jeudi 13 décembre 2012

Bienvenue T1

De Marguerite Abouet et Singeon.
Une BD publiée chez Gallimard jeunesse, collection Bayou.

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Petite séquence émotion. J'avais le même carton à dessins. Enfin pas tout à fait, le mien était vert et noir, mais avec des rubans, exactement comme celui-ci. C'est une rareté à notre époque où on les préfère plus pratiques, avec des élastiques. Oui, j'ai bien conscience que ça n'intéresse que moi, mais cette BD m'a rappelé de nombreux souvenirs.

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A noter qu’il s’agit de ce format moyen que l’on trouve de plus en plus souvent en BD et qui est un peu plus haut et large qu’un roman en grand format, mais beaucoup moins qu’une BD classique. C’est un format que j’apprécie vraiment, Il n’est pas trop lourd ni trop encombrant et est très agréable à lire.
L’ouvrage comporte une centaine de pages, de quoi bien entrer dans une très bonne histoire et profiter un minimum de la lecture. Les BD sont souvent trop courtes…
Celle-ci est censée être un ouvrage jeunesse, mais je suis dubitative sur le sujet. Je ne sais pas à quel âge est destinée la collection Bayou, mais personnellement je conseillerais plutôt cet album à partir de 17 ans. Ce n’est évidemment que mon point de vue.

Enfin, passons aux choses sérieuses…
Bienvenue est une jeune femme de 21 ans, étudiante aux beaux-arts, elle partage une chambre de bonne avec sa cousine Lola qui veut devenir actrice. Perpétuellement fauchées, les deux jeunes femmes sont vraiment en galère au début de ce tome et doivent absolument trouver du boulot. Tandis que Bienvenue joue les nounous, Lola s’essaie aux castings de danseuse.
Il s’agit d’une BD très réaliste (plus dans le scenario que le dessin) et c’est un vrai régal. Bienvenue est une fille sympa, malgré son côté un peu grincheux et caustique. On peut néanmoins avoir envie de la secouer pour lui remettre les idées en place, lui montrer aussi qu’elle reproche aux autres leur égoïsme et leur inattention, mais qu’elle n’est guère mieux au final. C’est toutefois un personnage attachant et très crédible, tout comme l’épatante galerie de personnages secondaire qui l’accompagne. Tous ont une histoire, pas encore parfaitement développée évidemment, mais que l’on sent poindre dans ce premier volume et qui donne envie d’en savoir plus.
Le récit est prenant, les personnages attachants. Ils sont bourrés de défauts, mais n’en paraissent que plus humains. Bienvenue se plaint tout le temps, de sa vie, de ses proches, de son prénom. Elle n’a pas tort ceci dit, avec un tel prénom tous les faux départs de la vie ne paraissent que très ironiques.
Le ton est très juste, l’histoire est simple mais extrêmement crédible, elle nous montre le quotidien d’une jeune fille pas très sociable et les interactions qu’elle a pourtant avec les autres (un peu malgré elle parfois), les voisins à problèmes, les enfants, ses profs et condisciples, ses amis et sa famille. Toutes ces personnalités qui se croisent, avec leur vie, leurs soucis, tissent une histoire commune dans laquelle les joies et les peines s’équilibrent.
On s’attache vite à tout ce petit monde et l’histoire file sans qu’on s’en rende compte, pour laisser le lecteur sur sa faim à la dernière page. Le récit est consistant, mais j’ai pourtant été désappointée par cette fin. C’était un arrêt un peu brutal pour moi. Cela ne manque pas de logique ceci dit, cette BD étant avant tout une tranche de vie prise dans le vif.
Le dessin en lui-même me plaît bien sans être vraiment remarquable, des traits pas toujours très fins en ce qui concerne les visages, mais une certaine classe dans la représentation de la ville, les décors en général, l’usage de la couleur. Ça fait un peu BD des années 50, sans que je sache vraiment comment l’expliquer. On a des couleurs pleines à la texture simple, mais agréable, à mi-chemin entre cet aspect rétro et quelque chose de plus moderne.
Pour une obscure raison ça me rappelle certains tomes de l’espiègle Lili que je lisais quand j’étais gamine, puis surtout Tom-Tom et Nana, probablement parce que les enfants que garde Bienvenue leur ressemblent beaucoup (surtout la fillette). Je vous avouerai toutefois que je me suis plus concentrée sur l’histoire que sur le dessin.
J’ai été un peu gênée par la police d’écriture. Ce n’est qu’un détail et c’est évidemment très subjectif, mais le côté irrégulier est un peu pénible à lire dans mon cas et esthétiquement parlant ça n’apporte rien de bien spécial. La simplicité est encore ce qu’il y a de mieux.
Quoi qu’il en soit, cet ouvrage a été un énorme coup de cœur et pas seulement parce qu’il me rend un peu nostalgique en me rappelant ma vingtaine. Bienvenue est une très belle découverte. Maintenant il me faut la suite et ça tombe bien, elle vient tout juste de paraître, je vais donc pouvoir me jeter avidement dessus.

mercredi 12 décembre 2012

Challenge "Je lis des nouvelles et des novellas"

Ou comment participer à un challenge qui m'enthousiasme du début à la fin.


