samedi 21 décembre 2013

Trois ans déjà...

C'est le premier jour de l'hiver mais c'est également l'anniversaire de ce petit blog qui a (déjà) trois ans !
Je n'ai pas l'habitude de prêter attention à ce genre de choses mais en fait je n'aurais jamais cru qu'il perdurerait si longtemps...
Je ne m'en occupe pas beaucoup, faut dire, mais il me convient comme ça. Il est fouillis, mon classement est incompréhensible pour quelqu'un d'autre que moi, je chronique seulement quand j'en ai envie et au grand désespoir de mon entourage ça ne m'empêche pas de saouler les gens avec mes lectures (à la base c'était le but).
Bon anniversaire petit blog, je pense qu'on va faire encore un petit bout de chemin ensemble.

mercredi 18 décembre 2013

Challenge Winter Mythic fiction !

En hiver j'aime lire de la fantasy.
Et s'il y a dans ce genre quelque chose que j'apprécie particulièrement, c'est bien la "Mythic Fiction" ou la "Hard fantasy" comme la nommait Léa Silhol (par analogie avec la Hard SF). Appelez ça comme vous voulez tant qu'on est d'accord sur le fait qu'elle est inspirée de contes ou de mythes.
Vous vous doutez bien que ce challenge, lancé par Lhisbei ne pouvait donc que m'enthousiasmer.


Elle le présente ainsi :
Nous allons nous pencher sur la Mythic Fiction ou Mythic Fantasy, une fantasy proche du merveilleux, des contes (qu'elle les réécrive ou qu'elle en invente) ou qui brode sur les mythes ou le folklore.


Le challenge va se dérouler du 21 décembre au 21 mars. Les chroniques devront bien entendu porter sur des livres, mais pourront aussi concerner d'autres supports.


C'est parti pour un hiver nourrit de mythes et légendes !


challenge WMF

Le logo du challenge est tiré de Midsummer Eve d'Edward Robert Hughes

dimanche 15 décembre 2013

JLNN le retour !

Vous pensiez en être débarrassés ? Mais non, le JLNN est coriace !
Lune a eu une excellente idée, donc à partir de maintenant le dimanche sera le jour du court.
Il n'y a aucune obligation, pas de bilan à faire ni de chroniques à signaler, il suffit de publier de temps en temps, quand vous en aurez l'envie, une chronique de nouvelle(s), novella, recueil ou anthologie le dimanche.
Les nouvelles et novellas c'est bien, lisez-en ! Moi en tout cas je ne vais pas me faire prier.


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logo_vert JLNN

vendredi 13 décembre 2013

Bilan du JLNN

Le Challenge "Je lis des nouvelles et des novellas", plus communément abrégé en JLNN a été organisé de main de maître par Lune du blog Un papillon dans la lune.
Je vous invite à consulter le bilan global de fin de challenge ici et aussi le bilan perso de Lune par-là.


Je m'étais inscrite au niveau moyen et j'ai fini au niveau maxi : 28 participations sur 24, ce qui est honorable.
J'aime lire des textes courts, ce fut donc un plaisir de remplir ce challenge.
Ceci dit, ce n'est pas forcément représentatif de ce que je peux lire d'ordinaire, d'autant que je n'ai pas chroniqué tout ce que j'ai lu cette année et que je n'ai pas mis dans la liste du challenge tout ce que j'ai chroniqué, pour diverses raisons.
Enfin bref... (J'adore "enfinbreffer".)


En chiffres, cela nous donne :
- 23 nouvelles hors recueils et anthologies (je crois bien que c'est la première fois que je lis autant de nouvelles "solitaires")
- 5 novellas (que des bonnes ! Les novellas c'est top, lisez-en !)
- 6 recueils (dont un mini : Clamatlice de Vanessa Terral, il ne contient que deux nouvelles. Vanessa : faut en écrire d'autres. Je veux en savoir plus sur cette planète !)
- 3 Anthologies (seulement, c'est fou, moi qui en lis beaucoup ça a été restreint cette année...)


Total des nouvelles : 118 (95 dans les anthologies et recueils (si j'ai bien compté) + 23 indépendantes)
Et un poème, un peu perdu au milieu de tous ces textes, (dans Ainsi commence la nuit de Vanessa Terral).


