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samedi 4 août 2018

Chapeau melon et homme en noir

Une nouvelle numérique d'Olivier Gechter, publiée chez Mnémos.

Vous pouvez également découvrir mon avis sur L'Ombre du maître espion et Bel Ange qui font partie du même univers.


J'ai lu les aventures du Baron noir dans leur première publication, soit les deux volumes parus chez Céléphaïs. Depuis ils ont été regroupés dans une très belle intégrale publiée chez Mnémos. Celle-ci se complète d'une troisième partie qui clôt l’arc narratif de l’année 1864 et que je n'ai pas encore lue. Aussi je me demandais si je pouvais lire la nouvelle et à quel moment de l’intrigue elle se situait. 
Elle se passe justement durant cette fameuse troisième partie et je pense l’avoir découverte pile au bon moment. Cela étant, il me semble qu’elle n’intéressera pas outre mesure ceux qui ne connaissent pas encore le Baron noir, même si elle ne lui est pas directement consacrée. 
Bien qu’Antoine Lefort, le fameux Baron noir, soit à de nombreux égards très proche de Iron Man, je lui ai toujours trouvé un petit côté Batman. En moins torturé, Dieu merci. Or, si Bruce Wayne a Alfred, Lefort a Albert, majordome dévoué corps et âme, d'un naturel flegmatique et surtout bien moins pacifique qu'il n'y paraît, comme on a pu s’en rendre compte dans les deux premières parties. 
Il est le personnage central de cette nouvelle. Pendant qu’Antoine vaque à ses occupations, Albert a en effet décidé de faire le ménage en grand. À sa façon et au grand dam de ceux qui se sont joué de son maître.
Ce n’est pas un texte particulièrement mémorable, surtout quand on n’est pas très fan des scènes d’action, mais il se laisse lire et puis il est gratuit.

samedi 16 août 2014

Bel Ange, Le Baron Noir T2

Un roman d'Olivier Gechter publié par les éditions Céléphaïs.
Ma chronique du tome 1 : L'ombre du maître espion.
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le baron noir 2 - bel ange
Paris, printemps 1864. Antoine Lefort, le baron d’industrie de la Seconde République triomphante, assiste à la première des Misérables à l’opéra Le Pelletier avec son collaborateur, le jeune Clément Ader, lorsque frappe Bel Ange, une mystérieuse anarchiste au fouet d’acier. L’intervention du Baron noir sauve in extremis le président Bonaparte et son épouse, mais le complot ne fait que commencer. Le coeur malmené par la troublante Julie Leboeuf, ses convictions attaquées par les idéaux de Victor Hugo, Antoine devra utiliser toutes les ressources de son armure s’il veut empêcher le désastre qui se précise. Mais est-il bien sûr de lutter dans le bon camp ?
Dans cette suite directe de L’ombre du Maître-Espion, on retrouve Antoine Lefort, alias le Baron Noir, et son ami Clément Ader là où nous les avions laissés. Toutefois, leurs préoccupations du moment, liées aux événements du précédent tome, vont être balayées par un attentat contre l’Empereur ainsi que la menace très sérieuse d’un groupe d’anarchistes et particulièrement d’une mystérieuse jeune femme armée d’un fouet et agile comme un chat.
Si Batman a sa Catwoman, notre super-héros steampunk se devait d’avoir Bel Ange. C’est très bien trouvé et j’aime de plus en plus cette série, même si j’aurais préféré une histoire davantage développée. Le justicier aura néanmoins fort à faire dans ce roman et je gage que seul le lecteur se plaindra de la brièveté de cette aventure…
Ce deuxième tome fait montre de ce que la littérature populaire (et le terme n’est pas péjoratif quand je l’emploie) peut donner de meilleur. On se trouve à la croisée des genres, avec le style enlevé du roman feuilleton en prime, on passe du récit d’espionnage à l’histoire de super-héros, classique mais efficace, choisissant ou non de se jouer des clichés pour le bonheur du lecteur, tout cela sur fond d’une uchronie toujours aussi intelligemment construite et une intrigue plus ancrée dans le rationnel que dans le roman précédent. Vous trouverez à la fin de l’ouvrage quelques notes explicatives de l’auteur quant aux choix qu’il a fait et vous pourrez voir que cela a été mûrement réfléchi. Olivier Gechter réagence l’histoire avec talent et non sans une certaine ironie. C’est une des choses qui me séduisent le plus dans cette série.
Elle est toujours aussi plaisante à lire, sans temps mort. Je n’ai eu à déplorer que quelques coquilles que je pardonne volontiers pour l’excellent moment de lecture passé. J’ai un peu pesté contre Antoine qui, comme tous les hommes (si, si), ne voit rien venir, mais je l’aime quand même et j’ai hâte de lire la suite de ses aventures. J’apprécie énormément sa personnalité. Il n’est pas le super-héros torturé par son passé dont nous sommes coutumiers, mais se définit lui-même comme un grand enfant et un rêveur invétéré qui veut se donner les moyens de réaliser ses idées, même les plus improbables.
Quant aux intrigues développées jusqu’alors, j’attends mes réponses concernant les oiseaux, mais aussi celles aux questions que ce tome-ci a laissé en suspens. Pas que la fin soit bâclée, bien au contraire, mais c’est une série qui s’inscrit sur la continuité, ce qui me va étant donné que je la trouve très bien construite. Je n’aime pas les romans trop refermés sur eux-mêmes mais encore moins les trames distendues pour rien sur plusieurs tomes. Ici, l’équilibre est parfait.
Ce n’est pas une série qu’on lit pour les rebondissements de l’intrigue, car beaucoup de choses semblent évidentes de prime abord, néanmoins l’histoire est si bien menée et intéressante de par tous les éléments de fond qui le constituent et la richesse des personnages que ce n’est pas un problème. Il y a bien d‘autres raisons de lire et d’apprécier un roman que celle d’être surpris par le final.
Le Baron Noir est une excellente série, pas chère en plus (9€ le tome). Ces romans raviront les amateurs de steampunk, de super-héros, mais aussi de polars et d’espionnage.

