ai écouté en ligne et, à l’heure où je poste ce billet, il est encore disponible, mais plus pour très longtemps. J’ai tant apprécié ce feuilleton que je me procurerai sans faute le CD. Cependant, avant de vous dire pourquoi celui-ci m’a tant plu, je pense qu’il est nécessaire de parler un peu de l’intrigue. Si écouter celle-ci en anglais ne vous tente pas, vous pourrez toujours lire en français la version romanesque qui vaut le détour.
L’Apocalypse aura lieu samedi prochain, j’espère que vous n’aviez rien prévu d’important. Aziraphale, un ange, et son compère Crowley (Rampa en français), démon de son état, aiment bien leur vie sur Terre, ils ont leur petite routine, s’entraident, peinards. Mais c’est sans compter sur leurs supérieurs qui ont décidé qu’il était temps de lancer la grande bataille, celle du bien contre le mal qui décidera de quelle force prendra le pas sur l’autre. Nos deux comparses vont évidemment s’en mêler, mais tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, que ce soit concernant leurs plans ou ceux des autres…
Dans ce roman, ou ce feuilleton, vous trouverez un ange déchu qui a plus glissé que chuté, un ange bibliophile, des gamins tout droit sortis de nos vieux livres d’enfants, une sorcière pragmatique et le fantôme de son arrière-arrière-arrière-grand-mère qui était une obscure prophétesse, des chasseurs de sorcières, des cavaliers de l’Apocalypse à motos, un chien de l’enfer, une fausse médium et bien d’autres personnages hauts en couleur. Et peut-être bien qu’il y aura une Apocalypse, cela dépendra du bon vouloir d’un garçon de onze ans…
Good omens est un excellent roman à l’humour savoureux, mais aussi un récit intelligent, une merveilleuse collaboration entre deux auteurs que j’aime beaucoup. L’adaptation radiophonique est vraiment réussie et très proche du roman, tout en le modernisant un chouia. On ne s’ennuie pas une minute, j’ai beaucoup ri en écoutant ce feuilleton et j’y ai trouvé l’ambiance que j’espérais.
Le casting est tout simplement parfait, j’ai retrouvé grâce à toutes ces voix si bien choisies les personnages que j’avais imaginés. Les comédiens ont vraiment fait un super boulot. De surcroît, les auteurs nous gratifient d’une petite apparition dans le premier épisode, clin d’œil que j'apprécie.
Mon niveau d'anglais n’est pas terrible, mais le fait d’entendre sans voir m’a forcée à être plus attentive et, bien évidemment, connaître déjà l’histoire aide pas mal. Je ne me suis pas sentie larguée, j’ai suivi le récit et apprécié mon écoute.
Je vous conseille aussi bien le feuilleton que le roman. La traduction française a ses limites (je ne me suis jamais remise de Crowley devenu Rampa au mépris de la référence, bien que cela soit précisé en note par le traducteur), mais elle reste quand même relativement correcte.

vendredi 12 septembre 2014

Shakespeare une nuit d'été : La nuit des rois

Cet été, j'ai proposé sur le forum de Vampires & Sorcières de lire ou relire une pièce de Shakespeare et de partager ensuite nos impressions de lectures.
Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas eu un succès fou, mais ce n'est pas grave.


J'avais choisi La nuit des rois ou plutôt Le soir des rois dans la traduction que j'avais, qui est celle de François-Victor Hugo, et je l'ai lue au mois d'août.
Je pensais en posséder une version plus récente, ce qui n’est pas le cas, j’avais dû l’emprunter… Je l’avoue, je trouve les traductions d’Hugo vieillottes et un peu déficientes quand il s’agit de faire passer l’humour original. Mon niveau d’anglais étant ce qu’il est, le génie de Shakespeare étant lui aussi ce qu’il est, je ne suis nullement apte à juger de la qualité d’une traduction, quelle que soit la pièce de cet auteur dont il serait question. Cependant, en tant que lectrice, j’aime celles de Bonnefoy car il traduisait en poète. De toutes les traductions que j’ai pu lire, ce sont elles qui me touchent le plus, qui me rendent plus proche l’œuvre originale, en sensations si ce n’est en paroles.
Evidemment, parce que c’est Shakespeare, je peux profiter de ma lecture même derrière le voile d’une autre traduction… J’ai donc pris plaisir à redécouvrir cette pièce et, moi qui ai en horreur les histoires basées sur des quiproquos, je m’étonne toujours de les apprécier chez Shakespeare. Mais les amours des personnages et leurs chassés-croisés sont bien secondaires dans cette pièce, du moins de mon point de vue. Ce sont les facéties des personnages secondaires qui me ravissent le plus, la brillante intelligence du Fou, la rouerie de Maria et les prétentions de Malvolio… Sans parler de la finesse avec laquelle l’histoire est orchestrée…
Les multiples niveaux de lecture de cette pièce peuvent encore, après tant d’années, donner de quoi réfléchir à la lectrice que je suis. Ce fut un excellent moment de lecture et il m’a donné envie de redécouvrir d’autres pièces et de lire celles que je ne connais pas encore.

mercredi 4 septembre 2013

Le Tournoi de Bao-Siam

Une nouvelle numérique de Jacques Fuentealba, publiée chez Walrus.