Le JLNN a aussi engendré la naissance de mes billets de "nouvelles en vrac" qui, comme leur nom l'indique, me permettent de vous présenter plusieurs nouvelles indépendantes. Ils sont un peu fouillis, je vous l'accorde, mais ça me ressemble assez, vous devriez voir ma bibliothèque...


J'ai également découvert plein de blogs intéressants et des textes, des tas de textes que je veux lire (ma PAL et ma wishlist ne vous remercient pas !)


Re enfin bref.


Pour le détail de mes participations, c'est par ici.


Vous l'avez compris, je vous conseille particulièrement les novellas et principalement ces deux-là :
- L’après-dieux de Maëlig Duval (j'en suis encore bouleversée)
- L’ombre du maître espion, Le Baron Noir T1 d’Olivier Gechter


Pour les recueils, j'aimerais accorder une mention spéciale au Rêve du prunellier de Rozenn Illiano qui fut une magnifique découverte. J'aimais déjà ses illustrations, j'ai été tout aussi conquise par sa plume.


Mais je tiens aussi à faire une petite place dans ce billet à Sanshôdô : la voie des trois vérités de Jean Millemann.


Je ne peux malheureusement pas citer tous les textes rentrant dans le cadre du challenge que j'ai aimés, sinon ça équivaudrait à quasiment recopier la liste entière, mais je voudrais pouvoir vous communiquer un peu de mon enthousiasme et vous encourager à lire plus souvent des textes courts si ce n'est pas déjà une habitude. Vous pourriez faire de belles découvertes.


Ce qui nous amène à un petit message pour ma copine Chani qui a plus que rempli son challenge :
Félicitations ! Tu vois que c'est bien les nouvelles ! :)


Pour ma part, je vais bien évidemment continuer à lire des nouvelles et novellas. J'ai d'ailleurs beaucoup de chroniques en retard parce que le dernier trimestre de 2013 a été, et est encore, particulièrement chargé niveau boulot. Quand j'aurai un peu de temps vous pourrez lire des billets sur des nouvelles de Christian Léourier publiées dans Bifrost (vivement les vacances que je puisse lire le troisième volume de l'intégrale de Lanmeur !), Le zoo des chimères de Chantal Robillard (chronique qui attend depuis des lustres,) les anthologies Virus et Noëls d'hier et de demain ou encore le recueil de Michel Rozenberg Altérations (que j'ai gagné au concours du bilan du dernier trimestre du JLNN. J'ai terriblement honte de ne pas l'avoir déjà chroniqué) et bien sûr la nouvelle bonus de Cinq pas sous terre. Je pense même en avoir oublié dans la liste...


Une petite nouvelle en attendant la fin du monde ?


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lundi 9 décembre 2013

Nouvelles en vrac (3)

Encore quatre nouvelles de chez Walrus pour ce billet.
J'ai eu les deux premières dans le cadre du JLNN qui finit tout bientôt, donc merci Lune et les éditions Walrus.


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Beef de Joey Burger



La narratrice, Joey, a un peu traîné les pieds, mais s’est finalement laissé embringuer par ses potes dans une soirée qui promet d’être ennuyeuse à souhait. Un vernissage et pas une seule œuvre d’art en vue, c’est curieux… Serait-ce un nouveau concept artistique foireux ?
Les personnages ne vont pas avoir le temps de trop de s’interroger sur le sujet et le lecteur non plus. Quelque chose cloche, Joey ne s’en rend pas compte tout de suite, occupée qu’elle est à tenter de convaincre ses amis de partir. Les situations étranges se multiplient et les réactions des gens présents laissent notre narratrice perplexe. Finalement, la soirée s’annonce moins soporifique que prévu. Quant à savoir si c’est une bonne nouvelle, on a de sérieux doutes…
J’ai bien aimé l’évolution de l’histoire qui ne verse pas tout de suite dans le délire. On la sent lentement glisser vers le surnaturel en même temps que s’affine la perception des personnages sur ce qui les entoure. La façon dont les situations s’enchaînent m’a plu. C’est visuel, un peu gore et fouillis (mais un fouillis cohérent) et surtout assez barré pour capter mon intérêt.
A un moment l’auteur évoque Shaun of the dead et j’avoue que le récit m’y a fait penser dès le début. C’est une affaire d’ambiance plus que d’histoire, un petit côté à la fois complètement déjanté et détaché de la réalité qui m’a rappelé ce film. Le mélange d’humour et de gore passe plutôt bien.
Joey, la narratrice, nous raconte les événements tels qu’elle les vit, sans charger le texte avec des descriptions superflues. Le style parlé peut gêner, mais je le trouve cohérent avec le personnage et la situation. On entre facilement dans l’histoire grâce à cela.
J’ai trouvé la chute un peu rapide, mais bien gérée, ce qui m’a laissé ma bonne impression de départ.
Ce n’est pas forcément un genre de lecture vers lequel je me serais tournée, mais ce texte plein d’action m’a « bizarrement » amusée.


