lundi 21 octobre 2019

D'un bleu impossible

Un recueil de nouvelles de Zdravka Evtimova, publié aux éditions du Soupirail.

Présentation de l'éditeur :
Drôles, poétiques et insolites, ces contes et nouvelles dévoilent un univers où l'on croise tour à tour une vendeuse de sang de taupe, Maria, la bibliothécaire à la bouche énorme vêtue d'amples robes de seconde main, Sean métamorphosé en granite attendant sa belle, le chien fidèle d'Anna aux pas de pluie et la truculente Boriana spécialiste des couleuvres grillées, quelque part, du côté de Pernik... Un monde souterrain, de l'autre côté du miroir, comme le revers du nôtre.

J’aime les recueils de nouvelles. Il y a dans les textes courts une magie particulière, une maîtrise de chaque mot car, plus que dans les romans, l’auteur doit capturer le lecteur au plus vite, mais sans se presser. C’est tout un équilibre à maintenir pour pouvoir à la fin assommer le lecteur d’une révélation brutale, induire une réflexion ou, comme c’est le plus souvent le cas ici, lâcher dans le vide l’imprudent qui s’est égaré dans ces contes.
D’un bleu impossible offre le genre de textes dérangeants qui grattent votre esprit d’un ongle acéré et tenace. Ils mettent en scène l’âme humaine dans ses folies et ses cruautés. Ils ont en eux cette poésie de l’étrange qui sied au fantastique, bien qu’ils ne puissent pas tous se réclamer du genre.
Tantôt absurdes, flirtant avec le grotesque, tantôt aiguisées comme des lames qui savent toujours où frapper, ces histoires entraînent leur lecteur dans les tourments ou l’hébétude de leurs personnages. Ces derniers sont en proie à leurs obsessions, thème qui rythme le recueil comme un métronome, à la folie et à l’avidité.
Vous rencontrerez dans ces pages, entre autres bizarreries, une mère de famille qui entend l’océan derrière une page, un homme fasciné par l’appétit démesuré d’une femme, un monde où l’on ressuscite les gens à la chaîne plutôt que d’assainir l’environnement qui les tue, un chien appelé Pluie, un monde où il faut payer un impôt pour devenir humain, une foule toute prête à saigner une femme à blanc, des loups, des hiboux et des fous…
Entre malaise et effroi, j’ai parcouru ces récits comme on explore d’obscurs sentiers. J’ai été choquée, hantée, dérangée, dégoûtée parfois. J’ai cependant apprécié le voyage et regardé avec fascination se dévoiler toutes ces sombres facettes de l’âme humaine. Ce fut une intéressante découverte.
C’est un bel ouvrage et cela aussi dans sa forme. Cela peut paraître de peu d’intérêt pour certaines personnes, mais j’apprécie toujours un objet soigné, un texte dont son éditeur s’est préoccupé, et du beau papier.


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