J'ai choisi le niveau intermédiaire de "Joyeuse lectrice":
Niveau "Joyeux lecteur/Joyeuse lectrice" ou encore "Je lis des nouvelles et des novellas et j'aime ça" : lire et chroniquer 12 nouvelles ou recueils ou novellas.

Mais je vois loin, avec un peu de motivation et si le temps ne file pas trop vite, comme on peut changer de niveau en cours de route, j'arriverai peut-être au très ambitieux palier suivant qui demande 24 recueils, anthologies ou novellas. Tout un programme !

Je suis une grande lectrice de nouvelles, de recueils, d'anthologies, de novellas, donc ça ne devrait pas être très difficile, n'est-ce pas ?
Moui, le problème en fait ce n'est pas de les lire, mais de les chroniques et c'est en cela que résidera tout le challenge. C'est un format très difficile à commenter, surtout pour l'anthologie. Mais ça me forcera à le faire et c'est une bonne chose car j'espère que ça vous donnera envie de lire certains de ces ouvrages à côté desquels on passe trop souvent. Et puis c'est aussi un bon moyen de découvrir certains auteurs.

Souhaitez-moi donc bonne chance, le challenge démarre aujourd'hui et finira le 11/12/13 !

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Livres lus :

- For I Have Sinned de Darynda Jones (nouvelle).
- Gilles a suivi Jeanne de Valérie Simon (nouvelle).
- Sanshôdô : la voie des trois vérités de Jean Millemann (recueil de nouvelles).
- Nous finirons bien par en venir à bout... de Laurent Queyssi (nouvelle)
- Le Rêve du Prunellier de Rozenn Illiano (recueil de nouvelles)
- L'assassinat de la maison du peuple de Sylvie Denis (novella)
- La Suriedad d'Estelle Faye (nouvelle)
- Fin(s) du monde, 20 récits pour en finir avec l’Apocalypse des Artistes Fous (anthologie)
- Sang d'ocre de Lydie Blaizot (novella)
- Villa Giudita et autres nouvelles de José Wolfer (recueil de nouvelles)
- Le livre qui rend dingue de Frédéric Mars (novella)
- Vampire Blues, Ladainian Abernaker ep1 de Lydie Blaizot (nouvelle)
- La plage du Xenos et Éclipse partielle de Graham Joyce (nouvelles)
- A Bloody Melody de Maëlig Duval (nouvelle)
- L'après-dieux de Maëlig Duval (novella)
- Ainsi commence la nuit de Vanessa Terral (recueil)
- À n’importe quel prix de Claire et Robert Belmas (nouvelle)
- Chronique de la vallée de Jacques Boireau (nouvelle)
- Dedans, dehors de Sylvie Denis (nouvelle)
- Clamatlice de Vanessa Terral (mini recueil de nouvelles)
- Au service des insectes de Cindy Van Wilder (nouvelle)
- L’héritage et autres nouvelles de Megan Lindholm / Robin Hobb (recueil de nouvelles)
- Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques des Artistes Fous (anthologie)
- L'ombre du maître espion, Le Baron Noir T1 d'Olivier Gechter (novella)
- La boîte de Schrödinger – spéciale Halloween (anthologie)
- Nouvelles en vrac : Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne, La clé de l'eau d'Agnès Evans, Carpe Sesamum d'Esteban Bogasi.
- Nouvelles en vrac (2) : 1888 de Céline Etcheberry, En Adon je puise mes forces de Dominique Lémuri, Hérésie minérale de Stéphane Desienne, Anastasis d’Aude Cenga.
- Nouvelles en vrac (3) : Beef de Joey Burger, Trois coups contre ma porte de Michael Roch, Louie de Lou Wagram, Cosmic Karma de Jérémy Semet.

dimanche 25 novembre 2012

Le rôdeur d'ombre, Les Chroniques de Siala T1

 Un roman d'Aleksei Pekhov, publié chez J'ai lu.