Vous pourrez trouver l'avis de Lune par-là.


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Trois coups contre ma porte de Michael Roch



Ce récit nous emmène à la rencontre d’un personnage qui, de prime abord, est particulièrement détestable. Charles, le narrateur, est pourri jusqu’à la moelle, blindé de fric autant que d’idées stupides et pas tout seul dans sa tête, c’est le moins qu’on puisse dire… Il va s’employer à nous conforter dans cette impression.
Trois coups contre ma porte est une nouvelle assez glauque, violente, mais particulièrement bien écrite. J’étais persuadée de connaître le fin mot de l’histoire, j’avais raison, mais mon intérêt est demeuré le même du début à la fin alors que ce n’est pourtant pas mon genre de lecture. Le fait est que la façon dont l’histoire est scénarisée attrape le lecteur et l’empêche de lâcher sa liseuse.
Le texte est prévisible, tout en ne l’étant pas, car si on a des doutes sur ce qui arrive à Charles, ses visions, ses pertes de mémoire et qu’on pense deviner, avec raison ou non, l’origine de ses troubles, une question demeure. Que va-t-il choisir ?
Cette nouvelle est choquante, à vous glacer le sang, mais ce fut une découverte intéressante.


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Louie de Lou Wagram



Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.


Une pute, un camé et un barge sont dans un bateau.


C’est le titre d’un des chapitres et je trouve qu’il résume assez bien cette histoire particulièrement déjantée. Ça commence comme une mauvaise blague et d’un coup ça part dans tous les sens.
Louie, chauffeur poids-lourd et drogué notoire a hérité de deux choses de son père : son prénom et un don inné pour les embrouilles. Au début du récit, ce cher Louie complètement défoncé est en plein arrêt sur image et se décide, pendant que le temps prend sa pause syndicale, à nous raconter comment il a atterri dans le bar paumé où il se trouve, avec des ennuis à la pelle, notamment une nana qui parle sans arrêt…
Tout a commencé à cause de Lily, une tarée avec un flingue qui, pas de chance pour Louie, était aussi bien roulée que casse-pieds. Dès lors, le lecteur se trouve propulsé dans une fuite en avant pleine d’énergie, d’humour et de situations aussi dingues que désespérées. C’est le rythme du récit qui fait en partie son charme, avec son action non-stop, mais aussi le langage gouailleur employé par l’auteur qui rend le personnage très vivant et apporte une dose comique supplémentaire.
Ce texte court est aussi vif que dense tant il se passe de choses et on se surprend à vouloir la suite quand il se termine un peu brusquement, alors qu’on en revient à Louie, toujours défoncé dans son bar sordide.
Ce fut vraiment une très plaisante lecture.


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Cosmic Karma de Jérémy Semet



Sid a été engagé pour mener à bon port un convoi spécial. Il ne sait pas vraiment ce qu’il transporte, il a du mal à se rappeler de son entretien d’embauche, mais ce dont il est sûr, par contre, c’est qu’il est seul à bord.
Est-ce cette solitude qui lui fait perdre la tête ou le vieux cargo rouillé qui débloque et joue ainsi avec ses nerfs ?
L’intrigue se déroule lentement, Sid semble résigné, tout en ne sachant pas vraiment à quoi ni pour quelles raisons. Cette histoire, assez introspective, est un huis-clos qui ne devient jamais vraiment étouffant, mais dans lequel s’instillent petit à petit des hallucinations ou des souvenirs. On ne connaît pas vraiment leur nature exacte sur le moment, même si chacun aura forcément son opinion et que le choix me semble assez évident.
Les deux histoires se mêlent, mais pas au point de faire douter le lecteur sur ce qui arrive réellement au personnage. C’est un texte agréable à lire, même si l’issue est particulièrement prévisible. J’ai toutefois beaucoup aimé la « morale » finale, si on peut la qualifier ainsi.


