mercredi 6 novembre 2013

Nouvelles en vrac (1)

Des fois c'est bien de regrouper des nouvelles dans un seul billet. Les trois que je vais vous présenter aujourd'hui n'ont pourtant que peu de points communs : elles sont publiées chez Walrus et uniquement disponibles en numérique.


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Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne


Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne


Voler (de ses propres ailes) est une petite nouvelle sympa dont le titre, qui devient de plus en plus évocateur au fil de la lecture, est fort bien trouvé. J’aime les thèmes abordés dans cette histoire et le style de l’auteur est toujours aussi plaisant, ce fut donc un très bon moment de lecture.
Olivia, sur qui est centrée l’intrigue, est une voleuse, mais d’un genre bien particulier. C’est original, finement amené et développé, ce fut un plaisir de la voir évoluer et tout mettre en œuvre pour accomplir la tâche qu’on lui a confiée. On s’attache vite à elle, on partage ses espoirs, et l’histoire file à toute allure.
La seule chose qui me chiffonne un peu est que j’adore la mythologie toltèque et je n’aime pas vraiment ce que l’auteur en fait dans ce texte. Ceci dit c’est une affaire de goût et non de qualité. Les lecteurs moins casse-pieds que moi apprécieront l’originalité des choix de Cécile Duquenne.
Le tout est cohérent, se lit bien trop vite et, j’espère, vous donnera envie de découvrir les autres écrits de l’auteur qui en valent vraiment la peine.


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La clé de l'eau d'Agnès Evans


La clé de l'eau d'Agnès Evans


La clé de l’eau est un très beau texte qui a la saveur des contes et légendes, bribes tronquées de mythes plus anciens, et l’atmosphère éthérée des songes. Cette impression est renforcée par la nature des personnages que l’auteur a voulus archétypaux. Intelligemment mis en scène, ils apportent à l’histoire une dimension supplémentaire, expression sans paroles d’impressions, de souvenirs, qui parlent à l’inconscient de chaque lecteur et l’aident à fondre sa conscience dans le récit.
En nous glissant entre les pages, aussi virtuelles soient-elles, nous suivons, narrée par une fillette qui peut entendre les esprits, l’expédition d’une caravane à travers le désert. Composée de gens de tous horizons, cette micro-société mouvante ne manque pas d’intérêt. Si certains voyagent pour affaires ou en tant que pèlerins, la plupart des membres de la caravane sont à la recherche d’un avenir meilleur dans ce pays mourant que l’eau fuit.
En même temps que la narratrice, nous apprenons ce qui a engendré une telle situation. Le temps semble s’engluer dans un instant fluctuant entre deux réalités et c’est ainsi que sera décidé si ces hommes et ces femmes vont ou non pouvoir se libérer de leur propre malédiction.
Ce récit, vraiment très agréable à lire, m’a beaucoup plu. Il est aussi pourvoyeur d’inspiration qu’il est inspiré. Le style est délicat, poétique, et je n’ai à déplorer que quelques coquilles, trop nombreuses pour passer inaperçues. C’est d’autant plus dommage que ce sont des défauts vraiment mineurs qu’une bonne relecture aurait pu éradiquer vite fait bien fait.
La clé de l’eau fut une excellente découverte et j’espère vous avoir incité à vous pencher sur cette belle nouvelle.


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Carpe Sesamum
d'Esteban Bogasi