Présentation de l'éditeur :

Quand l’Empereur Xiaoa-Lamsong-Tam donne un tournoi, les meilleurs combattants du pays se présentent. Les plus grands maîtres s’affrontent pour le plaisir de la cour, et tous rivalisent de techniques ancestrales et de coups spéciaux pour mettre leur adversaire au tapis. C’est le cas de Xuo-Tompeï, dont le secret réside dans les litres d’alcool qu’il ingurgite et qui lui permettent de bouger de manière totalement imprévisible. Mais face à lui, les adversaires sont coriaces. Qui remportera le tournoi de Bao-Siam ?

Le Tournoi de Bao-Siam est un texte court (environ 25 pages) de la collection Micro.
La première chose que je me suis demandé en commençant la lecture de cette nouvelle est « mais où suis-je donc tombée ? » Il y a en effet de quoi être désarçonné en découvrant ce vieil ivrogne (le Gardien des Secrets de la Bouteille, rien de moins mesdames et messieurs… Je ne sais pas vous, mais ça m’évoque tout de suite Rabelais) qui choisit la cuisine impériale comme aire de combat, alors qu’il doit se battre contre son neveu lors de la demi-finale d’un tournoi d’arts martiaux organisé par l’empereur du Bao-Siam.
Des arts martiaux pour le moins décalés, sans sagesse, sans honneur, sans finesse (quoique, ça dépend de quel point de vue on se place), ça vous tente ? Si oui, vous serez servis : un peu de cynisme, beaucoup de sarcasme, un brin de dragon ball z, une bonne couche de mauvaise foi et pas un seul concurrent de ce tournoi pour rattraper l’autre. Le ton est donné, ça va se castagner sévère, mais sans oublier d’être drôle.
Au cours de cette lecture vous suivrez trois combats plus déjantés les uns que les autres et, croyez-moi, vous ne manquerez pas d’être surpris par les tours inattendus que va vous jouer l’auteur.
C’est une nouvelle amusante, très agréable à lire, assez atypique et, si la chute est plutôt prévisible, elle n’en demeure pas moins savoureuse.

vendredi 16 août 2013

Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques

Une anthologie publiée par les Artistes Fous Associés.


Vous pouvez télécharger gratuitement cet ouvrage au format epub sur le site des Artistes Fous.
Mais ce serait sympa de l’acheter, parce que ça encouragerait une association et des auteurs qui fournissent un travail de qualité et qui sort des sentiers battus.


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Sales bêtes !

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Chimères, Animaux totems, transformations bestiales, animal tapi en soi, conscience émergeant chez la bête, créatures mythologiques... Dans cette deuxième anthologie, les Artistes Fous Associés explorent la thématique animale autour de 20 récits horrifiques, poétiques, sarcastiques, émouvants, tragiques ou gore. Venant des quatre coins de la francophonie, ces auteurs et illustrateurs sauront réveiller la (sale) bête qui sommeille en vous !



Sommaire :

  • Les Maîtres ne vinrent plus [Ludovic Klein] (illustré par Maniak)

  • Pffugs [Mathieu Fluxe] (illustré par cAmille)

  • Pluviôse [Adam Roy] (inédit) (illustré par Deadstar)

  • Un arrière-goût d'éternité [Morgane Caussarieu] (inédit) (illustré par Deadstar)

  • La parole du Rhinocéros [Ana Minski] (illustré par Ana Minski)

  • La bête noire [Julien Heylbroeck] (illustré par Christophe “FloatinG” Huet) (inédit)

  • La Solitude du Soleil le Vendredi soir [Diane] (illustré par Stab et Nelly Chadour)

  • Tous les singes ne vont pas au paradis [Vincent Leclercq] (illustré par Maniak)

  • Le deuxième événement [Ludovic Klein] (inédit) (illustré par Cham)

  • Cobaye #27 [Éric "Udéka" Noël] (illustré par L'ananas à cheveux)

  • La condition inhumaine [Maniak] (illustré par Xavier Deiber)

  • La dépression du chat [Gallinacé Ardent] (illustré par Maniak)

  • Parasite [Vincent T.] (illustré par Antoine “Codex Urbanus” Téchenet)

  • Jonas [Southeast Jones] (illustré par Cham)

  • L'ascension des suicidés [Ana Minski] (illustré par Ana Minski)

  • La mélodie des bois [Vincent Leclercq] (illustré par Nelly Chadour)

  • Notre-Dame des opossums [Southeast Jones] (illustré par Kenzo Merabet)

  • Manger les rêves [Romain d’Huissier] (illustré par Xavier Deiber) (inédit)