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mercredi 4 décembre 2013

Le Cycle d'Oz t2

Deux romans de fantasy jeunesse, écrits par Lyman Franck Baum et publiés aux éditions Le Cherche Midi.
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Le cycle d'Oz tome 2
Pas de présentation de l'éditeur cette fois, à moins que vous ne vouliez un résumé complet de chaque histoire...

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Tout le monde connaît Le Magicien d’Oz. Même si on ne l’a pas lu, on a forcément vu le film ou un des nombreux dessins animés que cette histoire a inspirés. Outre les adaptations, il y a aussi les nombreux récits qui sont liés de près ou de loin à celui-ci. Le dernier en date que j’ai lu est l’excellent Narcogénèse d’Anne Fakhouri qui n’est pas pour les enfants, mais que je vous conseille chaleureusement. C’est du très bon fantastique.
Enfin, revenons au Magicien d’Oz… Cette histoire, fortement ancrée dans l’imaginaire des américains a aussi sa place dans notre culture, elle fait partie de nos souvenirs d’enfance et de ces références communes qui parlent à tout un chacun. Cependant, la douzaine d’autres histoires du pays d’Oz écrites par L. Franck Baum est par contre beaucoup moins connue dans notre vieille Europe.
La collection dont fait partie cet ouvrage a pour but de nous faire connaître tous ces récits du pays d’Oz et c’est une excellente initiative.
Le premier volume nous présentait une nouvelle traduction du Magicien d’Oz, suivi d’un autre récit : Le merveilleux pays d’Oz. Ce deuxième ouvrage contient lui aussi deux histoires : Ozma du pays d’Oz, suivie de Dorothy et le Magicien au pays d’Oz. Elles peuvent bien sûr se lire indépendamment, mais ont évidemment des liens entre elles.
Le livre en lui-même est très joli et abondamment illustré par Stéphane Levallois, ce qui apporte un plus à cette édition, même si les dessins sont parfois un peu à côté de la plaque. En effet, pour ne citer qu’un exemple, Ozma est blonde et est représentée en brune. C’est un détail, me direz-vous et ces illustrations, souvent dans le style crayonné, sont sympathiques, alors on pardonne volontiers. En outre, le papier est épais et agréable au toucher.
La mise en page n’est pas aussi aérée qu’elle peut l’être en général dans des romans consacrés à la jeunesse, mais je ne trouve pas cela dérangeant. Il est vrai que si vous destinez cet ouvrage à un enfant assez jeune, il pourra se sentir un peu effrayé face à un tel pavé. Si c’est un lecteur aguerri, il en viendra à bout très facilement car le texte est plaisant et fluide, sinon vous pourrez toujours lui faire la lecture, ne serait-ce qu’au début pour éveiller son intérêt. Je pense que ce sont deux histoires à découvrir et particulièrement propice au développement de l’imagination. Elles peuvent séduire des lecteurs de tous âges.

Ozma du Pays d’Oz est un récit vraiment charmant qui a la saveur des contes. Parce que des lecteurs lui avaient expressément demandé de faire se rencontrer Ozma et Dorothy, Baum a imaginé cette histoire dans laquelle la petite fille du Kansas, partie pour l’Australie avec son oncle, se trouve projetée par-dessus bord au cours d’une tempête. Il en faut plus à Dorothy pour se démonter et, accompagnée d’une petite poule jaune au caractère bien trempé, elle va accoster dans une étrange contrée, voisine du pays d’Oz.
Des deux romans, c’est celui-ci que j’ai préféré. Vif, amusant, plein d’idées plus farfelues les unes que les autres, il m’a rappelé beaucoup de textes que j’ai aimés petite, tout en ayant sa personnalité propre.
On y retrouve avec grand plaisir des personnages connus, mais j’ai surtout apprécié la facétieuse poule jaune, prénommée Billina. Ce fut un plaisir à lire, surtout dans la seconde moitié de l’histoire, quand la compagnie est aux prises avec le roi des Nomes.

