dimanche 17 juillet 2011

A travers le voile

Harper Blaine tome 1, une série de Kat Richardson publiée chez Éclipse.

Harper Blaine est détective privé. Et hier, elle est morte... Pendant deux minutes exactement. Depuis, elle perçoit autour d'elle un brouillard nauséabond peuplé de créatures surnaturelles. Elle est devenue arpenteuse, un être capable de franchir le voile séparant notre monde de la brume et d'interagir avec les créatures qui y rôdent. Sa carrière va prendre un tournant surprenant, que ça lui plaise ou non. Bienvenue dans la vie de Harper Blaine, détective paranormal !

Bon, ça n'est pas si simple que le laisse entendre ce résumé, mais c'est l'idée générale et je ne serais pas fichue de vous l'expliquer de façon si concise, alors on fera avec histoire de gagner du temps.
J'ai eu du mal à trouver dans quel carnet indexer cette récente lecture qui, même si elle a été une excellente surprise par rapport à mes attentes de départ, m'a laissée un peu perplexe sur certains points.
Le style déjà est un peu brusque, comme taillé à la serpe. Les quelques coquilles qui jalonnent le livre (il s'agit surtout de pronoms et déterminants oubliés, ou parfois rajoutés) renforcent cette impression. Le style s'affine un peu au fil de la première moitié du livre, pour redevenir un peu plus brutal ensuite, sans fioritures et quelquefois haché, mais il n'est pas si mal. C'est plus une façon d'écrire qu'une réelle maladresse de l'auteur en fait.
Que ce soit au niveau du style, des personnages ou de l'intrigue, j'ai trouvé ce roman meilleur que bien des ouvrages de fantasy urbaine lus récemment, alors je ne vais pas chipoter.
Par bien des aspects, Harper est plus reposante et crédible que les héroïnes de ce genre de littérature. Elle est têtue, mais pas bornée, courageuse mais pas au-delà du seuil du raisonnable, elle est posée et rationnelle, mais surtout elle n'est pas narcissique ou décérébrée, (ça change). Elle a même fini par m'être quelque peu sympathique. En soi, c'est un exploit.
Ce qui peut par contre être plus déroutant pour les habitués du genre, c'est l'histoire. En fait, elle pourrait facilement être divisée en deux parties qui bien qu'indissociables sont assez différentes dans la façon dont l'auteur traite l'intrigue.
La première ressemble à un polar flirtant avec le fantastique. On suit les enquêtes d'Harper, très bien construites et crédibles, elle avance grâce à ses recherches et déductions, pas de hasard. C'est sombre, glauque, parfois brutal. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette partie, mais j'admets que ceux qui aiment l'action continue et la fantasy urbaine pourraient s'y ennuyer un peu... Mais qu'ils se rassurent car la seconde partie de l'intrigue bascule clairement vers une fantasy urbaine plus classique.
Je crois qu'il faut voir cette première moitié du roman comme une transition, à la fois le passage nécessaire à l'auteur pour mettre sa série en place, mais aussi le temps dont Harper a besoin pour passer d'un monde à l'autre. Ça ne m'aurait pas gênée ceci dit de rester dans cet entre-deux flou, à la limite de l'étrange et très typé polar, mais bon la seconde partie n'est pas mauvaise en soi...
Le style redevient un peu plus haché dans celle-ci, c'est même un peu fouillis parfois, mais ça reste prenant et cohérent, si on excepte quelques exagérations et surtout le fait qu'à un moment Harper s'en sort par une pirouette. Je n'ai été déçue ni par l'intrigue ni par le final et pourtant je ne suis pas bon public.
Le truc, c'est que je ne sais pas comment ça va évoluer par la suite, si l'aspect polar restera très prononcé ou si la fantasy urbaine va l'emporter. Si l'auteur parvient à garder l'équilibre entre les deux ça promet d'être une bonne série.

lundi 11 juillet 2011

Toi et moi à jamais

Un roman d'Ann Brashares.
Je crois qu'il est classé en jeunesse ce qui m'étonne quelque peu, mais bon...

Résumé de quatrième de couverture :
Riley, Alice et Paul, les deux sœurs et l'ami d'enfance. C'est l'été des retrouvailles : côté Est des États-Unis, plages de l'île qu'on connait par cœur, maisons de vacances. Mais tout a changé, ils ont 20 ans, l'amitié se trouble. Entre Alice et Paul, une attirance nouvelle s'installe. C'est alors que la tragédie frappe. Une fois de plus, Ann Brashares nous emporte dans une histoire d'amour et d'émotion.