Carpe Sesamum d'Esteban Bogasi


Vladimir le vampire a de gros soucis. Il est coincé sur une plage, à quelques heures du lever du soleil. C’est l’occasion de réfléchir aux actes qui l’ont mené là ou alors… de s’acharner sur le cercueil que son ex-femme a eu la bonté de lui laisser, cercueil sécurisé dont il a malheureusement oublié le mot de passe. C’est ballot, hein…
Mais il n’y a jamais moyen de mourir en paix et Vladimir va l’apprendre à ses dépens en faisant un certain nombre de rencontres plus cocasses les unes que les autres au cours de cette étrange fin de nuit.
C’est un texte drôle, incisif, déjanté. On en viendrait presque à oublier les malheurs de ce pauvre Vladimir. Malgré tout, on compatit forcément. Qui ne s’est jamais retrouvé à sa place, à la recherche d’un mot de passe important et néanmoins désespérément oublié ? Bon, on a rarement l’occasion d’en chercher un aussi vital, mais l’idée est là et c’est d’autant plus amusant qu’une part de nous ne peut que la trouver réaliste. Sans parler de tous ces casse-pieds qui ne laissent pas à notre vampire cinq minutes de tranquillité…
C’est une lecture très distrayante. La chute est abrupte, mais étonnante, et elle renforce l’atmosphère d’absurdité qui se dégage de cette nouvelle.
Si vous aimez les récits un peu barrés, aussi cyniques que drôles, celui-ci est fait pour vous.


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mardi 5 novembre 2013

La boîte de Schrödinger - spéciale Halloween

Une anthologie de saison (oui quand je l'ai lue c'était encore la saison, vous n'allez pas chipoter !) publiée chez Walrus et uniquement disponible au format numérique.


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La boîte de Schrödinger - spéciale Halloween

Halloween est de retour !


Comme chaque année, monstres, vampires, goules, fantômes et momies vont venir perturber votre nuit du 31 octobre. Attention aux mauvais sorts ! Pour vous mettre dans l'ambiance, Walrus vous propose une "Boîte de Schrödinger" spéciale Halloween. Au programme, des fantômes amoureux, des rencontres impromptues, des souvenirs perdus, des cimetières habités et... de la soupe à la citrouille. Aux manettes de cet épisode de mi-saison un peu spécial, une ribambelle d'auteurs prêts à vous faire frissonner : Jacques Fuentealba, Anthony Boulanger, Benoit Giuseppin, Vanessa Terral, Laurent Riatto et avec la participation exceptionnelle et gracieuse de George Sand, spécialement revenue d'entre les morts le temps d'une nuit de terreurs délicieuses.


De quoi faire hurler de frayeur les enfants comme les plus grands, et passer une nuit d'Halloween riche en émotions !



Cette petite anthologie est, comme son titre l’indique, composée de nouvelles s’articulant autour du thème d’Halloween. C’est vraiment une lecture sympa pour la saison. Les textes sont variés, offrant au lecteur diverses ambiances. On passe ainsi de textes sombres, à faire frissonner, ou de récits plus glauques qui mettent mal à l’aise, à des histoires plus légères, jouant d’un humour assez noir, mais toujours savoureux. C'est tout ce dont on pourrait rêver (ou cauchemarder) pour Halloween.
C’est une nouvelle de Jacques Fuentealba qui ouvre l’anthologie. Elle nous permet, grâce à un début assez lent, très évocateur de ces mois de novembre enveloppés de brouillard, de nous glisser lentement dans l’ambiance avant de nous emmener beaucoup plus loin qu’on l’aurait imaginé.
Ce récit fantastique oscille entre réel et imaginaire d’une façon très subtile. Il ramènera le lecteur averti vers l’univers habituel de l’auteur, mais pourra tout autant plaire à celui qui ne le connaît pas.
J’ai beaucoup apprécié ce texte.
Ensuite, Anthony Boulanger nous offre de très courtes nouvelles à chute, distillant l’effroi ou l’humour selon l’envie. On se laisse facilement piéger et, si j’en ai préféré certaines, je les ai toutes lues avec plaisir.
La ronde des morts de Benoît Giuseppin m’a vraiment plu. Ce texte court, un rien grinçant, est parfaitement dans l’esprit de la saison et j’ai beaucoup aimé la chute.
Si j’ai également apprécié la nouvelle de Vanessa Terral, je trouve tout de même que c’est la plus glauque du recueil, bien que pas du tout horrifique, contrairement à celles de certains de ses petits camarades. Cette nouvelle est par contre très originale car elle nous parle de la fête des morts mexicaine ce qui, en soi, est vraiment un excellent choix, d’autant que l'auteur a bien développé ce thème.
L'esprit de l'eau de Laurent Riatto est un texte plus classique, un tantinet mélancolique, qui aurait manqué à cette anthologie s’il ne s’y était pas trouvé. Il explore à sa façon un thème récurrent des histoires de fantômes et c’est un agréable moment de lecture. Il commence dans la légèreté, mais ce sera à vous de voir s’il continue sur sa lancée ou pas.
Enfin le texte George Sand clôt cette excellente anthologie. Vous connaissez peut-être déjà ce « récit d’un récit » très typique de son époque et qui est surtout appréciable pour son ambiance de fantastique un peu suranné.
La boîte de Schrödinger spéciale Halloween est une bonne lecture automnale, pour se faire un peu peur, se rappeler que notre imagination n’a que les limites que nous lui imposons, pour rire de nos fantômes en s’amusant à les craindre, tout en avivant un peu cette part de nous qui a envie de croire, même si c’est un jeu.


