vendredi 13 mai 2011

La rose écarlate

Pour le défi lecture ABFA et V&S, il fallait lire un harlequin, un vrai de vrai...
Afin de le casser allègrement nous motiver, Rose, Angie et moi avions pensé en faire une lecture commune. Je me souviens d'une fin d'après-midi passée à chercher sur quel titre jeter notre dévolu. On avait déjà beaucoup ri... (Je me rappelle surtout du test débile sur le site harlequin et je vous enjoins à le faire pour savoir quoi raconter à votre psy lors de votre prochaine séance. Il est également intéressant d'apprendre à quoi se réduit la liste des fantasmes féminins selon harlequin, mais ceci est une autre affaire... Ma Zeph voilà une étude sociologique qui pourrait te plaire...)
Nous avions alors trouvé un titre dans la collection best sellers : "Des romans captivants, écrits par des auteurs de talent" nous vantait l'intitulé du site. Parce que dans les autres collections le talent n'est franchement pas nécessaire sans doute et les auteurs non plus...
Oui, c'est vrai, nous étions parties pour nous la jouer pucelles frileuses et nous n'en avions pas honte, sachant que de toutes façons le talent est relatif.
Et puis, à la fois pour rire un peu et tenter de trouver en moi la motivation suffisante pour réussir ce défi, j'ai lu les critiques des autres participantes du défi. Je n'aurais pas dû, sachant que j'ai eu un peu plus de scrupules (ouais, je sais, je pense que c'était plutôt le contrecoup d'une intoxication alimentaire, les odeurs de peinture ou quelque chose comme ça) à ne pas jouer le jeu.
Il se trouve également qu'en cherchant une preuve (que je n'ai pas encore trouvée, mais ça viendra) que les harlequins ne sont pas écrits par des êtres humains, je suis tombée sur leur offre numérique gratuite. Et je me suis dit "pourquoi pas ?" après tout 150 pages c'est tellement vite lu... (Ce qui fut une grave erreur.)

Voici donc comment j'ai choisi le harlequin que je vais vous présenter :
Je me suis retrouvée face à dix couvertures hideuses tellement motivantes que j'ai décidé de ne pas lire les résumés pour ne pas m'enfuir en courant. (Ce qui fut sans doute une autre erreur. Oui, une de plus...)
J'ai éliminé deux ebooks, puisqu'ils faisaient partie de deux collections qui ne comptaient pas pour le défi.
J'en ai éliminé encore quatre à cause de leurs couv, une femme enceinte, un bébé, des chaussons de bébé et une mariée, de quoi me donner la nausée pour le restant de la semaine...
Ah et j'ai bien sûr éliminé la collection azur d'entrée, à cause des billets de mes camarades. La vierge et le milliardaire, très peu pour moi, je pense avoir saisi l'idée...
Ensuite j'ai viré le "coup de cœur".
Et je me suis enfin retrouvée face à La Rose écarlate et La duchesse insoumise.
Tout un programme, n'est-ce pas ?
Ma nature m'aurait plutôt poussée vers la collection historique, mais je me suis dit qu'avec un tel titre ça allait étrangement m'agacer de voir l'héroïne à quatre pattes dès le chapitre deux et que de toute façon cette collection n'a sûrement d'historique que le nom...
J'ai donc choisi La Rose, collection audace ma bonne dame, en me disant qu'il serait intéressant de voir ce qui dans le monde d'harlequin passe pour un roman érotique (et là c'est le genre d'erreur qui peut vous coûter votre santé mentale.)

J'ai toutefois appris des choses durant ma lecture :
- On peut écrire sans style et sans histoire.
- Je me suis toujours demandé pourquoi avoir choisi le nom d'harlequin pour cette maison d'édition et maintenant j'ai compris. Il faut être indubitablement démoniaque pour imaginer des trucs pareils. C'est misogyne, c'est vulgaire et c'est débile, ça ne peut que faire croire aux femmes qu'elles sont la lie de l'humanité. Ça doit faire partie d'un vaste plan de dévalorisation conduit par les légions infernales.
- Je me suis souvenue vaguement d'un épisode de South Park dans lequel des lamantins (je crois) écrivaient les dialogues d'une série en choisissant des balles sur lesquelles étaient écrits des morceaux de phrases. Je pense que c'est pareil pour les harlequins, sauf que les auteurs doivent être des babouins. Avant cela, j'étais persuadée qu'ils étaient composés par des ordinateurs...

Et maintenant, passons à la Rose écarlate, je suis sûre que vous mourrez d'envie de savoir ce qui se cache derrière ce titre tellement poétique et original (oui, rassurez-vous c'est bien de l'ironie).
Comme je suis gentille (si, si) j'ai pensé à vous et j'ai surligné quelques citations lors de ma lecture, histoire de rendre le récit bien plus vivant. Eh oui, parce que je vais tout vous raconter, je ne vais pas me gêner pour spoiler, mais d'un autre côté ce n'est pas non plus comme si l'histoire n'était pas des plus prévisibles.

Commençons par les personnages qui ont tellement de points communs...
Revenus tous les deux à Chicago après de longues années d'absence, ils ne sentent pas à leur place dans leurs familles respectives et peinent à faire comprendre à leurs proches qu'ils n'ont pas besoin qu'on s'occupe de leurs affaires, qu'on leur trouve un boulot dans l'entreprise familiale ou quelqu'un pour partager leur vie...

Parlons tout d'abord de Nick.
Ancien soldat (footballeur c'était sans doute déjà pris) qui revient tout juste d'Irak, il s'était engagé pour fuir la pression familiale. Ses très nombreux frères et sœurs sont tous mariés et lui ne semble pas vraiment savoir ce qu'il veut sur le plan sentimental comme professionnel. Il doit avoir d'ailleurs la mémoire d'un poisson rouge car il est tour à tour impatient de devenir père et dégoûté par l'idée de l'être...
Bref, il voudrait quand même trouver une femme, une gentille petite chose fragile qui soit comme lui d'origine italienne et qui lui offre la même stabilité qu'au reste de sa famille (parce qu'ils sont tous tellement heureux en ménage que ça en devient effrayant). Il faut aussi qu'elle sache faire du café et qu'elle fasse rétrécir son pantalon rien qu'en se tenant adossée à un mur (ce n'est pas moi qui le dis, c'est le babouin qui écrivait ce passage du bouquin. La phrase a dû d'ailleurs plaire aux autres car ils l'ont souvent reprise par la suite).
On apprendra plus tard, grâce à cette chère Isa, que Nick est évidemment parfait, tout en muscles avec une grosse... bref et juste la bonne dose de poils sur le torse (je ne savais pas qu'il y avait une juste dose, mais bon...) Elle nous dit également : "Il avait des épaules de déménageur et un torse de la taille d’un stade." (Donc ce gars c'est aussi le géant vert...) Il est de surcroît extrêmement bien élevé, galant et protecteur, mais aussi puissant et sauvage... Ahem, j'vais t'dire ouais...