Présentation de l'éditeur :
Jamais les Terres désolées n'avaient connu pareil rassemblement ; des milliers de géants, d'ogres et d'autres créatures maléfiques unissent leurs forces pour la première fois de leur histoire sous une bannière unique. Bientôt, l'Innommable et ses armées seront aux portes de la cité d'Avendoom. À moins que Harold l'Ombre, Maître Voleur, ne trouve un moyen de les arrêter. Secondé dans sa quête par une princesse elfe, dix Cœurs sauvages - les combattants les plus valeureux que les Terres désolées aient jamais comptés - et un bouffon aux multiples surprises, Harold doit réussir là où des armées de guerriers et de mages ont échoué.
Décidément, les voleurs ont la côte dans les publications fantasy du moment. Harold, le héros et narrateur des Chroniques de Siala, en est un, qui plus est parmi les meilleurs. C’est justement cette habileté qui va lui valoir bien des déboires. Forcé d’accepter un contrat pour ne pas finir ses jours en prison, Harold n’a pas idée de l’imbroglio dans lequel il va se trouver impliqué. Et le lecteur non plus d’ailleurs… 
Si Harold est un personnage sympathique et attachant qu’on a forcément envie de voir réussir, ne serait-ce que parce qu’on compatit à ses malheurs, on n’en a pas moins l’impression de s’enliser un peu dans cette histoire, avec une quête qui n’en finit pas de démarrer. Harold est toujours en train de chercher quelque chose, par exemple le plan de la ville pour trouver celui d’une nécropole, et si possible dans un endroit très dangereux… Et c’est comme ça tout au long de l’histoire. À la fin du roman, la quête principale commence à peine et on se dit que de nombreux passages, bien qu’ils soient bourrés d’action, n’ont pas servi à grand-chose.
Non seulement l’habitué de fantasy connaît déjà tout ça (la quête pour mettre la main sur un objet magique d’une importance capitale, les compagnons de voyage de races multiples, le voleur au grand cœur et tout ce qui s‘ensuit), mais en plus il trouvera le récit un peu longuet, avec toutes ces péripéties qui n’en finissent pas de contrarier le voyage de nos héros. 
Harold étant le narrateur, on voit tout ce qui se passe à travers le filtre de son regard, mais l’auteur a trouvé un excellent moyen pour nous plonger dans des scènes du passé sans les faire raconter par un tiers et sans non plus céder à la facilité. Par contre, si les événements prennent beaucoup de place dans le récit, les personnages sont quant à eux peu développés, ce qui est très dommage. J’ai une certaine affection pour Harold et Kli-kli, le bouffon, m’intrigue beaucoup. L’improbable duo du nain et du gnome aide également à faire passer les longs chapitres, même si on en sait peu sur eux au final. Les autres personnages sont à la fois plus stéréotypés et légers, il est difficile de s’attacher à eux.
L’univers en lui-même est très classique et il n’y a pas de grandes difficultés pour y entrer. Toute incompréhension peut être éclaircie en allant consulter le glossaire très complet qui se trouve à la fin de l’ouvrage. Ceci dit, le lecteur qui ne souhaite pas s’embarrasser avec ça et arrêter sa lecture n’a pas non plus besoin de le faire quand il a déjà lu de la fantasy. Si parfois les noms de races changent, on devine facilement de quel archétype il est question.
C’est un bon livre, très bien écrit et assez plaisant, même si l’originalité n’est définitivement pas une de ses qualités. Il s’agit, me semble-t-il, d’une trilogie et la quête principale est donc très délayée pour pouvoir s’étaler sur les trois volumes. L’auteur l’additionne donc de multiples petites quêtes. Il est possible que l’intérêt du lecteur s’en ressente, d’autant plus que tout est très prévisible. Mais ça se laisse lire, c’est un bon moment de détente, plus appréciable encore quand on n’a pas lu de fantasy depuis longtemps.

mardi 20 novembre 2012

Les Chroniques d'Oakwood

Un fix up de Marianne Stern, publié aux éditions du Chat Noir.


Présentation de l'éditeur :
Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s'étirent et drapent le hameau d'un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d'épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l'obscurité ; mieux vaut ne pas s'attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d'une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises... Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d'une lanterne au detour d'une tombe, d'autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s'accordent à dire qu'il ne se trame rien d'anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L'un en quête de l'être aimé, l'autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l'ombre, la demoiselle d'Oakwood veille...