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lundi 4 novembre 2013

Le mystère du drake mécaniste, Bannon et Clare t1

Un roman de Lilith Saintcrow, publié chez Le livre de poche.


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Le mystère du drake mécaniste de Lilith Saintcrow


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Le résumé de quatrième de couverture étant totalement à côté de la plaque, je ne le recopierai pas ici.


A propos dudit résumé (ou comment je ne peux me taire face à de tels contresens) :
Si vous l’avez lu et qu’il vous a attiré, laissez-moi remettre les pendules à l’heure. On nous promet un « mentaliste renégat », en fait il n’a pas de licence, donc ne peut travailler, et est dans la dèche. Ce gars n’est ni un traître ni un rebelle. On nous parle d’une « sorcière travaillant pour un service médico-légal », euuuuuh… Je ne vois pas vraiment le rapport. Elle est enquêtrice au service de la reine. Elle peut faire parler les morts, mais c’est loin d’être mis en avant. Elle passe plutôt son temps à jouer les chiens renifleurs.
Enfin, le résumé nous promet un duo de personnages qui se détestent cordialement, ce qui est complètement faux. Ils ne se connaissent pas au début du roman et apprennent vite à s’apprécier même si leurs capacités les opposent par nature. En effet, Clare est la logique incarnée, or la magie est illogique par essence, du moins selon le système développé par Lilith Saintcrow (ce qui est absurde de mon point de vue car, si magie il y a, elle obéit sans nul doute à une forme de logique, mais passons).
On peut penser que cela n’a guère d’importance qu’ils se détestent ou s’apprécient, mais en fait cela joue sur la dynamique de l’histoire, c’est beaucoup moins drôle, impertinent ou tendu que ça aurait pu l’être, d’autant que ces deux personnages sont loin de former une véritable équipe et sont vite expédiés chacun de leur côté sur des pistes différentes, même si celles-ci sont liées.


Mon résumé (pour ceux qui tiennent absolument à savoir de quoi le livre parle vraiment et qui ont envie de se faciliter la vie, parce que c’est très difficile d’entrer dans cette histoire) :
Emma Bannon est une sorcière Prima, autrement dit le rang le plus élevé parmi les sorciers. En gros, cela signifie qu’elle peut accomplir plusieurs actes magiques en même temps. Elle est entièrement dévouée à Britannia, l’esprit régnant du pays qui s’incarne dans le corps d’un humain pour régner. En l’occurrence, il s’agit de la jeune reine Victrix.
Cette fois, notre chère Emma a reniflé un complot auquel sont mêlés des mentah (des humains, ayant une logique et des capacités de mémoire, de calcul, etc. proches de celles d’un ordinateur. Ils ne supportent pas l’illogisme et sont en outre très gênés par les émotions). Dans le cadre de son enquête, Emma va devoir protéger un mentah pour qu’il ne finisse pas comme certains de ses confrères qui ont été tués et mutilés, tout en le gardant à l’œil pour s’assurer qu’il ne fait pas partie des traîtres.
C’est en gros tout ce dont l’auteur nous bombarde dans le premier chapitre et c’est à peu près tout. Complot il y a, complot il faudra déjouer, tout en essayant de ne pas s’endormir en route.


