lundi 17 décembre 2012

Éclipse lunaire : Phénix et Lukaina

Un roman d'Agnès K. Mongili publié chez Nergäl.

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Mon nom est Ashandia Parker et je suis un Phénix. Selon la légende, le Phénix est un oiseau fabuleux qui s’immole par le feu et renaît de ses cendres. « Fabuleuse », tout dépend de mon humeur et de ma bonne volonté. « Oiseau », le jour où j’ai de vraies plumes sur le dos, je me prends en photo et je vous en offre avec dédicace ! Pour le reste, y’a de l’idée…
Jusqu’à maintenant, ma vie se résumait à survivre dans une ville où tout un tas de types pas très recommandables aurait eu grand plaisir à faire la peau à une Inaltère en voie de disparition comme moi ou, à défaut, à tenter de coucher avec moi. Enfin, ça, ça concernait surtout cet abruti de Seigneur Dragon d’Homayoon…
Aujourd’hui, mes préoccupations précédentes ont pris du plomb dans l’aile, tout comme la paix qui régnait jusque-là au sein de la communauté Inaltère de la région. La rébellion gronde, les trahisons s’élèvent et, avec elles, les têtes tombent. Les loups sont sur le pied de guerre et la chasse au traître a été ouverte.
De mon côté, je pourrais me contenter de pleurer les morts et de m’immoler de rage ou de tristesse, mais ma rencontre avec une certaine Eilidh Walden va chambouler mes plans. Bien plus, en fait, que tout ce que j’aurais pu m’imaginer…


Dans Éclipse lunaire, Dragons, licornes et Phénix côtoient les vampires et loups-garous que nous sommes bien plus accoutumés à croiser en fantasy urbaine. Pour le meilleur ou le pire ? Cela reste à définir. Mon avis sur cet ouvrage est plutôt mitigé.
J’étais emballée par l’idée même de retrouver dans un environnement urbain et sous forme humaine des créatures dont j’apprécie les histoires, mais qu’on confine plus facilement aux univers magiques de la fantasy. (Or, je ne lis pas tant que ça de fantasy. La lectrice de fantastique que je suis se rabat plus volontiers sur l’urban.) De ce point de vue-là, j’ai été relativement satisfaite. Je n’ai pas aimé tous les choix que l’auteur a faits, mais je reconnais que le fond mythique est bien employé et relativement respecté, notamment au niveau de l’antagonisme naturel de deux races mythiques que je ne citerai pas pour ne pas vous spoiler ou, plus simplement, en ce qui concerne les caractéristiques des créatures présentes dans le roman. La licorne, par exemple, exhale des effluves de violettes. Ce sont des détails que j’apprécie, ça prouve que l’auteur ne s’est pas lancée par hasard dans cette histoire.
Si j’ai un peu grincé des dents face à certains amalgames pas vraiment justifiés, c’est aussi que je suis un peu psychorigide. J’ai du mal avec le fait qu’on change une formule qui fonctionne pour quelque chose d’un peu bancal et qui ne gagne pas forcément en originalité. Mais bon, admettons…
Si je n’arrive toujours pas à définir si j’aime ou non ce roman, c’est surtout à l’intrigue que je le dois. Elle m’a occasionné une impressionnante succession de revirements d’opinion. Au final je dois admettre que ça se laisse lire, que certains aspects de cette histoire sont très bons et d’autres désarçonnants tant ils sont téléphonés.
J’ai apprécié les changements dans la narration et l’enquête dans sa première moitié, mais l’histoire en général se révèle un peu décevante. La fin, surtout, est vraiment bâclée. Le style n’arrange rien car il est plutôt brouillon et hésitant, pas forcément bien adapté à certains choix narratifs. Parfois on a l’impression d’une suite de scènes qui s’imbriquent mal, d’autres fois le récit est plus fluide et même prenant. Il y a de trop nombreuses coquilles et beaucoup de maladresses.
Les personnages, pour stéréotypés qu’ils sont, ont de l’intérêt, mais sont peu développés pour la majorité. Et le fait d’amener dans une histoire d’urban des créatures peu courantes n’en fait pas forcément l’originalité. Il y a de nombreuses questions sans réponses qui donnent quand même envie de savoir la suite, mais est-ce suffisant ?
Du bon et du moins bon, vous disais-je. À vous de vous faire votre opinion sur le sujet.

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