Isa de son côté est revenue à Chicago contrainte et forcée parce que son papa est malade et ne peut plus s'occuper de la boulangerie familiale.
Tout ce qu'elle veut c'est se barrer au plus vite pour retrouver sa vie de danseuse à New York avant qu'on ne la coince pour toujours, engluée dans la pâte à pain et mariée avec un gentil voisin...
Pour se distraire de ce quotidien si ennuyeux, elle danse masquée, sous le nom de la Rose écarlate, les soirs de week-end dans un club de strip. Mais attention, le club est select et puis si les autres sont des putes filles légères, elle est une vraie artiste et tout le monde s'accorde à le dire. C'est d'ailleurs devenue la star de la boite.
"Car si les habitants de la ville étaient plus qu’habitués à des stripteaseuses aux traits durs, s’effeuillant en ondulant sur les basses d’une musique sexuelle, ils n’avaient tout bonnement jamais rien vu comme elle.
Elle n’avait pas l’air dur. Elle était élégante."

"D’accord, ce qu’elle faisait au Leather and Lace n’était pas exactement artistique. Mais elle n’était pas exactement nue non plus. Elle n’enlevait jamais son string.
D’accord, son public, ici, venait pour la titillation sexuelle plutôt que la stimulation culturelle, mais, au fond, à en juger par les adeptes de danse moderne qui essayaient régulièrement de draguer les danseuses, les motivations devaient être les mêmes."

Ahem... J'vais t'redire ouais...
Nick nous parlera plus tard de son corps parfait, de ses jambes interminables, de sa merveilleuse souplesse etc.

Au début de notre histoire, quasiment à la fin d'un strip pseudo érotique, Rose s'arrête net et balaie la salle du regard car elle a perçu la présence d'un homme mystérieux, tout vêtu de noir, au fond de la salle...
Mais qui donc peut-il être ???

Et les babouins enchaînent sur la présentation de Nick que je ne vais pas vous répéter...
Il pleurniche avec son frangin, assis à une table de la pizzeria familiale parce qu'il ne veut pas s'associer avec un autre de ses frères et son père pour faire tourner le resto et il re-pleurniche parce que son jumeau a l'air béat en parlant de sa femme enceinte...
Et puis... Il la voit. Un femme tellement sublime qu'il s'étonne que personne d'autre ne semble lui prêter attention dans la file d'attente. Son pantalon rétréci et il ne peut s'empêcher d'aller lui parler...
Manque de bol pour lui, elle n'est pas disposée à lui prêter attention et alors qu'il tente maladroitement de flirter avec elle, elle l'envoie se faire foutre... Je crois que c'était pensé pour être drôle, c'est juste navrant...
Le pauvre chéri retourne pleurnicher près de son frère et est inquiet de ne pas avoir reconnu la fille, puisque visiblement c'est ce qui l'a vexée, et il s'inquiète d'avoir dragué une de ses nombreuses cousines...
Nous apprenons alors, stupeur, qu'il s'agit de sa belle-sœur, la sœur de la femme de son frère aîné et potentiel associé... Mince alors c'est la petite Isa qui était amoureuse de lui, qu'il appelait biscuit devant elle et patapouf quand elle tournait le dos... Nick aurait-il fait une grave erreur de jugement autrefois et perdu le grand amour de sa vie ???

De son côté, notre Isa, ex-patapouf, attendait tranquillement sa pizza prise dans le flot de terribles pensées :
"Isa Natale avait un secret.
Enfin, elle avait plein de secrets. Mais celui qu’elle essayait de cacher en ce moment la ferait expulser à vie de Chicago.
Elle préférait le style de pizzas de New York à celui aux croûtes épaisses de Chicago.
Choquant, mais vrai. Au cours des années passées à New York pendant sa carrière de danseuse, elle était tombée amoureuse de tout ce qui concernait cette ville, y compris ses habitudes alimentaires. Seigneur, elle mettrait sa vie en danger si jamais elle le disait ici. La pizza était vraiment un sujet très sérieux, dans le coin. Et son grand-père se retournerait dans sa tombe s’il apprenait qu’elle était passée à l’ennemi — la croûte mince. Son propre père, à la requête de qui elle avait fait ce crochet par Santori’s, la désavouerait. Et sa soeur, dont le mari dirigeait le lieu, ne lui adresserait plus jamais la parole."

Interrompue dans ces importantes considérations par le regard insistant d'un homme qui lui donne des "palpitations entre les jambes" (faut pas faire attention, elle en a très souvent quand il est dans la pièce).
"Elle aurait reconnu Nick en le heurtant, les yeux bandés et par une nuit sans lune. Parce que son odeur était à jamais imprimée dans sa mémoire." (Il pue tant que ça ce mec ???)
Dans le feu de ce regard elle voit soudain resurgir son passé traumatisant...
Dix ans plus tôt, mariage de sa grande sœur, boudinée dans une robe de demoiselle d'honneur affreuse on la force à danser avec le frère du marié, histoire de se moquer d'elle parce qu'elle en est amoureuse depuis toujours...
Et soudain, c'est le drame.
Elle s'emmêle les pattes (ça ne payait pas encore les cours de danse à l'époque, pas vrai Isa...) Lui-même ne la regardait pas parce que son grand-frère lui avait ordonné de ne pas la regarder "pas comme il fallait" (n'attendez pas non plus de babouins qu'ils écrivent un français élégant, ou à tout le moins correct...)
Et ils tombent tous les deux dans les gâteaux, sa jupe finit inexplicablement par remonter si haut qu'elle dévoile sa culotte gaine, le gars se retrouve entre ses cuisses et elle ne trouve pas mieux qu'enrouler ses jambes autour de lui, ce qui a terriblement choqué l'assistance et qui lui vaut encore de nombreuses moqueries dix ans plus tard...
Et il est là devant elle, "même à cette distance, elle perçut la chaleur émanant de lui. Un feu séducteur et affamé naquit à l’extrême pointe de ses cheveux et descendit jusqu’à ses pieds.
Seigneur, cet homme était sexy. Férocement sexy."
Consciente de ses charmes, elle décide de se venger un peu quand monsieur l'aborde de son air sûr de lui... Parce qu'elle n'est plus la petite Isa de l'époque, timide et grassouillette, elle en a déroulé du câble depuis... Tous les milliardaires des vierges de la collection azur c'est elle qui les a dégourdis (je n'invente rien, c'est elle qui nous l'apprend, elle s'est tapé tous les plus beaux et riches hommes de ce monde pendant que Nick se faisait des putes coups d'un soir en Irak histoire de ne pas perdre la main. Oui, ça aussi c'est dans le texte.)
Elle l'allume, puis se fiche bien de sa gueule et le plante au milieu de la salle bondée...

