vendredi 29 juillet 2011

Le Baiser de l'orchidée - Apadana

Premier volume d'un diptyque paru chez EP, collection Atmosphères. Le scénario est de Miceal O'Griafa, les illustrations de David Charrier.

Présentations de l'éditeur :

Une BD policière inspirée des polars de James Hadley Chase et du cinéma des fifties

L'histoire :

Floride, années 50… Qui est la Shadow ? Cette insaisissable cambrioleuse dérobe les objets d’arts sans laisser la moindre trace. Quand elle s’attaque à un magnat de la presse, celui-ci décide de se faire justice lui-même. Quels sombres secrets cache le richissime Cyrus ? Pourquoi retrouve-t-on chez lui la victime d’un tueur en série qui assassine les plus belles jeunes filles de l’État ?

Ce polar surprenant mêle tous les ingrédients du genre : femmes fatales, mystère, suspense, action… Une vraie surprise et un retour remarqué des auteurs des Cinq Petits Cochons.

Lors de la dernière opération masse critique de Babelio, j'ai été intriguée par cette présentation. Une histoire de voleuse, un polar années 50, cette BD avait tout pour me plaire si elle tenait ses promesses... Et c'est le cas. On nous fait miroiter un excellent polar, du suspense, une bonne histoire et des personnages aussi charismatiques que nuancés... Le Baiser de l'orchidée, c'est un peu tout ça et plus encore.
Je craignais les clichés du genre (tout en les recherchant), mais j'ai été surprise et surtout conquise par la façon dont ils sont utilisés. Tout en ne nous épargnant rien qu'on ne connaisse déjà, de la journaliste sexy et fouineuse au flic désabusé en passant par le détective au grand cœur, la voleuse ingénue et l'impitoyable magnat de la presse, l'auteur sait quelles limites ne pas dépasser pour que ses personnages restent fascinants et l'intrigue savoureuse. On s'y glisse comme dans un univers connu et dont pourtant chaque ficelle fait mouche. Je les aime ces clichés, je ne m'en lasse pas quand ils sont employés à bon escient, quand ils peuvent encore être chamboulés, malmenés, ou rester eux-même avec classe. Et cette histoire-là est classe, c'est certain.
Cette première partie nous brosse le tableau, nous présente les personnages et nous met sur la piste. Meurtres, vol d'un objet mystérieux, disparitions... Tout semble inextricablement lié et ce premier volume ne nous apporte pas de réponses. On sent néanmoins que la conclusion ne nous décevra pas. C'est un scénario de qualité, bien plus que ce à quoi je me serais attendue pour un polar en BD et, sans nous abrutir d'informations, il s'en passe des choses dans cette cinquantaine de pages.
L'histoire, donc a su me séduire, mais qu'en est-il des illustrations ?
Très classiques, je les ai trouvées au départ un peu sèches, le trait rude, surtout dans les visages. Ce n'est pas en soi un reproche, c'est un style, chacun le sien. Personnellement je préfère un peu plus de fluidité, mais je dois admettre qu'elles sont piles dans le ton et gagnent en profondeur au fil de la lecture. J'ai beaucoup apprécié le soin du détail apporté par l'illustrateur qui rend cette histoire plus tangible et présente, mais, surtout, ce sont les couleurs que j'ai aimées.
Ce sont des couleurs riches, aux tendances réalistes, avec de magnifiques jeux d'ombres. Un peu saturées parfois, elles ne le sont néanmoins pas à la manières habituelle des comics dans lesquels les couleurs sont plus pleines et plus flashy. Celle-ci sont toujours nuancées, brossées, paraissant parfois êtres peintes à l'éponge. Les représentations du ciel, particulièrement soignées et vivantes, sont sublimes dans les gris, bleus et vert glauque de la tempête, mais on retrouve ce soin, cette nuance et cette fluidité dans toute la colorisation de l'ouvrage et surtout dans ces jeux d’ombres colorées dont je parlais plus haut.
Ces illustrations, donc, s'associent parfaitement au scénario et j'ai beaucoup apprécié cette lecture. J'attends avec impatience la conclusion de cette histoire qui viendra avec le second volume.

Je remercie les éditions EP et Babelio pour cette excellente découverte.


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