Avec ce roman, Marianne Stern nous entraîne à Oakwood, petit village du début du XVIIe siècle, probablement anglais, recelant de nombreux et très sombres secrets. Qui sont donc ces prêtres fanatiques, ces sorcières, ou prétendues telles, ces puritains à la mentalité étriquée, sans parler des âmes damnées errant dans le cimetière ? 
Pour le découvrir, nous suivons tout d’abord les pas de Lynn, petite fille muette, maltraitée par son père, jusqu’à ce que, peu à peu, son histoire se mêle aux autres. Et il s’en passe des choses à Oakwood où la plus grande noirceur empèse les âmes de gens en apparence bien sous tous rapports. 
Ces chroniques portent bien leur nom. C’est un ouvrage entre le roman et le recueil, composé de plusieurs nouvelles (et une chanson), toutes reliées entre elles par divers éléments et personnages récurrents. Le dédale chronologique que forment les textes ajoute à l’intérêt de la lecture. On ne sait jamais si l’on va se diriger plus avant dans l’histoire ou faire un bond dans le passé et apprendre ainsi de nouvelles choses qui éclaireront sous un autre angle les événements que l’on connaît déjà. J’ai trouvé le procédé vraiment plaisant. Il faut dire que l’ouvrage est très bien construit, de manière à ce que ces cassures de la continuité apportent toujours quelque chose de particulier au lecteur quand il remet en place les morceaux manquants du puzzle. 
Je me suis attachée à certains personnages et ai été frustrée de ne plus les voir au chapitre suivant, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce puzzle chronologique, on ne sait jamais sur qui ou quoi on va tomber en tournant la page et, malgré tout, ceux que l’on espère reviennent toujours. 
Les histoires et les personnages donnent l’impression de valser et c’est d’autant plus frappant que l’écriture de Marianne Stern est très musicale, tout en étant également pointue dans les descriptions. J’ai eu l’impression de parcourir Oakwood tant ses mots sont évocateurs. 
Cette histoire de sorcière, sombre et très réaliste, sur fond d’un fantastique maîtrisé, est vraiment agréable à lire et magnifiquement écrite. On est loin de la magie tapageuse et des clichés qui nourrissent actuellement les récits de sorcellerie. Dans ces chroniques, rien n’est évident ou facile, les ténèbres sont partout et certains chapitres sont assez glauques, néanmoins ce n’est jamais pesant. Si vous voulez une histoire de sorcière à l’ancienne, c’est le livre qu’il vous faut absolument et puis, pour ne rien gâcher, la couverture est juste sublime.

jeudi 15 novembre 2012

Charley Davidson T1, Première tombe sur la droite

Un roman d'urban fantasy de Darynda Jones, publié par Milady.


Charley Davidson est détective privée et faucheuse. Son boulot consiste à convaincre les morts « d’aller vers la lumière ». Mais ce n’est pas toujours si simple : parfois Charley doit les aider à accomplir quelque chose avant qu’ils acceptent de s’en aller, comme retrouver l’assassin de ces trois avocats. Ce qui ne serait pas un problème si Charley ne passait pas son temps à faire des rêves érotiques provoqués par une entité qui la suit depuis toujours… Or, il se pourrait que l’homme de ses rêves ne soit pas mort. Il pourrait même être tout à fait autre chose…


"J'aurais moins de troubles de l'attention s'il n'y avait pas autant de jolies choses brillantes."