Revenons vers Nick qui pleurnichait et qui prend soudain conscience que :
"Cela paraissait presque trop beau pour être vrai. Il avait enfin rencontré quelqu’un qui lui faisait crépiter les nerfs et rétrécissait son jean, mais qui, en plus, était pourvue d’une approbation déjà acquise du voisinage. Elle était magnifique ; elle était fougueuse. Son sourire avait failli lui provoquer un arrêt du cœur."
C'en est trop, il la lui faut. Aucune femme ne lui faisait plus d'effet depuis si longtemps, à part peut-être une strip-teaseuse croisée la semaine d'avant.
Car Nick aussi a un secret terrible... Il ne veut pas travailler à la pizzeria, il a trouvé un boulot de garde du corps le week-end pour une danseuse, la meilleure de tout Chicago, qui a reçu quelques menaces et été embêtée par des méchants clients. Mais elle ne doit pas le savoir, bien sûr, pour elle il ne doit être qu'un videur comme les autres...
*Petite musique dramatique.*
A ce stade-là je maudissais la mère de l'auteur, jusqu'à comprendre qu'il n'y avait pas d'auteurs, mais des babouins...
S'ensuivent les aventures de Nick le chiot qui essaie de se faire adopter par Isa la boulangère aigrie. Sans succès, jusqu'à ce qu'arrive le week-end et que Nick le chiot, emporté par sa double personnalité devienne Super-Nick le ténébreux garde du corps.
*Imaginez la musique de james bond chantée par les télétubbies. Je sais, c'est effrayant*
Isa, qui a une chance pas possible, portait déjà son masque quand son patron vient lui présenter le "nouveau videur". Et comme c'est une artiste accomplie elle réussit si bien à changer sa voix qu'il ne la reconnaît évidemment pas.
Comme elle le trouve inexplicablement agressif envers elle (parce qu'en fait il aimerait la sauter mais qu'il se sent déjà tellement amoureux d'Isa qu'il doit lui être fidèle même si elle ne veut pas de lui) elle décide de l'allumer un peu et prend conscience que c'est peut-être une occasion pour elle de le baiser sans qu'il sache qui elle est, d'accomplir donc un vieux fantasme sans que sa famille soit au courant et la marie de force (ça y va les clichés sur les italiens...)
Mais Super-Nick, pétri de valeurs morales et amoureux de sa boulangère refuse de la choper sur la coiffeuse, même si l'idée était définitivement très tentante.
"Bien sûr, elle l’avait affecté. Tout homme non affecté par la Rose Ecarlate devait être castré ou mort. "
Je ne vais pas disserter sur la stupidité de cette phrase, ni sur le fait que la castration n'annihile pas forcément le désir, ni mentionner l'inquiétante discussion qu'une bande de harpies a eu mardi soir sur la nécrophilie, mais attirer votre attention sur le fait que dans le monde merveilleux d'harlequin l'homosexualité n'existe visiblement pas.
Alors Nick décline son invitation. "Je sais à quel point ce serait bon. Je ne doute pas que nous pourrions nous envoyer en l’air sans fin et nous faire jouir mutuellement une bonne douzaine de fois." Mais non merci m'dame...

Enfin bref, le week-end passé, c'est le retour de Nick le chiot et je vous épargne les détails, si ce n'est qu'il parvient tout juste à lui faire accepter qu'ils pourraient être amis et qu'il finit quasiment tout de suite après par la choper à l'arrière de la camionnette de livraison.
Je me dis que les babouins devaient crever de faim car il est souvent question de nourriture dans ce récit.
J'attire l'attention de mon aimable lecteur, s'il m'en reste un, sur le fait que les babouins ne connaissent pas plus la grammaire italienne que française et que cannoli, déjà au pluriel, ne requiert pas l'adjonction d'un s. Merci de votre attention.
Revenons à notre couple prodigue et précisément à Nick, tout traumatisé parce qu'Isa ne veut pas de relation suivie et surtout pas s'afficher avec lui dans le quartier, même après cette torride partie de jambes en l'air.
Après de nombreuses hésitations quant à n'entretenir avec elle que des relations sexuelles dans des camionnettes ou des arrière-boutiques, Nick se range à l'avis de son sens moral : c'est totalement impossible.

Week-end, retour de Super-Nick et de Rose l'artiste trop classe vexée qu'il ne la reconnaisse pas après l'avoir vue nue, mais en même temps soulagée d'avoir gardé son secret.
Sauf qu'il finit par l'énerver en arrachant ses faux-cils persuadé qu'elle a un insecte sur la figure et que là catastrophe, elle oublie de changer sa voix. Zurflute alors, elle n'est pas sûre qu'il l'ait ou non reconnue. Et en fait il y met le temps.
Ben oui, l'armée ne semble pas lui avoir donné de la vivacité d'esprit à ce pauvre gars...
Il pige quand même et décide de se venger en allant l'allumer avant de la laisser en plan. (Chacun son tour...)
Et là j'avoue que je décroche un peu... (c'est d'ailleurs à ce moment que j'ai commencé à imiter leurs voix pour ne pas péter les plombs...) Il sait, elle sait qu'il sait, et ils en font chacun une maladie de leur côté je crois... Jusqu'à ce qu'elle aille le voir pour s'excuser et qu'il la surprend devant sa porte alors qu'il est en mode furtif pour qu'aucun des habitants du quartier ne puisse le voir rentrer chez lui avec de la bouffe chinoise car sa mère se suiciderait si elle l'apprenait... (Ouais, je sais, les clichés sur les familles italiennes, les babouins affamés, etc.)
Or, tout le monde le sait, la nourriture chinoise est aphrodisiaque et ils finissent au lit... Ils décident finalement qu'ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre, mais que leurs familles n'ont pas besoin de savoir. Il leur en a fallu du temps pour intégrer un concept aussi simple que la discrétion...
Nick le chiot est heureux, Isa la chieuse aussi. C'est merveilleux.
Enfin, ça pourrait l'être parce qu'il y a un problème majeur. Super-Nick va-t-il supporter de voir sa femme danser nue devant d'autres hommes tous les week-ends ???
Le suspense est intenable, l'angoisse de nos deux héros est palpable.
Vous mourrez d'envie de savoir ce qui va se passer...
Mais vous allez attendre un peu parce que nous avons un autre problème qui nous tombe dessus.

