mardi 16 avril 2019

Blues pour Irontown

Un roman de John Varley, publié chez Denoël.

Présentation de l'éditeur :
Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d'être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu'on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu'il adore. Lorsqu'une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l'aider à retrouver celui qui l'a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n'a réellement envie d'aller de son plein gré : à Irontown... Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l'auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.
Chris Bach est détective privé. Avec son chien Sherlock, il parcourt les ruelles sombres de Luna sur la piste de criminels sans foi ni loi. Enfin, il aimerait bien. La plupart du temps, il passe juste pour un excentrique qui se balade avec un accoutrement tout droit sorti d’un vieux polar et qui refuse les implants cérébraux qui facilitent tellement la vie de ses concitoyens. 
Un jour, une femme arrive dans son bureau et l’engage pour retrouver le gars qui lui a transmis une forme persistante de lèpre, maladie depuis longtemps éradiquée sur Luna. On sait tous que ce n’est que le début de ses ennuis et Chris, en bon amateur de polar, le sait aussi, mais il se lance quand même sur la piste. 
Blues pour Irontown est un roman fort distrayant. Il fait partie du cycle des Huit mondes, mais peut se lire indépendamment. On y trouve de nombreuses références à Gens de la lune qui, bien loin de gêner, donnent plutôt envie de lire ce roman. 
Blues pour Irontown est de la SF très grand public. Attention, ce n'est pas du tout péjoratif. Disons que j'apprécie toujours un bon divertissement et c'est ce que nous offre Varley avec ce roman. Il évoque des sujets importants, mais ne les traite pas en profondeur. C’est un conteur, pas un visionnaire. 
Le polar n’est jamais loin des genres de la SFFF, c’est même un choix facile et qui peut vite sembler rebattu pour les habitués. Ce que je peux reconnaître à Varley, c’est qu’il en use sans prétention. Il a construit ses personnages avec soin et s’amuse des clichés. Chris Bach tend volontairement vers la caricature et il en a conscience. Cela crée d'emblée une connivence avec le lecteur, pour peu que celui-ci ait une petite inclination pour les classiques du polar, ce qui est mon cas. J'ajouterai que l’acolyte de Chris, le très intelligent clébard nommé Sherlock qui partage avec lui la narration apporte beaucoup au récit. Ce n'est pas la première fois que je rencontre un animal élevé au rang de personnage principal en SF, mais celui-ci, avec son humour douteux de canidé et ses réflexions sur la vie, la mort et les humains, a quelque chose de particulier. C’est un personnage très cohérent pour qui connaît un peu les chiens. Il est à la fois drôle, un peu lourd, et touchant. J’ai perdu ma chienne il y a environ un mois et certaines de ses considérations me sont allées droit au cœur. 
Chris, Sherlock et la complicité qui les lie sont vraiment le sel de ce roman. Des personnages travaillés me rendent souvent plus indulgente envers les petites faiblesses du récit. Pourtant, il faut bien le dire, Blues pour Irontown ne possède pas le scénario le plus complexe du monde. 
Je m’attendais à une enquête plus construite ou en tout cas qui ait un impact plus conséquent sur le récit. Cela démarrait bien et la première moitié du roman m’a plu. La seconde, cependant, m’a semblé beaucoup plus brouillonne, prévisible et souvent incohérente dans ses justifications. C’est dommage car j’ai malgré tout passé un moment agréable avec ce roman qui reste très distrayant. Je l’ai lu vite, ne piétinant que sur la toute fin. Et puis il y avait des chiens sympas, alors ça rattrape un peu...

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