Un roman de Damien Snyers, publié chez ActuSF.
Mon avis sur une nouvelle dans le même univers.
Présentation de l'éditeur :
Dans un monde où se mêlent machines à vapeur, magie et trolls, une humaine et un elfe tentent de sauver leur peau. Elle, membre d’une organisation secrète en possession d’un artefact convoité, lui, gentleman cambrioleur aux yeux plus gros que le ventre. Mais que peut-on faire face à un homme qui ne veut pas mourir ? Auteur belge vivant à Liège, Damien Snyers nous propose après La Stratégie des As un nouveau roman indépendant dans le même univers.
Ayant beaucoup aimé La stratégie des as, j’étais curieuse et plutôt enthousiaste à l’idée de cette suite.
Après son dernier coup, notre elfe cambrioleur vit sa meilleure vie loin de Nowy-Kraków. Ou presque… Eh oui, il commence à s’ennuyer ferme et c’est bien sûr là que commencent les ennuis…
Ce roman nous est conté par deux narrateurs, d’un côté James, l’elfe cambrioleur, de l’autre Marion l’historienne immortelle. J’avoue avoir eu plus de mal avec la seconde, surtout au début. Elle est très antipathique et souvent immature. En outre, il y a beaucoup de longueurs dans sa partie du récit. Cependant, j’admets que cela s’améliore au fur et à mesure.
J’ai eu l’impression de lire deux romans de genres différents. Pas à cause de l’alternance des narrations, mais bien de la façon dont se déroule l’histoire. La première partie est un polar plutôt agréable à lire et bourré d’action, la deuxième… semble ne pas trop savoir ce qu’elle est tant elle part dans tous les sens. On verse alors dans un fantastique un peu glauque, chaque piste que l’on suit nous claque visage… C’est frustrant et un rien malaisant.
L’auteur tend à nous balloter de droite et de gauche. Il multiplie les fausses pistes, nous fait croire qu’il se dirige vers quelque chose pour au final aller ailleurs, mais c’est plus confus que plaisant au bout d’un moment. L’ensemble manque de cohésion et il est difficile de se raccrocher aux personnages pour compenser.
Il y a de nombreuses faiblesses dans ce scénario, comme par exemple des retournements de situations vraiment faciles et qui sortent de nulle part, des arcs entiers expédiés en un claquement de doigts et des problèmes qu’on nous promet complexes qui font au final l’effet de pétards mouillés. Et c’est pareil à chaque fois…
Il m’a parfois semblé que l’auteur fait des choix juste pour dire qu’il peut les faire. Cependant, l’originalité ne garantit ni la logique ni la valeur intrinsèque d’un choix scénaristique. Ainsi la fin du récit semble très creuse au lieu d’être le twist qu’elle prétend être. Le lecteur avisé la voir venir, bien qu’elle contredise la construction narrative. Je n’en vois pas l’intérêt, même si l’on sait que le narrateur n’est pas fiable et qu’il y a peut-être autre chose derrière cela. Elle laisse nombre de questions sans réponses. Quid des motivations d’un des personnages qui est pourtant au cœur du récit ? Au mieux, elle laisse perplexe. Quant à moi, j’étais blasée, limite ennuyée.
J’avais beaucoup apprécié La Stratégie des as, mais Ex Dei est un roman bien trop confus pour moi. Il cherche sa forme sans la trouver, de même pour son intrigue, un peu à l’image d’un de ses personnages. C’est plus agaçant que prenant et laisse une impression de vacuité.

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