Eh oui... Les familles envahissantes n'en ont pas fini avec nos tourtereaux... Il y a notamment le frangin qui insiste pour s'associer avec Nick et qui en plus se rend compte qu'il a un air idiot quand il voit arriver Isa (enfin plus idiot encore que d'habitude.)
Bordel de bouc (spéciale dédicace à Fae) ils sont découverts ! La nouvelle va se répandre comme une traînée de poudre dans tout le quartier, même si le frangin promet de garder le secret tant qu'il le peut, à savoir jusqu'à ce qu'il voit sa femme, qui je vous le rappelle est la sœur d'Isa, parce qu'il ne peut évidemment rien lui cacher...
Horrible coup du sort pour eux qui avaient réussi jusque là à être si discrets, même en se tripotant, assis à table, collés l'un à l'autre, dans la pizzeria familiale avec tout le reste de la clique, les parents, les frères, les sœurs, leurs maris et femmes, leurs enfants, etc (alors que les clients attendaient leurs tables. Quelle idée aussi d'arriver dans un resto à l'heure du repas. Fichus clients...)
S'ajoute à cela un autre problème. Quelqu'un en veut à la Rose écarlate. On lui a fait livrer des fleurs empoisonnées, on a saboté son fauteuil et là ce sont des chocolats fourrés au sirop vomitif qui manquent lui filer la gerbe sur scène !!!
Avec Super-Nick qui fait tout pour ne pas la regarder danser, Isa est désespérée.
Ils s'engueulent, ils se quittent, c'est triste, c'est poignant...
Mais que va-t-il se produire ???
Un dangereux malade va-t-il de nouveau attaquer Isa-Rose avec une pinte de sirop vomitif ? Super-Nick va-t-il oublier ses pulsions de macho et protéger la femme de sa vie de son corps musclé ???
Quelqu'un réussira-t-il enfin à à obtenir une pizza dans le restaurant familial ???
Va-t-on se décider à nourrir les babouins ???

Je ne sais pas si je dois vous donner toutes les réponses.
En ai-je seulement le droit ?
Le voulez-vous vraiment ?
Soit, ami lecteur, le seul qui reste, pour toi je vais le faire :

Non. Oui. Non. Non.

Ne me remercie pas.

La fin, tu veux savoir la fin ?
Mais comment donc, tu n'as pas saisi dès le départ comment ça allait finir ???
La méchante personne qui en veut à Isa est démasquée (parce qu'elle avoue). La surprise est générale, parmi les personnages évidemment, le lecteur n'est pas si bête lui... Quoique pour en être arrivé à ce point-là du livre, on peut se poser la question...
Nick le chiot fait son retour triomphant et offre un bouquet de fleurs à Rose pendant son numéro en disant qu'il l'aime telle qu'elle est (nue de préférence) et qu'il accepte son métier (ouais bon on va faire comme si on ne se rendait pas compte qu'il est quand même en train d'interrompre son show en clamant à tous les mâles qui la zyeutent qu'elle est à lui...)
Enfin, il la retrouve plus tard dans sa loge où ils se déclarent leur amour éternel. Elle lui annonce qu'elle ne repartira pas à New York et qu'elle a déjà avoué à ses sœurs le terrible secret de son second travail. Il lui dit qu'il va acheter la moitié du club de strip et la demande en mariage avec une bague pourvue d'un énooooooorme diamant (oui, ça aussi c'est dans le texte et visiblement ça paie plus que ce que je ne le croyais d'être soldat en Irak...)
C'est beau, c'est merveilleux, c'est tellement surprenant (ne t'en fais pas, lecteur, c'est bien de l'ironie, je n'ai pas plongé dans le côté obscur.)
J'en pleurais à la fin, mais pas d'émotion, j'étais juste indiciblement heureuse que ce soit enfin fini (et puis lire sur un écran ça fait mal aux yeux). Ces 166 pages ont été les plus ennuyeuses, les plus longues de ma vie et j'en ai pourtant lu des conneries dans mon existence, j'ai même survécu à Danielle Steele.
C’est misogyne, c’est bourré de clichés, c'est mal écrit, tout ce qui est censé être drôle est affligeant, tout ce qui est censé être érotique devient drôle.
Très franchement ça fait pitié.
Alors j'aimerais dire aux femmes qui ne jurent que par les harlequins : lisez moins, baisez plus, achetez-vous une pelle et allez planter quelques arbres.


mardi 3 mai 2011

Top Ten Tuesday (4)

Cette semaine, le Top Ten Tuesday de The Broke and the Bookish porte sur les livres que nous avons lus uniquement parce qu'on nous les a recommandés, ces livres que nous n'aurions certainement pas ouverts pour tout un tas de raisons, bonnes ou mauvaises, ou tout simplement parce que nous n'aurions même pas été au courant de leur existence, mais qui au final se sont révélés être de très bons livres à côté desquels il aurait été dommage de passer.

1 Je commence par Harry Potter. Bon, à dire vrai, j'aurais peut-être lu la série sans recommandation et par curiosité tant on en a parlé ensuite, à moins qu'au contraire toute cette médiatisation ait réussi à me dégoûter, comme ça m'arrive souvent. Mais le fait est que quand on m'a recommandé Harry Potter, le premier volume n'était même pas encore traduit en français. L'insistance de la personne qui m'a fait cette recommandation, qui m'a prêté chacun des trois premiers livres dès leur sortie anglaise et a même été jusqu'à m'offrir ensuite le premier volume en français, aurait eu raison de n'importe quelles réticences.
Je n'ai d'ailleurs pas résisté et je la remercie pour cette découverte.