C'était ma première lecture pour le Challenge Read if you can, choisie dans la liste que m'a proposée Mlle Pointillés à cause d'un a priori positif sur l'auteur, et autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas ce livre-ci qui me convaincra que la romance peut être autre chose qu'un tissu de niaiseries.
Comment vous expliquer... Pour autant que je puisse en juger, cette histoire d'amour est un mix de dawson creek et d'un harlequin azur. Vous saisissez l'idée ? Parlotte incessante et stérile assortie d'un riche milliardaire torturé et d'une vierge affublée du syndrome de la martyre. Mais non, je ne vous spoile pas...
A cause de ces deux-là, ce fut une lecture pénible et rien n'y a fait. Le style est assez plaisant pourtant, malgré un manque de subtilité quelquefois flagrant de la part de l'auteur dans le choix des métaphores censées nous exposer la personnalité de ses personnages. C'est quand même bien raconté, élégant et fluide, ce qui compense le côté prévisible de tous les événements du récit, et puis il y a plusieurs histoires dans l'histoire, des anecdotes, des souvenirs, des morceaux de quotidien éparpillés, sans pour autant que ce soit décousu. C'est un procédé que j'apprécie généralement et là c'est plutôt bien fait.
Et puis la romance n'est pas censée être au centre de l'histoire... Pas censée, mais elle l'est pourtant et d'une manière exaspérante dans tout ce que les deux personnages ont d'insupportable : cette façon de tout ramener à leurs petites angoisses existentielles. Ça aurait pu être un roman sur l'amitié, sur la famille et les liens qui unissent les gens à travers le temps, sur l'entrée dans l'âge adulte et les choix de vie difficiles que l'on fait parfois, sur l'acceptation de soi et des coups du sort, en même temps qu'une histoire d'amour. Mais en fait non, pas d'équilibre entre tout cela... Alors que j'aurais préféré m'attarder sur d'autres points du récit, ce sont encore et toujours les mêmes atermoiements et pleurnicheries qui reviennent pour noyer le reste... Et je trouve ça dommage parce que le reste de l'histoire a du potentiel et un réel intérêt, même si c'est un peu cousu de fil blanc.
Un autre problème majeur que j'ai rencontré au cours de ma lecture, c'est la mentalité du couple star... J'ai été extrêmement gênée par le décalage entre la façon d'agir des personnages et leur âge. L'une au début de la vingtaine, l'autre au milieu, tous deux ont pourtant la maturité émotionnelle de gamins de douze ans. L'auteur a beau justifier cela comme elle peut, de traumatismes en pactes tacites, ils peuvent mettre leur syndrome de Peter Pan sur le compte de Riley tant que ça leur chante, ce sont surtout deux personnages extrêmement lâches... Et j'ai horreur de la lâcheté.
Je n'ai pas du tout aimé Paul et Alice donc, égocentriques, hypocrites, peureux, pleurnicheurs, puérils à l'excès, un peu maso sur les bords... Insupportables en somme. Mais il n'y a pas de doute, ils sont faits pour être ensemble, un idéaliste aux poches pleines un peu maso, mais néanmoins tyrannique, et qui a peur de tout, une fille-éponge qui pense avoir de l'empathie mais qui en fait manque surtout de personnalité... Je vous rassure, elle finit presque par s'en trouver une, mais il est désolant que ce soit dans l'ombre de celui qui a le plus contribué à ce qu'elle en manque...
J'ai dû imaginer tout un tas de moyens potentiels de me débarrasser d'eux au fil de l'histoire, mais l'auteur devait bien les aimer... Et elle les a laissé déblatérer à leur guise.
Et puis il y a encore autre chose qui m'a vraiment foutu les nerfs en boules : je pars du principe que quand on se sent obligé de compliquer l'histoire en la faisant reposer pour les trois quarts de son intrigue sur des non-dits, c'est qu'on n'a rien à dire. Les quiproquos en littérature sont un de mes pires cauchemars. Rares sont les récits que je déteste plus que ceux qui ne sont constitués que de quiproquos montés en épingle. C'est un château de cartes qui va évidemment se casser la gueule à la fin, mais qu'on nous oblige à visiter de fonds en combles. C'est peut-être idiot en soi de détester à ce point ces situations, les non-dits et mauvaises interprétations font partie de la vie et je me doute que ce qui paraît plus grossier à un lecteur-spectateur le serait moins s'il était impliqué, mais il y a des limites et ce livre-ci dépasse les miennes.
Vraiment, je n'ai pas adhéré aux choix des personnages et encore moins à leurs réactions qui m'ont parues être tout simplement un choix de l'auteur pour étoffer son récit et rajouter une couche dramatique superflue.
Je ne peux pas mettre ce roman dans la catégorie feuilles froissées, parce que le style et une partie de l'histoire (celle qui concerne Riley, celle qui parle de leurs souvenirs d'enfance) font qu'il ne mérite pas de se retrouver à la corbeille, mais je ne recommanderais pas pour autant cette lecture.


