dimanche 19 mai 2013

Le tourment des Aurores, Les Anges d'Apocalypse T1

Un roman de fantasy urbaine de Stéphane Soutoul publié chez Rebelle.





Deux corps pour une seule âme. Impossible selon vous ?


C’est pourtant le fardeau que j’endure suite à la malédiction lancée par un sorcier. Tout ça parce que j’ai eu le cran de refuser ses avances. Pour la peine, je l’ai tué, mais en attendant quelle plaie ! La nuit, je suis Famine, l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse, et ex-meurtrière qui s’est reconvertie dans la profession de garde du corps. Et lorsque vient le jour, je me trouve coincée avec l’identité de Samantha, une lycéenne des plus ordinaires.


Comme si je n’avais pas déjà suffisamment d’ennuis avec deux vies à mener de front, la Cour des sorciers de Toronto vient de me confier la protection de son lord. Il faut dire que certains de ses dissidents se sont mis en tête de le supprimer. Cette fois-ci, je n’ai pas le droit à l’erreur, même si mon côté humain a choisi le mauvais moment pour s’enticher d’un étrange garçon, le genre craquant, mais véritable nid à problèmes…


Je vous le dis : pas facile de gérer deux existences à la fois !



Si vous avez aimé le Cycle des âmes déchues et espérez retrouver la même ambiance, voire le même style d’écriture, dans ce roman, vous serez probablement très surpris. Le style de Stéphane Soutoul s’adapte à ce nouvel environnement et s’il perd en poésie, il gagne en énergie, humour et efficacité. C’est une bonne chose pour ce genre d’histoire car avec Le tourment des aurores on entre dans une série de fantasy urbaine plutôt tout-terrain. J’entends par-là qu’elle peut plaire à divers publics. Les amateurs de « bit-lit » qui sont attachés aux codes du genre se sentiront en terrain connu, mais les autres lecteurs, ceux qui sont lassés de la mode actuelle, y trouveront assez d’originalité pour ne pas s’ennuyer.
La narratrice, Syldia, apporte un peu de fraîcheur dans ce genre saturé d’héroïnes pleurnicheuses à la cuisse légère. Ceci dit, si elle incarne Famine, l’un des quatre Cavaliers de l’Apocalypse, elle n’en est pas moins une sacrée peste, mais une peste sympa. C’est un personnage bien construit, qui ne verse pas dans le cliché et il a été très agréable de la suivre dans son petit quotidien qui est tout sauf banal.
En effet, Syldia a un problème majeur dans son existence : suite à une malédiction, son âme migre de son corps immortel à celui d’une mortelle durant la journée.
C’est un peu déroutant au début car on ne sait pas vraiment comment va se manifester la double personnalité de Syldia. J’ai été un peu surprise de voir que Sam n’était qu’un corps pour elle, même si ce corps influe d’une certaine façon sur son caractère. Mais j’en ai été ravie au final car on a ainsi plus de cohésion dans la narration qu’en auraient occasionnée deux personnalités plus tranchées. Et puis j’appréhendais un peu le côté adolescent de l’héroïne, j’ai passé l’âge des gamineries. Sam ne nous offre qu’un seul moment assez fleur bleue mais il est crédible car de son âge et pas trop appuyé non plus, alors il passe bien.
De surcroît on ne peut pas vraiment reprocher à l’auteur de faire dans la facilité au niveau de la romance, ce qui me convient tout à fait. Il y a là de quoi intéresser ceux qui apprécient les intrigues amoureuses, mais pas de quoi rebuter ceux qui ne veulent pas de romance en trame principale. Ici il n’y a d’ailleurs pas une seule grosse intrigue centrale, disons qu’il s’agit plutôt d’un arc narratif propre à ce roman, qui trouve avec lui sa conclusion, mais que ce n’est pas le plus important. Tout l’intérêt de cette histoire réside plutôt dans les fils secondaires qui s’entremêlent et promettent une bonne série se prolongeant dans le temps. D’une certaine façon, on peut dire qu’il y a beaucoup de mise en place, mais ce n’est pas dérangeant. L’histoire personnelle de Syldia est intéressante à elle toute seule et elle est une très bonne narratrice. On n’a jamais l’impression que les infos sont balancées parce qu’il le faut, mais plutôt que ça suit le cheminement de pensées de l’héroïne. Ça m’a aidée à m’attacher à ce personnage et ça lui donne du relief.
Ses sœurs ne manquent pas non plus d’intérêt. J’ai aimé l’alchimie qui se dégage du quatuor. Elles essaient toutes de trouver leur place en ce monde sans être dominées par leurs pouvoirs destructeurs, avec les handicaps qu’ils leur occasionnent au quotidien. Quand je lis de la fantasy urbaine, j’ai souvent l’impression que les scènes du quotidien sont un peu forcées, qu’elles manquent de naturel, mais ce n’est pas le cas ici. J’ai envie de mieux connaître Syldia et ses sœurs, la genèse de leur naissance recèle encore bien des mystères que j’ai hâte de voir dévoilés.
Par contre, si j’avais un reproche à faire à ce roman, ce serait que les personnages secondaires, surtout les sorciers de la cour en fait, sont plutôt caricaturaux. C’est dommage, car c’est d’autant plus dérangeant face à des personnages bien construits comme Syldia et ses sœurs. Néanmoins, c’est le genre de choses que je pardonne facilement pour le premier tome d’une série et j’espère que les suivants apporteront plus de nuance dans le caractère des personnages secondaires.
Ce roman distrayant, actuel et plein d’humour fut une très bonne lecture et il va de soi que je lirai la suite.

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