2 Valérie ou la semaine des merveilles de Vitezslav Nezval.
Pour cette lecture-ci, c'est Beth que je dois chaleureusement remercier. Elle avait posté un extrait, qui m'a d'ailleurs beaucoup marquée, sur un forum et ceci couplé à ce qu'elle m'a dit ensuite de ce roman m'a convaincue de le lire.
C'est une lecture dont les personnages me hantent encore et sans ta recommandation je n'aurais certainement pas découvert ce livre. J'ai choisi celui-ci pour ce Top Ten mais tu m'as, de manière générale, toujours recommandé de très bons livres, donc tu peux considérer que c'est un remerciement global, lol.

3 Pour tous les livres de Pratchett je dois remercier M. le Professeur, le Sorcier et M. Poussière. Comment aurais-je pu résister face à ces trois-là ?

4 La trilogie de Pullman, A la croisée des mondes vient ensuite. Elle m'a été recommandée par tout un tas de fans hystériques et franchement ça ne me tentait pas plus que ça... Faut croire que les menaces fonctionnent parfois (par lassitude :P) et j'ai bien fait de céder.

5 Nana, le manga d'Aï Yazawa.
Je ne suis pas, en général, très attirée par les mangas. Il faut vraiment que l'histoire m'interpelle ou que quelqu'un insiste trèèèès lourdement pour me pousser à en lire.
Pour celui-ci et parce que vraiment il fallait que je le lise, je remercie Llumy.

6 Les Blue Cerises.
Je crois bien que c'est la rouquine qui m'a conseillé ces petits livres auxquels je n'aurais certainement pas fait attention sinon, ce qui aurait été vraiment dommage.

7 Cœur d'encre, qui m'a été conseillé par Faery (qui elle aussi m'a très souvent recommandé d'excellents bouquins). Pour ce livre-ci et pour tous les autres : merci ma fée préférée.

8 La série Fever de Karen Marie Moning.
Je partais sur des a priori négatifs, puisque j'avais lu et pas du tout aimé Adam Black, mais l'enthousiasme de Zaza, Chani et Rose était contagieux alors j'ai essayé... Ce que je ne regrette pas.

9 Voyons ensuite... Je n'ai plus vraiment d'idée... Il y en a plein en fait...
Il y a des livres lus pour des cours, il y a des conseils d'amis, d'un libraire, ou encore de gens de passage...
Allons-y pour quelques exemples (je sais, je triche).
- Nada de Carmen Laforet, lu pour un cours.
- L'ombre du vent, très fructueux conseil. C'est le livre type dont on parlait trop pour que je m'y intéresse. Je suis parfois vraiment stupide...
- Guerrière de Marie Brennan, que j'ai lu pour le club de lecture de V&S. Certes le résumé avait attisé ma curiosité, mais j'ai toujours tellement de titres sur ma liste de "peut-être un jour" que je serais sans doute passée à côté s'il n'y avait pas eu cette occasion.
- Les livres de Jasper Fforde...
Et tant d'autres...

10 Le meilleur pour la fin, bien sûr.
Bénie soit la personne qui m'a un jour recommandé de lire Neil Gaiman.
Tu as droit à toute ma reconnaissance.

mardi 26 avril 2011

Top Ten Tuesday n°3 : Mean Girls In Books

Cette semaine, The Broke and the bookish nous propose de faire une liste des pires pestes que nous avons pu croiser au cours de nos lectures.
Il faut croire que je commence à prendre goût aux listes... D'autant plus que ça fait travailler ma mémoire... Si au cours d'une lecture je peux détester un personnage, j'oublie vite ce sentiment une fois le livre refermé. Alors je crois qu'il ne me sera pas facile d'arriver à dix et que mes choix ne seront peut-être pas très représentatifs. Mais bon, je vais essayer...

L'ordre n'a évidemment pas d'importance, faut pas trop m'en demander... D'autant plus qu'il risque d'y avoir des modifications si ma mémoire m'accorde un éclair de lucidité à retardement...

1 Hell, dans le livre éponyme de Lolita Pille. Elle est plus conne que méchante en fait... C'est une petite morveuse trop gâtée et imbue d'elle-même embourbée dans sa propre connerie...

2 Catalina dans Incantation d'Alice Hoffman. Jalouse, mesquine, traîtresse, perfide... Celle-ci a tout pour elle. Catalina m'inspire en général un profond dégoût.

Je commence déjà à racler les fonds de tiroirs, ça promet...

3 Il y en a une qui mérite bien de rejoindre ses consœurs : cette insupportable et détestable garce de Menary dans L'équilibre des ancres de Caroline Stevermer.

4 Rebecca dans Bridget Jones l'âge de raison. La peste de base qu'on est toutes programmées à détester.
Avec celle-ci je ne me mouille pas...

5 L'institutrice dans Le château de Hurle de Diana Wynne Jones. J'aimerais bien en dire plus à son sujet mais ça gâcherait une partie de l'histoire pour les lecteurs potentiels...

6 Marina dans Les Combustibles d'Amélie Nothomb. Marina n'est pas à proprement parler une peste, mais ne serait-ce que repenser à elle me hérisse le poil. Alors que, très paradoxalement, je n'arrivais pas à me rappeler son prénom...

7 Estella dans De grandes espérances de Charles Dickens. Un joli prénom, pour une garce de premier ordre, même si elle est ce qu'on a fait d'elle, même si la vieille peau mériterait aussi de se retrouver dans cette liste...

8 J'hésite entre deux personnages de Mireille Calmel... Il y a cette chère Béatrice du Lit d'Aliénor, mais surtout cette garce d'Emma dans Lady Pirate. Ce sont toutes deux de grandes malades, mais Emma remporte quand même la palme...

9 Guenièvre.
Celle-ci est indubitablement un cas à part. En tant que personnage du cycle arthurien elle a été représentée de bien diverses façons, mais presque à chaque fois en personnage négatif. On a régulièrement fait d'elle une détestable créature, elle a été décrite comme dévoyée, perfide, égoïste, jalouse et destructrice, idiote ou encore croyante bornée limite fanatique, mais j'en passe, il faudrait des pages et des pages pour lister tous les défauts qu'on lui a prêtés.
Pour tout dire, j'ai toujours eu un peu pitié de cette pauvre Guenièvre dont la soi-disant dépravation a souvent servi à mettre en valeur les aspects positifs que certains auteurs voulaient accorder à d'autres personnages.
On a fait d'elle un obstacle vers le divin ou encore le déclencheur de guerres, de pertes irrémédiables et de tout un tas d'autres vilaines choses... Guenièvre n'a pas souvent eu droit à notre compassion.
Néanmoins, même si je crois qu'il faut aussi aller chercher plus loin que ce qu'on nous a souvent montré d'elle, Guenièvre fera partie de cette liste car force est de constater que certaines de ses représentations le méritent bien.