On n’a pas arrêté de me dire beaucoup de bien de cette série, notamment une amie qui m’assurait que j’allais adorer Charley et que si je devais commencer une nouvelle série (j’ai plutôt tendance à freiner des quatre fers ces temps-ci pour ce genre de choses) ça devait être celle-ci, alors j’ai fini par me laisser fléchir. Et puis ça m’évoquait la série tv Dead like me, que j’avais appréciée, même si je me doutais, avec raison, que ce bouquin n’avait pas grand-chose à voir avec cette dernière…
C’est clair, on est bien loin de Dead like me, d’ailleurs le terme de faucheuse pour désigner Charley est franchement abusif. Elle fauche que dalle, mais je vais vous laisser découvrir quel est exactement son rôle en lisant le livre, sinon vous n’aurez plus grand-chose à vous mettre sous la dent.
Disons-le tout de suite, la mythologie évoquée dans ce roman ne m’a pas emballée, une question de goût plus qu’autre chose, ça n’est pas mauvais en soi, c’est juste trop chrétien pour moi. En outre, les explications sont très superficielles, comme dans tout premier tome qui se respecte, alors j’imagine que c’est pour laisser des choses à dévoiler dans les volumes suivants.
L’histoire non plus ne m’a pas séduite plus que ça. L’intrigue policière est pendant longtemps mise de côté et j’ai vraiment eu l’impression qu’il ne se passait rien durant un bon tiers du bouquin. Il y a un grand creux vers le milieu du récit, uniquement comblé par les bavardages répétitifs de Charley et sa copine Cookie. J’ai trouvé ça très dommage parce que l’idée de cette détective médium est intéressante, pas novatrice, certes, mais pleine de potentiel. Et puis des fantômes (surtout ceux qui peuplent ce roman) en urban fantasy ça change un peu…
J’ai aussi été un peu gênée par le côté peu crédible de certains événements. Vous me direz que quand on lit de la fantasy, la crédibilité ça fait plutôt rigoler, et pourtant non, j’ai besoin d’une certaine vraisemblance. Peu importe qu’on me raconte des trucs dingues, mais il me faut un minimum de logique, que ça sonne même lointainement vrai, ce qui laisse parfois à désirer dans cet ouvrage.
Par contre, mon amie avait raison sur un point, j’ai adoré Charley. C’est un personnage très bien construit, toutes ses réactions, ses manies, ses habitudes résultent d’expériences passées, ce qui la rend très vivante. Elle est drôle, d’une exquise mauvaise foi, fainéante, complètement barrée, mais aussi un peu gamine parfois. L’auteur ayant souvent tendance à vouloir trop en faire, tous ces charmants petits défauts peuvent devenir un peu lourds par moment, mais c’est avant tout Charley qui fait l’intérêt du roman. L’intrigue policière, quand l’auteur daigne se rappeler qu’elle doit aussi s’en occuper, n’est pas mauvaise, mais pas transcendante non plus, c’est la personnalité de l’héroïne qui fait qu’on tourne les pages. On s’attache forcément très vite à elle, même quand elle devient casse-pieds.
Les personnages secondaires sont un peu plus caricaturaux que Charley, mais quand même intéressants, enfin, si on excepte Cookie… Elle a une personnalité en rapport avec son prénom, à savoir très plate, c’est le faire-valoir de base qui ne sert qu’à faciliter la vie de l’héroïne. J’espère qu’elle prendra un peu plus d’épaisseur et d’indépendance dans le prochain volume, sinon autant nous épargner sa présence.
J’admets que Reyes, personnage masculin principal de l’histoire, n’a pas non plus éveillé grand intérêt chez moi. Question de goût une fois encore, je suppose. Je n’ai pas adhéré du tout à l’histoire d’amour. Charley est chiante avec ses genoux qui se dérobent chaque fois qu’elle pense à Reyes. Lire son nom lui suffit pour s’évanouir… L’auteur elle-même s’en rend compte puisqu’elle le fait admettre au personnage qui se désole de son propre comportement. Mais au lieu de calmer le jeu, elle insiste en essayant de faire passer ça avec de l’humour et du coup c’est encore plus soulant…
Au final, c’est un roman distrayant qui se laisse lire, il ne faut pas en espérer plus. Mon avis est donc mitigé, mais je pense lire la suite quand j’aurai besoin de vacances et puis un premier tome n’est jamais le meilleur d’une série. Je suis le genre de lectrice qui veut une intrigue et qui en a vite marre qu’on tire sur la corde. Le fait que tout repose sur Charley passe relativement bien cette fois, mais ça ne sera sans doute pas le cas dans un deuxième volume, alors j’espère que l’auteur a remédié à ces défauts.
On verra bien…

dimanche 11 novembre 2012

Paris en 2040

Un roman d'Arthur Bernard, publié chez Parigramme.


Présentation de l'éditeur : 
En 2040, Paris s'est dédoublé : le Paris-capitale, le Paris du pouvoir (Paris I) s'est retranché derrière un mur invisible enserrant une vaste zone courant de La Défense à Saint-Denis, tandis que le Paris que nous connaissons (Paris II) demeure la ville des monuments, des jardins, des cimetières. Tout autour, également séparée par un mur invisible, s'étend une Zone Inquiète aux contours mal définis.
Paris II baigne dans une pénombre imposée par les nécessités de la nuit écologique. C'est une ville hyper-mémorielle, célébrant et commémorant à tour de bras, la mairesse étant assistée dans cette tâche par une adjointe à la mémoire positive et un adjoint à la mémoire négative. De grands miroirs disposés aux angles des places offrent un reflet permanent de la ville à elle-même et se transforment, à l'occasion, en écrans faisant revivre les événements qui s'y sont produits dans le passé.
C'est dans ce cadre qu'évolue une petite troupe emmenée par Gaby, vénérable centenaire qui préfère se dire séculaire. Les amis forment une société des lecteurs nocturnes qui se retrouve dans la BN de la rue de Richelieu, définitivement abandonnée et qu'ils entreprennent dérisoirement de repeupler de livres. On les suit encore à la célébration de la fêt' nat' place de la Bastille, sur les quais pour une parade nautique mouvementée, sur la tombe de Blanqui au Père-Lachaise, dans le vieux métro désaffecté... Partout se croisent des 'ironistes' multipliant les manifestations-surprises, des 'branchés' circulant d'arbre en arbre, d'énigmatiques capuchonnés ou des agents double du pouvoir fomentant attentats et actions d'éclat.

