lundi 21 septembre 2020

Ghost Love

Un roman de Loïc Le Borgne, publié chez ActuSF dans la collection Naos.

Présentation de l'éditeur :

La vie de Mathis a pris un tournant bien sombre depuis que son frère s’est tué en voiture. Oscillant entre soirées alcoolisées avec sa bande d’amis et job étudiant au journal du coin, son été s’étire dans la chaleur et la culpabilité.

Il dérive jusqu’à Éléonore, jeune femme pleine de charme et de mystères. Ses goûts, ses paroles, ses passions s’accordent à merveille à ceux du jeune homme, bien qu’elle refuse tout contact physique...

Sans cesse ramené au manoir abandonné du coin, Mathis s’embarque dans une histoire qui le dépasse, mais qui pourrait bien l’aider à panser quelques plaies.


It was a dark and stormy night… Eh oui, tout commence avec une tempête et une table qui tourne, le coup classique de l’histoire de fantômes, mais ne me dites pas que ce cliché ne réjouit pas tout amateur du genre qui se respecte. 
Mathis et ses amis sont de jeunes adultes qui profitent de leur été. Ils passent leurs soirées à s’amuser et refaire le monde. Comme ils ne sont pas du genre à parler et se plaindre sans rien faire, ils souhaitent s’opposer au rachat du château de la princesse Alice et de son domaine par un promoteur qui a pour ambition de le raser afin de construire un parc de loisirs. Certes la perspective de créer des emplois est alléchante, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la préservation du patrimoine. Ils projettent donc d’occuper le parc pour faire entendre leur voix. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que l’enjeu de ce rachat n’est pas uniquement politique.
Ghost Love reprend les codes de l’histoire de fantômes, ce qui donne un récit moderne, mais avec ce petit côté suranné, nostalgique, un rien gothique qu’on aime trouver dans ce genre d’histoire. Malgré ce que le titre peut laisser présager, il ne s’agit pas d’une romance, bien qu’il y ait de l’amour dans ce récit. Je le qualifierai davantage de roman d’apprentissage. Mathis est à ce moment de la vie où l’on devient adulte. J’entends par là qu’il doit faire des choix, affirmer qui il est et surtout qui il veut devenir, mais aussi se défaire de choses qui l’empoisonnent. Il est à un carrefour et doit choisir son chemin, tout en acceptant les conséquences que ce choix aura sur son avenir. Cela paraît simple, cependant c’est loin de l’être. 
Assez mûr pour son âge car la vie ne l’a pas épargné, Mathis a aussi des goûts différents de ceux de ses amis, ce qui le place un peu en marge. Ces particularités auraient dû me le rendre sympathique, néanmoins il m’a semblé assez fade. C’est une question de sensibilité, je suppose. Je n’ai pas réussi à m’attacher à lui. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Alice et l’aura dont elle imprègne tout le récit. Lucien et ses compagnons m’ont aussi beaucoup émue. Malgré tout, ce n’était pas suffisant.
Le fait que certains fantômes soient des personnages historiques apporte du charme et de l’intérêt à l’intrigue. Cet aspect est celui qui m’a le plus intéressée. Cela étant, cette histoire ne m’a pas parlé. Parfois ça ne fonctionne pas et il n’y a pas de raison particulière. Ce roman est bien écrit. Il porte une réflexion profonde sur la vie et la mort, sur l’amour et les obsessions qui agitent l’âme humaine. Il n’était pas pour moi, mais je ne doute pas que d’autres l’apprécieront à sa juste valeur.

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