10 Mama Elena, personnage de Chocolat amer de Laura Esquivel, est loin de pouvoir être qualifiée de "mean girl", mais même si je pourrais la remplacer par sa fille Rosaura, cette dernière ne lui arrive pas à la cheville. En effet, je n'ai jamais rencontré personnage plus fielleux que Mama Elena. Elle fait se terminer en beauté ce modeste classement.


Le top ten tuesday est un rendez-vous hebdomadaire organisé par The Broke en The Bookish.

lundi 25 avril 2011

Rue Farfadet

Un roman de Raphaël Albert, premier volume de la série « Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé », publié chez Mnemos.

Résumé de l’éditeur :
Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames...
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?
Dans ce premier roman Raphaël Albert déploie un art consommé de l’écriture. Il nous fait palpiter au rythme d’une histoire passionnante de bout en bout. Il trousse avec style un personnage attachant et original et invente un univers surprenant de fantasy steampunk où l’on croise centaures taxis, motos à vapeur et magie de bataille.

Il n’y a pas à dire, c’est rudement bien écrit. C’est aussi gouailleur que l’ambiance que nous annonce la quatrième de couverture, c’est mélodique, voire même poétique par moment, c’est enlevé, c’est inventif, l’écriture est charmante en somme.
Ce roman est bourré d‘humour, de jeux de mots et de clins d’œil. Ces facéties ne m’ont arraché que quelques sourires mais plairont sans doute beaucoup à un public plus joueur et moins cynique que moi.
L’univers dans lequel nous entraîne l’auteur est brossé avec soin, rempli de détails amusants. C’est appréciable de lire entre les lignes à quel point il sait où il nous emmène. Il a su soigner les moindres détails.
Oui, tout ça c’est très bien, cependant on arrive au « mais »… Ce fichu « mais » contrariant qui fait que je ne me suis pas laissé embobiner comme je l’aurais voulu…
C’est vrai, le style est excellent et je n’ai pas grand-chose d’autre que quelques coquilles à lui reprocher et qui du reste, à l’exception faite d’une ou deux, ne m’ont pas gênée plus que ça. A la rigueur, j’ai davantage été dérangée par l’usage de certaines expressions qui n’avaient rien à faire dans ce cadre-là, les « trop mortel », « c’est trop un bouffon » ou « total respect » qui, sans être légions, étaient suffisamment présentes pour qu’on les remarque et tranchaient sur le langage qu’on s’attend à trouver à une telle époque, langage un peu châtié tout en étant émaillé d’un argot désuet qu’on nous a d’ailleurs servi parallèlement et qui lui s’adaptait fort bien au contexte autant qu’au narrateur. Ces tournures anachroniques rencontrées au détour d’un paragraphe étaient d’autant plus agaçantes que le reste du texte était quant à lui pile poil dans le ton.
C’est un reproche mineur, me dira-t-on, face à l’inventivité délicieuse de ce récit. Oui mais voilà, si je pense effectivement que l’auteur a de quoi être fier du monde qu’il a créé et qu’il est plaisant de se laisser guider dans cet univers et de le découvrir page après page au fil de ses digressions, j’ai parfois eu l’impression d’être plus dans le petit guide de Panam que dans un roman de fantasy ou policier… C’est d’autant plus exaspérant que l’enquête, la vraie, semble se dérouler en parallèle de notre histoire pendant au moins la moitié du roman. Nous, lecteurs, nous n’en glanons que quelques miettes par-ci par-là pendant que nous suivons Sylvo… Et nous visitions un peu la capitale, nous apprenons comment fonctionne le royaume, quel est le contexte politique du moment… Mais, surtout, nous nous ennuyons un peu, collés que nous sommes aux basques de l’elfe… Sylvo, boit, Sylvo s’interroge, Sylvo nous parle un peu de Panam, Sylvo boit, Sylvo se plaint, Sylvo mériterait une baffe pour avoir laissé passer une piste intéressante parce qu’il préférait aller se pinter… Sylvo culbute une fille, Sylvo boit encore… Etc.
Vous conviendrez que ça devient vite lassant.
Que pourrais-je dire de plus de ce cher Sylvo si ce n’est qu’il a un peu trop tiré sur la corde de ma sympathie et que si le roman n’avait pas été si bien écrit j’aurais définitivement perdu patience ?
Alors oui, il m’a fait un peu pitié, mais non je n’ai pas réussi à m’attacher à lui et comme, pas de chance ma bonne dame, c’était le narrateur, les personnages secondaires n’ont pas vraiment eu la possibilité de sauver les meubles.
C’est bien dommage, parce qu’avec une action un peu plus soutenue et une intrigue plus complexe, je pense que ça aurait bien marché avec moi car j’ai apprécié l’ambiance, le soin apporté au background, l’usage de facsimilés d‘articles de journaux et de pubs… Franchement, c’était plutôt sympathique.
Un avis mitigé donc qui me fait hésiter quant à lire ou non la suite. Un de ces jours peut-être…


mardi 19 avril 2011

Top ten tuesday (2)

Cette semaine nous avons le droit de faire un bond en arrière et de choisir parmi tous les thèmes précédemment proposés sur The Broke and the Bookish.
Étant donné que je viens juste de commencer à participer à ce rendez-vous livresque, je me trouve devant un choix assez vaste... Mais je suis une râleuse, donc je vais vous faire part aujourd'hui des dix choses qui m'agacent le plus quand il s'agit de lecture et de bouquins.

(Sans ordre d'importance.)

1. Les p****** de jaquettes. Je déteste les jaquettes, j'ai horreur de ces s********* de jaquettes qui s'abîment pour un rien, qui glissent tout le temps. Je les enlève toujours pour lire et elles m'exaspèrent quand même...
Je ne les supporte pas !
Ça vaut aussi pour les couvertures à rabats.
(C'était la minute psychotique...)