  • τρ [Herr Mad Doktor] (illustré par Ana Minski)

  • Clic [Maniak]


Fin(s) du monde, précédente anthologie présentée par les Artistes Fous, faisait déjà montre d’une grande variété de genres. Sales bêtes n’est pas en reste. On nous propose du réalisme, du fantastique, de la SF, de l’anticipation, de l’onirisme, de l’humour, de l’horreur et j’en passe, des sales bêtes de tous poils pour des récits originaux. Il est rare qu’une anthologie garde mon intérêt éveillé d’un bout à l’autre, mais ça a été le cas de celle-ci, grâce, justement, à cette diversité de genres et de styles.
Bien sûr, il y a des textes que j’ai préférés et la palme revient cette fois à Cobaye #27, parce que j’aime les rats, mais pas uniquement. Cette nouvelle explore les méandres de l’esprit et nous montre que les animaux sont parfois plus humains que nous. Ce fut un plaisir à lire. L’illustration qui l’accompagne m’a également beaucoup plu.
Les deux nouvelles de Ludovic Klein et La parole du Rhinocéros d’Ana Minski sont aussi parmi mes textes favoris. Très émouvantes dans leur réalisme, elles distillent l’empathie sans en abuser.
Un arrière-goût d'éternité de Morgane Caussarieu m’a rappelé un manga, pour le thème plus que dans la forme de l’histoire elle-même. Si vous en avez marre des sirènes rousses qui chantent des chansons (il n’y a pas pire sale bête que celle-là) vous adorerez cette nouvelle.
Parmi les textes de cette anthologie qui m’évoquent l’onirisme, trois m’ont particulièrement marquée. L’ascension des suicidés est un ovni ayant la consistance et le symbolisme d’un rêve. Alors que Jonas, texte moins vaporeux mais tout aussi symbolique, nous emmène dans l’espace auprès d’un homme qui dit avoir été avalé par un ogre et pense ne jamais en être vraiment revenu. Ce texte-ci m’a beaucoup plu, d’une part parce que l’histoire est vraiment agréable à lire, mais aussi pour sa réflexion sur la réalité et les perceptions. Enfin, j’ai adoré Manger les rêves, un récit un peu plus fantastique qui nous emmène au Japon à la rencontre du Baku.
Cette anthologie propose également un bon nombre de textes plutôt sombres. Parmi eux, certains m’ont particulièrement interpelée. La condition inhumaine explore une métaphore glauque et saisissante, vraiment bien trouvée. La bête noire est un récit crade, immonde, mais cela sert une histoire fort bien pensée et lui donne toute sa dimension. Ce texte explore une autre facette de l’animalité et de notre rapport à celle-ci, ainsi que la compromission dont l’être humain peut faire preuve dans son intérêt. Tous les singes ne vont pas au paradis est une de mes nouvelles favorites. Bien écrite, prenante, mais surtout assez cynique. Elle nous parle d’apparences, trompeuses ou non, et de l’expression de la bestialité.
Parasite est un texte plutôt marrant et bien construit. Écrit sous la forme d’un journal, il nous permet de suivre la lente prise de conscience d’un individu qui ne sait pas trop où il se trouve et qui possède dans sa mémoire les vestiges persistants d’une existence humaine passée. C’est bien trouvé. Ça m’a rappelé un épisode de South Park (on a les références qu’on a) mais en beaucoup mieux.
Je ne sais trop quoi vous dire concernant Notre-Dame des opossums si ce n’est que j’ai adoré ce texte et que vous devriez vraiment le lire. Je ne pouvais pas ne pas le mentionner, même en sachant que je dois passer sous silence d’autres récits qui m’ont aussi beaucoup plu. Cette nouvelle est écrite sous la forme d’un carnet de bord. Celui-ci relate l’expédition d’un équipage spatial ayant retrouvé la Terre et qui se trouve confronté au fléau qui a provoqué le départ des humains de cette planète.
Pour finir τρ, le dernier texte de l’anthologie, est aussi le plus barré. C’est une longue épopée blindée de jeux de mots moisis qui m’ont bien fait rire. On aime ou pas, sans demi-mesure, mais une chose est sûre, après cette lecture, vous ne verrez plus jamais la mythologie grecque comment avant. J’ai adoré traquer toutes les références qui s’y trouvent.
Il est toujours difficile de présenter des nouvelles en peu de mots pour ne pas trop en dire mais donner envie au lecteur de les découvrir. J’espère y être parvenue car c’est une belle découverte. Sales bêtes n’est pas un ouvrage léger ni qu’on lit d’une traite. Il explore l’animalité sous de nombreux aspects. Souvent les plus sombres, il est vrai, mais jamais de manière gratuite dans la surenchère de bestialité. Ces nouvelles sont réfléchies, intelligentes, forcent le lecteur à ne pas rester un spectateur passif. C’est vraiment une excellente anthologie.


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