mardi 26 mai 2020

Et je danse aussi

Un roman d'Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, publié en version poche chez Pocket et en audio chez Lizzie.


Présentation de la version audio :

Un mail comme une bouteille à la mer. D'ordinaire, l'écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d'admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n'est pas une "lectrice comme les autres". Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu'elle lui a fait parvenir - et qu'il n'ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s'établit qui en dévoile autant qu'elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun...

Marcha Van Boven et Robert Guilmard incarnent avec délicatesse cette correspondance pas comme les autres.

Pierre-Marie a la soixantaine, c’est un écrivain connu, mais il traverse une mauvaise passe. Quand il reçoit une grande enveloppe de la part d’une certaine Adeline Parmelan, il est plutôt contrarié. Il lui écrit néanmoins à l’adresse mail indiquée au dos pour lui dire qu’il ne lira pas son manuscrit et se propose de le lui renvoyer. Adeline répond à son mail et parvient à l’intriguer assez pour que petit à petit une correspondance se noue entre eux. 
Raconté ainsi, cela ressemble à une bluette anodine et moderne, pourtant je gage que ce roman vous surprendra. Adeline et Pierre-Marie badinent, tournent autour du pot, deviennent amis… Mais quelque chose cloche, on le ressent de manière diffuse. Cherchent-ils simplement à se déguiser pour mieux se plaire ou cachent-ils quelque chose de plus grave ? Qu’espérait vraiment Adeline en expédiant cette enveloppe que Pierre-Marie n’a toujours pas ouverte ? Et lui, qui décortique la moindre de ses phrases, qui semble chercher quelque chose dans leurs échanges, perdrait-il un peu la boule ? Qui ment ? Si tant est que quelqu’un mente réellement dans cette histoire.
Je ne savais pas à quoi m’attendre quand j’ai décidé d’écouter ce roman épistolaire et j’ai été très agréablement surprise. J’ai adoré suivre les échanges de ces deux personnages, les regarder s’apprivoiser au fil des courriers et partager leurs secrets. Quel plaisir d’apprendre à les connaître, avec leurs petites lâchetés, leurs faux-semblants et leurs faiblesses ! La façon subtile et précautionneuse qu’ils ont de se dévoiler — ils prennent pour se raconter de nombreux détours, non par coquetterie mais par réelle nécessité  —  m’a beaucoup touchée. J’y ai vu de la pudeur, car tous deux ont des raisons de se méfier et de se protéger. Chacun a sa manière est abîmé et se pose un peu en marge de sa propre vie.
À les lire ainsi, on se sent un peu voyeur, ce qui prouve que le roman est réussi. Parfois, ce sentiment d’intrusion m’a mise mal à l’aise, pourtant j’ai continué d’écouter avec une certaine fascination.
Adeline et Pierre-Marie prétendent ne pas être les héros de leur propre histoire et c’est un peu vrai. Cela ne les rend que plus touchants. Ils sont les personnages oubliés dans le fond du récit, qui vont peut-être se rebeller et réclamer leur part de lumière.
Je me suis passionnée pour le mystère que recèle ce roman et ai enchaîné les chapitres avec avidité pour le voir enfin dénoué. Je me suis posé mille questions et ai élaboré plusieurs hypothèses. D’un bout à l’autre, cette histoire a su me garder en alerte, même quand je voyais des rebondissements venir.
La fin peut sembler un peu frustrante, mais elle est cohérente avec la forme du récit. Elle plaira ou non, je suppose. Pour moi elle est tout à fait satisfaisante. Néanmoins, les auteurs ont écrit une suite que je compte lire très bientôt tant ce roman m’a séduite.

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