2. Les citations d'autres auteurs qui disent combien ils ont aimé ce livre et ce qu'elles soient sur la couverture ou en page de garde. Franchement, qu'est-ce que j'en ai à faire que Stephenie Meyer ait pleuré, que Stephen King se soit roulé à terre ou que Marion Zimmer Bradley ait décidé de repeindre sa cuisine en lisant tel ou tel roman ?!

3. Les résumés de quatrième de couverture qui racontent l'histoire ou ceux, très paradoxalement, qui confondent la sauce et le lapin et vous vendent un livre pour tout ce qu'il n'est pas.
J'ai aussi horreur de ceux qui citent un extrait en guise de résumé. (Ah, les pocket fantasy des années 80-90...)

4. Je ne peux pas blairer les séries qui n'en finissent pas.
Il y a de plus en plus d'auteurs qui ne savent plus quand s'arrêter... Au bout d'un moment, quel que soit l'amour qu'on a pu porter aux premiers volumes, on a juste envie de tuer tous les personnages, de la façon la plus douloureuse possible, et de foutre le feu.

5. Je déteste acheter un roman en croyant que c'est un one-shot, puis me rendre compte plus tard qu'en fait l'auteur a décidé d'écrire une suite et que rien sur le livre ne l'indiquait autre qu'une fin merdique qui nous dit à quel point on s'est encore fait avoir...
Par extension je ne supporte pas quand l'auteur croit que parce que son bouquin s'inclut dans un cycle il peut en bâcler l'intrigue (ou répéter les mêmes phrases de livre en livre à chaque fois qu'il fait une description).

6. Je déteste les histoires qui ne vont pas au-delà des fantasmes de leur auteur, ainsi que leurs lots de Mary Sue et Marty Stu.

7. Ça m'énerve quand les couvertures et les formats d'une série ne sont pas raccords...
J'aime avoir une série complète dans une même édition. Pareillement, quand je commence dans une langue, je continue dans celle-ci et même dans les cas où je peux toujours me rabattre sur la vo, je suis frustrée quand un éditeur arrête la traduction d'une série en cours.
(Je n'avais pas vraiment dit qu'elle était finie la minute, psychotique... Si ?)

8 Je deviens dingue à cause des coquilles, des fautes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe, de conjugaison, de concordance des temps, des contresens ou des erreurs flagrantes dans les traductions. Et tous les trucs du même genre...
(Non, la minute psychotique n'est définitivement pas terminée.)

9 Les livres abîmés. Entendons-nous bien, je n'ai aucun problème avec les marques de lecture qui sont tout à fait naturelles. Mais ça m'exaspère quand le livre a un défaut, du genre éraflure sur la couverture, problème à l'impression ou au collage, feuilles qui se détachent, etc.
Dans le même genre, ça me vrille les nerfs quand je vois quelqu'un écrire dans un livre...

10 Les dialogues peu crédibles, les clichés, les resucées, les intrigues fantômes, les fins bâclées, les couvertures hideuses...
Et tout un tas de choses qui me font passer pour folle aux yeux de mon entourage...

Pour voir l'article original, cliquez sur le logo.

samedi 16 avril 2011

La locandiera

Comédie en trois actes de Carlo Goldoni.

Mirandolina tient une auberge dans la Florence du XVIIIème siècle. Elle est séduisante et en a bien conscience, les clients se disputent pour ses beaux yeux. Aussi habile à la manipulation qu'elle est belle, elle sait bien quelles limites elle ne doit pas dépasser et tout en n'encourageant jamais ni ne promettant rien - si ce n'est à son valet qu'elle a juré d'épouser et qu'elle fait tourner en bourrique depuis des lustres - elle entretient les sentiments de ses admirateurs.
Mais il y a un homme qui d'emblée ne se montre pas aussi empressé que les autres, un chevalier qui n'hésite pas à la rudoyer, qui se déclare ouvertement misogyne... C'en est vite trop pour Mirandolina qui décide de le remettre à sa place et de le séduire pour lui montrer que les femmes ont vite fait de prendre l'ascendant sur n'importe quel homme...

Nous avons donc une femme sûre de son pouvoir de séduction et de son intelligence, qui prétend du reste défendre la cause de son sexe, un chevalier qui a une piètre opinion de la gent féminine et qui le fait savoir à tout un chacun, un valet amoureux et, de fait, jaloux, des comédiennes en goguette qui cherchent à grappiller quelques présents et faveurs, ainsi qu'en guise de soupirants pour notre rusée aubergiste : un marquis sans le sou et un comte parvenu. Voilà de quoi faire une bonne pièce, sans doute, mais elle ne me marquera pas plus que cela...
Évidemment le théâtre est toujours mieux joué que lu et j'aurais certainement plus apprécié cette pièce en la voyant... En la lisant par contre je me suis quelque peu ennuyée et les effets comiques entourant l'histoire principale n'y ont rien changé.
J'ai apprécié certaines scènes et trouvé Mirandolina très crédible dans les deux premiers actes. L'opposition comique entre le comte qui doit son titre à sa richesse et le marquis, de vieille noblesse, qui est un vrai pique-assiette est assez amusante, mais le serait plus si elle n'avait pas vite versé dans l'excès. J'ai eu juste envie d'attraper le marquis et de le virer de la scène, comme j'ai eu envie de le faire pour les deux comédiennes qui deviennent vite agaçantes (surtout Ortensia, Dejanira, elle, apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble.)
J'ai trouvé tout ceci trop long et trop tarabiscoté, même en prenant en compte l'exagération propre (et nécessaire) au théâtre en général et à la comédie en particulier.
Mirandolina est un personnage très intéressant et Goldoni a vraiment bien brossé et rendu sa rouerie en mettant au jour de nombreuses ficelles de séduction dont la réussite n'est plus à démontrer. Elle flatte notamment les penchants du chevalier, puis se montre soumise et empressée à le servir, ensuite, une fois sa sympathie gagnée elle se contente surtout de silence pour laisser s'installer le quiproquo sans avoir rien à faire d'autre que d'être présente. Par contraste avec les comédiennes de l'époque dont il est couramment admis qu'elles étaient des coureuses toujours prêtes à se faire entretenir et donc à faire métier de leur séduction, Goldoni nous montre qu'il faut se méfier plus encore de celles qui semblent ne pas chercher à séduire. En effet, les comédiennes n'arrivent à rien avec le chevalier, Mirandolina, elle, plus rusée, plus dissimulatrice et en même temps plus honnête, car elle le laisse se faire des idées plus qu'elle ne lui fait des avances, parvient à le rendre fou alors qu'il a bien conscience de ce qu'elle est en train de faire et qu'il se précipite dans la toile qu'il a lui-même tissée. Mais elle l'a ferré, quand bien même il essaie de fuir, il sait qu'il est perdu...
Si la première partie de la pièce est très significative et pas dénuée d'une certaine logique, la suite m'a par contre laissée dubitative. S'il nous prouve à quel point une femme sait s'y prendre pour obtenir ce qu'elle veut, et même au-delà de ses espérances, Goldoni nous démontre aussi que le chevalier a finalement bien raison d'être misogyne...
C'est peut-être parce que je suis une femme que cette histoire m'a dérangée, d'une certaine manière. Mirandolina, toute rusée qu'elle est, s'enlise dans ses manigances et finit par ne plus pouvoir s'en sortir sans le secours des hommes. Bien fait pour elle, me dira-t-on et je penserai de même, seulement ça manque de cohérence dans ce contexte, c'est une morale de complaisance... Et même si les personnages masculins n'en sortent pas vraiment grandis, la fin ne me fait pas moins l'effet d'un cours d'eau qu'on aurait dévié par caprice au lieu de le laisser aller dans son lit naturel...
Mirandolina est pourtant celle qui s'en tire le mieux au final, obligée de se marier, mais l'étant déjà de toute façon, elle pense à cette union comme à une mascarade qui l'arrange bien mais ne la privera pas de sa liberté. Fabrizio, le valet, est quant à lui ravi d'obtenir ce qu'il voulait, sans se rendre compte qu'il n'en a pas fini avec les frasques de sa charmante future épouse, le marquis et le comte se sont fait retourner comme des crêpes et en plus sont contents, le chevalier a décidé de fuir définitivement les femmes... On n'est pas loin en fait du début de la pièce...
Ça aura au moins eu le mérite de me faire travailler un peu mon italien.