Mon avis :
J’ai été très déçue par ce roman et pas seulement parce que le résumé me promettait tout autre chose. Certes les attentes ont du poids dans la façon dont on perçoit un récit, mais j’étais tout à fait prête à dépasser cela (je ne considère que de très loin les résumés, j’arrive très bien toute seule à me faire suffisamment de fausses idées), je ne demandais pas mieux que d’apprécier une bonne lecture steampunk. Je n’ai pourtant pas réussi à accrocher à cette histoire.
Cela tient surtout au fait que l’intrigue est un fouillis particulièrement inextricable et que l’auteur gère très mal le rythme de son récit. Je ne suis pas fan des lectures prémâchées dans lesquelles l’auteur se sent obligé de tout expliquer, mais là Lilith Saintcrow nous jette directement dans le grand bain sans s’inquiéter qu’on nage bien ou pas. L’univers est censé nous être acquis, ce qui peut avoir son charme ou vite devenir exaspérant. De mon point de vue, il faut veiller à garder un équilibre dans ce que le lecteur ignore, sinon il y a bien un moment où il va lâcher l’affaire. Or, elle ne s’en préoccupe pas. On rame, sans savoir de quel côté aller, au lieu de découvrir avec une curiosité avide ce que l’auteur nous a concocté.
Elle passe son temps à balancer des termes propres à son récit ou à vaguement évoquer des bribes d’événements antérieurs qu’elle n’éclaircira pas. Elle n’explique jamais rien et quand on finit par tout intégrer on ne peut que se dire que c’est un rien bancal et que, franchement, tout ça pour en arriver là c’est vraiment compliquer la lecture pour pas grand-chose. Je n’étais pas au mieux de ma forme quand j’ai lu ce livre, cela a sans doute joué sur ma perception des choses, mais je persiste à penser que c’est beaucoup de blabla, même les scènes de combat sont interminables, et beaucoup de gymnastique cérébrale (pour retenir tous ces termes liés à la magie) particulièrement inutiles. Malheureusement, l’histoire elle-même et l’univers créé par l’auteur ne rattrapent pas ces lourdeurs, loin de là.
Peut-être est-ce parce que j’ai lu beaucoup de steampunk dernièrement, de qualité qui plus est, que j’ai trouvé que dans ce bouquin les caractéristiques du genre ne sont pas bien exploitées. L’auteur centre plus son roman sur la magie et son système, même si elle l’a développé, est plutôt brouillon et pas franchement intéressant à mon goût. Ajoutons à cela que cet univers alternatif me laisse perplexe. On ne sait pas grand-chose à son sujet, si ce n’est qu’il y a de la magie dans ce monde, que des gens sont des ordinateurs vivants et que le pays est dirigé par un esprit séculaire qui passe de corps en corps. Mouais, bon… L’auteur ne s’est pas vraiment foulée. Elle a gardé des noms latins pour Londres et la Grande-Bretagne, mais s’est amusée à changer ceux de lieux connus, comme par exemple des quartiers de Londres, ou ceux de personnages historiques en ajoutant ou en modifiant une lettre. Je ne trouve aucune logique à cela et je suis comme Clare, j’ai besoin de logique. Ce ne sont pas des noms bidouillés qui font un univers solide et tant qu’à faire du bidouillage, autant foutre la paix au latin qui visiblement n'a rien à faire là.
Tant que nous sommes dans le registre linguistique… Un personnage étant allemand et un autre italien, il y a quelques passages dans ces deux langues et ils ne sont pas traduits. C’est agaçant, même si c’est ponctuel. J’aime bien savoir ce que les gens se disent, même si l’on comprend assez aisément grâce au contexte (d’autant qu’il s’agit le plus souvent de jurons…). De surcroît, si son allemand est aussi approximatif que son italien, elle aurait dû s’abstenir.
Le style est haché et assez lourd. On a souvent droit aux mêmes phrases pour se référer à des personnages ou les décrire, comme par exemple les traits enfantins d’Emma. La narration est omnisciente, ce qui accentue une forme de mise à distance vis-à-vis des protagonistes. Parfois l’auteur nous entraîne dans leurs pensées. Celles-ci sont écrites en italique et sont surtout composée de non-dits. Elles servent surtout à montrer combien ils se méfient les uns des autres.
Les personnages sont extrêmement froids. Ils ne sont pas dénués d’intérêt, mais tirent vers la caricature, surtout Emma, ce qui a eu le don de m’énerver. Elle est têtue, se croit plus forte qu’elle ne l’est, n’est pas fichue de réfléchir avant de se jeter dans un piège... Elle est soi-disant dévouée mais agit inconsidérément tout au long de l’histoire… Elle me donnait l’impression d’entendre une craie qui crisse sur un tableau noir. Ceci dit, c’est comme ça que le personnage est construit, il est vraisemblable, même s’il m’est antipathique.
Sa relation avec son bouclier (une sorte de garde du corps) est tortueuse et sans réel intérêt. Elle est dépendante de lui, mais ne peut totalement lui faire confiance. Elle passe son temps à essayer de montrer que c’est elle qui tient les rênes… Ses atermoiements et jeux de pouvoir sont certainement les aspects du récit qui m’ont le plus ennuyée. Amenée ainsi, la situation n’a ni profondeur ni intérêt, alors que l’idée même aurait pu avoir plus de potentiel. Au final Mikal, le bouclier, fait surtout office de bon gros toutou. On ne sait pas vraiment quelle est sa vraie nature, mais l’auteur nous donne suffisamment d’indices à ce sujet pour le deviner.
Les personnages masculins du roman sont surtout les faire-valoir d’Emma, d’autant qu’ils ont tous pour elle une certaine admiration… Clare est le plus sympa du lot, mais son statut de mentah, imperméable aux émotions fortes, allié à sa banalité, le rendent un peu fadasse. Il est malgré tout mon préféré.
Il y a à la fin du livre une hiérarchie des sorciers qui arrive un peu tardivement, lue avant on ne l’intègre pas, lue après on n’en a plus besoin. On trouve aussi un passage d’un livre de Clare sur la déduction qui, sorti de son contexte, n’a pas vraiment d’intérêt, si ce n’est d’équilibrer la donne, puisqu’on parle des mages, autant parler aussi des mentah…
L’action ne démarre vraiment qu’au dernier tiers du livre, c’est trop tard, même si ça avive l’intérêt du lecteur. Le potentiel des personnages est peu exploité, de même que l’univers, le style assez lourd empêche de réellement s’investir dans le récit. J’ai vraiment essayé et si quelques passages ont pu retenir mon attention, je me suis surtout beaucoup ennuyée avec ce roman et je ne lirai sûrement pas la suite.