mardi 5 juillet 2011

Maîtresse du vent

Les Gardiens des éléments T1 de Rachel Caine, publié chez éclipse.

Présentation de l’éditeur :
Joanne Baldwin appartient a l'ordre des gardiens des éléments. Grâce à leurs pouvoirs extraordinaires, ils protègent l'humanité des colères de mère nature. Sans eux, les éléments nous auraient anéantis depuis longtemps. Mais quand Joanne est accusée de meurtre, et que les éléments se retournent contre elle, sur qui peut-elle compter ?

Je me suis dit que ça allait changer un peu. Je trouvais originale et vraiment intéressante l’idée de ces gardiens des éléments et de cette magie météorologique un brin scientifique.
Et puis, si on se fie au résumé de quatrième de couverture, ça a l’air sympa, n’est-ce pas ?
Eh bien au final non, ou en tout cas pas pour moi.
J’ai apprécié le début, cette façon agaçante qu’avait l’auteur de nous propulser tout de suite dans l’action sans rien nous expliquer du problème de Joanne. Elle ne distille les informations qu'au compte-goutte et pas n'importe quand ni en vrac. C’est frustrant, mais agréable aussi de voir l’intrigue se tisser lentement, à son rythme, sans égards pour un lecteur qu’en général on chouchoute trop à mon goût en lui servant toujours tout sur un plateau.
Tout ça c’est très bien, sauf qu’en dépassant la centaine de pages j’avais compris depuis un bon moment déjà qu’il s’agissait plutôt pour l’auteur de faire du remplissage que de respecter le rythme de son histoire grâce à ce procédé stylistique…
De fait, le récit traîne en longueur et est émaillé de répétitions. Joanne s’enfuit et a un souci, Joanne s'en sort, Joanne s’enfuit et a encore un souci (plusieurs fois le même d'ailleurs), Joanne s'en sort encore… Les pièges s’étoffent un peu au fil de l’histoire, mais sont néanmoins très prévisibles. Je sais bien que si elle ne se dépatouille pas à chaque fois il n'y a pas d'histoire, mais il faut admettre que c'est quand même très répétitif. Ça ne commence à bouger un peu qu’à la moitié du livre et même le dernier tiers qui est pourtant bourré d’action n’a qu’un intérêt relatif, tout est un peu facile et le style n’est pas génial.
Le récit est écrit à la première personne et donc centré autour de Joanne, ce qui nous prive d’un développement des personnages secondaires qui aurait été bienvenu car d’une part ça aurait été une bouffée d’oxygène, même si le cerveau de Joanne semble ouvert à tous les vents, et puis d’autre part ça nous aurait permis d’en savoir plus sur leurs motivations et implications dans cette histoire qui, soumises à l’interprétation de l’héroïne, sont souvent assez obscures. (Pourquoi vont-ils m’aider ? Mais parce qu’ils sont tous amoureux de moi bien sûr… Entre autres choses…)
Je n’ai vraiment pas réussi à apprécier Joanne qui manque de crédibilité et qui aime décidément beaucoup s’écouter parler, voire énoncer des faits en boucle.
Seuls quelques flashbacks, petites histoires dans l’histoire plutôt plaisantes, ont contribué à nourrir ma patience et à me faire avancer dans cette lecture. Cependant, je ne m’en suis pas vraiment sentie récompensée en refermant le livre et je ne lirai donc pas la suite. D'ailleurs, ce volume peut tout à fait se suffire à lui-même, ce qui est quand même une bonne chose.

samedi 2 juillet 2011

Novae

Une novella d’Élisabeth Ebory, publiée chez Griffe d'Encre.
Cliquez sur le lien pour lire le résumé de quatrième de couverture et/ou le premier chapitre.

