jeudi 12 mars 2020

Seul un homme

Un roman de Vanessa Arraven, publié chez Pygmalion.

Présentation de l'éditeur :
La colère du peuple gronde à nouveau. Après les indignés et les Gilets jaunes, un troisième mouvement s'est levé : les envoltés. A Nantes, So Yun est une jeune femme issue d'une famille de militaires. Elle ne supporte pas les violences policières. Face à la faiblesse des institutions, elle se saisit d'un bokken, se masque et va dans la foule défendre les participants. Mais, prise entre deux feux, elle se refuse à frapper et se contente de dévier les tirs. Sirin est une envoltée de la première heure. Avec l'apparition de ce protecteur fantomatique, elle trouve un symbole qui lui donne de l'espoir. La jeune femme décide de le soutenir à sa manière : en en parlant sur les réseaux sociaux. Pourtant, comme tout le monde, elle est convaincue que leur mystérieux défenseur est un homme... Lors d'une manifestation, avant que So Yun ait eu le temps de s'équiper, un jeune homme est gravement blessé. Alors, tout bascule. Et la colère grandit, qui devient rage.
Vanessa Terral nous revient sous son nouveau nom de plume — Vanessa Arraven — avec un roman très actuel. C’est un plaisir de retrouver la plume de cette autrice qui fait toujours preuve d’intelligence et d’une grande sensibilité dans tous les sujets qu’elle choisit de traiter.
Seul un homme est à la fois un récit très différent – de l’anticipation avec juste une légère pointe de fantastique — et très cohérent avec tout ce que j’ai pu lire d’elle. J’y ai retrouvé son humanisme et sa façon si particulière de présenter toutes les nuances de gris. Elle ne choisit jamais la facilité.
Ce roman fait écho à notre situation actuelle et exprime le ras-le-bol d’un peuple en quête de changements, de justice et d’équité. La difficulté de se faire entendre et l’horreur des affrontements entre les militants et la police — des gens qui ne sont que des êtres humains, faillibles, dressés les uns contre les autres par un pouvoir injuste et cynique — sont parfaitement décrites. Comme quoi, on peut être une autrice engagée sans faire de propagande. C’est à notre bons sens que s’adresse l’autrice, à notre humanité.
Elle a créé des personnages à la personnalité subtile, à la fois forts et fragiles, qui essaient juste de rendre ce monde meilleur. Et ce fut un plaisir de les suivre (et de boire une tasse de kukicha avec eux. Ça faisait longtemps que je n’avais plus bu ce type de thé...)
Seul un homme est un roman qui se lit vite, il ne m’a duré qu’une journée, lu petit à petit dans les creux de mon emploi du temps, mais c’est un récit fort, humaniste plus que féministe, et engagé à côté duquel on ne peut passer. Il éveillera, je l’espère, un peu plus les consciences et aidera ceux qui cherchent désespérément leur équilibre dans le contexte actuel à retrouver un peu de sérénité.

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