Plus qu'une œuvre d'anticipation et encore moins de prospective, ce roman est une fable qui met en scène des représentations ou des fantasmes attachés de longue date à Paris ; la prédiction est ici autant celle du passé que celle de l'avenir ! Rien ne change mais tout change. Servi par une écriture musicale et poétique, ce tableau est celui d'un rêve éveillé, animant un paysage qui nous semble aussi familier qu'onirique.

Je ne lis quasiment jamais les résumés de quatrième de couverture et avais donc à peine survolé celui-ci, c'était mon dernier choix, celui du coup de tête et du hasard lors d'une opération masse-critique de Babelio. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et je ne regrette pas cette découverte, qui s'est révélée vraiment étonnante, mais je ne vous cache pas qu'elle m'a laissée perplexe.

Paris en 2040 est un ouvrage aussi difficile à résumer qu’à expliquer, entre le roman, l’exercice de style et l’essai, à la fois fugue temporelle (et intemporelle, car l’auteur semble aimer les paradoxes), guide touristique imaginaire d’un Paris futur, voire fable philosophique. On peut dire qu’il s’agit d’anticipation, mais je me verrais mal le qualifier de science-fiction. C’est également une réflexion philosophique sur notre société, actuelle et potentielle, nous offrant un bond le temps qui nous propulse vers un Paris à la fois étranger et très crédible.
Les personnages principaux de ce roman sont Paris, bien entendu, et Gaby Lavoipierre, centenaire, non pardon « séculaire » amateur de livres, autour duquel se masse une troupe d’amis hétéroclite. Et Gaby en a vu des Paris, tous différents, tous semblables… Il se confond avec la ville, avec l’air du temps, mais apporte avec lui la mémoire, le goût du passé qu’il transmet au présent.
Il n’y a pas vraiment d’histoire, juste l’Histoire, vraie comme fausse, et des histoires, importantes ou pas. C’est typiquement le genre de livre que l’on adore ou que l’on déteste, pourtant je suis restée entre les deux. J’aurais pu, j’aurais dû, adorer cet ouvrage, mais ça n’a pas été le cas. Je ne suis pas sûre de parvenir réellement à vous en faire partager les raisons, mais si la première partie fut très agréable à lire, la seconde est beaucoup moins bien passée. Les effets de style, agréables au début, sont devenus par la suite très lourds et trop d’ironie, trop d’absurde, même pour moi, un récit trop intellectualisé ont eu raison de ma patience. J’ai lu, mais me suis ennuyée, mon intérêt n’étant avivé que par touches, de plus en plus ténues à mesure que j’avançais, péniblement, dans ma lecture.
Le style m’a séduite d’emblée, cela est certain, et je l’ai apprécié presque d’un bout à l’autre du roman. C’est tout à fait le genre d’écriture que j’aime, un style riche, poétique, mélodique et un peu joueur. L’écriture d’Arthur Bernard est enlevée, ciselée, précise, mais aussi joyeuse et taquine ; l’auteur ne perd jamais une occasion d’extrapoler ou de partir en vrilles. Il digresse, laisse les mots s’envoler et virevolter au rythme de Paris, des événements comme des personnages que nous accompagnons et des rues par lesquelles nous passons. C’est beau, c’est intelligent et étonnant, mais ça devient vite un puits sans fond dans lequel résonnent toujours les mêmes échos, épuisant le lecteur à mesure qu’ils se répètent.
L’histoire elle-même se répète, s’entortille, s’embrouille, se torpille même, secondée efficacement par l’écriture donnant dans l’art de perdre le lecteur. Je l’ai dit on aime ou on n’aime pas, c’est une lecture qui demande des efforts, en plus d’un esprit pleinement alerte et disponible, qui a envie de battre la campagne (ou plutôt les pavés) dans l’absurdité et la bonne humeur, mais sans jamais cesser de réfléchir.
Je comprends la démarche intellectuelle, enfin en grande partie, mais n’y trouve pas tant d’intérêt que cela, or l’histoire n’a sans elle pas beaucoup d’épaisseur. L’esprit de Gaby, libre penseur qui aura cent ans en 2040, se laisse glisser vers ce Paris potentiel, peut-être même probable et en tout cas crédible, comme dans un univers parallèle.
Et Gaby, ou son sosie, avec sa bande de copains de 2040 fait ou refait le monde selon les occasions et nous balade à sa suite dans Paris bis. Les personnages et les jours filent, six mois du Paris de 2040, si différent et si héritier de notre Paris actuel. Car on ne s’y trompe pas, c’est bien Paris le personnage principal, avec l’histoire de Gaby qui se mêle à la sienne, pas l’inverse.
J’en retiendrai des choses intéressantes et si la fin du monde n’arrive pas en décembre 2012, ne serai pas pressée de voir venir l’année 2040, même pour une réunion des lecteurs nocturnes car je suis persuadée que dans l’immensité de tous les possibles, celui que ce livre nous décrit reste en grande partie très plausible, aussi dérangeant puisse-t-il être…
Paris en 2040 est une bizarrerie, une lecture déroutante et inclassable, un rien trop « branchée » pour moi faut-il croire, même si je dois reconnaître que le tout est savamment pensé, parfaitement construit et très bien écrit.