C'était mon achat coup de tête d'avril, compulsif, hors budget, irraisonné. J'ai à peine effleuré le premier chapitre, (je ne les lis jamais vraiment avant d'avoir le livre entre les mains sinon ce départ raté, cette lecture retardée, pèsent de tout leur poids sur la suite de l'histoire dans laquelle je peine alors à retourner) et j'ai néanmoins su qu'il me le fallait.
Il s'en est écoulé du temps depuis avril, n'est-ce pas ? Beaucoup de temps pour écrire ce billet...
J'ai su dès les premières pages que ce livre serait important pour moi et il m'a fallu le temps de digérer cette lecture. Et puis... Que pourrais-je en dire qui soit à la hauteur de ce qu'elle m'a apporté ?
Quand j'y songe, cette histoire me semble écrite pour moi, mais je vais tenter d'oublier les considérations personnelles pour cette novella qui mérite bien que je parle d'elle et non de moi.

Je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais...
Une fillette étrange, au regard trop clair, que l'on tient à l'écart du monde et qui pourtant s'échappe dans des rêveries colorées, une jeune femme qui se tait par choix, mystérieuse et solitaire, un peintre charmeur, clairvoyant, perspicace. Et d'autres encore qui marchent sur des fils au-dessus du vide, sans savoir que ceux-ci forment une toile sous le firmament...
Des fils d'argent, sortilèges et destins entrecroisés, des étoiles filantes et des éclats de rêve... Des personnages qui peuvent tomber à tout moment ou s’empêtrer dans le piège de la toile... Une vision fugace ou l'incertaine esquisse de rêves que l'aube a chassés... C'est cela Novae et c'est bien plus encore. C'est impossible à raconter, si difficile à partager.... Il faut la lire, tout simplement.
L'écriture est délicate, ciselée, poétique, c'est un vrai bijou. Et le récit l'est plus encore.
J'ai été happée par cette histoire que j'ai lue si vite, trop vite, tournant fébrilement les pages pour savoir enfin ce qu'il allait advenir de ces personnages auxquels je me suis tant attachée. J'ai marché avec eux au-dessus du vide en oubliant jusqu'à mon effroi et quand j'ai refermé ce livre lu trop vite, il m'en est resté une grande nostalgie qui a mis du temps à s’évaporer pour ne plus laisser que l'éclat du rêve. Un éclat que j'aimerais partager avec vous en vous incitant à lire Novae.

Et j'ajouterai pour finir que :
J'aime Griffe d'Encre. J'aime la qualité de leurs ouvrages. Celle des textes, bien sûr, mais également celle de l'objet livre lui-même et de la façon dont il met le texte en valeur.
Pas la moindre faute, pas la moindre petite coquille dans cet ouvrage. Pour cela un grand merci.

mardi 21 juin 2011

Une longue route

Une longue route de Fumiyo Kouno est un manga one-shot publié chez Kana dans la collection Made in.

Décidément je n'ai pas de chance avec cet éditeur et cette collection... En début d'année j'ai essayé Là où la mer murmure, que je n'ai pas trouvé terrible... Une longue route est bien pire...
C'est la deuxième fois que je me laisse avoir par un titre et une couverture sympathiques (même si le résumé a joué aussi), c'est à croire que j'ai une leçon à en tirer. Pourtant, en général, il faut plus que ce genre de détails pour attirer mon regard, mais bref, de toute façon il me fallait un autre manga pour le challenge ABFA et VS 2011, celui-ci fera aussi bien l'affaire...

