vendredi 30 janvier 2015

Le perroquet qui bégayait

Un roman policier pour la jeunesse, écrit par Robert Arthur (même s'il est fait mention d'Alfred Hitchcock sur la couverture).


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[caption id="attachment_1750" align="aligncenter" width="107"]le perroquet qui begayait Qui peut avoir envie d'acheter un livre avec une telle couverture ???[/caption]

Au gré d’une balade sur les catalogues des éditeurs pour zyeuter les récentes sorties, j’ai vu que Le Livre de Poche allait ressortir en février ce roman qui m’a beaucoup marquée étant petite. Cette nouvelle couverture est hideuse, mais j’espère sincèrement qu’une prochaine génération de lecteurs se penchera sur cette série qui m’a accompagnée de l’enfance jusqu’au début de l’adolescence. À mon époque, on la conseillait à partir de huit ou neuf ans ; je me rappelle avoir travaillé à l’école sur un extrait de Les douze pendules de Théodule (aussi disponible chez Le Livre de Poche). Cependant, j’ai pu voir qu’elle est maintenant recommandée à partir de onze ans, c’est à peu près l’âge auquel je l’ai finie, les temps changent…
Les romans des Trois jeunes détectives étaient publiés dans l’illustre collection Bibliothèque Verte que les plus de 20 ans ont bien connue… Elle existe toujours aujourd’hui, mais je pense que l’âge d’or de cette collection a eu lieu des années 60 à 90. Le Perroquet qui bégayait est le seul volume que j’ai dans une autre édition, et c’était déjà Le Livre de Poche… La coïncidence est amusante, seuls quelques titres étaient parus hors de la Bibliothèque verte.




[caption id="attachment_1751" align="aligncenter" width="101"]le perroquet qui begayait - ancienne couv Que de souvenirs...[/caption]

J’ai une tendresse particulière pour ce roman-ci qui est le deuxième de la série que j’ai lu et que j’avais préféré au précédent : Le chat qui clignait de l’œil. Ces deux romans m’avaient été offerts et c’est vraiment celui-ci qui m’a décidée à lire les autres aventures des jeunes détectives. Tout commence avec un animal de compagnie disparu, mais devient un vrai jeu de piste. J’avais adoré le mystère entourant ces perroquets et je suis certaine que l’histoire peut plaire encore, même si le contexte a un peu vieilli et peut prêter à sourire (notamment l’invention du téléphone fantôme par nos jeunes héros, c’est vrai qu’on est loin des réseaux sociaux). L’intrigue de cet opus est particulièrement bien trouvée et je crois que, comme toute lecture d’enfance marquante, celle-ci a dû m’influencer. Je ne peux que le conseiller, ainsi que les autres. Il en existe même un mettant en scène une actrice wiccane… En y songeant aujourd’hui, ça me fait sourire.
Seuls un ou deux volumes, alors épuisés, ont dû échapper à la bibliophage que j’étais. Ils ne sont pas tous égaux en qualité, il faut savoir que bien qu’estampillée du nom d’Alfred Hitchcock, la série était écrite par plusieurs auteurs (dont certains aimaient la facilité stylistique, mais les intrigues, même s’il arrivait qu’un schéma se répète une fois ou deux, étaient généralement bonnes). Le nom du réalisateur avait servi à lui donner un peu de prestige, sa présence planait sur les premiers volumes dont il participait à la conclusion, comme un mentor pour nos jeunes détectives. Par la suite, le personnage a été remplacé par celui d’un détective fictif dont j’ai oublié le nom, ne l’ayant que peu croisé au fil de mes lectures, la plupart de mes volumes datant d’avant ce changement.
Certains auteurs de la série (surtout le créateur de celle-ci en fait) étaient donc nettement plus imaginatifs que d’autres et je garde globalement un très bon souvenir des personnages et de leurs aventures souvent liées au milieu du cinéma. Il faut savoir que les auteurs avaient pris le parti de faire grandir leurs personnages. Si je me souviens bien, ils vont de 12 à 16 ans et évoluent donc avec la série et le lecteur. Je lisais les romans dans le désordre, selon ceux que je trouvais en librairie, mais cela m’avait quand même plu de voir l’évolution des personnages. Le dernier roman paru en France, L’ânesse qui se pavanait, peut apporter une conclusion à la série, même s’il existe quelques autres volumes non traduits. C’est aussi le dernier que j’ai lu et j’en garde un souvenir mitigé. Très populaire en Allemagne, la série a été reprise par d’autres auteurs alors qu’elle était en cours de parution.
Il est rare que je dise cela, mais j’espère que la traduction française, du moins celle des derniers romans s’ils sont également de nouveau publiés, sera un peu dépoussiérée (ce qui ne veut pas dire de virer les temps du passé pour mettre une narration au présent, pitié ! Au contraire, il faudrait revenir à un peu plus d’élégance. J’avais vraiment senti, et déploré, le changement de traducteur, pourtant je n’étais qu’une fillette qui ne prenait pas garde à ce genre de choses).
C’est une série sympathique et originale, qui développe la réflexion chez son jeune lecteur, et je suis ravie qu’on ne l’ait pas remisée dans un placard.


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