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vendredi 9 novembre 2012

A quel point suis-je accro aux livres ?

Questionnaire originellement publié sur A blog ouvert.

1) La première chose que vous regardez en arrivant chez quelqu’un, c’est sa bibliothèque.
Effectivement. Je vais m'approcher, me tordre le cou pour lire les titres sur les tranches, mais je ne toucherai pas aux livres car je n'aimerais pas qu'on le fasse sans invitation chez moi.
On peut apprendre beaucoup de choses sur les gens en regardant leur bibliothèque, mais je ne les juge pas vraiment là-dessus. La mienne n'est pas forcément très représentative car je garde tout, y compris les cadeaux bizarres et les livres que je n'ai pas aimés. De même, je ne jugerais pas mal une personne qui "n'expose" pas ses bouquins dans son salon, les miens étant bien à l'abri loin des regards indiscrets du commun des visiteurs.

2) Vous êtes déjà tombée amoureuse d’un personnage imaginaire.
Trop souvent pour me considérer saine d'esprit.

3) Vous tenez un blog littéraire / faites partie d’un club de lecture / êtes inscrit sur un site de critiques littéraires.
Oui aux trois.

4) Vous aimez sentir l’odeur d’un livre.

Oui, c'est une part non négligeable de ma livropathie, même si les vieux livres me provoquent des allergies.

5) Lorsque vous voyez quelqu’un lire votre livre préféré, vous êtes certain qu’il existe un lien invisible entre vous.
Je n'irais pas jusque-là, mais disons que ça peut encourager une certaine sympathie de prime abord.

6) Après avoir vu un film, vous avez déjà prononcé une phrase commençant par « oui, mais dans le livre… »
Trop souvent. Je pense que je préfèrerai toujours le livre à l'adaptation, même si je la vois avant de le lire.

7) Vos livres préférés ont une place de choix sur vos étagères.
Oui, mes livres préférés sont normalement ensemble, dans une zone bien définie de la bibliothèque qui échappe à toute logique, à tout désir d'esthétisme et de gain de place. Et je dirai même que tout s'articule autour de cette zone, un peu comme si elle était en fait le centre d'un système solaire qui serait lui-même organisé en strates, un peu à la manière de l'atmosphère.
De là à dire que ma bibliothèque est peut-être l'estomac d'un dragon, il n'y a qu'un pas.

8) Vous avez déjà manqué votre arrêt de métro/bus/tramway… tellement vous étiez plongé dans votre livre.
Je ne prends quasiment jamais les transports en commun. Mais j'ai oublié l'heure et des trucs que je devais faire, laissé des plats presque brûler dans le four et du thé infuser si longtemps qu'il en est devenu imbuvable même pour moi. Ça compte ?

9) Vous avez déjà pleuré ou ri en public à cause d’un livre.

Oui.

10) En librairie, vous avez déjà conseillé un client un livre et pourtant, vous n’êtes pas libraire.
Oui aussi, mais uniquement parce qu'on me l'a demandé. Il est même arrivé que ce soit le ou la libraire qui dise au client de me poser la question ou qui me demande personnellement un conseil...

11) Après avoir eu un coup de cœur pour un livre, vous vous renseignez sur l’auteur et achetez ses autres livres.
Oui, bien que de manière sans doute moins radicale la plupart du temps, plus progressive.

12) Vous achetez des livres alors que votre pile à lire atteint des sommets.
J'en ai honte, mais oui, il y a des fois où j'ai du mal à suivre...
Je ne faisais pas ça avant, mais les livres que je veux ayant souvent tendance à disparaître du marché du jour au lendemain, je préfère passer pour une compulsive qu'avoir des regrets.

13) Vous avez déjà attendu plusieurs heures pour vous faire dédicacer un livre.
Non. J'ai fait des choses assez dingues pour me procurer certains livres et je pourrais probablement attendre des heures pour une dédicace de certains auteurs, mais il n'y en a pas tant que ça au final.

14) Il vous arrive de lire pendant votre pause déjeuner.
A moins d'être vraiment très fatiguée ou d'avoir de la compagnie, je lis toujours à ce moment-là.