Une longue route, c'est l'histoire d'un mariage arrangé, mais pas par n'importe qui... Deux ivrognes un soir de beuverie, ça ne peut avoir que de bonnes idées, n'est-ce pas ? C'est ainsi que Michi et Sosuke sont mariés par leurs pères et que nous nous retrouvons presque aussitôt catapultés dans leur morne quotidien, avec à peine un flashback pour nous expliquer la situation...
Et la route est longue avec ces deux-là, vraiment longue je vous assure... Un bon à rien et une fille perpétuellement dans la lune nous annonce la quatrième de couverture... Il y a de ça, même si ce n'était vraiment pas ce à quoi je me serais attendue. Parce que ces deux-là dépassent de loin les limites, il faut le dire...
Sosuke est un branleur  flemmard, qui passe son temps à courser les filles et si elles ont du blé c'est encore mieux, il est désagréable, caractériel, égoïste, flambeur, pas fichu de garder un boulot... Et, croyez-moi, j'en passe. Il essaie aussi régulièrement de se débarrasser de sa femme et mieux encore d'en tirer un profit substantiel. Il essaie, entre autres, de la vendre à un usurier...
Michi est... une cruche contenant le vide intersidéral, au mieux elle est complètement allumée, au pire elle bat des records de stupidité (elle décide même d'élever des moisissures parce qu'elle se sent seule, c'est dire...) Une plante verte est plus vive qu'elle, un poisson rouge a plus de mémoire... Et la petite Michi trouve un boulot de serveuse, entretient son con de mari, cuisine, range, nettoie... La parfaite petite épouse en somme. Elle ne se plaint même pas.
Mais Michi n'aurait-elle pas une raison autre que sa stupidité qui l'aurait motivée à épouser ce bon à rien de Sosuke ? Peut-être bien, mais ne vous y trompez pas, Michi est et restera un mollusque, peu importe qu'elle vous fasse pitié par moment, même si vous arrivez à la trouver mignonne, même si vous espérez qu'elle ne soit pas si cruche... Il ne se passera rien et on ne saura jamais vraiment ce qu'elle avait en tête au départ. Eh oui, le vide intersidéral est insondable...
N'attendez rien, donc, de ces deux personnages, ni de leurs petites histoires.
Le manga est composé de courts chapitres, de trois à six pages, chacun racontant une petite histoire qui, il faut bien le dire, est le plus souvent sans intérêt. A la rigueur certaines sont mignonnes, mais je ne dois pas avoir le même humour que l'auteur ou alors mon cerveau n'a pas la police de caractères adéquate pour lire ce qu'il y a entre les lignes. Si tant est qu'il y ait vraiment quelque chose...
En bref, je n'ai pas aimé du tout, j'ai même trouvé ça pénible, donc autant ne pas m'attarder sur le sujet... Les dessins n'ont en rien amélioré mon opinion sur cet ouvrage, ils ne l'ont même pas adoucie... Je les ai trouvés brouillons, voire incompréhensibles par moment. Les personnages ont des traits très juvéniles, ils ressemblent a des enfants et cela est accentué par le fait qu'ils sont courts sur pattes. De manière générale l'auteur prend beaucoup de liberté avec les proportions de toute façon... Les décors sont approximatifs, voire inexistants, ce que deux ou trois jolies planches ne peuvent en rien faire oublier.
Une lecture dont j'aurais vraiment pu me passer...


vendredi 10 juin 2011

Narcogénèse

Un roman fantastique d'Anne Fakhouri, publié chez l'Atalante.

Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Dès qu'elle le peut, elle s'assoupit auprès de ses malades plongés dans le coma. Elle a le don de voyager dans le « monde des rêves » où les patients choisissent entre la vie et la mort.
Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse.
Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise...
Dans Narcogenèse, Anne Fakhouri convoque les grandes peurs enfantines et les personnages de conte pour nous faire vivre la genèse de l abandon et de l infanticide. Sur fond de secret de famille, les deux enquêtes menées par Simon et Louise nous emmènent aux frontières du fantastique.
Ce livre-là m'a poursuivie.
Bien avant sa publication, je trouvais sur ma route, toujours quand je m'y attendais le moins, ce titre énigmatique qui semblait m'attendre. Et j'avais beau tenter de l'ignorer, il revenait sans cesse...
Ensuite il y a eu l'illustration de couverture, superbe, intrigante, puis les premiers chapitres sur le blog de l'Atalante... Mais je crois qu'il m'avait ferrée avant ça. Il fallait que je lise ce bouquin et j'ai commencé à l'attendre avec impatience...
Ça fait un moment que ce billet attend, lui aussi... Pas parce que je n'ai pas apprécié cette lecture, bien au contraire, c'est un grand coup de cœur, mais peut-être parce que j'aurais du mal à vous expliquez pourquoi je l'ai aimée sans trop dévoiler l’histoire. Je ne saurais pas quoi en dire, sinon vous exhorter à la lire.
Je vais néanmoins essayer de vous faire partager, un peu, ce qu'a été cette lecture pour moi, même si mes mots seront forcément maladroits.
Tout d'abord, nous allons passer outre le résumé de quatrième de couverture qui est un peu trop surfait à mon goût et je vous dirai simplement que Narcogénèse est l'histoire d'une famille et des secrets de celle-ci, une histoire de peurs enfantines également, de cauchemars, de sorcellerie et de croquemitaine... Jamais pourtant vous ne serez vraiment sûrs de ce que vous lisez.
Il y a la famille Gaucher avec ses mystères et ses propres démons, puis il y a ces disparitions d'enfants, une quête, une enquête qui s'entremêlent...
C'est du fantastique dans la plus pure tradition du terme, trouble, incertain, étrange, dans lequel la réalité et l'onirisme se mêlent tant qu'il devient impossible de distinguer ce qui est vrai ou faux. Où s'arrête le rêve ? Faut-il croire à une explication logique de cette histoire ou bien voir au-delà ?
L'héritière d'Owlon mis à part, cela faisait longtemps que je n'avais pas été à ce point absorbée par un roman du genre. Je suis difficile, très difficile quand il s'agit de fantastique, mais là je suis conquise.
L'ambiance est sombre, sans jamais être pesante, elle est effrayante sans aller au-delà de mes limites de peureuse, l'intrigue est si bien menée qu'elle a réussi à me surprendre presque jusqu'à la fin et à me faire passer outre certains petits accrochages au final sans importance.
J'ai dévoré cette histoire presque sans temps morts et je sais qu'elle fait indéniablement partie de celles qui resteront toujours gravées dans ma mémoire.
Ce livre-là n'a pas fini de me poursuivre...
Si vous aimez le fantastique, mais aussi les thrillers psychologiques, bien que dans une moindre mesure, je vous le conseille chaleureusement.