Ce livre a été lu dans le cadre du club de lecture de Vampires et Sorcières. C'était l'ouvrage choisi pour le mois de septembre 2013.

dimanche 6 octobre 2013

Puritaine et catin. Les trois princes T1

Une romance historique d'Elizabeth Hoyt.


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Présentation de l'éditeur :
Jeune veuve, Anna Wren vit avec sa belle-mère. L'argent se faisant rare, elle envisage de travailler comme préceptrice, car elle sait le grec et le latin. Malheureusement, dans l'Angleterre de 1760, les emplois respectables pour dames ne courent pas les rues. Par chance, le comte de Swartingham cherche de toute urgence une secrétaire pour retranscrire ses écrits d'agronomie. Anna est engagée et apprend peu à peu à connaître le maître de Ravenhill Abbey, si impressionnant avec son visage ravagé par la variole. Lord Swartingham est certes disgracieux, mais il a surtout mauvais caractère: bourru, coléreux, autoritaire, il cumule les défauts. Pourtant, Anna ne peut nier l'attirance qui grandit entre eux et s'impose bientôt, les laissant seuls face à une passion que la société de l'époque réprouve...



Ma copine Chani essaie de me convertir à la romance, néanmoins ce ne sera pas pour cette fois.
Désolée Chani… J’ai essayé de me mettre dans le bon état d’esprit, mais il n’y a pas eu moyen. Je n’aime pas la romance et ce n’est pas parce que je suis réfractaire aux histoires d’amour. Les codes du genre me déplaisent vraiment. Je ne m’y ferai jamais.


