vendredi 31 janvier 2020

Une Sirène à Paris

Un roman de Mathias Malzieu, lu par l'auteur pour Audiolib.

Présentation de l'éditeur :
Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris. Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne se passe pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel…
À travers ce conte moderne, Mathias Malzieu questionne l’engagement poétique et le pouvoir de l’imagination dans une époque troublée. Ce livre est une déclaration d’amour à l’amour, au panache, à l’épique, à la camaraderie et à la surprise.
L'enregistrement est accompagné d'improvisations musicales interprétées par Mathias Malzieu.
Cela commence comme un conte. Gaspard, sorte de Peter Pan bipolaire qui vit dans ses rêves et souvenirs, trouve une sirène blessée sur les quais et se met en tête de la soigner. Le Merveilleux surgit comme ça, pffft, dans le quotidien de ce rêveur invétéré qui en sourcille à peine. Gaspard est surprisier, voyez-vous, un enchanteur qui secoue la réalité pour en chasser la poussière. Il ressent tout intensément et pourtant ne sait plus aimer.
Mais les sirènes ne sont-elles pas réputées perdre les marins qu’elles envoûtent ? Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Pragmatique et intelligente, elle va pourtant semer une indescriptible pagaille.
J’aime les histoires dans lesquelles le fantasque et le merveilleux contaminent soudain la réalité. Et la personnalité de la sirène, Lula, qui se révèle à mesure qu’elle se laisse apprivoiser par la gentillesse maladroite de Gaspard, m’a plu. Lui en revanche… Personnage émouvant, c’est certain, il n’en est pas moins difficile à supporter parfois et cela vaut tout autant pour le récit lui-même qui possède les qualités et défauts de ce personnage. Il est à la fois attachant et agaçant.
J’ai aimé l’univers de Gaspard, les souvenirs de sa grand-mère, la péniche… Je m’y suis volontiers promenée. Mais toute l’intrigue secondaire avec Milena et les atermoiements de Gaspard m’ont un peu ennuyée.
L’auteur a le goût des belles phrases et des images, de la poésie et de l’excès. En cela, récit et personnages s’accordent parfaitement. C’est un style qu’on aime ou pas et je l’aurais aimé si je n’avais parfois ressenti un certain malaise. Gaspard et moi, on n’a pas la même notion de l’amour et de la séduction. Il évolue, ce qui est une bonne chose dans son cas, mais m’a laissé une impression désagréable.
J’ai oscillé au cours de cette écoute, entre les passages où j’appréciais qu’on me raconte une histoire et ceux qui me semblaient tellement longs… Les jolis jeux de mots et les belles phrases ça va un moment, mais écrire pour accumuler les effets de style, ça ne nourrit pas une histoire, c’est plus de l’ordre de la coquetterie. Je crois que si je l’avais lu, plutôt qu’écouté, j’aurais eu du mal à venir à bout de ce roman pourtant très court. Et c’est dommage, parce qu’il y a dans cette histoire un certain éclat et qu’un peu de réenchantement ne fait jamais de mal.

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