samedi 5 octobre 2013

Le Baron Noir T1 : L';ombre du maître espion

Une novella steampunk d'Olivier Gechter, publiée chez Céléphaïs.
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Le Baron Noir T1 - L'ombre du maître espion
Présentation de l'éditeur :
Paris, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.
L’ombre du maître espion est une novella plutôt courte, moins de 100 pages, néanmoins le texte est extrêmement dense. L’auteur parvient à développer ses personnages et à mettre en place son contexte historique tout en nous offrant un texte vraiment porté sur l’action. L’exercice est délicat et d’autant plus appréciable qu’il est réussi.
Cette uchronie steampunk se révèle parfaitement ciselée. On sent qu’elle a demandé un important travail de fond alors même que l’auteur n’abuse pas de cela dans l’écriture. Très souvent, quand un texte a demandé beaucoup de recherches, l’auteur se sent obligé d’en faire profiter le lecteur. Ce n’est pas toujours désagréable, mais ça alourdit le récit. Ce n’est pas le cas ici, tout cela reste en arrière-plan mais on sent vraiment que l’uchronie se développe sur des bases solides.
L’auteur s’est documenté, notamment sur l’aéronautique, sur l’évolution des avancées scientifiques, et il a réellement réfléchi ses choix. Il nous les explique brièvement dans sa très intéressante postface et j’ai vraiment hâte de lire la suite des aventures du Baron Noir pour voir se développer les possibilités de cette uchronie qui est une des meilleures que j’ai lues dernièrement.
Dans ce monde décalé Napoléon est mort à Austerlitz, certaines inventions sont en avance sur leur temps grâce à une manœuvre assez habile de l’auteur. Toutefois l’électricité et la chimie suivent leur développement normal. Le Baron Noir apparaît dans cette époque tel un super-héros qui rappelle un peu Batman et Iron Man, tout en étant, Dieu merci, moins torturé que ces deux-là… Le personnage est intéressant et l’idée d’un super-héros qui tient ses « pouvoirs » de la science dans ce contexte historique est pour le moins prometteuse.
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant relégués dans l’ombre du Baron. Albert le majordome apporte une note d’humour à l’histoire et j’ai adoré voir Clément Ader, le « père de l’aviation, » être un personnage actif de cette novella et non un simple faire-valoir. Le méchant de l’histoire, véritable génie du crime, se révèle également plein de ressources, à la mesure de son adversaire. J’aurais vraiment aimé en apprendre plus à son sujet, mais j’espère bien qu’il aura sa place dans la suite.
J’ai passé un très agréable moment avec cette novella dont le seul défaut est qu’elle est trop courte. La fin est quelque peu frustrante car elle apporte son lot de questions qui seront autant de pistes prometteuses pour la suite de la série. Une chose est sûre, je me jetterai dessus dès sa sortie.

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