mercredi 20 mai 2020

La Quiche fatale, Agatha Raisin T1

Un roman de M.C. Beaton, publié chez Albin Michel.


En ce moment, j’ai besoin de lectures légères. Alors je me suis souvenu d’Agatha Raisin, une série de cozy mysteries que m’a conseillée une amie il y a longtemps. Le moins qu’on puisse dire c’est que, sans être exceptionnel, ce premier tome se lit très vite. En deux jours, il était plié et j’ai passé un bon moment avec Agatha.
Cette dernière était directrice d’une agence publicitaire londonienne et a toute sa vie tendu vers un seul but : s’offrir un cottage dans les costwolds et mener une existence tranquille dans l’un de ces pittoresques petits villages de carte postale. Cependant, une fois son objectif atteint, cela se révèle bien moins satisfaisant qu’elle l’imaginait. Agatha peine à faire son trou dans ce village où tout le monde se connaît et où les gens venus d’ailleurs sont toujours des étrangers au bout de vingt ans. Pire, elle qui était une femme d’affaires tenace et efficace commence à s’ennuyer. Alors, pour tenter de faire réagir les gens à sa présence, elle décide de participer à un concours de cuisine pour lequel elle triche sans vergogne… C’est là que tout tourne mal, puisque le juge meurt empoisonné à cause de sa quiche. Pas sûr que ce genre de publicité soit celui qu’elle espérait...
Au début du roman, Agatha est une sorte de Tatie Danielle, assez revêche et antipathique. Elle a une manière bien à elle de chercher sa place, mais j’ai aimé sa détermination. Ce n’est pas du tout le genre de femme qui se laisse faire et elle ne fait pas non plus dans la séduction. Son côté « peau de vache l’air de rien » est vraiment très british et elle m’a beaucoup rappelé la mère d’une amie (qui, je l’espère, ne lira pas cette chronique). Cela fait d’elle un personnage principal atypique. Elle n’est pas faite pour vous charmer. Elle y arrive néanmoins.
L’enquête qu’elle mène, avec l’aide occasionnelle de son ancien assistant, est sans prétention, mais bien construite. On se laisse aller à se demander qui est l’assassin et comment il s’y est pris. On recueille les indices avec Agatha. On apprend à connaître les gens du coin, tous plus singuliers les uns que les autres.
Au-delà du prénom de l’héroïne, les personnages aussi, entre les colonels à la retraite, les vieilles dames qui se tirent dans les pattes et le voisinage médisant, tout est fait pour nous rappeler les enquêtes de Miss Marple. Mais cela m’a également fait penser à deux séries populaires, les enquêtes de l’inspecteur Barnaby pour les petits villages de la campagne anglaise et leur lot de mesquineries entre voisins, ainsi qu’Arabesque pour son enquêtrice qui met son nez partout. Bon, Agatha est loin d’être aussi sympathique que Jessica Fletcher, mais elle est étrangement attachante et se bonifie à mesure qu’elle trouve sa place dans son nouvel environnement.
Les personnages secondaires, aussi amusants soient-ils, sont quand même caricaturaux. Toutefois, ils donnent corps à l’ensemble avec un petit côté théâtral qui n’est pas déplaisant. Ils offrent un avant-goût du ton que la série va prendre.
Ce fut une lecture agréable, distrayante et sans prétention, amusante même parfois, assez pour que j’envisage de lire la suite.

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