J’ai eu de grosses difficultés avec ce livre, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour vraiment commencer cette lecture et je ne saurais même pas dire pourquoi. Ce n’est pas le pire roman du genre que j’ai pu lire et une fois les trois premiers chapitres passés, ça se lit assez vite. Mais ce n’est pas suffisant.
Bien entendu, le lecteur est bombardé de clichés dès le début… Je n’ai rien contre les clichés quand ils sont bien employés, mais là ils sont pris pour argent comptant, juste du genre à faire lever les yeux au ciel un peu trop souvent. Et les personnages sont évidemment très stéréotypés.
Anna est la gentille fille de base, avec du caractère malgré l’époque et sa condition. Edward apparaît comme un rustre mais on devine vite qu’il est angoissé, seul, torturé par un passé difficile derrière cette façade qui ne sert qu’à le protéger… Snifff.
Bref, on connaît la chanson. J’ai eu l’impression d’être voyante tant je savais à l’avance ce qui allait se passer. Ce n’est même pas gratifiant, je n’ai pas réussi à me sentir futée pour autant. On va de disputes en réconciliations, de quiproquos en déclarations enflammées. La routine dans ce genre d’histoire… Cela devient très vite lassant.
Les personnages secondaires sont oubliés en route. Je comprends bien que c’est le couple qui importe, mais quand on me parle d’autres personnages j’aime autant savoir ce qui va leur arriver au final. Je pense notamment à Pearl dont l’avenir reste en suspens.
L’évolution de l’intrigue amoureuse prend toute la place. Il n’y a pas vraiment de trame secondaire, mais elle est ponctuée d’extraits d’un conte calqué sur Eros et Psyché. C’est sympa à lire, enfin je suis sûrement influencée par le fait que j’aime ce mythe, mais ça n’a pas de réel impact sur ce qui arrive aux personnages et ça ne fait pas non plus écho à ce qu’ils vivent.
Je suis restée en-dehors de leur histoire et si par moment elle parvenait à regagner mon intérêt, ça ne durait jamais. Ce qui est censé être drôle ne l’est pas, comme par exemple l‘exaspérant valet du comte. Par contre je me suis bien marrée avec des scènes qui n’étaient sans doute pas pensées pour être drôles… Je dois avouer que je suis encore assez perplexe face aux longues envolées emphatiques d’Anna quand elle décrit la queue pardon la « splendeur virile » de son amant. Franchement, la comparer à un bijou et ses poils pubiens à un écrin, fallait oser. (Merci Chani, t’imagine même pas ce que je vais récolter en mots-clefs bizarres à ajouter à ma liste.)
Non mais sérieusement ? Suis-je la seule à trouver ça ridicule ?
Faut croire que je suis définitivement une cliente perdue pour les auteurs de romances.