Dorothy et le Magicien au pays d’Oz est un texte très riche en idées de toutes sortes, mais un rien plus pauvre en ce qui concerne l’intrigue générale.
Dans ce roman-ci, la petite Dorothy est précipitée, attelage compris, dans une fissure à la suite d’un tremblement de terre. Avec Zeb, son « presque » cousin, Jim le cheval, le chaton Euréka et un peu plus tard le Magicien, elle va donc se lancer dans un périlleux voyage afin de retourner à la surface.
L’expédition en elle-même est très agréable à lire, surtout grâce à la découverte des différentes contrées que traversent nos héros. C’est sympathique et imaginatif, les personnages sont toujours aussi plaisants, qu’il s’agisse des nouveaux autant que des anciens, cependant il manque indéniablement quelque chose.
La fin du voyage était, selon moi, assez prévisible et un peu facile. Certes on peut apprécier de retrouver des personnages et le pays d’Oz lui-même, mais je trouve assez dommage que le périple ait pris cette tournure. Les derniers chapitres offrent leur lots de petites histoires et elles sont assez plaisantes, alors si on excepte ce petit revirement cousu de fil blanc, ça reste divertissant et agréable à lire.

Ces deux romans sont globalement de très bonnes lectures, vraiment tous publics. Les enfants en apprécieront le côté rocambolesque et les idées folles qui parsèment le récit, les adultes goûteront plus l’ironie que maniait si bien l’auteur. Qu’on soit d’accord ou non avec ses propos, on ne peut nier qu’il les fait passer avec beaucoup d’humour. Même s’il critique beaucoup de choses, il était très pro-américain, ce qui est plutôt logique étant donné l’époque à laquelle ces romans ont été écrits, mais également un rien misogyne malgré la présence d’héroïnes tout à fait délicieuses et pas pour autant réduites à l’état de potiches. Tout cela est assez paradoxal, mais intéressant à décortiquer.
Le cycle d’Oz m’a pour l’instant convaincue et je vous invite vivement à le découvrir ou redécouvrir, surtout si vous avez des enfants. Cela fera une excellente lecture du soir.
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mercredi 20 novembre 2013

Nouvelles en vrac (2)

Je vais cette fois vous parler de quatre nouvelles, toujours dans la collection micro des éditions Walrus.
Elles m'ont été envoyées dans le cadre du JLNN, je remercie donc les éditions Walrus et Lune.
D'ailleurs, vous pouvez lire l'avis de cette dernière sur 1888 et En Adon je puise mes forces sur son blog.

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1888 de Céline Etcheberry

1888

1888 nous entraîne dans le sillage de Jack l’éventreur. Présenté ici comme un dandy glacial, Jack n’a qu’une seule obsession : le temps. Rythmés par sa précieuse montre à gousset, ses crimes semblent lui apporter plus que la satisfaction de ses instincts de tueur.
La montre est, dans cette nouvelle, une entité à part entière, menaçante, intéressante dans ses tic-tacs comme dans ses silences inquiétants. Jack est-il tout simplement fou ou cette montre a-t-elle un réel pouvoir ?
On est ici dans le fantastique, car le doute demeure pour qui le souhaite. Cependant, si ambiguïté il y a, l’auteur exploite néanmoins très bien son idée et les meurtres, ici à rebours, de ce célèbre tueur. En peu de mots, elle nous plonge dans son récit. Sa façon de traiter le sujet est originale et j’ai beaucoup aimé son style.
Ce fut pour moi une excellente lecture, riche en suspense et émotions. La chute m’a laissée un peu perplexe et je ne l’ai pas trop appréciée, mais c’est bien mon seul regret.