C'était ma lecture théâtre pour le défi d'ABFA et de Vampires & Sorcières.


jeudi 14 avril 2011

Grand-mère, tableaux de la vie campagnarde

Un roman de Božena Němcová, publié aux éditions Zoé, collection les Classiques du monde, sous le titre Babitchka.
ISBN : 9782881826283.

Présentation de l'éditeur :
La babitchka (grand-mère en tchèque) de Bozena Nemcova est devenue au fil des ans la grand-mère la plus célèbre, la plus célébrée et la plus choyée de la littérature romanesque tchèque. D'un regard serein, cette vieille femme observe les saisons défiler sur une petite vallée de Bohême et lorsque celle-ci se voit troublée par les catastrophes naturelles, par la présence de l'armée, les vicissitudes de l'amour, la tragédie amoureuse ou la folie, sa sagesse et son humour, en quelques mots, ramènent calme et gaieté sur ce petit coin d'univers. Premier grand roman de la littérature tchèque, " chaleureux comme la parole maternelle " (Jaroslav Seifert), Babitchka (Babicka) fait l'objet d'un véritable culte dans son pays. La vallée de Ratiborice, au nord-est de la Bohême, rebaptisée " Vallée de Babitchka ", continue d'être visitée, et le roman, trois fois adapté à l'écran, a connu plus d'une centaine d'éditions.

Puisque ce livre fait partie de la liste que j'ai proposée à Azilys et qu'il est l'un de ceux qui m'ont profondément marquée, je me suis dit qu'il méritait bien que j'en parle un peu ici...
En vérité ce billet date du 2 janvier 2009, je l'avais posté sur un autre de mes blogs et en le relisant je me suis dit que je ne pourrais pas mieux expliquer ce que j'ai aimé dans ce livre...

C’est une lecture très apaisante, avec des personnages attachants et une histoire délectable que j’ai dégustée chapitre par chapitre, car je savais bien qu’elle me laisserait nostalgique… Quitter cette grand-mère a été un peu comme quitter la mienne. J’ai ressenti une sorte de tristesse et, paradoxalement, une impression d’accomplissement.
Oui, je crois qu’au final c’est ce que j’ai le plus retenu de cette lecture, cette sensation d’accomplissement et je crois sincèrement que c’était l’effet recherché par l’auteur car Grand-mère a vécu son existence selon ses propres principes, en acceptant toujours ce que chaque jour lui apportait. Comment ce que m’évoque cette lecture aurait-il pu alors être différent quand de cette vie se dégage un tel sentiment de sérénité et de complétude ?
C’est un magnifique roman, teinté de cette vision idéalisée que l’on garde des moments heureux de son enfance et qui lui donne des allures de conte. C’est le roman d’une fillette (comment, entourée de conteurs comme elle l’était, aurait-elle pu éviter de devenir une si talentueuse conteuse ?) qui a un jour promis à sa grand-mère de ne pas oublier ses paroles et qui en lui rendant hommage avec ce livre a fait aussi un très beau cadeau à son pays.
J’ai tendance à croire que ce qui crée une identité nationale, outre une langue, une culture et des traditions communes, ce sont les légendes, les histoires et personnages locaux. Ce sont nos « mythes » et ils maintiennent une cohésion dans notre culture en lui donnant corps, ils nous font nous sentir proches les uns des autres car ils nous montrent ce que nous avons en commun. Nous chérissons ces personnages un peu comme des membres de notre famille.
Et ce roman nous parle d’une grand-mère qui a conscience d’être à un carrefour entre son ancien monde et le nouveau qui est celui de ses petits-enfants (même si je crois qu’on est toujours entre deux mondes), une grand-mère qui aime son pays, sa langue maternelle et qui est, dans sa famille comme pour ses voisins, une gardienne de la tradition qu’elle entretient et transmet à son entourage. Ainsi cet ouvrage, à son tour, nous transmet un peu de cette tradition. Les chapitres sont des tableaux peints au fil de l’an (même si les événements sont survenus sur plusieurs années, comme l’auteur le sous-entend parfois, le roman est conçu comme une boucle qui suit le mouvement des saisons et nous dévoile certaines traditions, des habitudes ou travaux qui rythment le quotidien des gens, comme un almanach qui serait constitué d’anecdotes et de récits.)
C’est une merveille, un pur moment de bonheur, une lecture que je ne peux que vous conseiller ardemment.