samedi 5 octobre 2013

Le Baron Noir T1 : L';ombre du maître espion

Une novella steampunk d'Olivier Gechter, publiée chez Céléphaïs.
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Le Baron Noir T1 - L'ombre du maître espion
Présentation de l'éditeur :
Paris, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.
L’ombre du maître espion est une novella plutôt courte, moins de 100 pages, néanmoins le texte est extrêmement dense. L’auteur parvient à développer ses personnages et à mettre en place son contexte historique tout en nous offrant un texte vraiment porté sur l’action. L’exercice est délicat et d’autant plus appréciable qu’il est réussi.
Cette uchronie steampunk se révèle parfaitement ciselée. On sent qu’elle a demandé un important travail de fond alors même que l’auteur n’abuse pas de cela dans l’écriture. Très souvent, quand un texte a demandé beaucoup de recherches, l’auteur se sent obligé d’en faire profiter le lecteur. Ce n’est pas toujours désagréable, mais ça alourdit le récit. Ce n’est pas le cas ici, tout cela reste en arrière-plan mais on sent vraiment que l’uchronie se développe sur des bases solides.
L’auteur s’est documenté, notamment sur l’aéronautique, sur l’évolution des avancées scientifiques, et il a réellement réfléchi ses choix. Il nous les explique brièvement dans sa très intéressante postface et j’ai vraiment hâte de lire la suite des aventures du Baron Noir pour voir se développer les possibilités de cette uchronie qui est une des meilleures que j’ai lues dernièrement.
Dans ce monde décalé Napoléon est mort à Austerlitz, certaines inventions sont en avance sur leur temps grâce à une manœuvre assez habile de l’auteur. Toutefois l’électricité et la chimie suivent leur développement normal. Le Baron Noir apparaît dans cette époque tel un super-héros qui rappelle un peu Batman et Iron Man, tout en étant, Dieu merci, moins torturé que ces deux-là… Le personnage est intéressant et l’idée d’un super-héros qui tient ses « pouvoirs » de la science dans ce contexte historique est pour le moins prometteuse.
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant relégués dans l’ombre du Baron. Albert le majordome apporte une note d’humour à l’histoire et j’ai adoré voir Clément Ader, le « père de l’aviation, » être un personnage actif de cette novella et non un simple faire-valoir. Le méchant de l’histoire, véritable génie du crime, se révèle également plein de ressources, à la mesure de son adversaire. J’aurais vraiment aimé en apprendre plus à son sujet, mais j’espère bien qu’il aura sa place dans la suite.
J’ai passé un très agréable moment avec cette novella dont le seul défaut est qu’elle est trop courte. La fin est quelque peu frustrante car elle apporte son lot de questions qui seront autant de pistes prometteuses pour la suite de la série. Une chose est sûre, je me jetterai dessus dès sa sortie.

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lundi 23 septembre 2013

La brigade des loups, Ep2

La brigade des loups est un feuilleton numérique écrit par Lilian Peschet et proposé par les éditions Voy’[el] dans leur collection e-courts.


Si vous voulez mon avis sur le premier épsiode, c'est par ici.


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La brigade des loups, Ep2




Présentation de l'éditeur :
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.


Un attentat dans un centre commercial de Bucarest. Des revendications d'un groupe indépendantiste moldave. Une autre bombe qui doit exploser. Mais l'ennemi se trouve-t-il vraiment à l'extérieur de Bucarest ? La Brigade risque beaucoup à enquêter sur une affaire où elle n'est pas désirée...



Ce deuxième épisode nous amène peu après la fin du premier, aussi il est nécessaire de connaître les événements qui ont engendré la situation présente pour la comprendre et apprécier la nouvelle à sa juste valeur. Il est maintenant clair que ce feuilleton n’offrira pas des épisodes indépendants.
L’univers très sombre que l’auteur nous a présenté précédemment se dévoile de plus en plus, dans toute sa rudesse et sa réalité. On voit qu’il a tissé un canevas complexe et qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir, au fil des épisodes, sur ce monde où la lycanthropie est à la fois une réalité et une maladie. L’équilibre des forces est bouleversé dans cette Europe alternative, la façon dont les différents pays ont géré l’épidémie ne nous apparaît encore que par touches, mais on sent bien qu’il y a une vraie réflexion dans la trame de ce feuilleton et je dois dire que ça me plaît.
La brigade des loups est une série très addictive qui se révèle de mieux en mieux. J’ai beaucoup plus apprécié cet épisode que le premier. Je ne sais pas si c’est dû au fait de déjà connaître les personnages et le background, mais ce récit-là m’a semblé beaucoup plus fluide, moins fouillis. Les révélations, sur le monde lui-même comme sur les personnages, sont justement dosées et donnent envie de lire la suite.
En même temps que se joue l’avenir de la brigade ainsi que de ses membres de façon plus personnelle, la Roumanie traverse une grave crise due à des menaces terroristes. La brigade s’y retrouve embarquée et les intrigues se mêlent. L’enquête menée lors du premier épisode a encore des répercussions, parfois inattendues, il faut bien le dire.
Le récit est toujours sur le mode d’une narration chorale, nous offrant des interventions à peu près équivalentes de tous les membres de la brigade ou presque. Les personnages se démarquent un peu plus dans leur style et cela apporte plus encore de cohérence à l’ensemble. J’apprécie vraiment que chacun ait droit à la parole, dans le cas présent cela apporte beaucoup à l’histoire elle-même et le développement psychologique de ces protagonistes est vraiment intéressant.
J’espérais apprendre des choses sur le sort de l’un d’eux, plutôt malmené dans le premier épisode, mais au final on n’en sait pas beaucoup plus. La patience est donc de mise avec cette série, mais elle est récompensée par la qualité de la trame de fond.
L’enquête elle-même est plus prenante que la première, du moins de mon point de vue, et recèle plusieurs surprises. Avec le retournement de situation que l’auteur nous a réservé pour la fin, j’ai encore plus envie de lire le prochain épisode.