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En Adon je puise mes forces de Dominique Lémuri

En Adon je puise mes forces

Dans la quiétude d’une tombe, Elthya, une jeune prêtresse, veille aux derniers sacrements qui aideront son défunt roi à passer de l’autre côté. Cependant, son rituel est sur le point d’être perturbé par deux créatures pour le moins étranges.
C’est la rencontre de deux mondes en total décalage, celui d’Elthya et de ses dieux avec celui de Vjlir, policier extraterrestre à la poursuite d’un prisonnier évadé. Or, ce chef de la pègre interstellaire ne compte pas se laisser attraper aussi facilement. Ce n’est toutefois pas vraiment le contraste entre les deux civilisations ou le potentiel comique de la situation que l’auteur a choisi d’exploiter. Cependant, le récit n’en est que plus original selon moi.
Ce mélange de SF et de mythologie m’a plu et si je suis restée un peu en-dehors de la réflexion philosophique qui l’accompagne (surtout à cause de l’aspect religieux de l’affaire en fait, même s’il y a moult façons de voir les choses), j’ai néanmoins apprécié l’idée et elle m’a donné du grain à moudre.
C’est un très bon texte, bien pensé, agréable à lire. Les débuts rocambolesques y amènent un peu d’humour pour contrebalancer la réflexion et l’équilibre entre les deux se fait.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.

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Hérésie minérale de Stéphane Desienne

Hérésie minérale

Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.

Je me suis vraiment passionnée pour cette histoire qui mêle science et religion afin de poser d’intéressantes questions sur la notion d’intelligence, de vie et de communauté. La problématique, ainsi que la façon dont elle est traitée, m’a beaucoup plu et est évidemment la raison majeure qui m’a fait aimer ce texte. Cependant, je l’ai de surcroît trouvé très bien écrit. J’ai apprécié la façon dont sont amenées les révélations au fur et à mesure, ce suspense maintenu sans pour autant frustrer le lecteur, et le rythme que cela apporte au récit.
Dès les premières lignes, nous comprenons que nous nous trouvons au cœur d’un procès, mais un procès ecclésiastique et même inquisitorial, ce qui a son importance. Le père Franck comparait et c’est son témoignage que nous invite à suivre l’auteur. Or, il semblerait que ce procès soit bien plus important pour l’humanité tout entière qu’une simple affaire d’église.
La prégnance de la religion, mais aussi l’aspect mercantile du voyage spatial et de notre société de consommation sont au centre de cette réflexion.
Le père Franck évoque un voyage dans l’espace et surtout une découverte importante, d’un point de vue scientifique, mais aussi humain. Les responsabilités qui pèsent sur lui m’ont touchée, son combat m’a émue. J’ai lu ce texte avec une certaine fébrilité et c’est au final un vrai coup de cœur.
J’ai tout aimé dans cette nouvelle, l’intrigue en elle-même, qui est prenante, la problématique abordée, le style… J’ai juste le regret de ne pouvoir qu’extrapoler sur ce que va engendrer la décision qui est prise à la fin.
Je vous invite de tout cœur à découvrir cette nouvelle.

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Anastasis d'Aude Cenga

Anastasis

Laisse-moi entrer, murmure la voix à l’oreille de Lodrick alors que celui-ci se trouve dans une situation désespérée. C’est là le début de l’histoire et de ce qui va, à jamais, changer cet homme, mais aussi son entourage.
En lisant le résumé de l’éditeur, j’ai tout de suite deviné de quelle créature il s’agissait, cependant, même si ça me paraît évident et que l’auteur nous le dévoile dans les premières lignes, je préfère vous en laisser la surprise.
Pour autant, c’est dans les ambitions de ladite créature que tient toute la singularité du récit. On ne la croise pas souvent, il faut le dire, et jamais, en tout cas, je ne l’avais vue traitée de la sorte. Ça ne pouvait qu’éveiller mon intérêt.
C’est original, prenant, mais également assez gore, potentiellement perturbant et très malsain. Âmes sensibles s’abstenir, même si le sujet justifie toute cette violence. J’avoue que je ne suis pas cliente, mais ça ne m’a pas non plus traumatisée.
Cette nouvelle est taillée dans le vif (si j’ose dire avec une telle intrigue) et s’il y a bien un début, la fin reste très ouverte. Ça ne me dérange pas, j’aime bien la façon abrupte dont elle se termine, mais certains, qui apprécient les nouvelles plus structurées, pourront se sentir frustrés.
Ça reste un texte à lire pour les amateurs du genre. Les férus de zombies, même s’il ne s’agit pas de ces créatures-ci, pourront aussi y trouver leur compte.

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