15) On vous offre régulièrement des livres pour vos anniversaires et ça vous fait plaisir.
Oui ! Et j'encourage cordialement mes proches à ne m'offrir que des livres. A la rigueur j'accepte le thé. :P
Mais il y a des personnes qui pensent que les livres sont une punition et persistent à m'offrir des trucs hideux que je ne porterai jamais ou des produits de beauté blindés de substances chimiques douteuses... C'est trop injuste...

16) Vous vous êtes déjà promis « à la fin de ce chapitre, j’éteins la lumière », et vous ne l’avez pas fait.

Tellement souvent...

17) Vous connaissez ce sentiment de tristesse lorsque vous venez de terminer une saga.
De tristesse, oui, mais aussi parfois de soulagement quand je suis arrivée sans encombre à la fin. Je crains plus la déception qu'autre chose. De bons écrits resteront dans mon imaginaire longtemps après le point final, ce qui n'est pas une fin en soi.

18) Vous avez déjà relu un livre.

Bien sûr et certains même plusieurs fois.

19) Quand vous êtes dans une librairie, il vous arrive de toucher les livres que vous possédez ou que vous aimez, en signe de reconnaissance.
Maintenant que j'y songe... Oui, je le fais, je passe mes doigts sur la tranche, mais c'est probablement plus une pensée affectueuse inconsciente qu'un "signe de reconnaissance". Et ça me confirme que je suis vraiment cinglée...

20) Vous avez déjà repoussé un rendez-vous pour finir un livre.
C'est peut-être arrivé, faut jamais dire jamais, mais ça m'étonnerait de moi.

21) Parfois, vous citez des passages de vos livres préférés dans votre vie quotidienne.
Peut-être bien. Là tout de suite je n'ai pas d'exemple. Mais je sais que je fais souvent référence à des ouvrages que je sais que mon interlocuteur a lus.

22) Vous lisez en VO car vous êtes incapable d’attendre la sortie en français d’un livre attendu.
Ça m'est arrivé, mais le plus souvent parce que la suite n'allait jamais sortir en VF. Quand je commence une série dans une langue, je la continue dans cette langue.
Et puis bon ça dépend aussi de la langue d'origine, je n'aime pas particulièrement lire en anglais, alors que si le bouquin est en espagnol je vais me diriger dès le départ vers la VO.

23) Vous avez déjà passé plusieurs heures dans une librairie, et ce volontairement.
Oui.

24) Vous avez déjà continué à lire votre livre en déjeunant/vous brossant les dents/promenant le chien/vous séchant les cheveux…, incapable de vous arrêter.
Oui et je me suis même planquée au boulot pour continuer à lire, mais chut, faut pas le répéter...

25) Vous avez déjà lu un livre d’une traite.
Oui. Je me souviens notamment d'un livre que je n'étais pas censée commencer. Je l'ai ouvert, mon regard a accroché les premiers mots et je ne l'ai plus refermé avant d'en avoir lu les derniers. J'ai envoyé paître toutes les personnes qui m'ont dérangée entre temps et de la fin d'après-midi je suis arrivée au milieu de la nuit sans m'en rendre compte.

26) Vous ne comprenez pas comment certaines personnes n’aiment pas un livre alors qu’elles ne l’ont pas lu.
Ce que je ne comprends pas, c'est surtout qu'on puisse se permettre de critiquer ce que l'on n'a pas lu. Il est humain, bien que pas forcément très intelligent, d'avoir des a priori et normal d'éviter ce que l'on sait ou devine être une perte de temps pour soi, mais dire d'un livre que c'est de la merde sans même l'avoir ouvert, non.

27) Vous avez tendance à conseiller des lectures à votre entourage, voire même à prêter des livres à vos proches.
Je conseille, mais uniquement si on me demande ou que la conversation s'oriente sur les livres que l'on a aimés ou non, mais je ne prête plus mes livres.

28) Vous avez déjà eu des débats sur des livres (Team Peeta vs Team Gale, l’épilogue d’Harry Potter, …)

Oui, c'est là tout le plaisir de partager des lectures avec des amis.

29) Vous plaignez les gens qui n’aiment pas lire.
Sans doute. Les livres m'ont apporté tellement de choses, qu'il s'agisse de réflexion, de prises de conscience, d'émotions ou tout simplement de bons moments que je n'imagine pas m'en passer. Mais je vois les choses avec mon regard de lectrice...

30) Vous vous êtes reconnue dans plusieurs de ces affirmations.
Dans la plupart. Cela veut sûrement dire que je suis accro aux livres, mais ça je le savais déjà. Je mesure juste un peu plus à quel point je peux paraître étrange aux yeux de quelqu'un qui ne lit pas.