dimanche 22 septembre 2013

L'ange de Polh, Ladainian Abernaker Ep2

Une nouvelle de Lydie Blaizot, publiée au format numérique aux éditions du Petit Caveau.


Vous pourrez trouver mon avis sur le premier épisode par-là.


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L'ange de Polh, Ladainian Abernaker Ep2


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Présentation de l'éditeur :
Ladainian Abernaker est un très vieux vampire, aigri et inadapté à la vie moderne. Sa seule passion : le blues. Son seul ami : Ezequiel, un corbeau. Tout naturellement, il vit à Chicago, une ville qu'il a vu naître, grandir et prospérer.
Une saga dédiée à un vampire atypique, une ambiance inspirée des films noirs, des épisodes indépendants... N'hésitez pas à découvrir 'univers de Ladainian !


Épisode 2 — L'ange de Polh :


Émilie, un ange de Polh, débarque à Chicago pour retrouver l'assassin d'une personne dont elle avait la charge. Mais le coupable est un vampire et l'ange, jeune et inexpérimenté, ne parvient pas à lui mettre la main dessus. Elle se met alors en tête de demander l'aide de Ladainian Abernaker, l'allié le plus improbable qui soit. Le vieil acariâtre n'aurait certainement jamais prêté l'oreille à sa requête sans la malheureuse intervention du chef des vampires de Chicago.



Lydie Blaizot a le don de créer des ambiances particulières et la série de nouvelles consacrée à Ladainian Abernaker n’échappe pas à la règle. Le lecteur y entre et s’y sent comme chez lui, bercé par des images qui lui parlent sans verser pas pour autant dans le cliché. Quand on lit une histoire d’Abernaker, on est transporté à Chicago, on sent la fumée de ses cigarettes et on entend la mélodie jazzy qui va avec. C’est presque réconfortant et familier, tout en étant assez exotique pour charmer le lecteur.
Abernaker est véritablement l’âme de ce récit et lui apporte tout son charisme. Ce vieux vampire est un anti-héros de base et est pourtant tellement sympathique derrière son côté bourru et désabusé. Il a son propre sens des valeurs, c’est ce qui fait qu’on l’aime et qu’on suit ses aventures avec plaisir. Et puis, il faut le dire, il a quand même la classe.
Dans ce récit, Il se trouve associé à Émilie, fillette récemment devenue un ange et qui réclame son aide. Le duo est assez mal assorti pour être amusant et l’intrigue plus plaisante encore que celle du premier épisode. Elle n’est pourtant pas très complexe, mais le contraste entre les deux personnages et le mauvais caractère du vieux font mouche.
S’il est agréable d’avoir lu Vampire Blues au préalable pour mieux connaître le contexte et le personnage principal, cette nouvelle se suffit néanmoins à elle seule. C’est une des choses que j’apprécie vraiment avec cette série. Peu importe l’ordre dans lequel vous prenez ces deux épisodes, peu importe que vous choisissiez d’en zapper un, vous n’aurez pas l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important ou que la nouvelle finit en queue de poisson.
La lecture est rapide, presque trop, et le style de l’auteur toujours aussi agréable. J’ai écrit dans mon billet sur le premier épisode que la série me semblait prometteuse, cette suite le confirme amplement. Je continuerai à suivre Ladainian dans ses prochaines aventures et je les attends avec impatience.