Anne Fakhouri parle très bien de son livre dans le café littéraire des Imaginales sur le fantastique et je vous invite à l'écouter pour vous en faire une idée plus précise.

mardi 7 juin 2011

Top Ten Tuesday (6)


Le top ten tuesday est en rendez-vous organisé par le blog The Broke and the Bookish.

Le thème de cette semaine porte sur les lieux et les mondes, réels ou imaginaires, que l'on aime retrouver dans les livres, ainsi que sur ceux que l'on aimerait y voir figurer.

1 Les bibliothèques.
J'aimerais visiter toutes les bibliothèques merveilleuses que j'ai pu entrevoir dans les livres, de celle d'Ambremer en passant par celle de Poudlard puis de Verteloi, jusqu'au cimetière des livres oubliés. Et j'en passe...

2 Le cimetière dans L'étrnage vie de Nobody Owens de Neil Gaiman.
Non, rien de morbide là-dedans, je vous assure, c'est juste un des endroits les plus fabuleux qui soient. Et même sans avoir le don de voir les fantômes, ce doit être incroyable de pouvoir simplement déambuler dans les allées de ce cimetière baroque et sauvage. En évitant toutefois la porte des goules...

3 Poudlard bien sûr.
Qui n'aimerait pas visiter cette étrange école, pleine de passages secrets, de fantômes, de tableaux qui parlent et tout ce qui s'ensuit ?

4 La chocolaterie Wonka, dans Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl.
Non, rien à voir avec de la gourmandise, je vous assure, je crois que je n'oserais toucher à rien de peur de me transformer en myrtille géante... Mais c'est un endroit qui m'a beaucoup marquée enfant. Et rien que pour faire un tour en bateau sur une rivière de chocolat chaud ça vaut le détour.

5 Le royaume des chats dans Baron : The Cat returns d'Aoi Hiiragi.
Parce que j'en garde l'image d'un endroit éthéré et lumineux, agréable et plein de surprises. Et aussi parce que j'aimerais beaucoup revoir mes chats...

6 L'université de Verteloi dans L'équilibre des ancres de Caroline Stevermer.

7 Le Nightside (Simon R. Green).
Euh en fait je n'y ficherais certainement pas les pieds, c'est un endroit horrible... Horrible et néanmoins fascinant.

8 La Féerie, dans l'univers de Léa Silhol. Et particulièrement la Cour d'Hiver.

9 Les jardins de sorcières en général... Là tout de suite aucun exemple concret ne me vient et je sais pourtant que j'en ai entrevus beaucoup au fil des lectures.
J'y chiperais quelques boutures si la sorcière est bienveillante...
Ah et puis ça me fait penser à l'île d'Avalon (dans Les Dames du lac de Marion Zimmer Bradley), là aussi j'irais bien faire un tour...

10 En dernier je triche... Je réserve cette place à tous les endroits "réels" à propos desquels j'aime lire...
- Dublin pour commencer... C'est une ville que j'ai toujours trouvée merveilleusement décrite dans de nombreux ouvrages. J'ai retrouvé, quand j'y suis allée, exactement l'ambiance que les livres m'avaient montrée, ce qui est à la fois rare et précieux.
- La Corse. Un accès de chauvinisme...
- L'Italie, mais plus particulièrement celle des siècles passés...
- Barcelone.
- Londres à l'époque victorienne.